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Paris - Troyes- Culmont-Chalindrey : horizon 2007"Un débat au cœur de l’actualité

samedi 24 juin 2006 , 2684 : visites , par FLORENT BALLANFAT

"Organisé par le CERESCA, et animé par François Claverie, son président, ce débat sur le futur proche de la ligne Paris - Bâle intervenait quelques mois après la présentation publique du projet de desserte pour juin 2007 par la SNCF lors du CLAD (comité local d’animation et de développement du transport régional) de l’Aube. Cette réunion publique faisait elle-même, suite à la fameuse "bataille des corails" contre la décision gouvernementale qui poussait la SNCF à faire financer le déficit de ses lignes qualifiées d’" interrégionales", par les collectivités locales.

La mobilisation des usagers, syndicats et des élus (notamment régionaux) avait alors permis de faire reculer le gouvernement qui avait alors demandé à la SNCF d’assurer la péréquation entre ses différentes activités. Vers une nouvelle dynamique pour la ligne ?

Pour la ligne Paris-Bâle, la mobilisation des régions concernées par l’avenir de la ligne, avec en point d’orgue la rencontre avec Louis Gallois, avait permis d’avancer sur le dossier de cette ligne classée dorénavant "corail intercité". Outre les engagements obtenus pour un maintien de la ligne dans le giron national de la SNCF et la volonté affichée par le président de l’entreprise publique de redynamiser l’offre commerciale sur la ligne, encore fallait-il garder un niveau de service conséquent en termes de desserte, comme le rappelait Pierre Mathieu, vice-président du Conseil régional en charge des infrastructures et des transports.

Pour l’association des usagers de la ligne Paris-Bâle, le projet de desserte plutôt satisfaisant en quantité, l’était un peu moins en qualité avec notamment des temps de trajets toujours trop longs et des positionnements horaires contestables malgré une arrivée avant 9 heures à Paris réclamée depuis plusieurs années.

Pierre Mathieu ne cachait pas sa satisfaction de voir un certain nombre de ses demandes prises en compte notamment en ce qui concerne l’augmentation du nombre de relations pour Nogent et Romilly, mais aussi pour la mise en vente de billet prem’s dans les guichets et non plus seulement sur internet.

Malgré ces premiers signes encourageants, l’élu communiste qui représentait le Conseil régional de Champagne-Ardenne, rappelait qu’il restait attentif à ce que la SNCF concrétise ses engagements pour le développement de la ligne. Cela passe notamment par un renouvellement du matériel dans le périmètre national à hauteur de l’effort fait par la Région qui a voté 50 millions d’euros de crédits pour l’acquisition de 8 Autorails Grande Capacité Bi-modes, Bi-tensions (AGC Bibi) dont 4 seront livrés en février - mars 2007 et qui effectueront les liaisons Culmont-Chalindrey/Troyes/Paris. Le vice-président du Conseil régional a également suggéré à la SNCF, d’améliorer sa politique tarifaire et de jouer pleinement le jeu de la concertation comme cela a été le cas pour la présentation du projet de desserte 2007 qui avait été mis en débat à Bar-sur-Aube puis soumis par la région à l’avis des collectivités locales dont aucune n’a daigné répondre dans l’Aube.

Sur ces points, Jean-Marc Longequeue, directeur régional de la SNCF, a reconnu que des efforts étaient à faire mais que cela allait plutôt dans le bon sens et que la coopération entre la région et l’entreprise publique était "exemplaire". Il a également confirmé les prémices d’un développement de la ligne en termes de chiffre d’affaires avec une progression de 5 % sur le premier quadrimestre 2006 par rapport au premier quadrimestre 2005, et notamment le succès des ventes de billets prem’s Paris-Troyes à 10 € avec plus de 10 000 billets vendus déjà.

Le dossier toujours aussi sensible de l’électrification. Le développement de la ligne à plus long terme nécessite également un déblocage des crédits de l’Etat avec une participation accrue de celui-ci pour l’électrification de la ligne, point sur lequel Gérard Menuel, député UMP de l’Aube affirme être d’accord. Cependant force est de constater que son gouvernement n’a pas jusqu’à présent décidé de porter la participation de l’État au-delà des 25 % proposés à l’époque par Jean-Claude Gayssot, et qu’il n’a pas non plus poussé RFF à augmenter sa participation qui ne peut rester nulle sur un tel domaine, tout comme celle de la SNCF qui bénéficierait de l’électrification. D’ailleurs le bras droit du ministre de l’Outre-Mer, préférait fuir ses responsabilités en renvoyant la balle dans le camp de la région Ile-de-France qui refuse de financer l’électrification pour autant cela n’exonère pas le gouvernement et la droite dont deux ministres sont directement concernés par l’avenir de la ligne 4, de leur responsabilité dans le piétinement du dossier Une logique politique en décalage avec les besoins à venir Benoit Vincent, membre du Conseil d’administration de la SNCFpour la CGT, a rappelé également la responsabilité politique gouvernementale dans le blocage de dossiers tel que celui de l’électrification, dénonçant notamment la logique financière en œuvre dans un secteur qui ne saurait être traité que du point de vue de la rentabilité. En effet, négliger l’impact en faveur de l’aménagement du territoire qui ne peut être que de la responsabilité de l’Etat pour imposer une logique purement financière en démantelant l’entreprise publique ferroviaire, ne pouvait que conduire aux difficultés que l’on a connues.

L’augmentation par exemple des droits d’arrêts en gare demandés par RFF qui correspond à un transfert de charges de l’Etat vers les Régions puisque ce que l’Etat ne donne pas les moyens financiers à RFF de financer les infrastructures rend la situation très préoccupante. La dégradation de celles-ci rend vains les efforts de la Région qui investit dans du matériel performant qui ne pourra être utilisé au maximum de ses capacités, ce que déplore également Jean Berger, directeur marketing de Bombardier France qui construit les AGC.

Or, l’avenir de la ligne, passe par des améliorations concrètes du service (gain en temps de parcours, services en gare, respect des horaires) dès maintenant pour permettre d’assurer la pérennité de la liaison et rendre le transport public ferroviaire encore plus attractif.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N874

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