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QUELS PRÊTRES POUR DEMAIN ?

jeudi 25 mars 2010 , 939 : visites , par Guy Cure

Dans le cadre des conférences de carême, notre camarade Guy Cure est intervenu à la cathédrale le dimanche 7 mars. Notre journal se réjouit des convergences affirmées entre l’humanisme chrétien et l’humanisme athée et du dialogue entre communistes et chrétiens, un dialogue respectueux des croyances, des convictions et des interrogations de chacun.

Nous publions ici l’intégralité de la conférence qu’a donnée Guy Cure.

"Je mesure l’honneur qui m’est fait de me donner la parole au chœur de la cathédrale. Je remercie Monseigneur STENGER de l’avoir proposé. J’ai bien conscience que c’est péché d’orgueil d’avoir accepté. D’autant que beaucoup de phrases commenceront par « Je », puisqu’il m’a été demandé de parler de mon expérience personnelle.

Je m’appelle Guy CURE. Avec Annie, mon épouse, nous habitons à Chaource depuis 45 ans où nous avons fait presque toute notre carrière d’enseignants. Ce n’est pas un détail anodin que de mentionner que je ne suis pas croyant au sens religieux qu’on donne habituellement à ce mot. A ceux qui, pour m’avoir connu dans un millénaire antérieur, seraient étonnés de me voir ici, je dirai que je ne renie rien de mon passé politique ou syndical, et que je ne ferai pas acte de repentance pour des mauvaises actions que je n’ai pas commises. Je n’ai que le regret de ne pas avoir compris BRECHT jusqu’au bout quand il disait « C’est celui qui te commande qui est ton ennemi ». L’avertissement ne s’adresse pas toujours aux autres. Pour préciser mes engagements, je ferai référence à l’évangile de JEAN qui insiste sur ces deux idées que JESUS est la lumière, que JESUS est le chemin. Je pense que MARX est une autre lumière, pour guider sur le même chemin. Je me situe dans l’esprit d’Albert JACQUARD quand il appelle à la coopération « ceux qui oseront proposer une structure sociale actualisant les réflexions de Marx et Engels, dans le prolongement du respect de l’homme proposé par le Christ ».

Je dirai encore en propos liminaire que je parle ici en toute franchise. Mon intention n’est pas de vous flatter, mais elle n’est surtout pas de vous offenser. Dans ma vie professionnelle et dans l’exercice de mes responsabilités syndicales, j’ai évidemment rencontré des prêtres et des croyants engagés. Les relations ont été très diverses, parfois agréables et enrichissantes, parfois plus douloureuses. Pour l’essentiel, ce sont ces expériences que je voudrais vous rapporter.

Sans verser dans l’optimisme béat du bon vieux temps, je plains les jeunes collègues qui sont confrontés à des difficultés, inimaginables il y a un demi-siècle. Jadis, l’enseignant pouvait dire « Travaille bien à l’école, tu auras un bon métier plus tard ». Puis nous avons dit « Travaille bien à l’école, tu es à peu près sûr d’avoir un métier plus tard ». Aujourd’hui, la société nie la valeur du travail. Nous sommes à l’heure des montres Rolex pour les uns et des Restos du cœur pour les autres. La cupidité triomphe et prospère sur le gaspillage ; gaspillage des ressources naturelles, gaspillage d’êtres humains réduits à un état de vie végétative. Alors, des jeunes se trompent de colère et s’en prennent à leur école ; les injures et les comportements agressifs à l’égard des enseignants sont chose banale.

Dans le même temps, des adultes, parents, élus ou administratifs, font mine de croire que l’école peut tout. Dès que se pose un problème de société, l’école est sommée de le résoudre. La politesse, la prudence sur la route, la propreté des espaces naturels, la nutrition et l’obésité, la tolérance, la drogue, le don d’organes... Alors que l’école ne peut être qu’un partenaire, on lui demande de remplacer les adultes défaillants.

Et dans le même temps, les moyens humains pour faire face à tous ces enjeux se réduisent. On nous dit qu’il n’y a plus d’argent, qu’il faut d’abord sauver les banques. Et que les personnels doivent faire preuve d’imagination pour être plus rentables. Chacun voit bien que les limites du dévouement et du possible sont dépassées.

