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ATELIER COMÉDIE DE REIMS LE BOUC (l’immigré)

jeudi 29 juillet 2010 , 388 : visites , par Jean Lefevre

La Comédie de Reims que dirige Ludovic Lagarde a choisi de mettre en scène « le Bouc »de Fassbinder (1945-1982), cinéaste, auteur, acteur et créateur de l’Antiteater en Allemagne.

Autrement dit du sexe et du feu à prévoir. « Le Bouc », film ou pièce, est de la première manière de l’auteur, du brut et du manichéen. On y voit des jeunes très racistes et un travailleur grec immigré (le bouc) accusé de tous les crimes. Racisme, fascisme, xénophobie, on appellera ça comme on voudra, c’est tellement un réflexe facile chez un tas de gens que la pièce, en ce sens, sera longtemps sans doute d’actualité. Le bouc, dans le théâtre ancien est l’animal sacrifié.

C’est devenu le bouc émissaire des Hébreux. Tout étranger qui vient quémander du travail ou des allocations familiales est un bouc que certains chassent en charters ou par l’intermédiaire de lois scélérates.

Si l’immigré, en plus, a le culot de jeter un oeil sur une gamine du coin, ce sera le commando punitif contre le « voleur de femmes ».

Faut bien que ces jeunes oisifs, bons buveurs et baiseurs s’occupent à quelque chose !

L’histoire est un peu raide, même si l’amour y a sa petite place. C’est un amour qui ne tempère rien. Il est là pour attiser cette bande de types médiocres et machistes. Tout cela manque de recul, d’analyse, de psychologie. Mais quel rythme, quelle vie ! Le décor tourne à grande vitesse, les scènes se multiplient et se bousculent. Voilà du bon théâtre dynamique, haletant. Merci Guillaume Vincent.

On trouvera ici ou là, un type très réac pour trouver un peu d’exagération, mais pas mal de bon sens dans la conduite de ces jeunes nazillons. Après tout, ce sont, malgré leurs excès, de bons patriotes !

Et puis, en France, on ne tue que rarement un immigré. Chez nous, on n’égorge pas le bouc, on le parque et on le renvoie chez lui. À part la bande son, à mon sens trop obsédante et donc gênante, la mise en scène, l’ensemble lumières et costumes (surtout le nu), concourent à mettre en valeur le travail de ces jeunes comédiens issus de la Comédie de Reims.

Jean Lefèvre La Dépêche de l’Aube

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1088

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