“Même si nous sommes les témoins d’impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos à travers le monde, nous ne faisons toujours pas assez, nous n’allons pas assez vite.” Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Dossier
  • La retraite à 60 ans, on ne lâchera pas !
    8 février 2012

    67% des français disent ne pas avoir renoncé à la retraite à 60 ans. La CGT vient de remettre cette question au coeur des présidentielles. Décryptage des propositions des principaux candidats. Les mobilisations de l’été et de l’automne 2010 contre la réforme Sarkozy ont laissé des traces. Du fait de leur importance mais aussi parce que beaucoup gardent (...)

    Lire la suite
Le dessin

8 février 2012
L'Humeur
  • A la mémoire de Rutebeuf*
  • 9 février 2012,
    par Guy Cure
  • Autre temps, autre moeurs : ça se bousculait dès 2006 autour du futur sarkoléon. les habitués des paillettes et des projecteurs défilaient et se tenaient le plus près possible de leur idole. Que sont ses amis devenus ? depardieu vient de déclarer au (...)

  • Lire la suite
Ecoutez-voir
  • coucou... où il est Bayrou ?
  • 9 février 2012,
    par Malicette
  • Bayrou ne sait pas à quel saint se vouer. ni de droite, ni de gauche. il navigue dans les eaux calmes du centre, évitant les récifs et les coups de (...)

  • Lire la suite
1 Clic une Claque
  • GUÉANT OU LA “QUASI-XÉNOPHOBIE D’ÉTAT”
  • jeudi 9 février 2012
  • En déclarant que « toutes les civilisations ne se valent pas », le sinistre Guéant remet en selle un des pires clichés racistes qui soit. Une chose (...)

  • Lire la suite
Accueil > l’hebdo > 2012 > 02 Février > N1168 > La retraite à 60 ans, on ne lâchera pas !

La retraite à 60 ans, on ne lâchera pas !

En fait, qu’est-ce qu’ils proposent ?

mercredi 8 février 2012 , 325 : visites , par Rémi

67% des français disent ne pas avoir renoncé à la retraite à 60 ans. La CGT vient de remettre cette question au coeur des présidentielles. Décryptage des propositions des principaux candidats.

Les mobilisations de l’été et de l’automne 2010 contre la réforme Sarkozy ont laissé des traces. Du fait de leur importance mais aussi parce que beaucoup gardent l’amertume de ne pas avoir été écoutés. à près de deux mois des présidentielles, la retraite à 60 ans ressurgit, mieux elle sera une des questions majeures, avec l’emploi et le pouvoir d’achat, sur lesquelles les Français feront leur choix. Entre une droite et son extrême desquelles les salariés n’ont rien à espérer et un F. Hollande plus que frileux, seul le Front de gauche est clair : 60 ans pour tous, c’est possible.

Il y a eu un avant, il y aura un après les grandes mobilisations de 2010
La retraite, Un enjeu de société

La retraite à 60 ans pour tous, c’est possible. En remettant cette bataille dans l’agenda de l’élection présidentielle, la CGT est le fer de lance d’une opinion majoritaire dans notre pays.

est le “carburateur” du capitalisme. Rien d’étonnant donc à ce que le patronat et ses élus de la droite poussent des cris d’orfraie lorsqu’il s’agit de la réduire et battent la générale pour s’y opposer. Avant même son élection, Sarkozy annonçait vouloir faire de la casse des 35 heures et du système de retraites solidaire, où la richesse créée est redistribuée sans passer par la case spéculation, un atout du bilan de son quinquennat. Les salariés se sont massivement mobilisés contre sa réforme. Malgré une opinion publique majoritairement opposée et voulant démontrer que notre pays est “ajustable” sur les critères doctrinaux du néolibéralisme, il est passé en force. Mais, avec aujourd’hui sept français sur dix qui souhaitent le retour à l’âge légal de soixante ans, sa réforme reste impopulaire et, qui plus est, ne règle rien sur le fond. Sarkozy est en échec mais ce n’est pas au monde du travail de payer la note.

IL FAUT CHOISIR

En 2009, 236 milliards d’euros sont allés dans les poches des actionnaires. C’est à peu près l’équivalent des prestations de retraites versées pour cette même année. En 2006, 8,5% de la richesse nationale a été accaparée par les mêmes alors que le Conseil d’orientation des retraites évalue à 1,9% le pourcentage supplémentaire de la richesse créée financement des retraites... en 2020 ! L’argent pour financer la retraite existe donc mais il faut choisir : entre les assistés des finances publiques qui creusent sans vergogne les déficits pour remplir leurs coffres, les actionnaires, et la solidarité nationale, seule garante d’un système pérenne des retraites.