Comment ne pas évoquer maintenant l’amertume des collègues qui constatent que l’enseignement privé est proportionnellement moins touché que l’enseignement public. Il ne s’agit pas ici de positions idéologiques ; même si certains voudraient ressusciter l’opposition entre l’instit et le curé. Nous ne sommes plus sous la IIIe République ; les enseignants d’aujourd’hui ne savent même plus ce que recouvre l’expression « Les hussards noirs de la république ». La question des moyens alloués à l’enseignement se pose aujourd’hui d’abord dans le cadre du devenir des services publics. L’éducation, comme la santé, la justice, la sécurité sont des enjeux financiers immédiats. Ils sont aussi au cœur de choix de société. Il s’agit de savoir qui doit avoir accès à quoi. En filigrane, ce sont des conceptions de l’homme et de l’humanité qui s’affrontent. Y a-t-il des individus qui valent plus que d’autres ? Certains ne sont-ils destinés qu’à être des sous-hommes ? L’humanisme athée est-il un humanisme inhumain ?

La réponse des évangiles me semble très claire.

Elle est magnifiée par une œuvre géniale : le sépulcre de Chaource. Un aspect y est essentiel : MARIE n’occupe pas la position centrale. L’imagier l’a rapprochée de son fils. Et il montre le mouvement des deux têtes de MARIE et de JESUS qui se rapprochent. La mise au tombeau acquiert une dimension humaniste universelle. L’amour filial sert de support au message d’amour assassiné. Pour moi, la leçon essentielle des évangiles est là : Dieu est amour. Le message est beau. Alors j’admire l’habileté diabolique des puissants qui ont parfois réussi à en détourner le sens et à en faire un instrument d’oppression. Le cadeau de Constantin était empoisonné. Quand une religion envahit les rouages de l’état, c’est presque toujours le courant le plus dogmatique, le plus autoritaire qui se met en avant, quitte à évincer ou supprimer ses amis de la veille. L’athéisme décliné en religion d’état a connu les mêmes avatars.

Nous sommes tous contraints d’assumer notre passé, même si nous n’en sommes pas responsables. Nous avons maintenant des siècles de malentendus à surmonter. Nous ne partons pas de rien. Il y a toujours eu des hommes d’église qui ont fait preuve de charité et d’ouverture d’esprit. Près de nous, il y a eu Dom HELDER CAMARRA, Mgr ROMERO, Mgr GAILLOT et le souffle de Vatican II. Les idées révolutionnaires aussi ont été diversement incarnées.

Jean JAURES a fait la preuve qu’on peut être révolutionnaire et catholique pratiquant. Des deux côtés, le dialogue l’emporte peu à peu sur l’anathème.

J’évoquais il y a un instant l’église de Chaource. Mon intérêt pour le fait religieux, et plus particulièrement pour le catholicisme, date de 1986. Le principal de mon collège, qui avait aussi été le maire communiste de Chaource avait décidé de doter le collège d’un tout nouveau matériel vidéo portable. Il n’y avait plus qu’à l’utiliser. L’église de Chaource s’imposait pour être le sujet d’un petit film. La statuaire, l’architecture, l’histoire, les influences culturelles et les courants philosophiques à la fin du Moyen-Âge, tout y est.

Comme j’étais professeur d’allemand, j’étais tout désigné pour faire partie de l’équipe d’enseignants chargés de réaliser le projet. Et j’ai découvert. J’ai découvert un lieu où se reflètent des espoirs, des craintes et des joies ancestrales. J’ai découvert les textes si magnifiquement illustrés par les images de Chaource. J’ai découvert le curé de Chaource, dont je conserve le souvenir d’un homme chaleureux et illuminé, qui m’a accueilli avec mes élèves et nous a aidés à déchiffrer notre église.

Puis, toujours dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai fait confectionner par mes élèves un guide de visite de l’église, à usage pédagogique. Ma collaboration avec les prêtres s’est poursuivie au cours de la belle aventure du Mois Médiéval. A la fin des années 90, j’ai formé des élèves à être guides de visites de l’église de Chaource.

Il s’agissait bien de faire en sorte qu’ils s’approprient un lieu et une culture, et non de réciter un texte appris par cœur. Avec le recul des années, je suis sûr que personne n’en est sorti indemne, ni eux, ni moi.

