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UN CONTRÔLE CITOYEN POUR UNE POLITIQUE PLUS JUSTE RÉPONDANT AUX BESOINS DE LA POPULATION

jeudi 17 août 2006 , 1984 : visites , par FLORENT BALLANFAT

Une question de démocratie, mais pas seulement. Qui n’a jamais eu un sentiment de résignation devant l’intransigeance politique d’un gouvernement, ou d’un maire ? Qui n’a jamais ressenti de l’impuissance face à des décisions qui semblaient prises bien loin des personnes concernées ?

Quand les gens n’ont plus aucun contrôle sur l’action politique de leurs représentants peut-on dire que les décisions de ces personnes sont légitimes ? En accordant leurs suffrages, les citoyens ne donnent pas carte blanche à leurs élus pour faire une politique qui peut aller contre l’intérêt général. Pourtant dans l’Aube, de tels exemples sont monnaie courante... Comment s ’étonner alors que notre département soit aussi mal classé parmi tous les départements français dans des domaines aussi primordiaux que la santé ou l’éducation  ? (cf. enquête parue dans l’Express reprise dans des numéros précédents de la Dépêche de l’Aube révélant que l’Aube figure en queue de peloton dans tous les secteurs) Ce n’est là qu’un des résultats de la mainmise de la droite sur ce département depuis des dizaines d’années...) Les députés UMP au service du gouvernement et du MEDEF, mais pas de leurs concitoyens ?

Ainsi les 3 M : Mathis, Menuel et Micaux, députés UMP de l’Aube votent comme un seul homme, les mesures anti-sociales du gouvernement qu’ils soutiennent. Ils ont ainsi adopté le projet de réforme des retraites qui s’est fait de manière injuste en défaveur de ceux qui disposent d’un revenu déjà faible, en cachant la possibilité d’une autre réforme plus juste assurant l’avenir d’un système de retraite véritablement solidaire. Ils ont également laissé les pleins pouvoirs au gouvernement pour qu’il privatise complètement les autoroutes, privant ainsi la France d’une source de revenus qui pourrait permettre de développer un véritable service public de transports indispensable pour le développement durable et solidaire de l’ensemble du pays.

Ils ont plus récemment adopté la loi sur " l’égalité des chances " instaurant le CPE, retirée plus tard à l’issue d’un incroyable bras de fer entre des jeunes soutenus par les syndicats et une importante majorité de la population et un exécutif sourd aux revendications légitimes de ceux qui en ont marre de subir la politique dictée par les multinationales. Ces députés ont-ils oublié qu’ils étaient les représentants du peuple à l’Assemblée nationale et non les VRP à la solde du MEDEF ? On peut légitiment se le demander quand ces députés en plus de leur soutien aveugle au gouvernement, co-élaborent des propositions de lois visant à limiter au maximum le droit de grève, visant à durcir les conditions d’accès au RMI, ou encore visant à réduire l’assiette de l’impôts sur les grandes fortunes ou même à le supprimer comme le souhaite Pierre Micaux. Son collègue de droite, Jean-Claude Mathis n’a pas grand chose à lui envier puisqu’il a, à son actif des signatures sur des propositions de loi comme celle qui suscite la mobilisation des intermittents du spectacle dont le régime d’assurance chômage est mis en cause.

Quant à Gérard Menuel, le suppléant de François Baroin, seule sa présence restreinte au parlement l’empêche d’être trop actif sur le front du recul social et du tout sécuritaire. Nos concitoyens peuvent très rarement compter sur le soutien réel de leurs députés qui en dehors, des déclarations " rassurantes " effectuées localement, ont bien souvent des préoccupations éloignées de celles des habitants de leur circonscription dès qu’ils sont à Paris. Sur qui alors s’appuyer lorsque l’on s’oppose aux choix politiques du gouvernement ? Quel député aubois pourrait soutenir les sans-papiers à qui la demande d’asile sera refusée ? Aucun. Quel parlementaire de notre département portait à l’Assemblée nationale la voix de ceux qui souffrent des mesures prises par De Villepin et Sarkozy ? Aucun.

