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LE PEN NE LÂCHE PAS SON FONDS DE COMMERCE

jeudi 29 avril 2010 , 479 : visites , par LDA

À l’occasion de la Journée de la déportation, le leader du FN a défendu le régime collabo de Vichy.

Le Pen va bientôt laisser la boutique Front national, mais garde son stock de fiel. Tant qu’on a de la salive, pas de retraite pour les professionnels de la petite phrase. Après l’abject « point de détail de l’histoire » à propos des chambres à gaz des camps de concentration (1987), l’ignoble jeu de mots « Durafour crématoire  » (1988) et l’infâme tirade sur « l’occupation pas particulièrement inhumaine » de la France par les nazis (2005), le menhir s’est donc fendu d’une nouvelle ignominie.

Interrogé dimanche par le Grand Jury RTL/LCI/le Figaro ( [1]), le jour même de la Journée de la déportation, qui coïncidait cette année avec le 65e anniversaire de la libération des camps, il a défendu le régime de Vichy : «  Feindre de croire que la pensée de Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre, c’est une pensée scandaleuse.

Adolf Hitler ne demandait pas l’autorisation à Philippe Pétain de faire ce qu’il voulait faire », a-t-il déclaré. Si Gilles Bernheim, premier grand rabbin de France, s’est rendu dans la ville d’où la France collaborationniste exerçait, « il l’a peut-être fait aussi en remerciement de l’action du gouvernement de Vichy ». On croit cauchemarder, mais ça continue. L’un des intervieweurs lui rappelle que c’est Vichy, et non les troupes allemandes, seules « responsables », selon Le Pen, « de la vie des Français », qui a voté les lois antijuives. «  (Elles) n’allaient pas jusqu’à la déportation », ose-t-il. Quant à la rafle du Vel’d’Hiv, elle n’était selon lui « pas d’initiative française  ». Survivants et historiens apprécieront.

Peu relayés par la presse, occupée tout entière à parler chiffons et identité nationale, les propos ont tout de même ému. L’indécence de Le Pen seraitelle sans limites ? La rafle du Vel’d’Hiv a pourtant bien été organisée par René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy, et exécutée par 4 500 policiers aux ordres de l’État français. Gilles Bernheim trouve « tragique de parler de la sorte quand on sait ce que fut le régime du maréchal Pétain », et appelle à « rouvrir les livres d’histoire pour qu’avec nos enfants nous apprenions le respect de la réalité et surtout de la vérité ».

Le président du Front national, suivant les préceptes sarkozyens, revient à ses propres fondamentaux, espérant retrouver ses électeurs d’origine tentés par la copie élyséenne. Dans un climat travaillé par la droite pour être anxiogène, il ne lui manquait qu’une tribune pour déverser sa camelote révisionniste.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1075

Notes

[1Dans son édition du lundi le quotidien n’a rien repris de ce passage, se contentant de reprendre la dépêche AFP sur son site Internet

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