Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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BOURSE DU TRAVAIL : BAROIN VEUT FAIRE TABLE RASE

jeudi 27 janvier 2011 , 535 : visites , par LDA

Malgré le rôle joué dans l’histoire de la ville et du département sur le plan économique, politique, social, culturel, sportif, la Bourse est considérée par la municipalité comme un bâtiment banal qui ne mérite rien d’autre qu’une intégration dans un ensemble purement commercial. Est-ce un manque de vision, une posture politique de revanche sociale ? d’où cette propension à vouloir faire table rase d’un lieu où transpire encore un siècle d’histoire du mouvement ouvrier.

L’association Bourse du travail mémoire vivante a mené une consultation auprès de la population. Sa présidente, Anna Zajac, nous en livre les résultats.

La Dépêche de l’Aube : pourquoi cette consultation

Anna Zajac : La bourse du travail, bâtiment municipal chargé d’histoire, haut lieu de la vie démocratique et populaire de Troyes est fermée depuis septembre 2006. Les associations et organisations dont la CGT, locataires de longue de date ont été contraintes de quitter les lieux en raison de la création annoncée d’un complexe commercial « passage St Nicolas » .Mais le projet n’a pas abouti, l’investisseur ayant jeté l’éponge après avoir procédé à la démolition de la maison de retraite (derrière la bourse) et détérioré une grande partie du rez-de-chaussée de la bourse. En 2010, le maire, François Baroin veut une nouvelle fois imposer la création d’un îlot commercial, seul capable, selon lui, “d’apporter un véritable contenu économique à cette opération en développant une offre commerciale forte et cohérente pour conforter l’attractivité commerciale du centre ville.”

L’association a demandé au maire la création d’un groupe de travail très large avec architecte, urbaniste, associations de défense du patrimoine, commerçants, acteurs culturels... sur la question du devenir de la bourse dans ce quartier de la ville. Face au refus obstiné du maire, nous avons pris, début octobre, la décision de solliciter l’avis des habitants de cette ville.

LDA : quels sont les résultats et les premiers enseignements qui apparaissent ?

AZ : Près d’un millier de questionnaires ont été diffusés de manière militante et des adhérentes et adhérents sont allés à la rencontre de la population et des commerçants de la rue Emile Zola en décembre. Nous avons à ce jour près de 22 %.de réponses, soit 216 personnes qui ont donné leur avis (148 retours par la poste, 13 sur le site internet, 38 personnes rencontrées devant la FNAC, sur le marché et 27 personnes parmi les commerçants de la rue Emile Zola). Quelques chiffres, à savoir 93% des habitants consultés connaissent la bourse du travail, 44 % l’ont fréquentée pour des questions politiques, syndicales, associatif, droit du travail... 15 % dans le cadre de fêtes, bals, animations culturelles, près de 90 % sont opposés à un éventuel changement de nom sur la bourse du travail. Contrairement à l’affirmation du maire selon laquelle le projet commercial est seul capable “d’apporter un véritable contenu économique à cette opération en développant une offre commerciale forte et cohérente pour conforter l’attractivité commerciale du centre ville” la réponse est sans appel, c’est à 80 % NON. De nombreuses propositions sont faites dans le domaine de la culture regrettant la disparition de l’espace cité, d’activités artisanales, d’une crèche, d’une halte garderie... En ce qui concerne la salle du premier étage, les réponses sont favorables à 91 % à son maintien en faveur du monde associatif local pour l’exercice d’activités diverses et variées. Les avis sont plus partagés pour l’utilisation du terrain derrière la bourse, 68% sont opposés à de nouvelles constructions et à de nouveaux commerces, ils préfèrent entre autres de la verdure, des arbres, un jardin public, des jeux pour les enfants, de l’espace pour mettre en valeur l’église St Nicolas.

LDA : les résultats sont intéressants mais aujourd’hui quatre candidats ont été retenus pour le projet commercial ?

AZ : Notre action continue malgré tout. Nous ignorons la nature exacte des projets qui seront proposés mais quels qu’ils soient, nous avons l’ambition de porter avec d’autres partenaires la voix de toutes celles et de ceux qui s’opposent au tout commercial et proposent des activités pour dynamiser ce quartier. Même les commerçants de la rue Emile Zola et de la place Jean Jaurès qui n’ont pas été consultés sur ce nouveau projet, ne sont pas dans leur majorité favorables au tout commerce à la bourse du travail.

Les seules batailles que l’on perd avec certitude sont celles que l’on ne mène pas.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1114

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