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Les Passeurs de Textes

LES OUVRIÈRES DE LA RÉPUBLIQUE Par Helen Harden Chenut

jeudi 11 novembre 2010 , 549 : visites , par Jean Lefevre

Voilà un livre que tous les partisans du changement devront lire. Helen Chenut, historienne américaine, présente les bonnetières auboises sous la IIIe république, en gros pendant un siècle, de 1850 à 1936. Elle étudie donc en même temps le capitalisme industriel et commercial dans l’Aube, la naissance du mouvement ouvrier, le syndicalisme, le mutualisme, les coopératives, autrement dit les efforts des prolétaires pour trouver une solution à leur sujétion.

Des rapports complexes se sont tissés entre ouvriers et patrons du textile, entre travail masculin et travail féminin. Helen Chenut montre que, même syndicaliste, même partisan du progrès, l’homme refuse longtemps de donner à la femme sa juste place.

Elle étudie en outre le « paternalisme  » des patrons dans sa version chrétienne ou laïque. Les Valton, Hoppenot, Doré, Vitoux sont pionniers en la matière, ce qui leur permet « de garantir à la fois l’ordre social et le travail des ouvrières, devenues un rouage essentiel de la production industrielle française. »

Les grandes grèves de 1900 et 1921 sont finement analysées avec leurs conflits internes, la prédominance des 2 courants réformiste et révolutionnaire. Elle trace les portraits des dirigeants syndicaux ou politiques que nos rues gardent en mémoire  : René Plard, Émile Clévy, Célestin Philbois, Henri Jacob, Etienne Pédron, popularisant le guesdisme et le marxisme. La naissance de la Dépêche de l’Aube, en décembre 1920, y est évoquée ainsi que les travaux de Michel Bedin à son sujet.

C’est un livre sur lequel nous reviendrons tant son sujet est vaste, nourrissant, éclairant. Il est vrai que l’historienne, spécialiste des mouvements sociaux et de l’histoire des femmes, a vécu à Sainte-Savine quelque temps, y a interrogé de nombreuses personnes-ressources (Suzanne Gallois ou notre camarade Jeannette Petitjean par ex.), a lu presque toute la littérature historique locale ou nationale (Bedin, Peudon, Velut, Ricommard, Babeau, Colomès entre autres) et épluché tous les journaux de l’époque.

Le livre a été édité par les Presses universitaires de Rennes avec l’aide du Conseil général. Il mériterait d’être primé par cette institution, tant sa qualité historique et littéraire est incomparable.

P.-S.

Les ouvrières de la République : les bonnetières de Troyes sous la Troisième République par Helen Harden Chenut. 22 €.

La Dépêche de l’Aube N1103

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