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LA DEPECHE DE L’AUBE QUELQUES SOUVENIRS ENCORE par F. IBANEZ - (2e Partie)

jeudi 12 février 2009 , 741 : visites

Les manifestations furent au début bien souvent interdites, mais l’opiniâtreté des communistes, du parti, fraya la voie à celles et ceux qui au fond d’eux-mêmes étaient opposés à ces sales guerres.

Comment ne pas rappeler que lors d’une manifestation au quartier-bas, je fus arrêté avec Geneviève Delabruyère et qu’ensemble nous fûmes passibles de la correctionnelle. Devant le tribunal, nous avons réaffirmé notre volonté de mettre fin à cette guerre d’Algérie. Comment ne pas mettre évidence le rôle de la Dépêche de l’Aube, de l’Humanité, en tant que véhicules des mots d’ordre des opposants à la guerre, et comme organisateurs collectifs du soutien aux militants poursuivis.

Nous fûmes condamnés à de fortes amendes, et à payer des indemnités au titre des remboursements de vareuses de quelques policiers, voire de matraques que ceux-ci avaient cassées sur les têtes et les dos des manifestants. Le libellé du tribunal en faisait mention. On a pu en rire entre nous et commenter cet aspect dérisoire du combat. Avec le recul du temps, on peut ressentir une réelle fierté. Mais il faut dire que l’agglomération troyenne ne fut pas particulièrement tendre avec les militants, qu’ils soient du parti, mais aussi de la CGT.

La distribution de tracts aux entreprises (Vitoux, Devanlay, Poron, Vachette, Gillier, Valton etc...) ne fut pas une sinécure. La répression était souvent systématique, la chasse aux militants constante en vertu, était-il dit à l’époque, d’un arrêté municipal datant de Napoléon qui interdisait la distribution de tracts sur la voie publique...

Je ne résiste pas à vous faire part chers lecteurs et lectrices d’une anecdote dont l’enseignement a pu être exemplaire : Je distribuais des tracts à l’entrée de l’usine Poron dans laquelle les femmes constituaient une énorme majorité. Mais voilà que la police, son car et ses effectifs nombreux, l’ensemble dirigé par un certain ST... me tombent dessus et veulent m’entraîner dans le car. Je n’étais pas homme à céder facilement. Mais les policiers purent emmener. On entendit mes cris "pour les respect des libertés" qui furent entendus à l’intérieur de l’usine. Les policiers avaient attendu que la presque totalité des salariées soit rentrée. Mais un phénomène étonnant se produisit.

Alors que je me débattais avec plusieurs policiers, les ouvrières informées de ce combat épique, prirent la décision de ressortir et de s’en prendre aux policiers. Elles étaient 200-300 je ne sais plus, Elles me protégèrent, me firent rentrer à l’intérieur de l’usine, et mirent les policiers en fuite. (...)

A suivre...

P.-S.

La Dépêche de l’Aube N1012

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