“Ils n’ont pas senti la souffrance : ils ont créé le chaos, ils ont laissé tout rafler à ceux qui étaient les plus forts économiquement. Antonio GRAMSCI.

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ASSEZ DE CUISINE POLITICIENNE ! L’HEURE EST A UN RASSEMBLEMENT CLAIR A GAUCHE

vendredi 4 septembre 2009 , 947 : visites , par LDA

Quatre cent milles postes de travail ont été supprimés depuis le début de l’année, les familles populaires se sont privées tout l’été, la rentrée scolaire va encore coûter cher, des centaines de milliers de jeunes vont se retrouver sans travail mais des ténors de la gauche ne parlent que " stratégie électorale " , " conquête du pouvoir ", " alliance avec la droite de Bayrou ".

Alors que le capitalisme en crise appelle un autre monde où enfin l’être humain serait placé au centre de tous les choix, voilà qu’on polémique doucettement, comme si de rien n’était entre responsables de la gauche socialiste et d’Europe Ecologie, pour savoir qui détiendra tel ou tel " leadership ". Face à un tel spectacle Sarkozy n’avait rien à faire, sinon à rire sous cape. Il ne faudra pas s’étonner que dans des fractions importantes de la classe ouvrière, du salariat et de la jeunesse, monte le dégoût face à ce nauséabond ragoût politicien. Que dire de tel ou tel responsable socialiste, s’exclamant dans la même phrase qu’il est fidèle à Jaurès et partisan d’une alliance avec le Modem, cette droite pure qui a toujours combattu la République sociale, avec les retraites ou la réduction du temps de travail et la laïcité ? Dans une période aussi dramatique, aussi inquiétante, aussi dangereuse à bien des égards, le rôle de la gauche n’est pas de tendre la main à une partie de la droite mais de se mettre au service du combat de celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre, pour empêcher les mauvais coups du sarkozysme et la crise capitaliste.

Il faut d’autant plus le faire que les mêmes grandes entreprises cotées en Bourse, qui licencient ou augmentent les tarifs publics, disposent d’une trésorerie gonflée de plus de 3,5 milliards d’euros depuis janvier et que les banquiers se répartissent des magots contre un crédit public favorable à l’emploi.

La grande bourgeoisie et les tenants des puissances d’argent se régalent de ce spectacle  ! Elles rêvent d’effacer l’héritage de la France des luttes et des avancées sociales. Pour cela, elles cherchent depuis longtemps les moyens d’une recomposition politique qui le permette. Leur projet : deux grandes forces politiques, en apparence opposées, se succédant au pouvoir pour des politiques voisines au nom de la mondialisation. Et aux deux extrémités des forces marginales  : l’une à l’extrême droite pour faire croire que l’ultradroite au pouvoir est modérée.

L’autre à l’extrême gauche, chargée de temps à autre de porter la révolte mais sans prise réelle sur les événements, sans débouché positif. Les citoyennes et les citoyens de gauche et écologistes - et ils sont majoritaires - doivent pouvoir prendre part au débat et se faire entendre sur les moyens de changer et sur les contenus transformateurs d’une politique répondant aux urgences sociales, démocratiques et écologiques. Est-ce que la création d’une sorte de " syndicat " anti-sarkozyste doit conduire à liquider les valeurs de la gauche et à abandonner de fait la défense des plus fragiles, la défense des ouvriers, des employés, de l’ensemble du salariat ? Cela reviendrait exactement à baisser la garde et à accepter, peu ou prou, le capitalisme mondialisé au moment même où celui-ci est de plus en plus contesté.

Pis, l’expérience de l’Italie montre que de telles combinaisons ne font que renforcer la droite la plus réactionnaire et détruire la gauche. Et celle et ceux qui proposent à la fois l’alliance avec le Modem et l’organisation de primaires pour désigner le ou la candidate de gauche à l’élection présidentielle seraient-ils prêts à accepter de faire de M. Bayrou le candidat de cette " alliance "de troisième force ?

Décidément, continuer ainsi, c’est préparer la destruction d’une gauche efficace et combative et fermer la porte à toute issue de changement de gauche. Il faut cesser cette bouillabaisse politique où M. Sarkozy embauche des anciens ministres socialistes et où des dirigeants socialistes et Cohn- Bendit font estrade commune avec d’anciens ministres de Balladur et Juppé. Il n’y a qu’une question qui vaille, celle de l’intérêt du peuple.

Et l’intérêt du peuple c’est un autre pouvoir et une autre société, impossibles avec une partie de la droite, quelles que soient ses variantes et ses tenues de camouflage. Ceux qui nous proposent de tuer la gauche, sous prétexte de lui redonner une santé, rendent un très mauvais service à ceux qui n’en peuvent plus de cette société et recherchent une issue progressiste. L’heure est à un rassemblement clair à gauche, une vraie gauche au service exclusif de celles et ceux qui souffrent. La responsabilité première de la gauche aujourd’hui est de résister, de donner de la force à l’immense majorité des victimes de la loi des profits et de faire reculer le pouvoir. Elle est en même temps à la construction avec les citoyens eux-même d’un projet pour changer vraiment la vie sur une planète solidaire et durable.

Ce sera l’un des grands thèmes des débats de la Fête de l’Humanité

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1041

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