“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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Point du Jour : LE QUARTIER ÉVOLUE MAIS PAS LA SITUATION DES HABITANTS...

jeudi 8 avril 2010 , 567 : visites , par FLORENT BALLANFAT

Devant l’échec des politiques menées depuis 2003 dans les zones urbaines sensibles, le gouvernement annonce un énième plan... Cette fois, il veut mettre 20 milliards d’euros en 2010 pour 4,4 millions de personnes répartis sur 751 quartiers (dont 22 en Champagne-Ardenne et deux rien qu’à Troyes).

A comparer avec les milliards d’exonération de cotisations accordées aux entreprises ce n’est bien sûr pas grand-chose d’autant plus que ces exonérations se font sans contrepartie réelle en termes d’emplois, d’embauches dans ces quartiers sensibles par exemple (sinon le gouvernement s’en vanterait) ou de salaires dans les entreprises qui en bénéficient.

Une baisse de population de près de 30 % en 7 ans... Entre 1999 et 2006, la zone urbaine sensible « ZUS » du Point du Jour a connu une diminution de sa population passant de 1847 à 1306. Il est fort à parier que le quartier qui a été véritablement transformé avec le plan de rénovation urbaine depuis quelques années a perdu encore plus d’habitants depuis...

Les quelques 541 personnes qui ont quitté le quartier, ont sans doute éprouvé des difficultés à retrouver un logement sur Troyes voire même dans l’agglomération dans les mêmes conditions financières.

Un critère pourtant déterminant pour ces personnes aujourd’hui obligées de déménager vers d’autres lieux parfois très éloignés du centre ville ou des autres activités surtout pour les plus jeunes. Celles et ceux à qui la droite a fait miroiter un meilleur cadre de vie, se retrouvent aujourd’hui écartés durablement des villes et d’autant plus isolés qu’ils ne disposent que rarement de moyens de transports. Une situation critique aussi pour ceux qui restent dans le quartier

Les concepteurs et ceux qui ont défendu le projet de requalification urbaine qui prévoyait la démolition des bâtiments laissés à l’abandon depuis plusieurs décennies, pour des constructions de type « pavillonnaire » n’ont cependant pas apporté de solution au problème principal des habitants, c’est-à-dire celui de l’emploi. En 2006, à la date du précédent recensement un peu plus de 29 % des habitants du quartier pour l’essentiel des ouvriers et employés étaient au chômage... soit bien avant les nouveaux ravages de la crise dont on sait qu’ils ont touché les plus fragiles plus encore que les autres. Aujourd’hui ce sont sans doute près de la moitié des actifs qui se retrouvent privés d’un véritable emploi et victimes de l’image de leur quartier. En clair trouver du boulot quand on vient du Point du Jour, c’est encore plus galère qu’ailleurs et tout particulièrement pour les jeunes.

Evidemment sur la question des salaires, principales ressources des familles, on retrouve la même situation dramatique avec un revenu annuel médian de 6948 €, ce qui signifie que la moitié des habitants du quartier vit avec moins de 579 € par mois. Avec un tel budget, l’augmentation des coûts du logement et surtout des charges locatives pèse lourd... surtout dans des logements souvent mal isolés qu’il faut surchauffer par des températures extrêmement froides comme cet hiver. A cela s’ajoute souvent le coût de la restauration scolaire avec un prix du repas à 3,73 € (soit plus de 67 € par mois par enfant) qui devient rapidement insurmontable pour les familles... d’autant plus que le maire François Baroin (UMP) refuse toujours d’appliquer le quotient familial qui permettrait de réduire ce coût...

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1072

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