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CULTURE en Avignon : LE CAILLOU DE LUNE

jeudi 30 juillet 2009 , 705 : visites , par Jean Lefevre

Une pièce de théâtre, c’est comme une chanson, il y faut trois créateurs, le parolier, la musique et l’interprète, indissolublement liés. Que l’un des trois flanche et la chanson ne passe pas la rampe.

Pour cette nouvelle création de la Cie Théâtr’âme, il y a cette unité, cette harmonie, un texte, une mise en scène et deux actrices, chanteuses de surcroît. Cette troïka fonctionne à merveille. Dans le noir de la salle, les nez se pincent, les mouchoirs sortent.

Un lent et long cheminement esthétique, des voix étonnement justes, rauques et belles. L’ensemble tire les larmes. Des larmes de beauté.

L’histoire a été cent fois racontée et recuite. " Tout est dit et l’on vient trop tard ", dit La Bruyère. Mais chaque voix est originale, la voix qui écrit et celle qui dit. C’est ici la voix d’une enfant de cinq ans et de sa famille juive fuyant les rafles durant la dernière guerre. On les trouve d’abord dans un fossé le long de la ligne de démarcation, guettant le signal du passage en force. La fillette se sent dans ce fossé comme un caillou de lune abandonné. Elle trouvera cependant l’aide de son institutrice qui ne croit pas en dieu, mais qui sait bien qui est le diable. Elle sauvera les deux enfants. Les parents n’échapperont pas à la rafle et disparaîtront. L’émotion arrivera subrepticement par les complaintes juives. Sandrine Julien et Marie Duratti chantent à coeur fendre et le public est emporté dans cette aventure, accompagnant la petite fille et les méandres de son récit dont l’auteure Ethel Hannah a dû retrouver le ton juste sans sensiblerie ni complaisance.

C’est aussi sa propre aventure qu’elle conte puisqu’elle fut cette enfant qui portera le poids de la guerre.

Danielle Israël a monté ce récit dans un décor sobre, presque austère, symbole de cette époque de pénurie et de souffrance. La performance de Sandrine Julien est à signaler à l’égale de la voix de Marie Duratti ( [1]). Pas d’enfantillage, que le texte soulevé par le talent des interprètes. Jean Lefèvre n La Cie Théâtr’âme dirigée par Danielle Israël est née à Troyes en 2003. Contact 03 25 73 98 80.

P.-S.

Cie Théâtr’âme - Danièle Israël (notre photo)

La Dépêche de l’Aube N1036

Notes

[1Compagnie Les colporteurs de la Forêt d’Orient.

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