La Dépêche de l'Aube n°733 du Jeudi 9 octobre 2003 La Dépêche de l'Aube n°733 du Jeudi 9 octobre 2003

La dépêche de l'Aube n°733 du Jeudi 9 octobre 2003

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Manifestation contre la casse de l’emploi et les délocalisations.
Emploi : l’hécatombe !

Gouvernement, Medef assassinent le travail

La formule est très en vogue à Matignon : il faut «revaloriser le travail».
Les licenciements, plans sociaux, fermetures d'entreprises, délocalisations et autres restructurations se multiplient dans le pays. Nous assistons en fait à une véritable hécatombe alors que dans le même temps les prélèvements financiers pour les dividendes des actionnaires augmentent de 9,7% dans les entreprises françaises.
La courbe du chômage ne cesse de croître pour toucher près d'un salarié sur dix. Avec 410 900 demandeurs d'emploi de moins de 25 ans en juillet, la France est l'un des plus mauvais élèves européens en matière d'emploi des jeunes.
Et pendant ce temps là, que fait Monsieur Raffarin ? Après avoir lancé un appel dérisoire à ses ministres pour qu'ils "produisent des idées", qu'ils se "décarcassent" contre les plans sociaux, il promet aujourd'hui une loi sur l'emploi avant Noël. Et cela alors qu'il a remis en cause les dispositions les plus avancées de la loi de modernisation sociale et de la loi Hue sur le contrôle des fonds publics, ce qui ouvre un boulevard aux licenciements massifs et aux fermetures brutales d'entreprises.
Assez du cynisme de la droite et du Medef !

En fait, la politique gouvernementale fondée sur l'allègement des charges sociales et fiscales des employeurs, sur la baisse des salaires, l'augmentation du temps de travail, la réduction des effectifs de la fonction publique et des services publics ne font qu'aggraver la situation. Cette politique assassine le travail. Elle vise, non pas à valoriser le travail, mais à l'asservir toujours plus aux exigences du capital et du Medef. Comme le soulignait récemment un quotidien : "cette politique du gouvernement fait un heureux : le patronat".
Imposer la responsabilité sociale des entreprises

Le pouvoir des patrons de jeter des milliers de personnes au chômage est exorbitant. Partout, ces décisions obéissent au même but : verser les dividendes promis aux actionnaires et les intérêts aux financiers. L'avenir ne peut se construire sur cette logique inhumaine. Il est temps pour les entreprises, les banques, les financiers de contribuer à la mise en place d'un autre fonctionnement économique et social, d'un autre état de civilisation.


En finir avec l'ère des salariés kleenex
Il est possible de tourner la page de cette violence et des souffrances qu'elle cause. Les communistes sont déterminés à y contribuer. Partout ils proposent de rassembler les salariés et leurs représentants, les chômeurs et leurs associations, les élus et les citoyens afin de s'opposer aux licenciements. Il faut sans attendre se fixer ensemble l'objectif d'imposer aux pouvoirs publics qu'ils prennent des mesures d'exception concernant le comportement des employeurs et des banques avec la suspension des suppressions d'emplois.
Les Préfets doivent prendre l'initiative de tables rondes, conformément à la loi de modernisation sociale, réunissant tous les acteurs concernés et aussi les banques, les associations de chômeurs.

Plaçons au centre de l'action collective
la construction d'une sécurité d'emploi
et de formation pour tous

En partant à la conquête de droits effectifs pour les salariés par :
- l'institution d'un droit d'alerte des salariés auprès des collectivités et des pouvoirs publics sur l'utilisation des fonds.
- la mise en place dans les Régions, Départements, voire les Communes, d'instances de contrôle et d'évaluation citoyennes, avec les salariés et les élus.
- la création de fonds régionaux et territoriaux de bonification de taux d'intérêts conditionnés par des objectifs d'emploi et de formation..
- l'instauration de conférences régionales et locales annuelles pour faire un bilan d'évaluation de l'efficacité des fonds publics pour l'emploi, la formation et les territoires et les faire évoluer.
En instaurant des modalités inédites de financement à partir des richesses produites et des flux financiers alimentant le marché des capitaux.
Le débat public et politique doit être placé au niveau de cette exigence moderne et les élus de la nation devant leurs responsabilités.
Les communistes sont déterminés à en faire un enjeu majeur du combat politique et citoyen avec tous celles et ceux qui veulent y contribuer. ?

