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PRESQUE CENTENAIRE ! LA SOMUCO A SOUFFLÉ 90 BOUGIES

jeudi 27 mai 2010 , 964 : visites , par Jean Lefevre

La SOMUCO fêtait ce 18 mai à Romilly, ses 90 an s de bons et loyaux services au profit de la santé, de la solidarité, de la réciprocité, de l’échange, de l’entraide... mais comment appelle -t-on cela ?

Mais oui : la Mutualité ! Le mot est si beau que les marchands du temple cherchent à se l’approprie

Le mutualisme a une longue histoire et même une préhistoire touj ours li ée au mou vement ouvrier en tout cas. D’où ses difficultés, ses traditions, ses liaisons syndicales et politiques et même ses querelles. Souvent caressée dans le sens du poil par le patro nat, par Vichy, par Sarkozy, mais toujours pour la vider de son sang et de ses prérogatives, elle a su résister comme la Somuco ou l es Mutuelles de France auboises.

La SOMUCO qui eut des présidents courageux (Auguste Baillot, Georges Guinand, Maurice Camuset, René Roy, Nadine Triché, Jacky Yokel, Louis Aden in et aujourd’ hui Gilles Ponti avec Christelle Grosmaire comme directrice) recherche des s oluti ons humaines pour s’opposer à l’individualisme ambiant, au commerce ( « mon corps n’est pas une bagnole » disait un slogan mutualiste), aux discriminations et à la sélection qu’opèrent les marchands de santé et les assureurs vis-à-vis d’une clientèle, non pas digne de soins, mais capable d’un rendement financier

La Somuco se distingue effectivement d’une société commerciale. Elle n’a d’actionnaires que ses malades qui profitent en totalité des bénéfices réalisés, ce qui demande démocratie et abnégation des responsables.

Le mouvement mutualiste regroupé dans la Mutualité pèse encore d’un poids important dans le système de protection social e (60 %, 18 millions d’adhérents et 38 millions de personnes protégées [1]), mais il a du souci à se faire. 2400 services de soins existent encore comme les établissements hospitaliers, les centres de santé (centres dentaire et d’optique de Romilly), les services aux personnes âgées ou handicapées, les pharmacies évidemment (avec livraison des médicaments à domicile pour certaines pers on nes). Son magazine Viva n’ est pas dans sa meilleure forme. [2] Une cataracte de mesures désastreuses s’abat sur le malade, avec effet déplorables sur les comptes des mutuelles, les forfaits, les franchises, les médica m e nts non remboursés, les honteux dépassements d’honoraires, sans parler de la concentration des pouvoirs dans les Agences Régionales de Santé Alors tous les orateurs présents ont tenu à rappeler la vieille loi de l’espèce, il faut lutter pour vivre. Il faut trouver ensemble des solutions mutualistes modernes.

Bernard Tepper de l ’UFAL (Union des familles laïques) n’a pas mâché ses mots. Il a expliqué avec talent et humour à l’auditoire médusé que le trou de la sécu n’existait que dans les discours sarkoziens. Autrement dit c’est un trou vir tuel qui pour rait se combler rapidement. Depuis 30 ans, le PIB (Produit Intérieur Brut ) n’a cessé d’augmenter. Mais à l’intérieur de ce PIB l ’ équilibre entre les dépenses sociales nécessaires et les prof its des entreprises n’a cessé de bouger en faveur des prof its, de 10 % environ. Ce sont ces sommes arrachées au travail qui manquent au social, soit 200 milliards d’euros. Il faut donc exiger de taxer les actionnaires qui ne produisent rien et stérilisent l’investissement. Ou c’est le retraité et l’assuré social qui paient ou c’est l’actionnaire  ? La r é ponse est logique : « On n’est pas des moutons, c’est le capital qu’on doit tondre ! » Cette solution juste, équitable au sens de la démocratie, n’est évidemment pas dévelop pée dans les médias. Gilles Ponti et Pascale Vatel s’étaient longuement exprimés auparavant pour dénoncer « l’insécurité sociale » et repenser les rôles et l es mis sions de la Sécuri té Soci a le. Depuis la Libération un système généreux avait été mis en place qui subit depuis 30 ans les coups les plus p ern icieu x et les plu s d urs. L’équipe Sarkozy voudrait bien faire du passé table rase. Denis Kessler, ancien maoïste de 68 puis président du Medef, soutient Sarkozy en affirmant : « Il faut défaire méthodiquement le p r og ramme du C NR ». Je a n Ferrat lui r épond : « Il fau t résister contre tout ce qui avilit  ».

J.L.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1079

Notes

[1Source fournie par Pascale Vatel, représentan te de la Fédération des Mutuelles de France, invitée à cet anniversaire.

[2Y travaille encore notre ancien et excellent journaliste Didier Berneau.

2 Messages

  • PRESQUE CENTENAIRE ! LA SOMUCO A SOUFFLÉ 90 BOUGIES 28 mai 2010 00:51, par JOINVILLE

    Nous allons vers des temps de plus en plus difficiles pour "la France d’en bas" pour reprendre l’expression de Jean Pierre Raffarin. L’accroissement des difficultés économiques pour les uns et de la misère pour les plus déminis exigeront une autre organisation de la société que celle qui favorise les plus riches dans laquelle nous nous enfonçons actuellement . Mais cela ne peut pas aller sans promouvoir des idées de solidarité dépassant de loin la simple charité prêchée par les religions. http://associations.midiblogs.com

    Voir en ligne : http://associations.midiblogs.com

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    • PRESQUE CENTENAIRE ! LA SOMUCO A SOUFFLÉ 90 BOUGIES 28 mai 2010 20:31, par JOINVILLE

      L’anecdote remonte à une bonne trentaine d’années au moins. Étant adhérent à la SOMUCO, j’ai eu besoin un jour de m’adresser au cours de la nuit à une pharmacie de garde que je ne nommerai. J’ai été très mal reçu par ce pharmacien qui m’a reproché de m’adresser à la SOMUCO tout au long de l’année et de me tourner vers un pharmacien libéral de garde la nuit en cas de nécessité. À l’époque le Coq Sportif se trouvait à l’usine Claverie, avenue de la Liberté. Je lui ai répondu que s’il n’était pas content d’être pharmacien il pouvait toujours aller se faire embaucher au Coq Sportif. Un grand panneau à l’entrée de l’usine faisait savoir qu’il recrutait des ouvriers dans toutes les catégories. Sur le moment je ne savais pas que les pharmacies mutualistes n’étaient pas autorisées à assurer la garde de nuit.

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