La dépêche de l'Aube n°785 du Jeudi 7 octobre 2004

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Sur les marchés, devant les entreprises, dans les gares, les communistes ont déjà recueilli des milliers de signatures. Et ça continu...

Paris/Bâle :
Pétitions - Délibérations des assemblées d’élues...
La mobilisation s’accentue

La mobilisation pour l’avenir de la ligne Paris-Bâle prend de l’ampleur chaque jour.
Dans l'ensemble des territoires concernés près de 5000 personnes ont déjà signé la pétition. Dans notre département, les initiatives se multiplient. Sur les marchés, aux portes des lieux de travail, dans les gares, les militants et élus communistes sont très mobilisés. C'est ainsi que dans les derniers jours des centaines de signatures ont été recueillies en gare de Troyes, chez Cycle-Europe, aux ateliers SNCF de Romilly-sur-Seine, au centre EDF de Troyes, au Lycée Mariede Champagne… Beau-coup d'initiatives individuelles se prennent également comme en témoignent les dizaines de courriers qui parviennent à notre hebdomadaire ou encore qui sont directement adressés à Pierre Mathieu en charge des infrastructures et des transports au Conseil régional de Champagne-Ardenne.
Outre son action institutionnelle, l'élu communiste s'investit avec le sénateur maire de Nangis, Michel Billout, à développer la mobilisation citoyenne et le rassemblement de tous les acteurs concernés par cette question vitale. Ces deux élus ont la conviction que face à la détermination du gouvernement de ne pas investir sur ce dossier il serait illusoire d'obtenir satisfaction sans une intervention forte, argumentée, et déterminée dans la durée, des citoyens et de leurs élus. Dans la mobilisation en cours, il faut aussi compter sur l'action et les signatures que sont entrain de rassembler les syndicats, les associations et les personnalités qui ont décidé de réunir leurs efforts pour que les engagements pris pour l'électrification de la première phase du Paris-Bâle, section Troyes-Gretz, soient tenus.
Un site web à votre disposition
De plus en plus de collectivités prennent position pour que l'état respecte ses engagements en adoptant à l'unanimité des vœux et des motions. C'est ainsi que les communes ou groupements de communes de Langres, de Chaumont, de Bar-sur-Aube, de Troyes, de Saint-


André-les-Vergers, de la Chapelle St Luc, de Romilly-sur-Seine, de Nogent-sur-Seine, de Nangis ont délibéré. La Communauté de l'Agglomération Troyenne (CAT), le conseil général de Seine et Marne se sont également positionnés sans oublier l'Assemblée générale de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Troyes et Aube qui a voté une motion le 16 septembre dernier. Toutes ces délibérations sont consultables sur le site web www.paris-bale.org
Plus que jamais la mobilisation s’impose
Pourtant malgré cette mobilisation, le ministre des transports, Monsieur Gilles de Robien n'a toujours pas répondu à la demande de rencontre qui lui a été faite par le Président du Conseil Régional, le député Maire de Troyes et de nombreux autres élus. Le gouvernement semble bien embarrassé de ne pas avoir pu faire son "mauvais coup" en douce durant l'été. Le "mauvais coup" c'était son intention d'enlever une part importante des crédits de l'Etat prévu pour l'électrification de Paris Troyes pour financer la part qui lui incombe dans les surcoûts liés aux travaux du TGV dans le secteur de Reims. Pour autant rien n'est réglé et il faut savoir qu'en plus de ce problème existent des volontés de profiter de la mise en service du TGV Est en 2007 pour réduire la desserte de la ligne Paris Bâle et pour tenter de transférer des charges qui incombent à la SNCF sur le budget régional. Plus que jamais les raisons de la mobilisation demeurent. C'est pourquoi les initiateurs de la pétition interrégionale proposent de profiter de l'occasion de la venue du ministre des transports à Saint Hilaire au Temple (près de Châlons en Champagne), le 19 octobre prochain, pour la pose du premier rail du TGV EST pour le rencontrer et lui remettre toutes les pétitions qui seront rassemblées d'ici là. Il est évident qu'une présence nombreuse témoignera de la force de la mobilisation et de la détermination à ne pas voir sacrifier l'avenir du développement économique et l'attractivité de l'Est seine-et-marnais et tout le Sud de la Champagne Ardenne.


