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AU NOM DU MAITRE

jeudi 23 décembre 2010 , 512 : visites , par Guy Cure

Le dernier livre de Jean-Paul Fosset "Le Maître de Chaource" vient de paraître aux éditions Ravet-Anceau (9 €).

L’auteur a adopté le style d’une intrigue policière où le présent et le passé se mêlent autour de la personnalité et de l’oeuvre du maitre de Chaource, persécuté à travers les siècles. Il faut dire que la réalité est énigmatique et se prête particulièrement à l’imagination d’une fiction : voilà un sculpteur dont le talent est reconnu dès son époque, qui a laissé une grande quantité d’oeuvres en Champagne et jusqu’en Lorraine, et dont le nom n’apparait pas dans les archives ; un artiste qui fut la vedette de l’exposition du Beau XVIe, et qui reste un inconnu. D’où une première ambigüité dans le titre original "au nom du maître". Le récit multiplie les allers et retours dans le temps et l’espace, et il apparait bien vite qu’on ne peut pas se contenter d’une lecture au premier degré.

Beaucoup de références et de commentaires artistiques apportent un intérêt supplémentaire, même s’il s’agit là de clins d’oeil : Jean-Paul Fosset ayant à l’évidence voulu montrer que les considérations sur les courants artistiques et les sculptures du XVIe siècle ne sont qu’allusions et le cadre de son ouvrage. On peut ainsi chercher à démêler le vrai du faux en ce qui concerne les oeuvres, les lieux, les distances, en même temps qu’on cherche à comprendre qui sont les juges et persécuteurs du maitre.

L’acte d’accusation est énoncé dès le début : les images du maitre sont trop humaines. Dieu n’y trouve pas sa gloire. Et la traque commence. Les « encapuchonnés  » ne renoncent jamais.

Leur hargne se retourne contre eux, la beauté des oeuvres d’art les discrédite. Ils deviennent poursuivis, accusés. Et c’est la lutte de l’artiste contre l’art officiel. Les encapuchonnés, ce sont l’Opus Dei et l’Inquisition, mais aussi bien Savonarole que Jdanov.

C’est la lutte de la liberté contre l’intolérance. L’art en fournit ici le cadre et le prétexte, mais n’est-il pas aussi une science officielle, une économie bienpensante, un conformisme naturel.

La traque des encapuchonnés pourrait bien être une éternelle poursuite, et l’espoir n’être qu’un éternel recommencement.

Guy Cure

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1109

1 Message

  • AU NOM DU MAITRE 29 décembre 2010 00:41, par JOINVILLE

    La traque des encapuchonnés pourrait bien être une éternelle poursuite, et l’espoir n’être qu’un éternel recommencement. Mieux vaut vivre avec l’espérance sans fin d’une vie meilleure, que de vivre la fin de l’espérance.

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