Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable."

Tzvetan Todorov Linguiste

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Escalade sécuritaire

Sarkozy, Royal et les banlieues

vendredi 9 juin 2006 , 2305 : visites , par LDA

On a eu droit ces jours-ci aux mêmes images (voitures en flamme), aux mêmes provocations (hélicoptère braquant un HLM), aux mêmes outrances verbales (les "voyous" de Sarkozy) qu’au début des violences urbaines de novembre dernier. Les mêmes lieux, aussi : Montfermeil, Clichy-sous-Bois, la cité des Bosquets, dans ce coin de Seine-Saint-Denis où, il y a sept mois, deux adolescents périssaient électrocutés dans un transformateur. Le troisième, le seul qui survécut à ses blessures, vient précisément d’être interpellé en bas de chez lui et placé en garde à vue lors de la nouvelle flambée de colère qui vient d’éclater. Une arrestation pour " jet de pierres ", nié par le jeune homme, intervenant - étonnante coïncidence - la veille d’un examen, qui était prévu pour mercredi en présence d’un juge d’instruction, des lieux du drame qui coûta la vie à ses deux camarades, et qui fut le point de départ des émeutes de l’automne... L’enchaînement des faits ne manque pas non plus d’interroger : une interpellation musclée d’une mère de famille lors d’une perquisition policière aux Bosquets. On chercherait en haut lieu à raviver les braises encore chaudes de novembre que l’on s’y prendrait pas autrement. L’avocat du jeune rescapé a dénoncé à juste titre cette "stratégie de la tension". "Préméditation", a tranché Nicolas Sarkozy au lendemain des heurts qui ont opposé des jeunes aux policiers. Toute la question est de savoir qui a prémédité quoi. Un élément de réponse vient de la police elle-même dont le syndicat UNSA dénonce l’attitude du maire UMP de Montfermeil, qui s’était tristement illustré, dans un excès de zèle très sarkozyste, par un arrêté municipal interdisant aux mineurs de circuler à plus de trois dans le centre-ville et aux jeunes de moins de seize ans de sortir non accompagnés après 20 heures... L’état d’urgence et le couvre feu pour les jeunes ! " Il récolte les fruits des décisions intempestives qu’il a prises ", jugent les syndicalistes policiers. Décisions qui entraînent dans la foulée une politique de tensions anti-jeunes, de stigmatisation accrue des habitants du quartier des Bosquets. L’irresponsabilité est au pouvoir Dès lors, la moindre étincelle peut provoquer un embrasement. L’irresponsabilité est au pouvoir. Certes, le gouvernement n’a pas été avare de promesses face à ce que "la crise des banlieues" a révélé en matière d’abandon, de frustrations, d’exclusion... On ne retiendra de la réponse concrète de de Villepin que l’instauration de l’état d’urgence et la tentative d’imposer le CPE, histoire d’en rajouter dans la discrimination anti-jeunes. Sarkozy, tout occupé qu’il est par sa stratégie de conquête du pouvoir en 2007, cherche à nouveau à déplacer le débat politique du terrain social vers les méandres du sécuritaire, des peurs attisées et des réflexes du chacun pour soi.

Le discours antijeune plutôt que la condamnation des politiques libérales On observera qu’au même moment, S. Royal n’a rien eu de plus pressé de surenchérir sur ce terrain du tout-sécuritaire, en prônant "la mise sous tutelle des allocations familiales" (en somme d’appauvrir les plus pauvres), la culpabilisation des parents, des "internats pour les perturbateurs" et "un encadrement militaire" pour les délinquants...

Venir faire une telle déclaration au cœur de la région Ile-de-France alors que Guy Drut, condamné dans l’affaire des marchés publics truqués de cette même région vient d’y être amnistié par Chirac est tout simplement irresponsable. D’autant qu’aujourd’hui encore on juge sévèrement dans les tribunaux de jeune manifestant anti-CPE et que croupissent toujours en prison les jeunes révoltés des banlieues.

On attendait vraiment un peu plus de hauteur de vue venant d’une potentielle candidate socialiste à l’élection présidentielle.

Pas un mot sur la précarité, la désertion des services publics, les discriminations... Spectacle navrant de voir ces politiciens s’engager dans une escalade anti-jeunes. C’est sûr que pour eux, c’est plus facile que de convaincre les Français des bienfaits du libéralisme

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N872

1 Message

  • Escalade sécuritaire 2 mai 2007 15:51

    Je suis tout à fait d’accord, si les militaires deviennent des redresseues de délinquants pourquoi avoir arreter le service militaire obligatoire.A la base c’était pour redresser les jeunes avant de les renvoyer dans la vie active.Cependant permettez -moi de vous ouvrir un peu les yeux.J’ ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de militaires qui malheureusement étaient psychologiquement atteinds car trop poussés à bout et victimes de mission psychologiquement impossible à oublier.Trouvez-vous normal que ces militaires soient renvoyés dans la vie civil et se croyant toujours militaires veulent faire regner leur loies dans le civil car il n’arrivent pas à s’integrer.Ou que ses memes militaires pour oublier leur souffrances émotionnelles se refugient dans la drogue ?Trouvez-vous normal que ces memes militaires se permettent de redresser la jeunesse actuelle ?Ils ferais mieux déja de redresser les militaires qui se sont égarés.

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