Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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QUEL AVENIR POUR LA BOURSE DU TRAVAIL

jeudi 17 juin 2010 , 632 : visites

Haut lieu de la vie démocratique et populaire de Troyes ?

C’est en décembre 1831 que le conseil municipal de Troyes a décidé la construction d’une halle « pour la vente des produits industriels sur la place Saint Nicolas », aujourd’hui place jean Jaurès. Ce bâtiment municipal, halle aux marchandises a été inauguré le 3 février 1837 puis baptisé Halle à la bonneterie. Les façonniers installés dans les campagnes venaient y vendre leurs productions à des négociants et acheter des fournitures. Mais l’activité décline dès 1860 avec l’industrialisation et l’ouverture d’usines à Troyes. La halle a servi de lieu de stockage de ravitaillement pendant les grèves de 1900. Elle a fermé ses portes en 1904. C’est en 1905 que la nouvelle municipalité (liste du radical Louis Mony) décide la transformation de la halle en bourse du travail qui ouvrira officiellement ses portes le 16 Août 1906. La Bourse du Travail est au début un bureau de placement où les ouvriers peuvent trouver un emploi, s’instruire, revendiquer, organiser les luttes, les grèves, se distraire, c’est aussi un lieu de solidarité. A partir de 1910, le syndicat CGT est installé au rez de chaussée du bâtiment avec d’autres associations FNATH (Fédération nationale des accidentés du Travail et des handicapés) la CNL (Confédération nationale du logement) l’UNRPA (Union nationale des retraités et personnes âgées).

La salle du premier étage qui peut accueillir entre 900 et 1000 personnes, a été utilisée pour des conférences, des débats, des spectacles, des bals, des expositions, des manifestations sportives, un lieu de culture populaire active. Il y avait de l’animation dans le quartier.

Le projet « passage Saint Nicolas »

François Baroin, maire de Troyes, décide en février 2006 que seule « une locomotive économique » peut dynamiser ce quartier du bouchon de champagne. Il présente le projet de construction d’un îlot commercial qui s’accompagne de la démolition d’une maison de retraite (qui a occupé les locaux d’une ancienne clinique) et de la transformation de la Bourse du Travail rebaptisée « passage Saint Nicolas ». En mai 2006, la majorité du conseil municipal de Troyes (UMP, divers droite, Front National) ont voté pour la désaffectation et le déclassement de la Bourse du Travail, les élus socialistes se sont abstenus, seuls Pierre Mathieu et Anna Zajac, élus communistes ont voté contre.

Depuis, l’investisseur a abandonné le projet après avoir démoli la maison de retraite et détruit, à l’intérieur de la bourse, tout le rez de chaussée. Quel est le coût d’un tel gâchis et qui a payé toute cette casse, qui va payer la restauration ? La ville de Troyes, donc les contribuables troyens !!!

Quel avenir pour la bourse ?

Aujourd’hui, François Baroin veut imposer un nouveau projet de création d’îlot commercial, seul capable, selon lui, d’animer ce quartier et la place Jean Jaures. Il est resté sourd à la demande insistante de l’association « Bourse du travail, mémoire vivante » de constituer un groupe de travail (composé d’élus, de commerçants, d’urbanistes, de syndicalistes, d’associations...) pour travailler sérieusement sur le devenir de ce bâtiment municipal, riche de cent ans d’histoire plurielle liée à la bonneterie qui a fait la renommée de la ville de Troyes et du département de l’Aube. La ville de Troyes vient d’ailleurs d’obtenir le label de ville européenne du textile.

D’autres choix sont possibles, la preuve, à Lyon, la bourse du travail a été transformée en théâtre tout en gardant son nom.

Anna Zajac, conseillère municipale

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1082

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