AU COEUR DU DÉBAT

En remettant à l’ordre du jour des débats de la présidentielle la bataille pour la retraite à 60 ans, la CGT n’entend pas passer par pertes et profits le mouvement social de 2010. « Il ne cède pas avec la rue, il va le payer dans les urnes » a-t-on pu entendre à la fin du conflit. Nous y voilà. D’autant plus que les déclarations de Fillon en septembre dernier qui souhaite « aller vers un âge de retraite commun » avec l’Allemagne (67 ans !) indiquent clairement les choix de Sarkozy s’il était réélu. Annonce évidemment ovationnée par le Médef. Un débat sur cette question s’impose. Sérieux, argumenté qui outrepasse la démagogie lepeniste, le suivisme des centristes, le “réalisme” de F. Hollande arc-bouté sur les traités européens ultralibéraux. D’un tel débat d’idées que le Front de gauche entend porter sur la place publique, ne peut sortir qu’une évidence. Oui, la retraite à 60 ans pour tous, à taux plein et avec 75% du salaire de référence, on peut. Tout comme il est aussi possible d’aller plus avant dans le progrès social sur cette question. à l’intoxication médiatique selon laquelle nous vivrions au-dessus de nos moyens, nous répondons par les moyens de notre ambition. Notre ambition : l’Humain d’abord. Les moyens ? Reprendre la main sur les richesses qui sont le fruit de notre travail. Un choix de société s’impose. Il peut commencer dans les urnes le 22 avril.


La réforme des retraites reste impopulaire. sarkozy qui voulait en faire un atout du bilan de son quinquennat est en échec.


DEUX QUESTIONS À...

DAVID MORIN, secrétaire de l’union départementale CGT

LDA  : Avec le grand meeting du Zénith sur la retraite à 60 ans, quel est le message qu’a voulu envoyer la CGT aux candidats à l’élection présidentielle ?

David Morin  : nous avons en effet décidé de placer le social et nos revendications au coeur du débat politique, de ne pas être attentistes à l’approche des échéances électorales. peu de candidats ont dévoilé leur programme, nous entendons donc peser sur les débats pré-électoraux. ce meeting a été la preuve qu’il nous faut jouer des coudes pour « exister » dans le tourbillon médiatique. c’est pourquoi nous avons choisi de porter haut et fort cette revendication de la retraite à 60 ans à taux plein avec une reconnaissance de la pénibilité. à noter à cette occasion, la prise de position ferme sur le Front national qui ne répondra jamais aux aspirations sociales des salarié( e)s. pire, ce parti les dénonçait et les stigmatisait lors de leur mobilisation sur la lutte des retraites.

LDA : N’est-ce pas aussi un appel aux millions de manifestants à ne pas laisser leurs revendications à la porte des isoloirs.

David Morin : tout d’abord, la CGt a une obligation éthique : celle de ne pas appeler à se positionner sur tel ou tel candidat, sauf évidement en ce qui concerne l’extrême droite. par contre, comme cela a été le cas par le passé, nous appellerons nos syndiqués, sympathisants et la population à regarder de près les programmes qui se rapprochent le plus de nos revendications et propositions. idem pour être attentifs aux candidats qui se positionnent sur un véritable dialogue social, ce qui n’a pas été le cas lors du dernier quinquennat.effectivement, la cGt l’a déploré tellement de fois entre nous ou publiquement  : quel relai politique à nos aspirations, à nos mobilisations ? il nous semble que les salarié(e)s, les retraité( e)s et les privé(e)s d’emploi ont là une occasion rare de peser positivement sur leur avenir y compris par l’intermédiaire des élections législatives qui suivront en juin. à bon entendeur...

Le mot de Jean-Pierre Cornevin secrétaire départemental du PCF
“se dérober à cette exigence serait signer l’échec de la gauche”

LDA : Concernant le retour à la retraite à 60 ans à taux plein, il semble qu’à gauche tout le monde ne soit pas sur la même longueur d’onde ? J.-P. Cornevin : C’est un fait, qu’entre les propositions du candidat Hollande qui a quasiment entériné la réforme Woerth-Fillon et celle du Front de gauche, il y a une différence qui apparait dorénavant clairement aux yeux de tous. Nous pensons que si la gauche revient au pouvoir en 2012, son devoir doit être celui de rétablir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein en revenant également sur les réformes Balladur qui avaient déjà grandement plombé le montant des pensions des retraités. Tous ceux qui ont manifesté en 2010 attendent cette décision de justice. Se dérober à cette exigence serait signer l’échec de la gauche, d’entrée.

