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LETTRE OUVERTE A YVES CALVI CONTRE SES DISCRIMINATIONS A L’EGARD DU PCF

lundi 19 décembre 2011 , 788 : visites

Mardi 13 décembre, France 5 diffusait un « C dans l’air » dont le thème était « le communisme 20 ans après ». Yves Calvi recevait à cette occasion, Stéphane Courtois et Alexandre Adler sur le plateau. Suite aux propos scandaleux tenus par certains sur le plateau, vous trouverez ci-dessous le courrier de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, envoyé ce jour à Yves Calvi.

Depuis maintenant des mois, la discrimination à l’égard du Parti communiste français dans les émissions politiques dont vous avez la charge, et plus globalement dans celles du groupe France Télévisions, est une constante. Toutes nos demandes pour qu’il y soit mis un terme sont - plus ou moins poliment - mais systématiquement écartées.

Mais cette fois, trop c’est trop. Le mardi 13 décembre, l’émission « C’est dans l’air » avait pour invité Stéphane Courtois, dont la seule fonction historique reconnue est l’anticommunisme professionnel. C’est votre choix éditorial, je n’ai pas à le contester. Toutefois, au cours de cette émission, cet invité, qui ne m’a jamais rencontré de sa vie, s’est livré à une violente attaque personnelle en déclarant je cite « Pierre Laurent (…) un fils d’apparatchik qui a mis les pieds dans les chaussons de son papa et qui prend la direction du parti, quelque part ça fait presque pitié ».

Cette pitoyable déclaration est restée sans réponse. Insultante et diffamatoire, elle ne mériterait de ma part que le mépris. Elle s’inscrit dans le registre des poncifs anticommunistes dont Monsieur Stéphane Courtois s’est fait une spécialité, en lieu et place de celle d’historien dont il s’affuble à propos du Parti communiste français.

Je ne peux me taire car cette déclaration intervient alors que la discrimination à notre égard est un scandale qui n’a que trop duré. Élu secrétaire national du PCF en juin 2010, je n’ai été invité à aucune émission politique importante dont vous avez la responsabilité, et quasiment aucune sur l’ensemble des antennes de France Télévisions. Ce boycott est en contradiction avec toutes les règles déontologiques en matière de pluralisme du débat d’idées, et avec toutes les règles du CSA qui invitent à respecter l’ « équité » des temps de parole des formations politiques, singulièrement celles qui disposent d’une représentation politique parlementaire.

Cette situation devient plus insupportable encore depuis que nous sommes entrés, de fait, dans la campagne présidentielle. Le Front de gauche, dont le Parti communiste français est totalement partie prenante, et son candidat Jean-Luc Mélenchon dont je préside le conseil national de campagne, y jouent un rôle de premier plan. Pourtant, la discrimination perdure. Elle devient même chaque jour plus flagrante au fur et à mesure que des candidats, subitement touchés du jour au lendemain par la grâce sondagière, occupent aussitôt le hit-parade des apparitions médiatiques.

L’argument selon lequel je ne suis moi-même pas candidat ne résiste pas une seconde à l’examen.

Un, notre campagne et notre candidat sont loin de bénéficier de l’égalité de traitement qu’ils méritent. Le respect des règles du CSA nécessite bel et bien l’augmentation globale du temps de parole du Front de gauche, donc tout à la fois celle de Jean-Luc Mélenchon et celles d’autres représentants nationaux du Front de gauche.

Deux, le rôle politique et parlementaire joué par le Parti communiste dans cette campagne ne peut échapper qu’à ceux qui cherchent à nier la réalité.

Trois, ceux qui avancent cet argument à mon égard devront m’expliquer pourquoi il ne s’applique ni au secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, ni à la première secrétaire du PS Martine Aubry, ni à la première responsable d’Europe Ecologie Les Verts, Cécile Duflot, sans parler des dizaines de responsables d’autres formations politiques qui sont des invités permanents de vos émissions, sans que jamais un seul responsable communiste ne puisse y trouver place.

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple récent sur lequel nous vous avons alerté avant l’émission, comment se fait-il qu’aucun parlementaire ou aucun maire de notre parti, très actif sur le droit de vote des étrangers depuis trois décennies, ne trouve place le lundi 12 décembre sur le plateau de « Mots croisés » quand Rama Yade, qui n’a plus aucun rôle politique, et l’improbable Arno Klarsfeld, sur ce sujet auquel il ne s’est jamais intéressé, y figurent en bonne place ?

Et pour n’en prendre qu’un seul autre un peu plus ancien, puisque l’histoire du PCF semble vous intéresser quand il s’agit d’inviter Stéphane Courtois, comment expliquer que le discours que j’ai prononcé devant plus de sept mille personnes le 23 octobre dernier dans la carrière de Châteaubriant aux côtés du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, en hommage aux 27 résistants fusillés il y a soixante ans par les nazis, ait été totalement ignoré ? La mémoire de Guy Môquet et de ses camarades n’intéresse-t-elle que quand elle est instrumentalisée par un président de la République qui en trahit chaque jour les idéaux ?

