“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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POUR LA RECONNAISSANCE OFFICIELLE DU CRIME COMMIS PAR L’ETAT FRANÇAIS LES 17 ET 18 OCTOBRE 1961

jeudi 14 octobre 2010 , 396 : visites

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris.

Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police. 49 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie- non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elle a entraînés ou dans ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961.

Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des "bienfaits de la colonisation" et le pouvoir encourage les nostalgiques de l’Algérie Française et de l’OAS, comme dans les tentatives pour empêcher la projection du film "Hors la Loi". Malgré un discours, parfois ambigu et contradictoire, sur le passé colonial de la France, la politique menée par le Président de la République témoigne d’une réelle volonté de sa réhabilitation.

Depuis sa nomination, Hubert Falco, le Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants multiplie les actes d’allégeance à ces nostalgiques. Le 19 0ctobre prochain, il installera la "Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie", dotée de plus de 7 millions d’euros, en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005. Même si un alinéa de l’article 4 qui voulait initialement inciter les enseignants à présenter les "aspects positifs de la colonisation" a aujourd’hui disparu, cette Fondation semble être sous la coupe d’associations nostalgiques qui voudraient pouvoir exiger des historiens qu’ils se plient à la mémoire de "certains" témoins. Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues, entre les deux rives de la Méditerranée. Or, la loi sur les archives, votée en 2008, fixe des délais de consultation aux dossiers judiciaires qui retardera en particulier les recherches sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein même du parti du Président de la République, cherchent à réhabiliter. La recherche de la vérité s’impose pour cette période sombre de notre histoire comme elle s’est imposée pour la collaboration vichyste avec l’Allemagne nazie. Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyens ou de ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières parfois meurtrières.

Une vingtaine d’organisations dont le MRAP et le PCF appellent à un Rassemblement :

Dimanche 17 octobre à 17 h. à la Place Saint Michel à Paris Là où tant de victimes furent jetées à la Seine il y a 49 ans.

Pour exiger :

- la reconnaissance officielle du crime commis par l’Etat français les 17 et 18 octobre 1961

- la liberté d’accès effective aux archives pour tous, historiens et citoyens

- le développement de la recherche historique sur ces questions dans un cadre franco-algérien et international

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1099

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