Mes travaux ont pu sembler intéressants, puisqu’ils m’ont valu de participer en 2006 avec Roger BARAT et Dominique ROY à la confection de l’audioguide de l’église de Chaource. Un travail qui a duré plusieurs semaines et pendant lequel nous avons tissé des liens d’estime et d’amitié.

Il y a eu aussi le travail effectué avec des élèves à la découverte d’Amadis JAMYN, ce grand poète du XVIe siècle, à la personnalité si attachante. Ecclésiastique, comme RONSARD son maitre, il menait comme lui une vie très épicurienne qui conciliait la foi religieuse et les plaisirs de la vie. Beaucoup des collégiens qui ont participé à ces activités étaient ce qu’on a coutume de nommer de bons élèves, mais quelques-uns étaient en difficultés scolaires ou familiales et trouvaient là une occasion d’épanouissement. Il s’avère que cette activité bien qu’élitaire (ou parce que elle était élitaire ?) était une possibilité offerte de saisir un tuteur de résilience.

Et si le nombre de ces possibilités saisies et de ces sauvetages est faible, on n’a le droit d’en négliger aucun. La valorisation de leur travail auprès des adultes qui visitaient l’église était un élément important. A mes yeux, la valorisation n’est pas seulement la mise en évidence. Il y faut un certain degré de qualité et un respect certain. Le bâtiment et les œuvres d’art ont une origine et une destination religieuses ; ils sont aussi notre héritage commun. J’aime quand un prêtre veille à ce que son église soit propre et bien rangée, comme si elle devait accueillir la messe télévisée le dimanche suivant. Des activités de travail manuel qui aboutissent à suspendre des papiers découpés parmi des statues du XVIe siècle peuvent peut-être satisfaire la ferveur religieuse, ils dévalorisent l’œuvre d’art et aussi son contenu religieux.

Mes activités autour du XVIe siècle chaourçois m’ont permis de faire la connaissance d’hommes et de femmes aux personnalités diverses, de beaucoup de prêtres et de chrétiens engagés, qui se sont toujours montrés disponibles, avec lesquels il m’a été agréable d’échanger. Ces rencontres m’ont été un enrichissement incomparable. Je dois aussi à la vérité de dire ma déception lors de la création d’aumôneries dans les collèges du doyenné d’Othe Armance.

J’aime quand l’église se « propose sans imposer ». Dans mon collège, le Conseil d’établissement a émis à l’unanimité un avis défavorable à cette création. Elle a quand même été imposée par le Recteur. On m’a dit que c’était la loi. Soit, mais faut-il demander l’application d’une loi au seul fait qu’elle existe ? Est-on obligé de sauter dans un piège, quand on l’a vu ? On m’a dit aussi qu’une aumônerie pourrait « favoriser un vivre ensemble ».

Depuis le temps que le Concordat s’applique en Alsace Moselle, on ne voit pas que les idées de générosité, de fraternité, de tolérance y soient plus répandues qu’ailleurs. La loi prévoit aussi que des structures analogues peuvent être créées à l’intérieur des établissements publics pour les religions juive, protestante, musulmane.

Alors je crains le jour où ces structures seront mises en fonctionnement. Et je plains les collègues qui devront gérer les conflits après le départ des religieux. L’école a effectivement un grand rôle de cohésion sociale à jouer. Encore faut-il éviter qu’elle soit au mieux une mosaïque de communautés, au pire un lieu de nouveaux affrontements. Au passage, je note que les autres religions et les athées ont disparu du paysage.

Pour revenir à la pédagogie, il serait dommage qu’un enseignant ne soit qu’un technicien de la discipline qu’il enseigne. Il faut lui donner les moyens de faire un « plus », au moins en termes de liberté pédagogique. Encore faut-il aussi que l’enseignant soit heureux d’enseigner.

J’en viens donc à mon activité syndicale. Je voudrais d’abord rendre hommage à tous mes camarades militants de la Fédération Syndicale Unitaire, mais aussi des autres organisations. Il faut au délégué syndical beaucoup de disponibilité au détriment des loisirs ou de la vie familiale. Il lui faut faire face à toutes les mesquineries de la hiérarchie. Bien sûr, on pourra toujours me donner l’exemple d’une brebis galeuse qui a utilisé ses fonctions comme un tremplin de carrière. La défaillance est humaine et chaque système génère ses anomalies.

