« Le néolibéralisme est mort mais ils ne le savent pas. » Roland Gori

Accueil > Archives > National > Election > L’appel de Marie-George Buffet " ELECTEURS DE GAUCHE,FAITES COMME EN (...)

L’appel de Marie-George Buffet " ELECTEURS DE GAUCHE,FAITES COMME EN 2005,TRANSGRESSEZ ! "

vendredi 29 mai 2009 , 743 : visites

Face à l’ampleur de la crise économique et de ses désastreuses conséquences sociales, Marie-George Buffet appelle à faire du scrutin européen du 7 juin un moment de lutte dans les urnes. Pour la secrétaire nationale du PCF, les " luttes sociales doivent être portées au Parlement européen ".

Pour cela, " une liste, celle du Front de gauche, la seule porteuse de véritable alternative ". La Dépêche de l’Aube publie l’interview de M.-G. Buffet parue dans l’Humanité Dimanche.

H.D. : D’après les dernières enquêtes d’opinion, malgré la crise sociale, l’UMP serait largement en tête du scrutin du 7 juin.

Marie-George Buffet : Face à ça, je veux lancer un appel la mobilisation. Le mouvement social, les manifestations en France et en Europe doivent se traduire en réponses politiques. Si on est dans la rue mais qu’on n’est pas dans les urnes, le mouvement social ne débouchera pas pleinement. Si les libéraux arrivent en tête le soir des élections européennes, ils se diront confortés et poursuivront leur politique libérale et leurs réformes telles qu’ils les ont conduites jusqu’ici. Je lance donc un appel à la mobilisation populaire. Il faut qu’un message clair sorte du scrutin du 7 juin : notre unité, nos luttes sociales doivent être portées au Parlement européen. Pour cela, on doit se rassembler sur une liste, celle du Front de gauche, la seule porteuse de véritable alternative.

H.D. : Comment est-il possible que Sarkozy et la droite soient responsables de la crise, mais que ce ne soient pas eux qui soient sanctionnés ?

M.-G. B. : Parce qu’il y a de la tromperie chez certains que l’on appelle " antisarkozystes " ! On a tout entendu à ce sujet : Bayrou présenté comme le plus grand opposant à Sarkozy, Cohn-Bendit qui joue les opposants au Parlement européen, alors que l’on pourrait leur décerner à tous les deux un titre de docteur honoris causa en libéralisme ! Cohn-Bendit a voté toutes les directives libérales au Parlement européen, y compris le traité constitutionnel et celui de Lisbonne. Bayrou ne veut pas changer de politique. Il veut seulement être président à la place de Sarkozy, pour mener la même politique  ? A gauche on a du mal à s’y retrouver avec le positionnement de dirigeants du Parti socialiste.

Ils nous disent à la fois qu’il faut changer de politique et d’Europe et, dans le même temps, ils approuvent le traité de Lisbonne ou votent la quasi-totalité des directives libérales avec la droite... Il faut évidemment sanctionner Nicolas Sarkozy ! Mais il faut aussi décoiffer tous ces faux nez, candidats sur d’autres listes. Et, pour cela, la seule initiative neuve dans l’opposition à Sarkozy, ce sont des organisations politiques qui, à l’appel du PCF, fin octobre 2008, ont décidé de se rassembler dans un Front de gauche et de faire des propositions pour changer de politique en France et en Europe. Là est la véritable opposition à Sarkozy, qu’il faut renforcer en lui permettant d’avoir un groupe puissant au Parlement européen.

H.D. : Il n’y a pas de débat autour de ces élections, presque pas de couverture médiatique. Au profit de l’UMP ? M.-G. B. : Nicolas Sarkozy et son gouvernement organisent l’abstention. Ils ne veulent pas d’un véritable débat. Les médias n’organisent pas de véritable confrontation. On organise le silence sur cette élection. C’est un déni de démocratie.

Mais nous sommes partis en campagne.

Et comme nous avons su le faire en 2005, nous sommes en train de créer une chaîne humaine efficace. C’est l’effort militant et l’effort citoyen qui briseront ce mur du silence.

H.D. : Ce mur du silence, c’est une leçon de 2005 ?

M.-G. B. : en 2005, nous entendions tous les matins combien la France serait le mouton noir de l’Europe si le " non " l’emportait. Bayrou nous promettait un déluge qui durerait plus de 40 jours... Les gens ont fini par rejeter ce matraquage et éprouvé une véritable fierté à résister au libéralisme.

C’est le débat qui a permis de battre le TCE. Les partisans du " oui " répétaient que le traité était une affaire de spécialistes, mais le peuple s’en est emparé ? Ils ont été battus et ils ont peur que ça recommence, que le peuple s’intéresse à l’Europe et porte des propositions alternatives. L’Europe libérale permet aux gouvernements qui la bâtissent d’aller toujours plus loin dans la casse des services publics, la pression sur les salaires... En réalité, les tenants de l’Europe libérale sont responsables du fossé entre l’Europe et les Européens.

Chaque fois que les gouvernements veulent faire passer un mauvais coup, ils montrent l’Europe du doigt. Ils se déchargent de leurs responsabilités sur la Commission de Bruxelles, alors qu’ils ont eux-mêmes créé cette coupure entre les citoyens et les citoyennes et l’Europe.

H. D. : A trois semaines du scrutin, on peut encore inverser la tendance ?

M.-G. B. : La plupart des électeurs et des électrices vont se décider dans les jours qui viennent. Et même si les militantes et les militants, les candidates et les candidats mènent une belle campagne depuis des semaines, c’est maintenant qu’il faut lui donner sa plus grande dynamique. Entre le 26 mai et le 13 juin, deux nouvelles journées de mobilisation sociale en France, il y a le 7 juin. Ne ratons pas cette autre journée de mobilisation contre la politique libérale en France et en Europe. Le 7 juin, les citoyens peuvent utiliser un autre moyen d’action : le vote pour le front de gauche. (....) Je voudrais m’adresser aux électeurs et aux électrices du PS, du PRG, du MRC... En 2005, ils ont su transgresser les frontières politiques pour former ce rassemblement extraordinaire qui a fait gagner le " non ". Les électeurs du PRG et du MRC n’ont pas de liste.

Ceux du PS se demandent quelle est la réelle position du PS sur l’Europe. Je leur dis : faites comme en 2005, transgressez ! Vous avez le Front de gauche, vous êtes d’accord avec nous pour changer l’Europe et combattre la politique de Sarkozy ?

Alors allons-y ensemble ! Et à ce moment-là, la dynamique sera vraiment de notre côté

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1027

Répondre à cet article

Société Nouvelle de la Dépêche de l’Aube, 22 ter rue Anatole France- 10000 TROYES. Tél 03 25 73 32 82. Fax 03 25 73 84 13 6 SARL au capital de 300 euros. Durée 99 ans. Gérant-Directeur : jean Lefevre. Associés à part égales : Jean Lefevre, Anna Zajac, Hugues Petitjean, Françoise Cuisin, Geneviève Delabruyère. Inscription Commission Paritaire N°0211 C 87550. Abonnements : 1 ans = 30 euros Régis, publicité, petites annonces : La Dépêche de l’Aube - Imprimerie JMI 87, av Gallieni 10300 STE-SAVINE.

|