Cette crise de la représentation nationale se pose très gravement lorsque les citoyens n’ont aucun pouvoir d’intervention hormis les manifestations et la grève pour influer sur la politique. Elle est d’autant plus préoccupante lorsque la droite dispose d’un réseau d’influence puissant localement. La droite locale : plus qu’un relai à la politique nationale

En effet, si l’asservissement des députés aubois est totale pour le gouvernement, que dire de la politique menée par le Conseil général où seuls les conseillers généraux communistes (Joë Triché et Marie-Françoise Pautras) font entendre leurs voix pour s’opposer à des projets visant à donner purement et simplement plusieurs millions d’euros, à une entreprise déjà très prospère quand cet argent pourrait servir à financer des projets améliorant sensiblement la vie d’un grand nombre de personne plutôt que le compte en banque d’une des plus grandes fortunes du département. Il ne s’agit plus seulement de relayer les mesures du gouvernement en limitant par exemple l’accès aux prestations sociales dont le département à la charge, il s’agit d’un pas supplémentaire vers une politique de classe en faveur des plus aisés. Au niveau des municipalités tenues par la droite ou ses alliés, le constat est bien souvent le même, lorsque François Baroin,

UN CONTRÔLE CITOYEN... ministre-maire de Troyes, sous couvert d’améliorer l’attractivité de la capitale auboise, chasse les populations défavorisées et cherche à supprimer les symboles de luttes sociales du centre ville pour offrir de beaux espaces à des compagnies privées. Là encore, c’est bien souvent seuls que les élus communistes défendent l’intérêt général contre l’intérêt particulier de certains... comme ce fut le cas en ce qui concerne le projet de rénovation urbaine sur Troyes et l’agglomération. Une politique résolument différente, ambitieuse, et sous le contrôle des citoyens L’offre politique du Parti Communiste est à la fois ambitieuse, en rupture avec les pratiques actuelles mais elle se donne également les moyens d’aboutir... et pas seulement en termes financier en permettant une répartition plus juste des richesses.

Ce que propose le PCF, et qu’il souhaite faire partager à l’ensemble des forces de gauche anticapitaliste c’est à la fois une politique visant à améliorer le quotidien de ceux qui en ont le plus besoin, mais c’est également un projet devant permettre à la population d’intervenir pour influer sur les choix politiques qui seront faits en amont et en aval. Ce contrôle citoyen, gage d’une démocratie réelle basée sur les besoins des populations concernées, est un élément indispensable pour redonner à la politique un moyen d’influer sur le processus de mondialisation.

Ce qui peut sembler aujourd’hui relever de l’utopie passe pourtant par des mesures simples, parmi lesquelles la constitution de grands pôles publics pour les domaines de la Santé ou de l’Energie notamment, qui permettraient à la France et à l’Europe de résister à la mondialisation capitaliste et aux désastres qu’elles provoquent tels les délocalisations ou les reculs sociaux.

Ce n’est pas en transférant les possibilités d’interventions dans le domaine économique ou en ouvrant toujours plus les services publics aux capitaux que l’on peut faire face aux dérives naturelles du capitalisme c’est au contraire en se donnant les moyens de réorienter l’économie en faveur du social qu’on peut réussir à la fois à garantir un niveau de vie décent à chaque personne mais également un avenir dégagé des contraintes de la rentabilité et de la compétitivité. La véritable modernisation des servi-ces publics passe par un contrôle exercé par celles et ceux à qui ils s’adressent, c’est là aussi une des propositions que font les communistes, et c’est un principe qu’ils appliquent là où ils sont élus et notamment au niveau du Conseil régional. Ce qui est possible régionalement est possible nationalement et même au-delà pour peu que le peuple s’implique dans cette démarche.

Pour que ces propositions soient réellement appliquées et pas repoussées aux calendes grecques, le PCF souhaite donner à la population les moyens de faire pression pour que des choix politiques courageux soient enfin faits.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N882

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