Je ne peux pas concevoir un syndicalisme enseignant qui ne serait que corporatiste. Les liaisons sont évidentes entre les questions culturelles et les contenus d’enseignement. Elles sont évidentes entre la recherche pédagogique ou psychologique et les méthodes d’enseignement. Et il s’agit bien que chaque enseignant ait la possibilité d’avoir accès à ces données fondamentales et puisse se les approprier. C’est une condition de la liberté, sinon l’enseignant n’est qu’un exécutant soumis aux recettes et aux modes élaborées dans les bureaux des ministères.

Cet aspect de l’activité syndicale tend malheureusement à être négligé. C’est que l’époque est aux urgences. Les dégradations des conditions de travail sont si rapides et si violentes que le temps de la réflexion peut sembler du temps perdu.

Il ne s’agit plus d’utiliser au mieux les moyens disponibles, mais de répartir une pénurie dramatique. Et l’ordinateur ne laisse place à aucune souplesse. La gestion des ressources humaines n’a pas comme priorité d’être une gestion humaine.

Ce sera ma plus grande tristesse de n’avoir pas pu empêcher le suicide d’une collègue en détresse. C’était une enseignante comme tant d’autres, qui faisait son travail, banalement heureuse. Jusqu’au jour où une histoire sentimentale lui a fait perdre le sens des réalités. Elle a quitté son travail pour vivre son amour. Et elle s’est retrouvée seule quelques mois plus tard. Seule et sans ressource.

Les textes sont les textes ; il n’était pas possible de la réintégrer. Il s’est trouvé une employée pour lui dire qu’elle n’avait pas droit au RMI, ayant choisi de quitter son emploi. Des voisins lui payaient le fioul pour se chauffer. Elle avait l’aide des Restos du cœur pour se nourrir. Jusqu’au jour où elle a choisi de ne plus supporter son échec et sa misère. Oh, bien sûr, personne n’est coupable. Il y a des lois et des rouages administratifs qui ont fonctionné normalement. Elle n’avait qu’à pas se tromper. Elle n’avait qu’à savoir que certaines erreurs valent la peine de mort. C’est ça aussi le syndicalisme. Et encore avons-nous la chance d’être protégés par un statut qui fait que nous gérons bien moins de situations dramatiques que nos camarades du secteur privé. Pour combien de temps encore ? Car il parait que ce bouclier-là coute cher et qu’il faut le supprimer. Combattre l’injustice, servir, rassembler, proposer, agir ; ce sont les raisons d’être du syndicalisme. Je suis persuadé que tous les chrétiens s’y retrouvent. JESUS est un homme de conviction ; il discute, il argumente ; mais aussi, il doute, il hésite ; il ne reste pas confortablement avec un groupe restreint d’amis plus ou moins convaincus d’avance, il est à l’aise parmi les grands rassemblements ; c’est un homme d’action, un rebelle ; il ne compose pas avec le pouvoir politique, il combat un clergé sclérosé ; il ne se laisse pas corrompre par le pouvoir et par l’argent. J’évoque rapidement la tentation au désert, les marchands du temple, et cette parole rapportée par MATTHIEU « Nul ne peut servir deux maitres... vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent ».

JEAN ajoute « Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu ». Les chrétiens ont donc tout naturellement leur place dans le syndicalisme unitaire, comme adhérents ou à des postes de responsabilité. N’ayez pas peur de ceux qui faute de partager toutes vos convictions, ont au moins beaucoup de questionnements en commun avec vous, et qui essaient aussi de transformer le monde, pour que les hommes y vivent avec dignité, pour refuser ce qui dans le monde est souffrance évitable, pour que l’avenir apparaisse possible.

Il y a bientôt un demi-siècle, j’ai fait le choix d’adhérer au Parti communiste. Je rejoignais le camp des opprimés. C’était le temps des certitudes. Le monde était binaire. Il faut du temps pour se rendre compte qu’il n’y a pas de monopole du cœur.

Je persiste dans mon choix de jeunesse, en ce qu’il était un engagement au service de l’émancipation humaine. La vie a fait que d’autres responsabilités se sont imposées, que je suis devenu syndicaliste, sans jamais être permanent, que j’ai été représentant et élu de collègues aux choix politiques et philosophiques extrêmement divers. J’ai trouvé dans l’activité syndicale un aspect de rassemblement, d’unité et d’action jusqu’à mon récent départ en retraite. Je suis heureux et fier d’avoir côtoyé dans mon syndicat des croyants très proches de Pax Christi.

