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SUR LA SCÈNE D’AVIGNON, ON Y JOUE, ON Y JOUE

jeudi 4 août 2011 , 175 : visites , par Jean Lefevre

-...Maman, Moi et les HOMMES

Arne Lygre, est un auteur norvégien moderne (né en 1968) qui peint des personnages à la recherche de leur identité ou qui tentent de la faire retrouver aux autres. Ce « renouvellement identitaire » échoue toujours [1]. Dans Maman, moi et les hommes, il cultive son Freud à sa manière : les mauvaises expériences se transmettent de mère en fille, malgré les efforts de chacune pour s’en sortir.

Leurs hommes les quittent. Elles manquent de charme les pauvrettes ou quoi ? Enfin, voilà trois générations de femmes sacrifiées sur l’autel de l’infidélité. C’est une suite d’échecs et de ratages.

Mais l’art de l’auteur consiste heureusement à éclairer le drame par l’humour. Et plus ça se gâte dans cette famille éclatée, plus la folie s’en mêle. Au début, on croit baigner dans le roman psychologique. à la fin, veut-il relancer la machine de ce conte un peu glauque et tristounet, il fait surgir un agresseur armé d’un pistolet, qui, le pauvre, se fera ligoter par l’héroïne résiduelle. Celle-ci, dans un sursaut d’amour fou aura enfin son homme fidèle, attaché à son lit et finissant par y crever.

Les dialogues sont brefs, les scènes rapidement emballées. Le metteur en scène a voulu apporter le sang neuf de la vidéo , ce qui ne m’a pas paru indispensable. C’est très mode ce mélange des arts dans le théâtre (marionnettes, danse, vidéo, etc.) comme s’il fallait à tout prix trouver du sens dans un monde égaré. Pourquoi ne pas chercher plutôt des textes forts, quitte à fouiller dans ceux du passé. Je remarque encore une sorte d’autocensure des metteurs en scène et des directeurs de théâtre qui refusent d’aborder le monde d’aujourd’hui dans sa souffrance et dans sa chair.

Qu’importe, la Cie Sentinelle 0205, en résidence à épernay jusqu’à cette année, a fait de l’excellent travail, avec des acteurs de bon aloi et une recherche scénique originale.

- .....sur le bout de la langue

Il n’y a pas à revenir là-dessus, les jeunes ont des idées. Les jeunes pensent et inventent et osent leurs inventions. Comme disait ma fille : « Faut dire les choses qu’on pense, encore faut-il penser quelque chose ! ». Sur la scène de « La Caserne », fraîchement sortis de l’école Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette (8ème promotion, 2008- 2011), 5 élèves parmi 18 autres ont présenté chacun leur spectaculet tiré d’un conte ou d’une mythologie et même venu de plus loin, de leur propre histoire. Car chacun de nous vient du bout du début de l’aventure humaine.

bruno delattre, chirurgien de l’extrême, nous a gonflés de bonne humeur avec sa Lolo Ferrari et ses opérations soi-disant esthétiques. Lolo nous accueille en son sein bourré de silicone.

naomi van niekerk est allée chez les Inuits nous rapporter le poids pesant des coutumes. Elle utilise des moules en plâtre qui font beaucoup d’effet. Pas gais cet « Épitaphe » et ce blanc obsessionnel et permanent.

Dans notre chine au marché du talent, j’ai dégotté le Belge simon Moers dans un conte chinois, « Sous la neige qui tombe ». Il manipule des grains de riz. Ce sont des pierres ou des hommes, dont un empereur qui mourra d’avoir tué le mari de la jeune femme. C’est bien fait ! Je parle aussi du spectacle : c’est bien fait. Avec élégance et poésie.

carine gualdaroni est aussi partie de la culture du peuple arctique pour sa mise en scène. Elle promène un squelette sorti du lac dont les poissons ont dévoré la chair. C’est avec ça qu’elle veut nous séduire. Il y réussit fort bien car le squelette retrouve sa chair et la chair sa vie.

La Roumaine cristina Iosif a évoqué enfin la prostitution des femmes de l’Est à qui l’on fait miroiter gloire et fortune en France. Prestation très applaudie. Tous ces jeunes trouveront à s’intégrer dans des troupes françaises ou étrangères.

P.-S.

La dépêche de l’Aube N1141

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Maman, Moi et les HOMMES sur le bout de la langue

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