LDA

Electrification de la ligne
Paris-Bâle

Gilles de Robien Ministre des Transports dans notre région le 19 octobre

Ensemble faisons entendre nos exigences ! Participez au rassemblement
Des cars pour se rendre à St Hilaire au Temple (près de Châlons en Champagne) à votre disposition
Départ de Romilly 8 h (Bibliothèque Municipale Salle F. Miterrand)
Départ de Troyes 8 h (Fédération 22ter av. A France)
Réservez vos places au 03 25 73 43 40

Pierre Mathieu
vice-président communiste du Conseil régional chargé des transports et des infrastructures sera l’invité de l’Hebdo Samedi 9 octobre
11 h 40 sur FR3

La Constitution européenne :
Progrès social ou régression ? A vous de juger !

Dans quelques mois, nous allons voter par référendum sur une Constitution européenne. Il s’agit d’un enjeu important qui va bouleverser nos vies. En effet, l’article 1/6 de ce texte dit que cette Constitution «primera» sur la Constitution française et nos lois.
Or, à la lecture du texte européen, on s’aperçoit que nous serions régi par d’autres règles, supprimant des droits sociaux et démocratiques.
Les principes de Liberté-égalité-Fraternité seraient remplacés par celui de «marché ouvert où la concurrence est libre».
Ce texte va à l’opposé de nos acquis progressistes et républicains. De plus, on ne pourrait pas le changer puisqu’il faudrait l’unanimité des 25 pays de l’Union européenne pour le modifier. Avec ce traité européen, on s’engage donc pour l’avenir de nos enfants et des générations futures.


Mais le mieux est de juger sur pièce par soi-même ; voilà pourquoi l’Humanité dans son édition du 16 octobre vous propose de prendre connaissance du texte complet de la constitution européenne avec des clés pour comprendre, un décryptage et des analyses pour vous permettre de juger sur pièce et de vous faire votre propre opinion. Chacun a le droit de savoir, connaître, comprendre pour décider et voter en toute connaissance de cause.
Les 16 et 17 octobre, pour être informé, pour la démocratie, pour en débattre, achetez l’Humanité auprès des militants, de votre ville ou de votre entreprise


LDA

Explosion des profits : + 68 %


Quand le cac 40 va bien, les salariés vont mal !

Qui a dit que la politique du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ne portait pas de fruits ?
Ils sont là, pourtant, bien mûrs et prêts à tomber dans les paniers largement ouverts de ceux qui auront le privilège de les goûter. Les 40 groupes stars de la Bourse, ceux cotés dans cet indice qui leur est réservé, le CAC 40, ont vu au premier semestre de cette année leurs bénéfices nets progresser de 68% par rapport à la même période de l'an dernier, soit 23 milliards d'euros en plus. "Les poids lourds de la Bourse, écrit le quotidien économique Les Echos sous un titre en fanfare, sont de nouveau en grande forme. Cette année, ils s'acheminent vers des bénéfices records".
Ce n'est sans doute pas le résultat du travail du seul Raffarin, mais il faut l'ingratitude d'un maître habitué à être très bien servi pour se plaindre, comme l'a fait Seillière au nom du Medef de la souffrance des entrepreneurs pour lesquels le gouvernement ne ferait rien… Sa propre société, Wendel, grimpe de 34% de 2002 à 2203.
Il est vrai que ces résultats échappent à la grande masse des Français. Ils ont même l'impression pour nombre d'entre eux que la France ne va pas très bien, que l'emploi stagne comme leurs salaires, qu'il leur faudrait peut-être accepter de travailler plus et de gagner moins pour garder leur travail.
La vérité, c'est que les patrons prospèrent sur le désarroi des salariés. Un exemple : le groupe STMicro-electronics, coté au CAC 40, a vu ses bénéfices nets progresser de 41%; selon les termes des Echos, ces bons résultats généralisés tiennent pour une large part aux "réductions des coûts", c'est-à-dire aux licenciements des salariés de Rennes notamment !


