Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

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Retraites - Débat contradictoire à Troyes ,UN PROJET DE “ REVANCHE SOCIALE ”

mercredi 7 juillet 2010 , 729 : visites , par LDA

Malgré l’accablante chaleur, on avait fait le déplacement de tout le département pour assister au débat public contradictoire sur la question des retraites, organisé le 1er juillet à l’ADPS de Troyes par la fédération de l’Aube du PCF.

La volonté des responsables communistes aubois, en organisant une “confrontation” publique d’idées entre un économiste du PCF et un représentant de l’UMP, était de sortir des sentiers battus où chacun harangue ses propres troupes, c’est-à-dire qu’il ne convainc que des convaincus. L’originalité de la démarche mérite donc d’être soulignée. C’est aussi la mise en musique de la volonté des communistes de porter en place publique le débat d’idées afin que chacun puisse, à partir des arguments des uns et des autres, se forger sa propre opinion.

Nicolas Dhuicq, député-maire UMP de Brienne-le-Château, a répondu favorablement à l’invitation du PCF départemental ; la contradiction lui étant apportée par Yves Dimicoli, responsable du secteur économique du Parti communiste. Jean-Pierre Cornevin, secrétaire départemental, a centré son propos liminaire sur la nécessité de “bien comprendre les enjeux” de la réforme des retraites et la question de “l’utilisation de l’argent” sous-jacente aux mesures gouvernementales en préparation.

Problème de démographie ? Pour Nicolas Dhuicq, la réforme serait imposée par des nécessités démographiques impérieuses. En 1960, 4 actifs assuraient la retraite d’une personne.

Aujourd’hui, nous sommes descendus à 1,8 actif. Suivant sa logique, il s’agit donc d’abord de trouver de “nouveaux actifs”. Comment ? “En augmentant l’emploi des seniors”, dit-il, “qui est inférieur d’un tiers à d’autres pays européens”.

S’ensuivit une digression fort absconse sur la définition du moment où une personne n’est “physiologiquement plus en état de travailler”. L’auteur de cet article, pour autant qu’il s’autorise à livrer un avis, ne peut s’empêcher de penser que derrière la question, la réponse semble déjà acquise à droite : faire travailler jusqu’à épuisement des forces par la vieillesse ou la maladie. De nouveaux actifs donc ? En ramenant à l’horizon 2020 le taux de chômage à 4,5%.

L’affirmation est cependant restée péremptoire, la salle n’ayant pas eu communication des mesures préconisées pour y parvenir.

Côté financement : aller vers “une convergence de cotisations public-privé” en augmentant progressivement les taux appliqués dans la fonction publique.

Mise en oeuvre d’une fiscalité sur le capital et les transactions financières qui devrait rapporter, dès 2011, 3,7 milliards d’€, auxquels s’ajouteront les recettes d’une fiscalisation accrue des hauts revenus. Le député UMP de l’Aube a réaffirmé la volonté du gouvernement de “maintenir la retraite par répartition”, égratignant au passage les gouvernements dont aucun “depuis 40 ans n’a voulu aborder la questions des retraites”. Bonne nouvelle pour les femmes : les indemnités de grossesse seront intégrées dans le calcul des retraites.

Un “projet ressenti comme une agression par les populations” Yves Dimicoli n’y est pas allé par quatre chemins. Pour l’économiste communiste, tribun accompli au verbe communicatif, il y a “dramatisation” de la question démographique et les cartes sont biseautées. Les chiffres sur lesquels s’appuie le gouvernement ne tiennent pas compte des gains de productivité réalisés grâce aux progrès des sciences et des technologies. Depuis 1946, la richesse produite par salarié a été multipliée par 7,4. “Tricherie” s’insurge-til aussi sur l’indice de fécondité “minimisé volontairement”, et qui est en réalité passé de 1,75 enfant en 1974 à 2,9 en 2010.

Tricherie encore de la part du gouvernement sur l’équilibrage des comptes de son plan sur les retraites, puisqu’il n’est pas réalisé, n’intégrant pas la chute de la croissance et la remontée du chômage et de la précarité du fait de la crise : “la réforme du gouvernement ne règle donc pas le problème”.

Fiscalisation ? Certainement pas pour Yves Dimicoli car “le financement des retraites doit rester mutualisé à partir de l’entreprise et non fiscalisé”. Une urgence : arrêter les exonérations de charges aux entreprises qui “tirent les salaires vers le bas” et ont coûté à l’état (donc au contribuable) 249 milliards d’€ en compensations sur les 294 du montant total des dispenses de cotisations accordées pour la période 1991-2009. En résumé, et sans revenir sur toutes les propositions du PCF (notre hebdomadaire les a largement développées ces dernières semaines), l’argumentaire de l’économiste communiste s’appuie sur l’idée fondamentale que la réforme gouvernementale va “à rebours des besoins de civilisation nouvelle [et qu’il faut] augmenter le temps libéré du travail” plutôt que le diminuer. La lutte pour défendre la retraite par répartition n’est rien moins qu’une des formes de l’antagonisme historique entre le capital et le travail : c’est donc un enjeu de société, c’est aussi un enjeu de classe.

L. DÉHAT

P.-S.

ILS ONT DIT :

- « La réforme actuelle est du même type que celles de 1993, 2003 et 2008. Le bilan de ces réformes, qui n’ont pas résolu la question du financement n’a pas été tiré. »

Marcel Renaud, ancien secrétaire de l’UD CGT

- « Le XXIè siècle sera un siècle de conflits pour des raisons démographiques et d’accès aux matières premières.  »

Nicolas Dhuicq

- « La crise actuelle, source de surendettements publics, de failites d’états (Grèce...) et de spéculations va se traduire par du sang, de la sueur et des larmes pour les peuples. »

Yves Dimicoli

- « Il y a aujourd’hui des besoins humains considérables à satisfaire. Il faut partir de cette problématique et mobiliser toutes les ressources pour y parvenir. »

Joë Triché, Conseiller général

- « L’Europe est l’homme malade du monde... Contrairement à une idée reçue, les exportations de capitaux vont principalement vers l’amérique du nord. Les USA sont un véritable “trou noir” de l’exportation de capitaux européens. »

Yves Dimicoli

- « Il y a des choix qui ne peuvent être fait que par l’état. »

Nicolas Dhuicq

La Dépêche de l’Aube N1085

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