PCF et régionales
En débattre avec les citoyens

Alliance ou pas ? Et si alliance il y a, avec qui ? Avec le Parti socialiste ? Ou avec l’extrême gauche ?.
Injonction était faite aux communistes de s'inscrire dans ces alternatives, somme toute balisées depuis des lustres, faute de quoi ils seraient taxés de manquer de stratégie ou, pis encore, d'en avoir une à géométrie variable. La direction du PCF, réunie le week-end dernier, avait mis cette question majeure de l'alternative et des alliances à son ordre du jour.
Faire du neuf, innover, depuis le 21 avril 2002, les communistes n'ont cessé d'affirmer cette volonté: cet acharnement à chercher dans cette voie aujourd'hui paie.
Lors de cette réunion s'est ébauchée, en effet, une stratégie qui, tout à la fois, rompt avec les démarches électorales précédentes, s'extrait du bipartisme dans lequel la droite et le Parti socialiste cherchent à enfermer la vie politique et se démarque de l'impuissance à laquelle se condamne elle-même l'extrême gauche. Une stratégie tout entière tournée vers la reconquête par les citoyens de la parole et des choix politiques et du même mouvement vers l'action pour combattre la politique libérale à l'œuvre aujourd'hui. Une stratégie qui apparaît comme un début de réponse à l'appel lancé par Marie-George Buffet à la Fête de l'Humanité, à tout faire pour débloquer la gauche.
Les communistes, soulignait le rapporteur, "sont d'accord sur bien des questions: ne pas dissocier mouvement social, luttes, moments électoraux, construction d'une alternative; d'accord aussi pour souligner l'apport des élus du PCF, qu'ils soient dans un exécutif ou dans l'opposition, et la nécessité de tout faire pour qu'ils soient plus nombreux".
À partir de ces points communs s'est construite la réflexion sur la proposition de forums ouverts à tous, coélaborés avec les participants: citoyens, partis politiques de gauche, associations. Des forums qui pourraient devenir le socle, dans la plus grande transparence, des décisions qu'auraient à prendre les communistes concernant les prochaines batailles électorales. Des forums qui pourraient aussi se poursuivre au-delà des élections.

La réunion s'est également prononcée pour une consultation des communistes sur les têtes de listes et leur constitution en décembre, après les forums.
Appelant à ne pas se résigner à accompagner une bipolarisation qui ne permettrait pas un changement véritable, la secrétaire nationale du PCF concluait: "Nous faisons ces forums pour engager une dynamique de rassemblement. Si nous n'y arrivons pas pour ces élections, nous aurons essayé et nous continuerons après"

À partir de ces points communs s'est construite la réflexion sur la proposition de forums ouverts à tous, coélaborés avec les participants: citoyens, partis politiques de gauche, associations. Des forums qui pourraient devenir le socle, dans la plus grande transparence, des décisions qu'auraient à prendre les communistes concernant les prochaines batailles électorales. Des forums qui pourraient aussi se poursuivre au-delà des élections.
La réunion s'est également prononcée pour une consultation des communistes sur les têtes de listes et leur constitution en décembre, après les forums.
Appelant à ne pas se résigner à accompagner une bipolarisation qui ne permettrait pas un changement véritable, la secrétaire nationale du PCF concluait: "Nous faisons ces forums pour engager une dynamique de rassemblement. Si nous n'y arrivons pas pour ces élections, nous aurons essayé et nous continuerons après"

Forum du 22 octobre
Ils sont invités

Dans une adresse transmise aux associations, aux syndicats et aux partis politiques de gauche, la fédération de l’Aube du PCF rappelle le sens de son invitation :
«Nous voulons contribuer à débloquer la situation. Si l’on veut construire une perspective durable, il n’y a de réponse selon nous, que dans le rassemblement sur un projet qui change la vie. Pour y parvenir, écartons les divisions, partons des besoins courants, des exigences, des aspirations.
Cette démarche, ce projet, nous vous proposons de les bâtir ensemble à la faveur des forums que nous organisons partout en France. Des forums ouverts, à l’échange, à la confrontation, à la construction politique citoyenne. Chacune et chacun doit y avoir la parole à égalité. Que les organisations progressistes, syndicats, associations versent leur contribution dans ce débat. Que les partis politiques disent ce qu’ils proposent. Nous le faisons. Confrontons publiquement nos points de vue, échangeons, débattons...
»
Telle est l’invitation lancée aux associations, syndicalistes et partis politiques de gauche aubois. Ont été ainsi sollicités à participer au forum citoyen qui aura lieu le 22 octobre à 19 h à la Bourse du Travail à Troyes

