Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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Les manifestants s’invitent au conseil municipal CHASSONS LES COUPE-JARRETS DE LA DROITE !

jeudi 21 octobre 2010 , 496 : visites

On ne laisse approcher personne, ils gardent son palais et veillent à l’entour...

Ces deux vers de Victor Hugo décrivent assez justement l’ambiance de ce samedi 16 octobre dernier aux abords de la mairie de Romilly. La droite rançonne les familles Il est 8 heures du mat’.

Annoncé le mardi précédent, le rassemblement, à l’appel de l’intersyndicale sur les retraites, des élus de gauche et de la FCPE sur les questions scolaires à Romilly, s’étoffe.

La maréchaussée et motorisée, la “garde” municipale itou, font le pied de grue car il y a aussi conseil municipal.

150 manifestants envahissent la mairie ; ils occuperont la salle du conseil pendant deux heures. Parmi eux, des militants du PCF brandissent, avec d’autres, des affichettes : « Vuillemin , mauvais citoyen ! » « Paiement des études surveillées, augmentation de la restauration scolaire  : insupportable pour les familles ! » A l’ordre du jour de ce conseil, en effet, entre autre, le paiement des études surveillées et une hausse de 21 à 63%, selon le quotient familial, des tarifs des cantines scolaires.

C’est par centaines d’euros que la droite romillonne veut rançonner les familles. Injuste et insupportable pour la gauche et la FCPE dont la pétition contre le paiement des études surveillées a recueilli 1 500 signatures, dont 700 collectées par les militants communistes à l’occasion de diverses initiatives. Ajoutez-y la suppression des bourses et la fin de la gratuité des transports scolaires par le conseil général.

La colère gronde. Elle gronde d’autant plus fort que les mauvais coups pleuvent comme vache qui pisse et que la droite a débranché le sonotone, trop occupée qu’elle est, sans doute, à se dépatouiller avec ses scandales. Le dernier conseil municipal était donc doublement placé sous le signe de la lutte des classes.

“Vous avez trompé la population !”

Et lutte des classes il y eut. Du jamais vu à Romilly ! Faute de place dans la salle du conseil, une brigade de soutien veille au grain dans la rue. “Hasta siempre comandante” résonne dans les hauts-parleurs. Le maire commence une danse du ventre avant de menacer : débat à huis clos sur les questions scolaires, évacuation manu militari. Devant la détermination du “public” à ne pas quitter les lieux, il reçoit les organisations syndicales et la FCPE : mais la surdité, maladie endémique de l’UMP, a aussi frappé E. Vuillemin, comme le rapportera la présidente de la FCPE à l’issue de l’entretien au cours duquel elle avait demandé un moratoire sur les mesures envisagées. Il n’y aura ni moratoire et pas plus débat public, fut-ce seulement au conseil municipal, puisque le maire finit par décréter le huis clos sur ces questions. Tant pis pour la démocratie ! Mais la droite, aujourd’hui dans notre pays, est-elle démocrate ?

Au nom des élus communistes et partenaires, Joë Triché prend la parole. Indigné mais déterminé, c’est un véritable camouflet qu’il lance au maire, martelant : « vous êtes responsable de la situation, vous aviez promis de ne pas toucher aux services rendus à la population. Vous l’avez trompée ! Aujourd’hui, vous n’avez aucun mandat des habitants de Romilly pour le faire, pas plus que Sarkozy n’a de mandat du peuple pour remettre en cause la retraire à 60 ans : il avait, lui aussi, “promis” le contraire. » Et il annonce, qu’avec ses collègues de l’opposition municipale, face à l’intransigeance, au refus d’écouter les revendications, de dialoguer et au déni de démocratie, ils quittent la séance... applaudis et suivis par les manifestants qui entonnent l’Internationale.

Vont-ils fanfaronner encore longtemps ?

Pendant l’intervention du conseiller général communiste, la 1ère adjointe, Annie Rousseau-Herszkowicz, faisait le sémaphore. Celle qui n’aime pas les ouvriers et les étrangers du Nouveau Romilly, celle qui avait promis que le choix des romillons sur la nouvelle piscine serait respecté - un parangon de démocratie ! - levait les bras, pouces tournés vers le bas : à mort ! Quel mépris ! Quelle arrogance ! A Romilly où la gauche “pèse” 57 %, comme au niveau national, la droite a perdu toute légitimité. Les mouvements sociaux puissants en cours le prouvent.

Une lutte est engagée, une lutte de classe, celle de tout un peuple contre les coupe-jarrets du capital et de la finance. Celle des “petits” contre les gros voyous en cols blancs qui étranglent les familles, cassent nos services publics et creusent les déficits des états pour leurs profits. Non, ça suffit, nous ne paierons pas leur crise. Nous n’acceptons pas les ponctions de ces sangsues insatiables. D’autres choix sont possibles, à nous de les imposer. A nous de prendre nos affaires en main. Le dernier chapitre n’est pas encore écrit, ni à Romilly, ni ailleurs.

L. Déhat

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1100

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