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LES « RÉCIDIVISTES »

jeudi 2 septembre 2010 , 725 : visites

Nous avons déjà relaté dans nos colonnes les propos scandaleux sur les ouvriers, les chômeurs et les syndicats, tenus sous l’autorité du maire de Romilly ; nous nous sommes insurgés, tout récemment, contre ceux de la 1ère adjointe à qui la “connotation ouvrière et étrangère” du Nouveau Romilly donne des vapeurs. Aujourd’hui, voilà que nous n’avons plus de syndicats à Romilly !

La mairie vient de faire distribuer son guide des associations. “Entièrement financé par nos commerçants et annonceurs” précise Vuillemin. Bon, tant mieux, ça ne nous coûtera pas un kopeck, ce qui n’est pas le cas de toutes ses fantasmagories.

30 pages démontrent que notre tissu associatif est dense et dynamique. Pour combien de temps encore au regard des matoiseries de l’actuelle majorité municipale à l’encontre des associations ? Sans oublier non plus les escobarderies à venir de la droite au prétexte de la crise.

J’ai donc lu, relu, fait lire et relire, dépiauté sous toutes les coutures : peau de balle et balai de crin, pas plus de syndicats dans le guide que de compassion dans le coeur d’un huissier. Un oubli ? J’ai du mal à y croire ; ce serait la seconde année consécutive. Depuis l’élection d’un nouveau maire aussi cyclothymique que réactionnaire : hasard ! En 2008, nous avions des syndicats dans le guide des assos, j’ai vérifié ; depuis on n’en a plus. L’ancienne majorité, la doublette carteleto- droitière, avait sifflé le coup d’envoi des hostilités en baissant de 90% les subventions aux syndicats. La nouvelle a décidé qu’il n’y en aurait plus. Les syndicats sont le fruit d’une longue et difficile conquête du monde du travail, concrétisée en France par la loi du 21 mars 1884, dite loi Waldeck-Rousseau.

Comme le notait déjà en 1966, un professeur de droit et de sciences économiques, M. J.-M. Verdier, la nécessité des syndicats est apparue au XIXè siècle en même temps que la révolution industrielle et le capitalisme libéral. Bien avant encore, en 1840, le Dr Villermé, de l’Académie des sciences morales et politiques, remarquait : « La condition ouvrière ne [fait] qu’empirer, la concurrence effrenée poussant les employeurs à chercher de la main-d’oeuvre au plus bas salaire et le chômage [...] les salariés à accepter les conditions offertes pour subsister. »

Rien de nouveau sous le soleil ? Si, l’aggravation des conditions de l’exploitation des salariés et de la concurrence. Si, à droite du nouveau : on ne veut plus de syndicats ouvriers. Alors, à défaut d’un “bon décret” comme celui du 25 mars 1852, pris par le prince-président futur Napoléon-le-petit, qui tolérait les chambres corporatives patronales et réprimait sévèrement les groupements ouvriers, on commence par effacer ces derniers des publications municipales.

C’est un premier pas. On sait que Vuillemin a aussi dans le ciboulot de les faire déhotter de l’actuelle Bourse, située en centre-ville, pour les relocaliser à Pétaouchnok. Mon petit doigt m’a même dit que l’opération immobilière qui devrait s’en suivre serait déjà budgétée dans les comptes communaux. Il y eut le trou des Halles, il y a celui de la Sécu ; à Romilly nous avons le trou à Vuillemin. Si, combler ce dernier peut se faire sur le dos des syndicats, la droite ne va pas bouder son plaisir.

Cette “ommission” pourrait, à première vue, sembler bien anodine. Il n’en est rien. La droite locale récidive en s’en prenant, une fois de plus et sans avoir l’air d’y toucher, aux organisations qui défendent les salariés. Et Dieu sait combien, à Romilly, ils ont besoin d’être défendus. La manifestation du 7 septembre devra être aussi l’occasion de montrer que les syndicats sont bien présents à Romilly, actifs et à l’offensive !

Rémi

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1093

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