“Si l’argent, vient au monde avec une tache naturelle de sang sur la joue, le capital naît dégouttant de sang et de boue des pieds à la tête.” Karl MARX

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2010 : DEUX OCCASIONS DE DIRE STOP A SARKOZY !

vendredi 15 janvier 2010 , 525 : visites , par LDA

Ou nous mène la fuite en avant du capitalisme ?

En 2010, les peuples l’apprendront-ils encore à leurs dépens ?

On annonce toujours plus de chômage, toujours moins d’aides publiques. Peut-être même une nouvelle crise... Faut-il baisser les bras ?

En France l’année réserve deux grandes occasions de réinventer ce que la politique antisociale de Sarkozy et de l’UMP ont détruit : les élections régionales et la bataille annoncée pour les retraites.

- 1°) LES ELECTIONS REGIONALES : COMMENT TRANSFORMER UNE VICTOIRE DE LA GAUCHE EN VICTOIRE DES FRANCAIS

Pour la gauche, les élections régionales semblent s’annoncer favorablement. Reste que si les différents parties de gauche veulent que cette embellie se traduise sur le long terme, le scrutin de mars ne doit pas être uniquement un référendum anti-Sarkozy, mais aussi un vote d’alternative pour des propositions, des projets clairement orientés. A gauche, sous peine que se reproduise un scénario similaire à celui de 2004-2007.

C’est une constante depuis maintenant plusieurs semaines, les différents sondages donnent tous le même résultat. Si les français devaient voter aujourd’hui, la gauche gagnerait largement les élections régionales. Martine Aubry, la première secrétaire du PS, se donne même comme ambition de réaliser un grand chelem en enlevant 22 régions, contre 20 en 2004.

Première raison de cette embellie de la gauche, la volonté affichée de sanctionner la droite au pouvoir Et les volets économiques et sociaux de la politique de Sarkozy sont particulièrement visés par les Français. La crise économique a fait éclater au grand jour la vérité sur le gouvernement dont l’action est tournée entièrement aux services des riches et des patrons. Le « sauvetage » de l’économie s’est traduit par la multiplication de cadeaux au patronat et une explosion du chômage. Alors qu’en fin d’année 2009 les Bourses affichaient une santé insolente (+22%), que les banques distribuaient des bonus faramineux, le pouvoir d’achat restait orienté à la baisse et le SMIC ne bénéficiait d’aucun coup de pouce. Conséquence, jamais le chef de l’État n’a connu une cote de popularité aussi basse. Pour mémoire, avant la défaite de la droite en 2004, le taux de chômage atteignait 8,5% en 2003. Il flirte avec les 10% aujourd’hui et la popularité de Chirac était de 49% fin 2003, contre 36% pour Sarkozy actuellement. Tout semble en place pour que la gauche remporte une nouvelle victoire. Nicolas Sarkozy ne s’y trompe pas. Il avait d’ailleurs réuni les têtes de liste UMP le 22 décembre à l’Élysée pour fixer les grandes lignes de la campagne.

Il y a encore quelques semaines, les thèmes de la campagne UMP étaient fixés sur trois axes : la fiscalité, en dénonçant une « mauvaise gestion » des régions ayant à leur tête un président socialiste  ; l’insécurité, le grand classique de la droite ; et l’identité nationale comme piqûre de rappel à l’électorat FN passé au sarkozysme. Or le débat de Besson sur l’identité nationale entraîne une réactivation du FN, sans garantir un report de voix éventuel. Sarkozy se voit donc obligé d’entrer dans un débat qu’il voulait éviter et d’assumer le bilan du gouvernement dans sa gestion de la crise.

- 2°) GAGNER LA BATAILLE DES RETRAITES

Sarkozy l’a annoncé en grandes pompes en juin dernier devant les parlementaires réunis en congrès à Versailles : « 2010 sera un rendez-vous capital » sur les retraites, promettant que d’ici avant l’été « tout serait mis sur la table » à commencer par l’âge de la retraite et la durée des cotisations.

Mais déjà Fillon a annoncé la couleur. Pour le financement des retraites, on ne pourra éviter d’examiner l’allongement du départ à la retraite, on avance 67 ans et l’augmentation des cotisations des salariés et des retraités. En même temps, la droite et le patronat ont un objectif : constituer des fonds de pension à la française. Des fonds de pensions offerts aux assurances et aux banques, c’est-à-dire aux marchés financiers. Il faut savoir qu’en 2008, les 30 milliards d’euros d’épargne salariale investis en actions de l’entreprise ont chuté de 30%. On le voit, avec la crise, non seulement les salariés peuvent perdre leur emploi si les affaires vont mal, mais en même temps voir fondre leur capital investi.

En France, les régimes de retraite complémentaire qui placent leurs réserves en actions et en obligations ont à la fin de l’été perdus plus d’un milliard d’euros Le fonds de réserve des retraites (FRR) constitué par Jospin, et qui place également ses fonds à la Bourse, a vu le total de ses réserves tomber de 33,8 milliards d’euros à 30 milliards d’euros. La capitalisation ne peut rien résoudre, mais au contraire aggraver la situation.

La France est malade du chômage, de la précarité salariale et de la baisse du pouvoir d’ achat. 100 000 chômeurs représentent un manque à gagner de 1 milliard 3 d’euros en cotisations pour le régime général
- une réduction d’un point de la masse salariale entraîne la perte de 2,5 milliards d’euros
- depuis des années, la part des salaires en raison des bas salaires, de la précarité, ne cesse de reculer, principalement en faveur des revenus du capital. 36% des femmes retraitées ont moins de 700 euros mensuels, 64% des femmes retraitées ont moins de 900 euros mensuels, 53% des retraités ont moins de 1 300 euros. Les pensions ont perdu 22% par rapport au SMIC et cette année on a alloué « généreusement » 1% d’augmentation des retraites. Voilà les réalités. C’est pourquoi  :
- 65% des Français se déclarent préoccupés par les retraites
- 81 % souhaitent être consultés par référendum sur les choix à venir
- 74% sont opposés à la diminution des pensions
- 55% sont opposés à l’augmentation de la durée des cotisations Pour le Parti communiste, des éléments de rassemblement existent pour mettre en échec les projets du gouvernement et du MEDEF Sarkozy, durant sa campagne électorale en 2007, déclarait : « Avec vous, ensemble, on peut tout ». Alors, chiche ! Qu’il prenne en compte ces sondages. On peut malheureusement en douter au regard du mépris qu’il a eu par rapport au résultat du référendum sur La Poste.

Il n’est pas inutile de rappeler que notre système de retraites issu du programme du Conseil national de la Résistance mis en oeuvre par Ambroise Croizat, ministre communiste, est fondé sur la solidarité entre les générations. Ce sont les cotisations sociales, résultats des emplois et des salaires qui assurent les retraites. Le pacte intergénérationnel doit absolument être préservé. La crise actuelle en montre toute la nécessité.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1060

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