- PS, MRC, PRG, Vert, Lutte ouvrière
- CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, CFTC, confédération paysanne
- ATTAC, Secours populaire, Secours catholique, LDH, MRAP

 

Humeurs

Encore Ben Laden.
Quand 8 voitures de flics et 2 de pompiers avec la grande échelle sont arrivés devant l'hôtel de la gare, j'ai bien cru qu'ils avaient enfin retrouvé la trace de Ben Laden. Il est d'ailleurs apparu à la fenêtre du 2e étage, sans son turban ni sa barbe, plus bronzé que je ne l'aurais cru et tenant un otage dans ses bras, une gamine de 3 ans à peine et qui pleurait en français. Derrière lui on voyait une jeune femme pas menaçante du tout, et mignonne comme savent les choisir les kidnappeurs. Où ça va se nicher le terrorisme ? J'ai regardé autour où ils avaient mis les tireurs d'élite. J'ai vu les commissaires, le préfet, le directeur de la sécurité, une nuée de types avec ou sans brassard. On a écarté les promeneurs pour les protéger des balles possibles, mais on m'a dit après que c'était surtout pour les mettre à l'abri de l'information.
Au bout de 2 heures de palabres, on a fait descendre les bandits, grâce au truchement d'un type, genre avocat des rues. On voulait les emmener au bureau de police. Au plein soleil de la rue, même obscurcie par la grande échelle, on a bien vu que ce n'était pas Ben Laden, mais simplement une Ivoirienne, Lydie Zadi, qu'on voulait expulser avec sa gamine, française comme tout, vers son pays où il y a la vraie guerre là-bas et des vrais massacres et ni pompiers, ni avocats, mais des sbires à la 22-long-risque facile. Le type baraqué c'était le père qui menaçait tout à l'heure de se jeter par la fenêtre.
Le MRAP et la Ligue des Droits de l'homme leur a conseillé de ne pas aller à la police. Ils sont remontés dans la chambre de l'hôtel et comme les autorités avaient faim et que la foule risquait de s'agglutiner, le préfet a trouvé la bonne solution qui était de surseoir à l'expulsion.
Tous les médias se sont précipités sur cette élégante solution.


Malicette, passante

Ecoutez-voir ...

À Romilly, le nouveau secrétaire général faisait autrefois du journalisme. Il est passé de la presse indépendante (toute la presse est indépendante, y a pas de doute !) à la collaboration étroite avec le pouvoir en place.
Le journaliste "libre" autrefois disait que les employés municipaux dormaient, ou quelque chose d'approchant.
L'employé, devenu "la- voix-de-son-maître" est-il venu pour les réveiller ?
On a plutôt l'impression, à Romilly, que l'homme, dont on connaissait l'anticommunisme délirant est surtout là pour aider le maire à endormir la population avant des échéances électorales difficiles.
Un Romillon
...Expulsion.
Les forces de police et de pompiers mobilisés toute une matinée pour expulser Lydie ZANI, Ivoirienne de culture française et sa fillette, ont dû revenir pas mal cher. De quoi nourrir le couple pendant six bons mois, m'a dit un témoin, encore que leur modeste corpulence aurait pu les faire tenir un an de plus.
....A la radio.
L'obésité augmente dans les régions où le chômage est en hausse. Les chômeurs comme les enfants aiment les sucreries. C'est pas bon les bonbons.
Il faut donc "informer" les gens a dit l'invité du journal, leur apprendre à mieux consommer.
Malicette consultée a dit : "les chômeurs grossissent ?- il faut leur trouver du travail. En plus, bouger, ça fait maigrir".

Pierre Mathieu et Anna ZAJAC, élus communistes, conduisent une délégation à la mairie.
Troyes

Une exigence de plus en plus forte, que les études restent gratuites !

