ceux qui prétendent que l’injustice est inévitable oublient qu’elle ne l’est que parce que trop de gens leur ressemblent.”Edmond ROSTAND

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Electrification Paris - Troyes

L’ETAT CONTRAINT A RESPECTER SON ENGAGEMENT

jeudi 2 juillet 2009 , 1325 : visites , par LDA

La Dépêche de l’Aube :

La ligne Paris-Troyes-Mulhouse a de nouveau fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours, mais que s’est-il passé exactement ?

Pierre MATHIEU : La région a clairement conditionné son financement de la deuxième phase TGV à concrétisation de l’engagement pris par l’Etat, dès l’origine, d’électrifier Paris - Troyes concomitamment à la réalisation de la LGV Est. Ce positionnement ferme a conduit JL Borloo à affirmer que les engagements pris seraient tenus. Concrètement il a indiqué que " bien entendu " il fallait électrifier Paris - Troyes. Fait nouveau : il a annoncé une participation de RFF de 10 millions d’euros sur le projet en Champagne-Ardenne. Il confirme que le statut de la ligne 4 restera national. Il s’est engagé à signer dans les prochaines semaines une convention pour la mise en oeuvre d’une première tranche d’électrification de la ligne entre Paris-Troyes en mobilisant les crédits déjà prévus.

Il s’est également engagé à prendre contact avec l’Ile de France de façon à boucler le plan de financement. Cela tranche avec l’immobilisme qui a prévalu jusqu’ici ! Une partie du chemin est donc faite.

Reste à aller jusqu’au bout : c’est à- dire à préciser les moyens nécessaires pour mener l’opération à son terme et le calendrier de l’électrification complète de la section Gretz-Troyes, ce qui conditionne, rappelons-le, notre engagement au financement de la deuxième phase du TGV.

LDA : Peux-tu nous rappeler en quelques mots les avantages et intérêts de l’électrification et de la modernisation de la ligne 4 et de cette première portion Gretz- Troyes ?

P.M : Il s’agit d’abord de sortir des difficultés d’exploitation actuelle, et de la mauvaise qualité de la ligne actuellement : annulations de train fréquentes, retards à répétition, qualité de service largement déficiente liée notamment à des locomotives diesel à bout de souffle.

Il est urgent aussi plus généralement de mettre en adéquation les discours et les actes en matière d’émissions de gaz à effet de serres et de pollutions... la réduction de la consommation d’énergies d’origine fossile doit être un objectif à atteindre sans attendre.

Selon RFF, ce projet est susceptible d’économiser annuellement l’émission de 20000 tonnes de C0², ce qui représente le même rapport " économie de C0²/investissements " que le projet de canal Seine Nord par exemple. Comment un projet aussi vertueux dans ce domaine pourrait ne pas bénéficier d’un soutien accru à ce titre ?

Enfin, il s’agit de ne plus priver le sud de la Champagne-Ardenne et l’Agglomération Troyenne des opportunités liés à l’électrification, que ce soit pour le fret ou pour les voyageurs. Si certaines villes de Champagne-Ardenne sont desservies par les TGV actuellement, comme Châlonsen- Champagne, Sedan et Charleville-Mézières, c’est bien parce qu’elles bénéficient de lignes électrifiées.

Il est impensable que l’Aube et l’Agglomération Troyenne reste le seul territoire du grand bassin parisien à ne pas pouvoir disposer de ce mode de traction, qui aurait du être mis en place depuis fort longtemps.

LDA : Dans les négociations avec le ministre pour faire aboutir l’électrification quels ont été les éléments décisifs qui ont fait pencher la balance en faveur de l’électrification ?

P.M : Avant tout il y a une forte mobilisation depuis longtemps de l’ensemble des acteurs concernés  : usagers, cheminots collectivités territoriales, acteurs socioéconomiques et élus. La détermination de cet ensemble dans sa diversité et la ténacité à porter ce projet dans la durée a pesé et continue de peser sur les décideurs  : Réseau Ferré de France et la SNCF et à travers eux l’Etat qui est leur autorité de tutelle. Nous sommes ici sur un enjeu d’intérêt général pour le territoire ! Dernièrement à l’initiative de la Région, les présidents des 4 Conseils généraux de Champagne-Ardenne ainsi que les présidents des Communauté d’Agglomération de Reims et de Troyes se sont exprimés fortement en ce sens, ce qui a contribué au déblocage du dossier. J’ajouterai qu’il est tout même assez impensable de devoir en arriver là pour simplement faire respecter des engagements pris depuis des années.

LDA : Comment as-tu vécu la dernière période où les tentatives de mises en échec de l’électrification se sont multipliées ? N’as-tu pas craint une multiplication des renoncements mettant en danger la réalisation de ce projet ?

P.M : Il est vrai que les tentatives de division, d’opposition des collectivités entre elles et les pressions de toutes natures n’ont pas manqué. De même, les suspicions sur l’intérêt du projet, et des leurres (présentés comme des solutions alternatives à l’électrification) se sont multipliées dernièrement.

Il faut dire que jusqu’à maintenant l’Etat n’a pas été exemplaire par son comportement plus que problématique en affichant des intentions de plus en plus fortes, mais jusqu’ici jamais suivies des faits concrets. Cette attitude condamnable a, je crois, soudé très fortement et très durablement la mobilisation de tous ceux qui souhaitent que les paroles données soient tenues. Nous travaillons ce dossier depuis des années, et en ce qui me concerne l’idée de renoncer, compte-tenu des arguments qui sont les nôtres, ne m’est jamais venu à l’idée.

Notre détermination, avec le Président de la Région Jean-Paul BACHY, a été et reste totale pour enfin passer, comme je l’ai dit à Jean-Louis Borloo de " l’éternel projet à celui de sa concrétisation effective ".

L.D.A : En tant que défenseur de la première heure de la cause de cette ligne que ressens-tu par rapport à cette avancée historique pour de nombreux aubois ?

P.M : L’avancée sera historique quand elle sera vraiment gravée dans le marbre. Si près du but, je ressens la nécessité, surtout, de ne pas baisser la garde, de rester mobilisés et unis comme nous avons su le faire jusqu’à maintenant pour que la concrétisation de ce projet aboutisse maintenant rapidement.

LDA : Justement comment ressens- tu l’état d’esprit des différents partenaires sur ce projet ? Région, Département, CAT et Troyes, RFF ?

P.M : Concernant les collectivités, je constate la même détermination que celle du Conseil régional de Champagne-Ardenne  ; détermination à voir se concrétiser les engagements qui viennent d’être pris.

Je remarque que la participation annoncée de RFF a permis à François BAROIN une première annonce d’une participation financière de la Communauté d’Agglomération Troyenne (au moins 10 millions d’euros).

Le Conseil général de l’Aube a déjà délibéré sur le principe de celleci et doit maintenant concrétiser son montant. L’engagement financier des collectivités est important et devrait favoriser le bouclage financier définitif sur le territoire de la Champagne- Ardenne. Cela ne peut également que favoriser un engagement plus fort sur le territoire de la Région Ile-de-France : Etat /Région / RFF...

Ce projet doit être aussi l’occasion pour la SNCF, dans son domaine de responsabilité, de produire les investissements permettant enfin une haute qualité du service : matériel roulant, aménagement des gares...

P.-S.

La photo : Pierre MATHIEU, vice-président du Conseil régional, Jean-Louis BORLOO et René-Paul SAVARY, président du Conseil général de la Marne satisfaits de l’issue de la réunion.

La Dépêche de l’Aube N1032

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