En fait, c'est de la colère, de la révolte que suscitent ces chiffres. Ils sont bien dans la cohérence d'une politique. Emploi plus souple et plus flexible, coût du travail contenu et sans cesse en accusation pour le réduire toujours plus, licenciements facilités, y compris quand ils sont de convenance boursière. Dans notre pays, à s'en tenir à ce seul indice, la masse salariale reçue par les salariés est inférieure en pourcentage à celle que reçoivent les salariés des États-Unis, de l'Allemagne, du Japon; elle stagne depuis trois ans. Dans le même temps, le rendement des capitaux est reparti à la hausse. Ce n'est pas le fait de deux logiques différentes, mais un lien de cause à effet.
Les profits des gros du CAC 40 et de leurs proches ne tiennent pas de la multiplication des pains. Nombre de petites et moyennes entreprises en font aussi les frais. Les services publics en souffrent, coupables qu'ils sont d'échapper aux exigences totalitaires de la rentabilité financière. Qu'en sera-t-il par exemple d'EDF quand le gouvernement prévoit son entrée en Bourse ?
Les profits d'aujourd'hui seraient-ils cependant les emplois de demain? Il n'en est strictement rien. Cette croissance financière repose sur le théorème inverse. Les résultats en Bourse des grands groupes appellent toujours plus de rentabilité et, dans la roue de la fortune, le hamster de la finance doit pédaler toujours plus vite. Cet argent ne va pas à la croissance réelle, celle qui stabilise un pays en s'appuyant sur l'emploi, les qualifications, la recherche, le progrès social. Le CAC 40 va bien, mais les salariés et la France vont mal .


LDA

Humeurs

RESISTANCE (suite)
Les communistes sont-ils entrés dans la Résistance avant ou après juin 1941 ? La polémique dure encore. C'est un point d'histoire sérieux. Dans les livres en direction des élèves de collège ou de lycée, on trouve encore cette calomnie que le P.C.F n'aurait organisé sa propre résistance aux nazis qu'en juin-juillet 41, en quelque sorte, avec le feu vert de Staline, attaqué par l'Allemagne.
Localement, il ne devrait plus y avoir de doute quand on connaît l'épisode du ramassage des armes par l'équipe Romagon, Kilian, Planson, dès la débâcle de 40. Mais le connaît-on ?
Une lettre de Vercors, ce grand écrivain résistant, au Général De Gaulle, devrait nous éclairer. Il tient à démontrer en 1956 au Général, et bien que non communiste, que ceux-ci furent des premiers résistants. Et de citer les lettres de Jean-Richard Bloch, Paul Eluard, Louis Aragon, écrites en juillet 40 et appelant à la Résistance ; de rappeler les réunions d'octobre avec Joliot-Curie, Wallon, Maublanc, Jourdain ; de noter la parution de revues en décembre 40, dont La Pensée libre qui aboutit plus tard aux Editions de Minuit.
La résistance communiste est concrète également avec la grosse "affaire" du Musée de l'Homme organisée par F.de Lescure.
À De Gaulle qui répond, "oui, mais c'étaient seulement quelques individualités'"Vercors a cette objection éclairante :" : "C'est là que gît l'injustice à leur égard : de quel autre parti ne le diriez-vous pas ? Quel parti n'était pas alors divisé contre lui-même ? Et quel parti plus que le PC avait été brisé en mille morceaux ? Cependant, quel autre parti a édité clandestinement une revue résistante dès 1940 ? Les radicaux ? les socialistes ? les modérés ? penseriez-vous reprocher aux autres ces longs mois passés à hésiter, à s'organiser ? Trouveriez-vous raisonnable de les accuser pour ces retards d'obédience à Rome ou à la Maison-Blanche ?"
Je tiens à la disposition de tous les enseignants qui le souhaite cet échange de courrier Vercors-De Gaulle. Il sera utile pour la vérité historique, mais aussi pour éclairer d'autres combats à venir.
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Jean Lefevre

Visa pour la Bulgarie.

Les 41 danseurs et musiciens du Ballet Napredak de Radomir seront dans notre département pour plus de deux heures de spectacle.
En effet, le groupe Makedonsko, bien connu des amateurs de notre département, en partenariat avec la Ligue de l'Enseignement et le Centre Culturel de La Chapelle-St-Luc, profite d'une tournée en France pour organiser leur passage. La Bulgarie, située au carrefour de l'Europe et l'Orient a su garder sa culture. Paysans de la région de Sofia, les Chopes ont des danses qui se différencient de celles de la Thrace, de la Macédoine, de la Vallée du Danube. Quelle richesse de couleurs, de pas ! On pourra apprécier la méticulosité des reproductions de fêtes villageoises, la virtuosité musicale de l'ensemble. Découvrez ou redécouvrez la Gaïda, le Kaval, le Gadulka...les chants populaires.
Gedomir Colakovic, disons Tchéda pour les habitués de nos spectacles (Hongrois, Yougos-laves) présentera cette soirée exceptionnelle. Ami du groupe Makedonsko, ancien danseur et chorégraphe Yougos-lave, il met toute sa vie au service de l'art, la culture, les échanges. Makedonsko, groupe de danses de l'AAAEN (association amicale auboise de l'Education Nationale) poursuit avec fidélité son engagement dans la pratique des danses traditionnelles avec un souci d'authenticité.
Ce n'est pas rien que de faire venir, comme cela va être le cas, 41 danseurs et musiciens qui se produiront l'après-midi pour un public scolaire et en soirée pour le tout public. L'âme du folklore, c'est celle des êtres humains qui y ont traduit leurs joies, leurs peines, leurs résistances.
Venez nombreux, vivre ou revivre pendant 2h30, une entrée dans une autre culture au travers de la danse.
Ballet Napredak de Radomir
Mardi 19 octobre 20h30
Centre Culturel La Chapelle Saint Luc
03 25 75 06 32 - 03 25 82 68 68