Il faudrait évoquer des questions sociétales auxquelles le syndicalisme, et en particulier la FSU, n’est pas indifférent. Le journal La Croix, le 18 juin 2009, annonçant l’appel de Benoît XVI à cette réflexion sur le rôle du prêtre, notait dans l’éditorial que « la mission du prêtre ... achoppe sur les grands contentieux entre l’Église et le monde contemporain ». Certes, et ce serait l’objet d’autres débats. Mais il y a aussi de grandes convergences.

Ce n’est pas dramatiser ridiculement que répéter que l’humanité est à l’heure des choix : Planète vie ou planète mort ? Le livre édité sous la direction de Mgr STENGER n’a hélas rien perdu de son actualité. J’ai déjà écrit pour la Dépêche de l’Aube tout le bien que j’en pense et je renvoie à mon article paru à la sortie du livre.

Je remercie au passage la Dépêche de l’Aube d’accueillir depuis plusieurs années mes commentaires plus ou moins réguliers de l’actualité de l’Eglise, au sujet des encycliques et des décisions pontificales, ou de l’activité du diocèse dans le domaine culturel.

Et puis, je dirai la gentillesse d’un diacre que je côtoie par l’intermédiaire des Restos du cœur, la chaleur et l’ouverture d’une équipe de funérailles que j’ai rencontrée récemment.

Je terminerai par le Beau. Je suis membre de l’association diocésaine Art, culture et spiritualité ; et je m’y sens bien. L’art a ceci de merveilleux qu’il transcende les cultures. Je sais bien disant cela, que pour beaucoup j’énonce une évidence puisque le beau, le bien et Dieu sont une sorte de Trinité. Les rencontres musicales et spirituelles, et le festival Art et spiritualité concrétisent cette idée que « Dieu se propose ». Peut-être que Dieu y trouve sa gloire ; en tout cas, les hommes y trouvent du bonheur.

A tous les gens de cœur que j’ai évoqués, qu’ils croient en Dieu, qu’ils n’y croient pas, ou qu’ils se posent des questions sur Dieu, je dédie ces vers d’Aragon tirés de la NOCTURNE DES FRERES DIVISES :

Ce cœur recommencé qui bat dans les apôtres

Ou comme le héros s’appellera pour vous

Il sait que plus que lui l’avenir c’est les autres

Il aime On dit qu’il se dévoue

Vous avez déjà vu, dans le transept sud, le Christ au paysage de Jean KIRAS, hommage au Christ de Feuges et aux paysages de l’Aube. Regardez le encore. Il a fallu des artistes de génie pour s’emparer du thème de la crucifixion sans tomber dans l’imagerie dévote ; une exécution capitale n’est pas un acte humain facile à glorifier.

Jean KIRAS s’est laissé séduire par un paysage vallonné comme une fugue de Bach et par la sérénité grave et intense du maitre de Chaource. JESUS crucifié émerge des champs. L’image est riche en suggestions et en interprétations possibles. La germination et la résurrection, bien sûr. Il y a aussi la tendresse de JESUS, et pour sa main le clou, surdimensionné au centre du triptyque, le clou qui prétend immobiliser définitivement.

Et il y a le vide de la quatrième arcature, qui prolonge le triptyque, juste après le soleil qui éclaire un avenir possible. Si la quatrième arcature est vide, c’est qu’elle concerne un avenir que nous avons à construire ensemble".

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1070

4 Messages

  • QUELS PRÊTRES POUR DEMAIN ? 26 mars 2010 15:25, par JOINVILLE

    Bravo M. Guy Cure. Vous êtes allé à la cathédrale plus pour flatter la religion que pour faire connaître le matérialisme et l’humanisme athée. Si le parti communiste continue dans cette voie, il finira par autoriser la prière au début de chaque réunion de cellule, jusqu’uau jour où tout le monde s’y mettra. Avec cette politique le parti communiste a perdu sur tous les tableaux. Il n’a pas gagné les catholiques et il a perdu les matérialistes.

