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Jean Ferrat

SES CHANSONS VONT CONTINUER DE RYTHMER LES COMBATS DU PEUPLE DE GAUCHE, COMMUNISTES EN TÊTE

jeudi 18 mars 2010 , 1093 : visites , par Jean Lefevre

Jean Ferrat nous a joué un sale tour. « Les Yeux d’Elsa » sont baignés de larmes. Pleurent aussi Ma Môme et Ma France.

Les médias publics ont salué généreusement cette disparition. N’était-ce pas la moindre des choses que de rendre hommage à ce poète disparu dont on entend maintenant dire qu’il était le dernier des Mohicans de la chanson française. De son vivant il était rarement à l’honneur. On citait Brel, Brassens et Ferré mais pas Ferrat. L’autocensure jouait à plein. Il était classé parmi les chanteurs dits engagés, bien qu’il ne défendît que la chanson française d’expression contre la chanson commerciale.

« Engagé », c’est un défaut qui ne pardonne pas. Ça vous exclut vite fait de la liste des chanteurs tout court et même des artistes. L’art, on le sait, doit être léger, aérien, décérébré, et pas pollué par la réalité.

Pas question de twister les mots quand on est un artiste protégé des muses. S’il fallait les twister, ce serait très vulgaire ! Toute cette conception réactionnaire, Ferrat la méprisait de la même façon qu’Aragon qui retourna l’alexandrin classique et Chrétien de Troyes contre Vichy et les nazis.

Ferrat comme Aragon utilisèrent la chanson d’amour comme une arme, engagés qu’ils étaient dans un même combat pour un humanisme universel. N’est-ce pas le seul honneur possible que de vouloir remettre le monde à l’endroit ? En fait, les médias n’ont aimé Ferrat que par petits bouts, l’écologiste de « La montagne » par exemple, parce que cette chanson sentait le fromage de pays. Mais Sa chanson « Ma France » fera longtemps encore grincer des dents. Elle ne passait pas à l’antenne. Ils aimaient bien Ferrat, mais diminué, mutilé. Ma Môme fut la première grande chanson politique en 1960.

Une chanson anti star, anti Bardot, anti bourrage de crâne. Une chanson résistante, un hymne à bonnetières.

Les Octaves viennent d’enregistrer un album Jean Ferrat.

Il sortira en mai. Pas de censure. Le vrai Ferrat y est. Un vrai collier prestigieux d’oeuvres immortelles, gonflées d’humanité absolue. Après le débat nauséeux sur l’identité nationale, la chanson « Ma France » y répond de façon magistrale.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1069

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1 Message

  • Jean Ferrat 20 mars 2010 10:25, par delous francis

    merci pour cet article mr Lefevre, j’appartiend à cette génération àl’éducation bien trempée, de père ancien FTP, comme ferrat je n’ai jamais adhéré au pc, j’entrai en conflit avec mon père ds ma jeunesse à propos de l’urss et de ses invasions, l’idéal oui mais pas ce que l’homme en a fait, nous avons besoin ds notre société de grands bonhommes au masculin ou féminin comme Messieurs Ferrat ou Mendela ou Madame Veil,le syndicaliste que je suis devenu est écoeuré par les politiques de tous poils, la sincérité et les convictions ne sont plus d’actualité ce qui met en péril la démocratie, a cuba ils ne connaissent pas l’abstention, salut Mr le journaliste, continuez à bien faire votre métier.

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