« Cette Fête de l’Humanité autrement, c’est un acte de résistance. » Ernest Pignon-Ernest

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Fête de l’Humanité UN PACTE D’UNITÉ POPULAIRE POUR UNE GAUCHE A LA HAUTEUR

jeudi 16 septembre 2010 , 808 : visites , par LDA

Au cours des trois jours d’une fête de l’Humanité à haute densité politique, Pierre Laurent, comme de son côté Bernard Thibault, a affirmé que rien n’est joué sur les retraites. Le secrétaire national du PCF, Christian Piquet, pour la Gauche unitaire, et Jean-Luc Mélenchon, pour le Parti de gauche, ont appelé depuis la Fête à une dynamique du Front de gauche.

Il y a toujours dans la Fête des moments de grâce et d’autres qui bouleversent. La grâce, ce peut être un sourire, avec un groupe de ces jeunes qui arrivent sans cesse avec leur tente et leurs vêtements bariolés où se lisent les inventions des modes à venir.

L’émotion, dans le silence à couper au couteau d’une foule de plus de 50 000 personnes devant la Grande Scène, ce fut Francesca Solleville chantant Nuit et brouillard, samedi après-midi, en hommage à Jean Ferrat. C’est peut-être au fond ce que n’ont jamais compris tous ceux qui, des années durant, se sont acharnés, au prix d’un sacré effort de cécité, à ne voir dans les allées que frites et merguez : cette proximité, ce partage de valeurs, d’humanisme et ce goût du printemps de l’auteur de Ma France. Une fois de plus, les fritologues en ont été pour leurs frais, la Fête a fait l’événement politique du week-end, en étant un véritable rendez-vous de la gauche.

Une France qui se bat

La France aujourd’hui, soulignait avec force le directeur de l’Humanité au Village du monde, devant les représentants et ambassadeurs des multiples pays ayant un stand sur la Fête, la France est bafouée. « Hier, disait-il, le Sénat a voté une citoyenneté à deux vitesses et la droite à l’Assemblée nationale a voté, avec l’article sur la retraite à soixante-deux ans, une régression sociale sans précédent. » Une France bafouée et qui n’a rien à voir avec celle du trio Sarkozy, Hortefeux, Besson, pour ne citer qu’eux. Une France qui se bat. L’édition 2010 est un grand cru, l’un des meilleurs des quinze dernières années, par la fréquentation, mais aussi par la place que tient l’événement dans le calendrier social et politique. À mi-chemin entre la grande manifestation du 7 septembre et une mobilisation qui s’annonce plus forte encore le 23. Les syndicalistes étaient présents et notamment Bernard Thibault.

Mais aussi des responsables associatifs et des dirigeants des partis de gauche qui ont discuté d’une réforme alternative à celle du duo Sarkozy- Woerth. Plus que jamais la Fête du journal fondé par Jaurès s’est avérée au coeur des colères et des espérances populaires. Ils ont signé un pacte d’argent, signons un pacte d’unité populaire En public, les responsables du Front de gauche ont engagé l’élaboration d’un programme partagé.

Certains escomptaient dépeindre le parc de La Courneuve comme le champ clos du choc des ego et des ambitions présidentielles  ; c’est raté. Un processus s’est engagé qui intéresse toute la gauche, tous ceux qui souhaitent que la vie change vraiment. Mais ce projet, ce programme, « nous n’allons pas l’écrire dans un bureau mais avec vous », affirmait Jean-Luc Mélenchon, quand bien même le Parti de gauche a travaillé sur ses propres propositions.

Pierre Laurent invitait toutes celles et ceux qui aspirent au changement à devenir des créateurs et des « propriétaires  » de ce projet, sans quoi il n’y aura pas de véritable alternative à cette politique. Il en appelait à une dynamique qui devienne visible d’ici trois ou quatre mois mais, en même temps, « c’est maintenant, pas en 2012, qu’il faut faire reculer Sarkozy », que ce soit sur les retraites ou sur sa politique d’indignité nationale : « Ils ont signé un pacte d’argent, signons un pacte d’unité populaire. » C’est dire en même temps que les leaders du Front de gauche se sont refusé à entrer, selon les mots de Pierre Laurent, « dans une guerre des ego » ou une opération de casting pour la candidature à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, qui s’est depuis un moment déclaré prêt à cette candidature, soulignait lui-même devant la presse que « ce n’est pas la question aujourd’hui. » .Vivement sollicité, le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne a simplement témoigné de sa légitimité à poser sa candidature, comme il l’avait fait à l’ouverture de la Fête, en tant qu’« élu de terrain », rappelant au passage les résultats aux régionales de la liste qu’il conduisait. Pour sa part, Pierre Laurent n’a cessé d’insister, tout au long d’une Fête où il a véritablement « mouillé la chemise  » sur l’urgence de faire de la politique autrement, de construire avec les gens eux-mêmes : « Ils sont trop nombreux et souvent parmi les plus modestes à penser que la politique ne les concerne plus. » Durant trois jours, une nouvelle fois, l’alchimie de la Fête a fonctionné pour sa quatre-vingtième édition, et des temps de plomb de Sarkozy a surgi tout autre chose des mains d’or des participants.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1095

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5 Messages

  • La Grande Kermesse de l’Humanité c’est une belle journée à la campagne avec les copains. Des frites, des saucisses grillées, des merguez et de la musique mais ça n’a jamais rien changé.

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    • Cher Joinville, il semblerait que ce paragraphe ait été écrit pour vous :

      "L’émotion, dans le silence à couper au couteau d’une foule de plus de 50 000 personnes devant la Grande Scène, ce fut Francesca Solleville chantant Nuit et brouillard, samedi après-midi, en hommage à Jean Ferrat. C’est peut-être au fond ce que n’ont jamais compris tous ceux qui, des années durant, se sont acharnés, au prix d’un sacré effort de cécité, à ne voir dans les allées que frites et merguez : cette proximité, ce partage de valeurs, d’humanisme et ce goût du printemps de l’auteur de Ma France. Une fois de plus, les fritologues en ont été pour leurs frais, la Fête a fait l’événement politique du week-end, en étant un véritable rendez-vous de la gauche."

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