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La Bourse (14è partie)

samedi 24 juin 2006 , 2090 : visites , par Jean Lefevre

Les historiens et les politiques se sont pris d’amitié pour la Bourse du travail et veulent nous raconter son histoire, chacun à leur manière, bien entendu.. Car l’histoire d’un lieu c’est davantage que l’égrènement du chapelet des faits qui s’y sont déroulés, il y a une philosophie derrière, celle qu’on veut parfois étouffer. Quand les militants syndicaux parlent d’histoire ouvrière, holà leur répond-on, à la Bourse il y a eu la boxe et les chansons.

Mais il est sympathique de constater que le mouvement de grogne initié par la Dépêche et les élus communistes fasse jaillir des contributions, des prises de position et des articles divers.

Ce mouvement né de la décision de transformer le lieu a été, depuis le début, objectif, complet, historique en un mot. Tous les articles parus dans la Dépêche parlent de la Bourse comme d’un lieu syndical, politique ET...festif, culturel, associatif.

Deux publications interviennent dans le débat. Que disent-elles ? la S.A.T (Sauvegarde et Avenir de Troyes) annonce dans son N° 9 (juin 2006) le " projet de réhabilitation " de la mairie. La Bourse "va devenir le centre névralgique d’un grand pôle commercial au cœur d’un vaste projet incluant la construction d’un nouveau bâtiment à l’emplacement de l’actuel édifice XIXe des Sœurs de la Providence ". Cela sonne comme un communiqué de victoire qui n’est évidemment pas partagé par tous, les habitués du lieu, des commerçants, des Troyens. Mais la discussion sur l’utilité économique d’une telle transformation est une chose, celle qui concerne la sauvegarde de la mémoire en est une autre. La SAT indique à ce sujet : "Nous souhaitons évidemment que le souvenir de ce bâtiment emblématique pour les Troyens ne soit pas effacé par sa fonction commerciale". Et de demander au groupe Altaréa qu’il prenne en compte la trame viaire ( [1]) des lieux, la proximité de l’église Saint Nicolas pour présenter un projet qui tienne compte de l’environnement. “L’association a exprimé ses remarques et ses attentes concernant le respect du patrimoine bâti et la mémoire des lieux." Auboisement- correct (AC), le blog de P.Beury, a également parlé de la Bourse pour critiquer la commission mise en place par la mairie (Choix des membres, critères, candidatures...) Pourquoi la SAT est présente et pas l’ARPEHD ( [2]), pourquoi n’y a-t-il pas de commerçants ? A.C insiste sur le fait que "ce lieu porte en lui une riche diversité qui ne peut se réduire à la seule dimension syndicale : activités marchandes, syndicales, sportives, politiques... Chacune de ces activités a participé à la construction symbolique de ce lieu. Il serait impensable de mettre de côté un pan de cette histoire. "

On cherche là-dedans qui pourrait être visé. Ce n’est pas la Dépêche et les élus communistes en tout cas, qui ont cet objectif de sauvegarde de la diversité depuis le début (voir nos 12 articles précédents et l’intervention au C.M. d’Anna Zajac). Par contre M. Boisseau ( [3]) justement tient ce même langage pour ne pas répondre aux sollicitations syndicales. Il existe bien un danger de réduction de la mémoire du lieu, mais pour raboter le côté luttes ouvrières dont la Bourse fut richement témoin. La proposition du blog de P.Beury serait d’installer une sculpture moderne sur la place pour marier passé, présent et futur en quelque sorte. Dans le débat qui suit on trouve cette note intéressante d’un lecteur : "Si les esprits s’échauffent c’est que la volonté d’effacer la mémoire ouvrière de cette ville saute à la gorge. Il y a peu, des panneaux annonçaient Troyes comme étant la "Ville de la maille ". Aujourd’hui nos édiles n’aiment plus les odeurs de sueur et de graisse... " Ajoutons que la commission initiée par A.Zajac continue son travail.

Olivier Pottier, un de ses membres, historien, a d’ailleurs commencé des recherches, dégotté d’intéressants documents et complété nos éphémérides (N° 863 du 7 avril). Nul doute que ce travail collectif devra aboutir à une meilleure prise en compte des demandes citoyennes.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N874

Notes

[1Qui a trait aux voies et rues.

[2La réponse est technique, l’ARPEHD, destinée à la défense du site place de la Libération et Conseil Général, n’a pas vocation pour la Bourse.

[3Si le Maire et sa commission prétendent s’intéresser à la mémoire du lieu et à la mémoire de Troyes en général, qu’ils le prouvent en créant un organisme de recherche et en l’aidant financièrement. L’histoire de la Bourse rappelle l’histoire de la bonneterie et les atermoiements pour créer à Troyes un musée d’importance nationale.

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