Annie Cutillas

Nos peines : Décès de Gaston Portet.

Notre camarade Gaston PORTET vient de nous quitter. Comme tous nos vieux camarades qui ont adhéré dans les moments difficiles (et ces moments ont été nombreux) Gaston était de ces communistes qui restent fidèles jusqu'au bout.
Fidèle à ses origines ouvrières,
Fidèle à son syndicat CGT
Fidèle aux luttes, dont celles qu'il a menées contre les sales guerres coloniales,
Fidèle aux valeurs de laïcité, de justice et de liberté.
Fidèle à son parti qu'il avait rejoint très jeune et dont il fut un militant inlassable, tenace et permanent. Oui, il était, à sa manière un permanent du parti.
Il a participé à toutes les réunions, les meetings, les collectes, les distributions, les élections, les collages d'affiches et les colletages avec l'adversaire parce que Gaston n'avait pas froid aux yeux.
Il n'aurait donné sa place à personne. Il a bien sûr, aux temps héroïques, comme on dit, été emmené plusieurs fois au poste de police pour distributions interdites contre la guerre d'Algérie ou pour collages frauduleux. Il faut aimer les délinquants qui violent les mauvaises lois et s'opposent aux mauvais gouvernements.
Il faut aimer les soldats du 17e qui refusent de tirer sur les vignerons en 1907. Il faut aimer les Résistants qui s'opposent aux lois de Vichy. La désobéissance est dans ces cas-là un devoir civique. C'est ce qu'a fait Gaston toute sa vie et sa première désobéissance historique connue c'est de s'être évadé du stalag où il était prisonnier en 1941 et sa disparition volontaire dans la Creuse d'où il était originaire.
Gaston avait son caractère. C'est mieux que de ne pas avoir de caractère du tout. On l'aurait qualifié facilement de gueulard. Mais le gueulard c'est aussi, dans un haut-fourneau, l'endroit où l'on verse le minerai de fer pour fabriquer ensuite l'acier qui sert à toutes les constructions solides et durables. Eh bien ! des gueulards comme ça on en redemande. Parce qu'on a besoin de ces militants bâtisseurs qui n'acceptent pas l'esclavage rampant, et qui s'opposent et qui résistent et qui refusent l'intolérable. On a besoin d'empêcheurs de penser en rond, d'empêcheurs de faire du fric sur la sueur ouvrière. Et Gaston connaissait la classe ouvrière, ayant fait dans sa jeunesse un tas de métiers.
Gaston était un militant humble mais vivant, sur ses deux pieds et dans sa tête, qu'il avait bien faite et bien pleine, parce qu'il lisait beaucoup et écoutait beaucoup pour alimenter les discussions qu'il adorait. C'était une mémoire vivante de la classe ouvrière. Et l'on a raison de dire qu'un vieillard qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle.
Ces époques difficiles et ces vies courageuses doivent continuer à alimenter notre mémoire. Aujourd'hui qu'il n'y a plus que les petits discours de la droite au pouvoir à se mettre sous la dent pour former notre civisme, nous savons par la vie de Gaston Portet et de tous nos camarades disparus que les circonstances, même tragiques, trouvent toujours leurs héros, des personnalités adaptées aux évènements et qui fourniront à l'avenir des jalons pour l'histoire, et une morale pour guider nos lendemains qui finiront peut-être par chanter si on s'y met tous ensemble.
Gaston Portet et sa femme Jeanine, actuellement hospitalisée, ont eu 7 enfants, 15 petits enfants et 10 arrière-petits enfants. Ils sont dans la peine aujourd'hui, mais nous sommes là pour leur dire toute l'affection qu'on leur porte, nous ses camarades de La Dépêche de l'Aube et de La Fédération du Parti Communiste et nous leur adressons un message de profonde sympathie