Lundi soir, à la demande des élus communistes Anna Zajac et Pierre Mathieu, une forte délégation de parents d’élèves et d’enseignants étaient reçue à la mairie de Troyes.
A l’heure où ces lignes sont écrites, il ne nous est pas possible de dire quelle suite François Baroin décidera de donner à cette brûlante actualité lors du Conseil municipal du 9 octobre.
Ce qui est certain, c’est qu’en refusant d’inscrire cette question à l’ordre du jour du Conseil municipal, le maire de Troyes ne l’a pas joué fair-play. Les élus communistes ont donc posé officiellement un voeu à débattre. Espérons que les arguments avancés lors de la réunion de lundi lui auront donné la mesure du mécontentement et permis de revenir sur son attitude méprisante.
C’est qu’il s’en est dit des choses ! ce soir là !
Et d’abord, les échos des réunions qui ont eu lieu autour de ce sujet
Marcel Renaud, par exemple, rappelait que (de la réunion des Chartreux où étaient présents une soixantaine de personnes), se dégageaient deux grandes exigences :
- le refus non discutable du paiement des études
- la dénonciation de l’arbitraire qui avait apporté cette décision.
Les directeurs et enseignants ont été placés devant le fait accompli, le 28 juin à la veille des vacances.Un réel besoin de réflexion, de discussion, de débat se fait jour. C’est un problème de démocratie «il ne faut pas faire fi de ce mécontentement» concluait Marcel Renaud». «Vous ne nous avez rien demandé, on ne vous voit jamais au Conseil d’école».C’est Anna Zajac qui rapporte ces paroles de parents au cours de la réunion organisée par la mairie à laquelle elle a participé. Elle a posé quelques questions précises :
- comment, sans rencontrer les enseignants, a-t-on pu prendre en compte les besoins réels ?
- quel coût pour la mairie, quel est le montant du projet
- combien d’enfants sont inscrits, combien étaient-ils l’année dernière ?

- qui va gérer ces inscriptions ?
Et puis, du tour de table fusent les difficultés des familles. «A 8h, je pose ma fille devant la grille, et après ?», «les études gratuites, j’en ai besoin», «parce que je travaille et gagne peu», «j’ai du mal à les faire travailler, alors l’étude les aide. Il faut qu’elle soit gratuite, sinon cela va augmenter les difficultés des plus pauvres», «dans mon quartier, ce sont les voisins qui ont récupéré les gamins dehors», «comment justifiez-vous de faire payer les plus fragiles», «je n’ai pas les moyens de donner 10 euros toutes les 5 semaines», «pourquoi créer des différences entre les enfants ? Entre ceux qui bénéficieront des activités et du soutien scolaire, parce que leurs parents pourront payer et les autres...»
Pierre Mathieu, après avoir rappelé les efforts des élus communistes pour que soit abolie une si injuste mesure, demandait au maire que «l’on gèle tout et que l’on se donne le temps de construire un projet qui prenne en compte les besoins des enfants, des familles et des enseignants».
Pierre Mathieu demandait que soient donnés des éléments concrets, «qualitatifs et quantitatifs». Les élus communistes sont ouverts à toute amélioration de la vie scolaire. «Il faut se mettre au travail pour construire un projet qui conviendra à tout le monde».» «C’est la solution de sagesse. Ce n’est pas bien de la part du maire de ne pas avoir inscrit cette question au Conseil municipal».
C’était lundi soir. A souhaiter que cette réunion ait convaincu François Baroin de revoir sa position. La vue des 400 premières signatures sous la pétition des élus communistes, qui lui ont été remises, aura peut-être aidé à sa réflexion. Réponse, pour nos lecteurs, dans la prochaine dépêche..


Propos recueillis par Geneviève Delabruyère

PCF / LAïCITE
L’opinion des communistes

Intervenant devant la commission officielle chargée de redéfinir les enjeux de la laïcité aujourd’hui, Marie-George Buffet a présenté l’opinion des communistes sur cet enjeu.
Elle a rappelé que "la laïcité est le principe social et politique qui permet à notre peuple la cohésion dans la pluralité. Elle découle directement de l'affirmation fondamentale des droits universels de l'être humain. Ces droits ne sont pas liés à l'appartenance à tel ou tel groupe social, ils ne sont pas non plus liés à telle ou telle opinion qu'elle soit politique ou religieuse. Ces droits sont assortis de façon inaliénable à la condition d'être humain. Cela suppose donc la liberté d'opinion et de pensée, la liberté religieuse. Mais il s'agit également, dans un même mouvement, d'affirmer que l'autorité publique procède de la souveraineté du peuple et ne peut être soumise à aucune forme de tutelle extérieure. L'affirmation de la laïcité est donc indissociable dans son histoire de la lutte pour la République."
La secrétaire nationale du PCF n'est pas favorable à la modification de la loi de 1905 "à condition de relever collectivement plusieurs défis".
Le premier défi consiste à affirmer "une laïcité ouverte, condition d'une République vivante et dont les citoyennes et citoyens se sentent partie prenante et propriétaires. Il y a dans notre société trop d'inégalités et d'injustices. Ce sont des choix politiques qui sont responsables de cette situation. La République en tant que principe n'en est pas la cause. Certains jeunes se réfugient aujourd'hui dans des formes d'intégrisme et d'extrémisme sur la base de cette fausse affirmation.


