Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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« VILLE AMIE DES ENFANTS »......ET MON OEIL !

jeudi 25 novembre 2010 , 563 : visites , par JPC

Les maires de Troyes, de Romilly-sur-Seine, de Saint- André-les-Vergers s’épandent dans la presse pour faire savoir qu’ils ont signé la charte qui fait que leur ville fait partie intégrante du réseau « Ville amie des enfants »

Une belle opération de communication pour les maires en question en échange d’un « gentil » engagement à faire respecter la Convention internationale des droits de l’enfant et à poursuivre leurs initiatives en faveur de l’enfance. Mais la belle histoire s’arrête là. Car L’Unicef et l’association des Maires de France qui sponsorisent l’initiative ne cherchent pas à (ou ne veulent pas) savoir si le maire en question ne remet pas en cause son « engagement » en endossant son habit de député ou de conseiller général. Voire si ce ne sont pas directement les choix politiques du maire dans sa commune qui vont à l’encontre même des droits des enfants.

Ainsi donc F. Baroin le maire de Troyes et son homologue de Romilly-sur-Seine n’ont-ils pas décidé de supprimer l’aide aux devoirs gratuite frappant ainsi les enfants les plus en difficultés.

F. Baroin ne refuse-t-il toujours pas d’appliquer le quotient familial dans les écoles troyennes rendant ainsi inaccessible la cantine à des centaines d’enfants issus de familles à faible revenu. A Romilly E. Vuillemin ne vientil pas d’augmenter la restauration scolaire de 63 % pour les démunis !

Au Conseil général, A. Balan le maire de Saint-André n’a-t-il pas, lui aussi, voté la fin de la gratuité des transports scolaires, supprimé la bourse aux lycéens, plongeant ainsi des centaines de familles un peu plus encore dans la détresse financière ! La part de responsabilité des élus UMP dans l’augmentation de la précarité.

« Quand la mauvaise fée Précarité se penche sur un berceau, en France, elle voue l’enfant au malheur sanitaire, scolaire, social, culturel, familial. Les deux millions d’enfants qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté (950 euros par mois, après les transferts sociaux) dans notre pays cumulent les inégalités et subissent un déterminisme social effrayant. De jeunes mamans sortent aujourd’hui de la maternité sans savoir où elles vont trouver un abri pour le soir même. » Tel est le bilan que Dominique Versini, défenseure des enfants, a dressé en présentant son rapport annuel.

La précarité est un poison pour les enfants de ce pays. Les enfants placés (143 800 en 2009) sont très majoritairement issus de familles en difficultés, sociale et économique.

Quelle part de responsabilité ont le député Baroin, le ministre du budget Baroin, les dirigeants de l’UMP Baroin Vuillemin, Baland dans ce triste bilan ?

La loi du 5 mars 2007, qui réforme la protection de l’enfance, avait pourtant fait du maintien des liens familiaux un objectif majeur, mais le transfert des compétences aux départements sans les financements suffisants a ruiné cet espoir. Le Fonds de protection de l’enfance (150 millions d’euros) qui devait aider à la mise en oeuvre de la loi a fondu des deux tiers. Moralité : bon nombre de départements ont réduit leurs actions de prévention et d’accompagnement social des familles. Le Conseil général de l’Aube a fait ce choix là !

Des lois dures pour les pauvres

Les lois SRU et Dalo, sur le logement des plus démunis sont mal appliquées En revanche, le gouvernement vient de faire voter des lois dures aux pauvres, comme la suppression des allocations familiales en cas d’absence des enfants à l’école, le durcissement de la politique d’immigration qui entrave le regroupement familial et envoie des enfants en centre de rétention, sans parler de l’évolution de la justice des mineurs, focalisée sur l’acte et non sur la personnalité de l’adolescent.

La loi Hôpital, patients, santé, territoires, qui oublie la prévention, n’a guère plus de vertu. Une médecine à deux vitesses guette les enfants pauvres : ils fréquentent de plus en plus les urgences hospitalières, ce qui crée une discontinuité dans leur parcours de soins.

Lorsque je constate les dégâts sociaux causés par la politique du gouvernement, je me demande vraiment comment un maire UMP peut se faire mousser dans le journal en signant la charte « ville amie des enfants ».

J.-P. Cornevin

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1105

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