LDA  : Rien ne semble vouloir faire bouger F. Hollande sur ce point ? J.-P. Cornevin  : La dynamique de campagne de J.-L. Mélenchon peut le faire changer d’avis. Mais c’est pour cette raison fondamentale que le Front de gauche a décidé de mener de concert les campagnes de l’élections présidentielle et législatives. Car qu’elle que soit le nouveau président de la République, les lois, même si Sarkozy et sa majorité ont bafoué ce principe tout au long du mandat écoulé, se voteront demain au parlement et non à l’élysée. C’est à l’Assemblée nationale que seront constituées les majorités et pas ailleurs. Compter dans cette majorité de nombreux députés issus des différentes composantes du Front de gauche( [1]) est donc un enjeu de première importance.

Repères

PARLONS CLAIR...

vingt ans d’attaques...

• en 1993, balladur tire une 1ère salve avec les décrets allongeant de 37,5 à 40 ans la durée de cotisation pour le secteur privé et modifiant le mode de calcul.

• en 2003, Fillon tire la 2ème salve en portant la durée à 40 ans aussi pour le secteur public puis à 41 ans pour tous, prévoyant un allongement calqué sur l’allongement de l’espérance de vie.

ce qu’ils proposent... ou disent

1 . n. Sarkozy : cap sur Les 67 ans !
Application de la réforme des retraites votée par la droite en 2010 malgré l’opposition de l’opinion publique et celle de tous les syndicats. Fillon annonçait en septembre vouloir reculer l’âge légal du départ en retraite à 67 ans.

• pour Sarkozy : « Le retour de la retraite à 60 ans, [est] “une folie”, il n’y a personne qui croit ça, il n’y a aucun Français qui pense que c’est vrai ». selon un récent sondage csa, 67% des Français souhaitent un retour à l’âge légal de 60 ans. tous fous ?

2 F. Bayrou : dans Les pas de sarko

Pour un « système de retraite à la carte », moins solidaire et dans la logique libérale de Sarkozy, qui veut faire travailler le plus longtemps possible après 60 ans et sans garantie sur le niveau de pension.

Bayrou a voté la loi Fillon de 2003 et déclarait : « Nous avons soutenu la réforme des retraites. Elle n’est pas exactement celle que nous souhaitions. Nous l’aurions voulue universelle, c’est-à-dire englobant aussi les régimes qu’on appelle “spéciaux”, et nous l’aurions aimée plus souple, ouvrant la voie à une retraite à la carte, par points. » - 3 juillet 2003 à l’assemblée nationale.

3 M. Le pen : nuit et brouillard
Le 26 janvier sur France Inter, elle « croit » que « 60 ans, c’est un âge correct ». Le 30 sur France 3, J.-M. Le Pen : « [...] moi je proposais 65 ans [...]. Il faudrait peut-être que j’ai une discussion avec elle ».

• Lors de la mobilisation contre la réforme, elle défendait la retraite à 65 ans et plus. à l’époque, elle n’était pas en campagne. problème : la mesure annoncée ne figure pas dans son programme.

4 F. Hollande : Libéral-“réalisme”
Droit à la retraite à 60 ans aux seuls salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41,5 ans.

• Le 22 janvier au bourget, il a retourné ses cartes : abandon de la retraite à 60 ans comme âge légal ; abandon des 37,5 et même des 40 annuités ; maintien des modes de calcul créés par Fillon-sarkozy (décote...) ; négociation entre patronat et syndicats de salariés. Mesures confirmées par Aubry et Fabius.

60 ans pour tous, nous on peut !

il n’y a aucune raison pour qu’on ne puisse plus financer aujourd’hui la retraite à 60 ans pour tous, à taux plein, avec 75% du salaire de référence.

. C’EST POSSIBLE en rendant aux travailleurs la part de la richesse, passée dans les poches du capital depuis 25 ans.
cela passe par la taxation des revenus financiers des entreprises au même taux que les salariés (30 milliards d’euros/an), des “retraites-chapeaux” (1,9 Md €), des stocks-options (0,8 Md €), des participations, intéressements (9,1 Mds €)
. C
’EST POSSIBLE d’améliorer durablement les retraites et  de prendre en compte la pénibilité  de professions particulières ouvrant droit à des départs anticipés.
. C’EST POSSIBLE de revaloriser les pensions pour qu’aucun salarié ne touche une retraite inférieure au smic, ce qui est aujourd’hui le cas pour 6,5 millions d’entre eux.

Nous abrogerons la réforme de sarkozy

. Parce qu’elle contribue à la hausse du chômage, notamment des plus de 50 ans qui s’est envolé de 15% en 2011.
. Parce qu’ en infligeant la plus dure réforme des retraites d’Europe, Sarkozy n’a nullement immunisé la France contre la perte du triple A, comme il le prétendait pourtant à l’époque

. Parce que pour vivre plus longtemps, il faut travailler moins.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1168

Notes

[1ndlr : les candidats du Front de gauche aux élections législatives dans l’Aube sont : Mireille Brouillet dans la 1ère circonscription - Jean- Pierre Cornevin dans la 2ème - Pierre Mathieu dans la 3ème.

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|