Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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La Fête de l’Humanité toujours plus riche en débats

Une diversité de débats qui ne se retrouve nulle part ailleurs

jeudi 28 septembre 2006 , 2201 : visites , par FLORENT BALLANFAT

Chaque année, la fête de l’Humanité offre aux visiteurs la possibilité d’assister à des débats citoyens que les médias relaient souvent très peu, leur préférant des sujets plus consensuels.

Chaque année, la fête de l’Humanité offre aux visiteurs la possibilité d’assister à des débats citoyens que les médias relaient souvent très peu, leur préférant des sujets plus consensuels. La fête de l’huma 2006 a une fois de plus fait honneur à son statut de fête militante de la rentrée. Au programme musical, et aux différentes festivités s’ajoutaient de multiples débats sur des thèmes variés et des enjeux de société tels que la paix au Proche et Moyen-Orient, la paupérisation des femmes, citoyenneté et rénovation urbaine, la consolidation de l’emploi sur le territoire, le combat contre la privatisation de l’enseignement ou bien encore pour un sujet plus local : Peut-on concilier le développement du TGV et celui du transport régional ? Avec l’exemple du TGV Est.

Pour ce débat organisé dans l’espace social, il y avait des intervenants de premier plan, et même si on peut déplorer l’absence de Michel Boyen président de RFF (réseau ferré de France qui gère les infrastructures ferroviaires en France), le plateau était de qualité. En effet le débat animé par Pierre Henri Lab, journaliste à l’Humanité, mettait en scène Guillaume Pepy, directeur général SNCF ; Didier Le Reste, secrétaire général CGT Cheminots ; Claude Pierre Dit Barrois, président de la FNAUT Lorraine, (association d’usagers) et Pierre Mathieu, vice-président de la Région Champagne Ardenne. Au-delà de l’aspect " TGV ", la problématique du développement du transport ferroviaire La salle de l’espace social était pleine pour assister à une heure et demie de débats qui ont rapidement dépassé le seul sujet du TGV et du transport régional. Les problèmes de l’emploi cheminot en lien avec la qualité du service public ont ainsi été mis en avant à de nombreuses reprises, remettant en cause la recherche de rentabilité jugée excessive par un certain nombre de cheminots et d’usagers. Didier Le Reste a ainsi fustigé l’attitude de la direction de la SNCF coupable selon lui, de vouloir faire des économies à tout prix, sans mesurer les conséquences pour la qualité du service aux usagers.

L’exemple de ce qui est devenu "la bataille des corails", suite au projet de transferts aux Régions des lignes qualifiées d’interrégionales l’été dernier, a été repris pour montrer qu’une mobilisation citoyenne autour d’un sujet qui ne peut concerner que quelques personnes tant ses conséquences sur l’environnement et l’aménagement du territoire sont importantes.

Une urgence à obtenir de nouveaux moyens de financement pour le transport ferroviaire Sur la base de cette mobilisation et en l’élargissant au plus grand nombre possible de citoyens, il faut rechercher les moyens pour financer un transport ferroviaire dont l’intérêt dépasse de loin le simple cadre des déplacements de personnes et de marchandises.

Ainsi la Région Ile-de-France qui s’est vu transférer la responsabilité des transports régionaux sur son territoire a obtenu des moyens supplémentaires par rapport aux autres régions grâce au versement-transport qui est la contribution du secteur économique pour le développement des transports en région. Il serait injuste que les autres régions ne puissent disposer de cette ressource indispensable pour elles. Guillaume Pepy, n°2 de la SNCF a affirmé partager cette préoccupation, et juge important pour le service public des transports que des moyens financiers supplémentaires soient apportés pour le développement du ferroviaire.

L’(in)action du gouvernement pénalise le développement des transports nationaux et régionaux ! Alors que les enjeux d’un développement durable respectueux sont de plus en plus criants et qu’il est évident que le transport ferroviaire apporte une réponse efficace dans ce domaine, le gouvernement ne semble pourtant pas prendre la mesure du problème. L’absence de réponse du ministre Perben, au courrier adressé par les Régions Lorraine, Picardie et Champagne-Ardenne en est une preuve. Il s’agit pourtant d’obtenir de la part de l’Etat une dotation suffisante pour pouvoir assurer les services transférés aux régions avec l’arrivée du TGV. A l’heure actuelle il manque toujours 10 millions d’euros par an, et il n’est pas acceptable que ce soit les champardennais qui supportent le coût du désengagement de l’Etat.

C’est d’autant plus vrai, que comme le rappelait Pierre Mathieu, vice-président chargé des infrastructures et des transports du Conseil régional de Champagne-Ardenne, l’Etat ne fait pour l’instant pas les efforts nécessaires pour débloquer la situation sur la ligne Paris-Bâle qui aurait dû avancer significativement dans le cadre du contrat de plan Etat - Région qui va se terminer en 2006. Certes la priorité dans le domaine ferroviaire a été accordée à l’électrification de la ligne Paris - Bâle pour le prochain contrat de projet, toutefois l’enveloppe globale sera en forte diminution pour la Région Champagne-Ardenne. Cela nécessite également une mobilisation de tout le monde, car la faiblesse de la participation de l’Etat nécessitera la mobilisation d’autres financements qui sans modification du système fiscal actuel risqueraient de pénaliser les contribuables champardennais et aubois notamment.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N888

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