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    • QUELS PRÊTRES POUR DEMAIN ? 28 mars 2010 19:32, par JOINVILLE

      À Béziers un communiste a fait plus fort que ça Il s’est converti à l’islam et il a fondé le Parti Démocrate Musulman. Voici son parcours : Ancien secrétaire fédéral du Mouvement Jeunes Communistes de l’Hérault Ancien membre du Conseil national des Jeunes Communistes Ancien membre de la fédération du parti Communiste de l’Hérault C’est la fin.

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      • QUELS PRÊTRES POUR DEMAIN ? 31 mars 2010 21:43, par JOINVILLE

        Pour un simple athée matérialiste se rendre à la cathédrale pour débattre avec les curés c’est se jetter dans la gueule du loup. Passons sur le fait que l’endroit n’est pas neutre et qu’il leur offre déjà l’avantage psychologique d’être chez eux, tout comme, c’est bien connu, une équipe de foot qui joue à domicile bénéficie d’un avantage psychologique sur l’équipe adverse. Ce sont des gens intelligents qui ne font pas n’importe quoi. Ce sont des professionnels dont le métier, le rôle et le but est d’évangéliser autant qu’ils peuvent et de ramener les brebis égarées dans la bergerie. N’attendons pas d’eux qu’il reconnaissent le bien fondé des thèses athées et matérialistes. Un vendeur de voitures Renault ne reconnaîtra pas les avantages d’une Citroën, tout simplement parce que ce n’est pas son intérêt. Ensuite si on se laisse entraîner sur leur terrain on a perdu d’avance car ils ne jouent pas sur le terrain de la raison mais sur celui du sentiment, de l’émotion, du charisme, de la séduction, du charme, de l’onctuosité, de l’enchantement et de l’envoûtement pour atteindre leur but qui est de dominer les esprits pour leur imposer leur idéologie, c’est à dire leur conception du monde et le rôle de l’homme dans le monde.

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  • QUELS PRÊTRES POUR DEMAIN ? 6 avril 2010 17:13, par Gérard

    La démarche me semble inédite et je n’ai pas bien saisi le rapport entre l’intitulé ("Quels prêtres pour demain ?") et l’intervention faite à la cathédrale. Doit-on supposer une re-conversion du syndicaliste enseignant ? Ceci dit, "Il est libre Guy". Il a même le droit de bousculer un peu l’humble lecteur de "La Dépêche". Notre petite feuille hebdomadaire est de plus en plus riche de contenu et l’on ne peut que s’en féliciter.

    Pour le reste, entre "main tendue" et défense laïque plus que jamais nécessaire l’équilibre est précaire. Les bonnes paroles de l’évêque de Troyes (voir presse locale ) vont de pair avec l’offensive diocésaine sur les deniers publics (loi Carle) . Les tentatives progressistes identifiées au sein de l’église et citées par Guy me semblent bien lointaines : l’actualité est plutôt à la "reconquista" et à la purification idéologique façon Benoît XVI. Avec l’appui de la droite cléricale toujours à l’oeuvre (discours de Latran). Il n’y a rien à espérer de ces chapelles là.

    Par contre, la laîcité -sans épithête- manque de bras : une pétition est lancée (Appel national pour l’école publique : www.appelpourlecolepublique.fr) et pour que toutes les sensibilités soient respectées, ajoutons que la "Libre pensée" organise un rassemblement le 19 juin à Vincennes. (voir La Raison n°550. Avril 2010-Germinal CCXVIII). Le CNAL quant à lui interroge : "L’argent de tous doit-il financer les choix de quelques uns ?" Sept milliards par an sont selon le Comité national d’action laîque attribués par l’état aux écoles "privées" c’est à dire catholiques pour l’essentiel.

    Les nouvelles dispositions législatives vont de plus ouvrir largement les vannes des financements par l’impôt des collectivités locales. L’enseignement diocésain a déjà fait connaître ses futures exigences (cantines, activités périscolaires. Voir article presse locale). La mise en place des "Jardins d’éveil" chers à Nadine Morano et qui visent à affaiblir l’école maternelle publique (et gratuite) donnera à l’enseignement catholique des opportunités inespérées. Les équipes diocésaines en ont été informées par leur hiérarchie. C’est dire si le calendrier social et politique respecte peu les méditations pré-Pascales...

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