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LES HAUTS-DE-SEINE SONT-ILS ENCORE UN DÉPARTEMENT OU DÉJÀ UNE PRINCIPAUTÉ ?

Vous aimez le père, vous allez adorer le fils

jeudi 22 octobre 2009 , 503 : visites

Sous l’Ancien Régime, dans les grandes familles aristocratiques, l’héritage était bien ordonné : l’aîné recevait les terres et le château, le fils cadet se voyait parfois offrir une abbaye, non pour qu’il se consacrât en robe de bure à la spiritualité, mais pour en toucher les copieux bénéfices...

Deux cent vingt ans après la prise de la Bastille, suivie de la nuit du 4 août qui abolit les privilèges, le 92 renoue avec le bon vieux temps d’avant 1789. À la fin de l’année, l’EPAD, (Établissement public d’aménagement de la Défense) sera présidé par un jeune homme de vingt-trois ans, surdoué assurément pour qu’on lui confie la gestion et l’urbanisation du plus grand quartier d’affaires de France, avec ses quelque 2 500 sièges sociaux, qui assure la prospérité du département le plus riche de l’Île-de-France. Une opulence au demeurant bien mal répartie entre Neuilly, cette cité allergique aux logements sociaux, et les villes populaires de Nanterre, Gennevilliers ou Bagneux. Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années. Le jeune homme, qui a entamé des études de droit avant d’entrer de manière tonitruante dans la carrière politique, n’est sans doute pas un surdoué, mais assurément, à l’aune des moeurs politiques de la droite décomplexée, il est bien né et le mérite s’arrêtera là. Jean Sarkozy, fils de Nicolas, s’apprête donc à être adoubé par son suzerain et père, grand intendant des richesses du Sarkoland.

La nouvelle de la future nomination du fils du chef de l’État à la direction de l’EPAD est évidemment choquante. Les mauvais esprits n’hésitent pas à parler de népotisme, des principes républicains bafoués, de la politique des coups tordus. L’entrée en politique de Sarkozy junior n’a rien d’une épopée militante. La politique du coup tordu Dans la foulée de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, son élection au conseil général lui fut offerte comme un apanage. Les municipales de Neuilly lui donnèrent l’occasion de liquider David Martinon, jeune candidat UMP et porte-parole en disgrâce. Puis, protégé par l’Élysée, Devedjian et le couple Balkany, il s’empare de la direction du groupe UMP au conseil général. Pour faciliter son accession à la présidence de l’EPAD, jusqu’à aujourd’hui exercée par Patrick Devedjian, on a prié le numéro deux de l’établissement public, le centriste Hervé Marseille, de s’effacer. L’ascension fulgurante du fils de l’ancien maître des Hauts-de- Seine ne devrait pas s’arrêter là. Il reste la présidence du conseil général, qui fait aussi partie de l’héritage.

L’affaire Sarkozy fils n’est pas l’histoire d’une dynastie mais celle de l’affairisme. C’est le plus beau stage en entreprise dont un étudiant de deuxième année de droit puisse rêver. La proposition de nomination, pardon d’élection de Jean Sarkozy au conseil général comme administrateur de l’EPAD avant d’y être propulsé président (à vos agendas, ce sera le 23 octobre à Nanterre) a beau provoquer la risée du monde entier jusqu’en Chine, l’affaire est suffisamment sérieuse pour être travestie en une histoire glauque de filiation aristocratique.

Elle révèle l’obsession intacte d’un président de la République (le père) qui fut à l’origine maire de Neuilly-sur- Seine, puis président du conseil général des Hauts-de-Seine (avril 2004-mai 2007). Nicolas Sarkozy n’a jamais caché sa passion pour ce bout de territoire, premier centre d’affaires européen avec ses trois millions de mètres carrés de bureaux, d’où émergent par ci par là quelques arbrisseaux. Il a avoué à plusieurs reprises son fantasme : faire de La Défense un centre d’affaires mondial : c’est une locomotive pour toute l’Ile-de- France, ce n’est pas en affaiblissant les plus forts qu’on fortifie les plus faibles aime-t-il seriner.

Et en période de crise, alors que rien ne fonctionne, qu’en pleine débâcle les milliards emplissent les coffres des banques et des grandes sociétés, Nicolas Sarkozy s’accroche à ce confetti de verre et d’acier comme un général en déroute trouve refuge dans son blockhaus...

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1048

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