« Le néolibéralisme est mort mais ils ne le savent pas. » Roland Gori

Accueil > Archives > National > Election > Marie-George Buffet écrit aux partis de gauche

Marie-George Buffet écrit aux partis de gauche

jeudi 3 août 2006 , 2757 : visites , par LDA

Marie-George Buffet vient d’écrire une lettre ce 24 juillet aux responsables des partis de gauche et écologistes (Les Alternatifs, Convergence citoyenne, Gauche républicaine, LCR, MARS, MRC, Parti radical de gauche, Parti socialiste, Régions et peuples solidaires, Les Verts) dans laquelle elle indique :

« À l’abord des échéances de 2007, chacune de nos formations, et la gauche elle-même, sont placées devant une responsabilité historique.

Notre peuple a un besoin impératif, vital d’écarter le danger d’un futur quinquennat de droite, qui serait dévastateur. Il a un besoin impératif, vital de réponses nouvelles aux problèmes, aux crises que connaissent la société, l’Europe, le monde, sans lesquelles il n’y aura pas d’améliorations réelles dans la vie.

Ce besoin s’exprime et s’est exprimé au travers des mobilisations populaires successives pour résister à chaque agression de la droite, comme des exigences de rupture avec les politiques libérales en France et en Europe que le vote du 29 mai 2005 a portées. L’objectif pour 2007 en découle : battre durablement la droite, réussir à gauche en ouvrant une période nouvelle, de progrès social et démocratique.

Or, en l’état, la gauche ne peut pas proposer cet objectif. C’est par elle que la droite pourra être chassée du pouvoir : tout devra être fait pour mobiliser à cette fin toutes les forces de gauche. Mais elle ne s’accorde pas sur ce que doit être une politique de gauche qui réussisse, c’est-à-dire une politique dont les objectifs et les moyens soient à la hauteur des problèmes posés. Elle ne peut pas, en l’état, garantir qu’une nouvelle expérience gouvernementale répondrait aux attentes populaires et ne déboucherait pas une fois de plus sur la déception et sur l’échec.

On ne peut pas espérer dépasser cette situation en tentant d’ignorer ou de contourner ce qui la crée. Elle tient à des choix politiques différents au regard de la question fondamentale posée à la gauche pour toute la période que nous vivons : aménagement des politiques libérales ou rupture avec celles-ci ? Ces choix politiques, chacune de nos formations les fait en conscience, en responsabilité, et il est illusoire de penser que, les uns et les autres, nous pourrions y renoncer.

Ainsi, le Parti socialiste, en adoptant son projet le 1er juillet, a lancé l’idée que tous les partis de gauche définissent à la rentrée les propositions communes de ce que pourrait être un gouvernement commun et aillent jusqu’à constituer une « fédération de la gauche » pour accompagner cette politique gouvernementale. Mais une politique gouvernementale de gauche rompant avec les politiques libérales impliquerait des objectifs et des moyens tout autres que ceux que définit le projet socialiste. Et tous les partis de gauche ne se rassembleront pas pour mener une politique qui ne garantisse pas cette rupture.

Pour sa part, le Parti communiste s’est donné lors de son congrès, en mars, un programme « pour une politique de gauche qui change vraiment la vie ». Par ailleurs, les collectifs unitaires qui avaient milité pour le « non » de gauche ont mis en débat une Charte antilibérale. Et les forces, parmi lesquelles le PCF, qui veulent construire un rassemblement antilibéral de gauche travaillent actuellement au projet politique de cette union pour 2007. Décrire la réalité telle qu’elle est, sans masquer la nature et la profondeur des questions posées à la gauche, doit-il nous conduire à considérer que le débat est clos et, en somme, à dire au peuple de gauche : « Rendez-vous devant le suffrage universel » ? Je ne le pense pas. Nous ne ferions pas face à nos responsabilités si nous repoussions l’intervention possible des citoyennes et des citoyens aux seuls moments de leurs votes - aussi important cet acte sera-t-il ! -, au deuxième trimestre de 2007.

Le 8 février dernier, nous avons décidé d’organiser des rencontres publiques afin de permettre le débat avec les citoyennes et les citoyens sur l’ensemble des propositions alternatives pour 2007. Ces confrontations publiques ont permis tout à la fois de vérifier la volonté partagée des électrices et des électeurs de gauche d’en finir avec le pouvoir et la politique de la droite, et de mettre en évidence des convergences, mais aussi des différences profondes entre les propositions des uns et des autres. Il est évident que de telles différences auraient également pu être relevées si, comme nous le souhaitions, des rencontres avaient pu être organisées par exemple sur les services publics, la protection sociale et sur les moyens financiers et démocratiques d’une politique de gauche. Le dernier trimestre de cette année va être celui où seront finalisés les projets des uns et des autres. Je pense que la gauche apporterait une contribution de haut niveau au débat démocratique et à la construction de l’alternative politique si elle permettait à notre peuple d’être informé précisément et de débattre du contenu de ces projets.

La forme, l’ampleur de telles initiatives doivent naturellement être étudiées et décidées en commun. C’est pourquoi je vous soumets l’idée d’une rencontre de tous les partis de gauche en septembre pour examiner cette proposition. J’adresse ce même courrier aux responsables des autres formations de gauche. »

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N880

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|