Une laïcité fermée, adoptant face aux religions la brutalité et une forme de mise à distance ne peut qu'accréditer cette thèse et la faire prospérer. La laïcité est pour nous une condition essentielle de la lutte contre l'intégrisme et l'extrémisme. Plus que jamais, la laïcité doit s'attacher à ouvrir l'espace démocratique et citoyen, à mettre en présence les représentations du monde. Plus que jamais, elle doit s'attacher à garantir la diversité et la pluralité." Cela doit notamment passer par une plus grande place faite à l'expression plurielle d'opinions religieuses, politiques et philosophiques dans les médias.
Le deuxième défi réside "dans la possibilité d'assurer une véritable qualité du vivre ensemble dans notre pays. De la laïcité peut naître un brassage, en réalité, dans la laïcité se façonne le visage de notre nation. La mixité de notre société, l'unité de notre peuple, l'universalité de l'humanité doivent se bâtir ainsi. La fraternité […] mérite cet investissement-là : rechercher ce qui nous fait semblables sans occulter ce qui nous différencie, pour vivre ensemble pleinement. Plus qu'une laïcité ouverte, l'heure est sans doute désormais à une laïcité-coopération. […] Cela implique pour chaque partie prenante de renier toute tentation intégraliste pour se mettre dans une attitude de construction commune."
La dirigeante communiste concluait ainsi son exposé: "La frilosité ne doit pas être à l'ordre du jour. Notre République a besoin d'une laïcité décomplexée, porteuse de la liberté de conscience et d'expression. La laïcité est un bien commun, un bien pour tous. Ce dont elle a besoin, c'est qu'on lui donne de l'oxygène, qu'on la fasse vivre".

Sécurité sociale
Trop de dépenses ? non : pas assez de recettes !

Excès de dépenses ou pénurie de recettes ? La controverse sur les causes du mal qui ronge la Sécu a rebondi à l’occasion de la publication des prévisions de la commission des comptes de la Sécurité sociale.
Le déficit du régime général s'établira à 8,9 milliards d'euros en 2003, soit un niveau "proche du point le plus bas enregistré au cours de la décennie quatre-vingt-dix". Ce trou est imputable à l'assurance maladie, qui accuse un déficit de 10,6 milliards. Les branches vieillesse et familles restent elles légèrement excédentaires.
Tentant un diagnostic, la commission met certes en évidence "l'écart important depuis 2002" entre la forte augmentation des dépenses et le ralentissement de la croissance des recettes, lié à la quasi-dépression économique dans laquelle la France est entrée.
À ce propos, le président de la Cnam voit dans ces résultats les conséquences de la stagnation de la masse salariale, relevant un décalage de 1,6 à 1,7 points entre les prévisions de cette masse et la réalité; or, "un point de masse salariale, c'est sept milliards".
Pourtant, la commission continue d'estimer que la Sécu "souffre principalement du rythme élevé de croissance des dépenses" et non de trop faibles

ressources. Et accuse une forte consommation dans la branche maladie. Le propos est contestable: la commission fait l'impasse sur la responsabilité des prescripteurs et, plus encore, des laboratoires pharmaceutiques dont le comportement pèse le plus lourd sur le niveau de consommation des médicaments.
La commission accuse pareillement "une croissance régulière du taux moyen de remboursement". Seraient en cause la hausse du nombre d'assurés exonérés du ticket modérateur, autrement dit l'accroissement de la pauvreté; d'autre part, l'augmentation des effectifs des patients admis "en affection de longue durée" autorisant la prise en charge à 100%. Autrement dit les personnes âgées. En forçant un peu le trait, on pourrait tirer de la lecture du rapport l'impression que le déficit de la Sécu proviendrait en bonne partie du fait que la France compte trop de "vieux"!
En fait, on assiste là à une véritable promotion du déficit de la Sécurité sociale par le gouvernement. Cette stratégie délibérée permet de dire aux Français qu'une réforme structurelle, basée sur des droits moindres, est absolument nécessaire et inévitable. Une instrumentalisation, en somme, du déficit.

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