Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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FRANCE NE RIME PLUS AVEC VACANCES MOINS LOIN, MOINS CHER, MOINS LONGTEMPS, VOIRE RIEN DU TOUT

mercredi 22 juillet 2009 , 727 : visites , par Passy Connh

La mer pour les uns, la montagne pour les autres, l’exploration d’une contrée étrangère pour d’autres encore : le mois de juillet débute, et avec lui les grandes migrations estivales.

Mais cette bouffée d’oxygène, pause presque salvatrice qui ponctue de longs mois de travail, est en train de devenir, année après année, un privilège destiné aux catégories de population les plus aisées. Il est loin le temps de l’euphorie du Front populaire. On estime qu’en juillet 1936, date de la création par le Front populaire des douze premiers jours de congés payés quelque 600 000 ouvriers sont partis en vacances. Ils seront 1 800 000 l’année suivante (1 800 000, c’est le nombre de billets de transport Léo-Lagrange, c’està- dire à tarif réduit, qui ont été vendus). Puis ce fut une augmentation constante jusqu’au milieu des années 1990.

D’après les statistiques de l’INSEE sur les taux de départs en vacances d’été en fonction des catégories professionnelles, 41 % des ouvriers sont partis en 1965 ; 46 %, en 1974  ; 48,7 %, en 1975 ; 52,1 % en 1976... Il convient d’ajouter que les ouvriers devront attendre 1955 avant d’obtenir la troisième semaine ; 1962, pour la quatrième (mesure prise à la suite d’un accord d’entreprise conclu chez Renault, qui sera généralisé), et 1982 pour la cinquième avec l’arrivée du gouvernement socialo-communiste. La crise fait des vacances un rare privilège Aujourd’hui, la proportion de ceux qui partent en vacances stagne et régresse même fortement parmi les catégories les moins aisées.

Les chiffres sont formels, et tous les sondages le démontrent  : les Français les plus en difficulté sacrifient leurs vacances. Selon une étude d’Ipsos, publiée au mois de mars, plus d’une personne sur deux prévoyait de ne pas partir cette année. Un taux qui s’élève même à 82 % pour les catégories les plus modestes (dont le revenu mensuel est inférieur à 1 200 euros). Un rapport qui s’inverse pour les plus aisés (dont le revenu mensuel est supérieur à 3 000 euros), dont seulement 25 % d’entre eux envisagent de ne pas partir. L’absence de " coup de pouce " au SMIC, pour la troisième année consécutive, n’arrange manifestement pas les choses pour les ménages les plus fragiles économiquement. En effet, parmi les non-partants, 37 % évoquent des raisons financières, un chiffre qui a augmenté de cinq points depuis l’an passé. Le budget vacances est donc l’un des premiers à être amputé par la crise, puisque même parmi les partants sa diminution est bien à l’ordre du jour. Ainsi, seul un Français sur cinq (22 %) déclare ne pas envisager, pour le moment, de diminution de la somme qu’il dépensera pour financer ses vacances. L’insécurité sociale et en 1er lieu la crainte de voir son emploi passé à la moulinette de la délocalisation au nom de la soi-disant compétitivité économique est évidement très présente parmi les salariés.

Reste que pour ceux qui auraient tout de même décidé de se ressourcer vers d’autres horizons, des tendances lourdes se dégagent : cette année, ce sera moins loin, moins cher, et moins longtemps

La généralisation du travail du dimanche votée par les trois députés aubois : un symbole de régression Dans la catégorie " travailler plus et vivre plus mal " dans la France de Sarkozy, la généralisation du travail du dimanche, adoptée par l’assemblée nationale la semaine dernière et bien entendu donc par nos trois député aubois, sonne aussi comme un véritable symbole de régression sociale. En France, le principe d’un jour hebdomadaire chômé fixe est en vigueur depuis 1906. .C’est un mouvement social initié en 1890, notamment par des employés des grands magasins, qui conduira à la législation du 13 juillet 1906, dans une perspective laïque reposant sur deux valeurs : le droit au repos et la famille. Suivra en 1919 la loi sur les huit heures de travail quotidien. Ces deux textes sont les fondements de la législation du travail dans notre pays, que l’UMP veut réduire à néant.

Avec cette nouvelle loi, le principe du repos dominical tombe aux oubliettes des acquis sociaux et la vie familiale sacrifiée sur l’autel de la course au profit maximum.

Cette loi met à mal le fonctionnement des associations et la pratique du bénévolat D’autant qu’en France, le dimanche n’est pas ou n’est plus qu’un jour sacré réservé à Dieu, ni un jour d’oisiveté et d’ennui. Il est au contraire un jour d’activités intenses pour les familles qui resserrent les liens entre leurs membres. C’est une parenthèse dans la dure routine des salariés, où parents, enfants et amis peuvent faire des choses ensemble, apprendre, se connaître, se distraire, ou prendre leur temps, tout simplement, en dehors des horaires contraints de l’école et du travail.

Actuellement, plus de quatorze millions de personnes exercent une activité bénévole, soit près d’un Français sur quatre. En France, 85 % des associations, notamment sportives ou de solidarité, ne fonctionnent qu’avec des bénévoles. C’est surtout le dimanche que ceuxci ont du temps à donner. Cette loi met à mal le fonctionnement des associations et la pratique du bénévolat, tellement nécessaires en ces temps de crise où l’État se désengage toujours plus de son rôle social et rogne les moyens d’intervention des collectivités locales dans ce domaine.

Au nom des enfants qui devront s’occuper seuls le dimanche et n’iront plus faire de parties de foot avec leur père ou de balades en forêt avec leurs parents, car ceux-ci auront l’obligation de travailler, on peut d’ores et déjà remercier le président de la valeur travail, détournée en valeur profit, encore et toujours au détriment des plus fragiles.

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1035

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