Aussi, je vous demande d’agir pour mettre un terme à cette mise à l’écart du PCF et de moi-même comme secrétaire national de ce parti dans vos émissions. Ainsi, sera défaite cette anomalie anti-démocratique qui, j’en suis sûr, suscite la réprobation de très nombreux journalistes de vos propres rédactions, que je sais attachés aux valeurs du pluralisme.

Si les propos insultants de Stéphane Courtois sur votre antenne ont été, vous l’aurez compris, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, vous comprendrez que ma requête, au-delà de ce lamentable incident, est plus large. Elle n’a qu’un seul but : faire droit au respect du pluralisme sans lequel la démocratie n’est qu’une coquille vide.

9 Messages

  • Bien envoyé... Y’en a marre de ces plateaux "d’experts" qui ne représentent qu’eux-mêmes. Et juste, de temps en temps, un LE DUIGOU (tout seul) à l’extrème gauche du plateau. En position d’accusé à qui on fait bien sentir que sa présence est "tolérée", chiffon rouge au milieu des gens responsables (éditorialistes, sondageologues et autres faiseurs de pluie). Chacun peut décrocher son téléphone, son ordinateur pour hurler auprès des chaînes TV-radio. Ou encore -c’est la spécificité de l’émission de Calvi- bombarder de SMS. Tant de chaînes et si peu à voir... on peut aussi éteindre sa boîte-à-pub, quand y’a pas que l’écran qui est plat.

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  • Y. Calvi, animateur en vogue (il eut le privilège d’interroger le Président lui-même il y a peu) s’est spécialisé dans ce que J Ferrat appelait les « débats-mirontons ». Quelques invités bien choisis, en accord sur l’essentiel, et présentés sous des étiquettes trompeuses. D. Régnié par exemple qui siège quasi quotidiennement, est qualifié de professeur et de politologue – ce qu’il est- mais sa qualité de Président de la « Fondation pour l’innovation politique », faux nez de l’UMP, n’est pas « décryptée ». Des membres de l’UMP ou d’organisations patronales ou financières y sont régulièrement invités, à titre personnel naturellement, ou en tant qu’ « experts ». Passons sur les « sondeurs » dont certains émargent directement à l’Elysée. On y entend aussi régulièrement des journalistes de « Valeurs actuelles », journal économique très très à droite dont la notoriété récente doit beaucoup à son ancien directeur : Patrick Buisson, conseiller très proche de Sarkozy après une carrière tout entière vouée à l’extrême droite. http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Buisson . Les journalistes du Figaro y ont également table ouverte. Aucun journaliste de l’Humanité, ni de l’Humanité Dimanche n’y a jamais été invité. Aucun membre du PCF non plus, il va sans dire. Pour ce qui concerne l’émission « C dans l’air », Y. Calvi veut lui donner une dimension interactive grâce aux « SMS » émanant soi-disant des téléspectateurs. La rédaction des questions posées et leur à propos laisse perplexe. Les formulations et le moment de leur exploitation relancent généralement le débat vers l’aile la plus à droite du jeu ! Je me souviens d’un temps où existait une association nommée « Télé-liberté ». Elle tentait de promouvoir le pluralisme à la télévision. Aujourd’hui, malgré la multiplication des canaux « d’information », on doit constater un recul démocratique effarant. Les techniques de propagande et de manipulation les plus grossières sont mises en œuvre. Je crains que les protestations auprès des responsables soient sans effet. Ils savent ce qu’ils font et connaissent leur pouvoir. Restent les autres moyens dont nous disposons. Pour ne parler que de l’Internet – puisqu’ici nous y sommes - pourquoi ne pas développer nos réseaux « d’amis ». A un commentaire que j’avais commis sur un « mur » à propos de l’émission de Calvi justement, je me suis attiré la réponse sans appel d’un jeune internaute : « C dans l’air » ? Plus personne ne regarde cette M… »

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  • Tout cela n’est qu’un rapport de forces. Vous ne prenez pas encore les choses par le bon bout. Il vous reste encore à apprendre l’art de la guerre..... et de la guérilla.

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  • - Aller à la télé c’est se jeter ans la gueule du loup. Ces journalistes professionnels sont grassement payés par la droite pour faire le travail qu’ils font. Ils sont capables de démolir l’image de n’importe quel homme politique sans en avoir l’air.
    - La télé il faut la laisser pour les chanteurs.
    - La place d’un chef politique n’est pas à la télé. Elle est au milieu de son peuple comme un général au milieu de ses soldats.
    - Au lieu que ce soit vous qui courriez derrière la télé, le jour où ce sera la télé qui courra après vous c’est que vous serez sur le bon chemin.

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