La Dépêche de l'Aube n°681du Jeudi 10 Octobre 2002 La Dépêche de l'Aube n°681 du Jeudi 10 Octobre 2002

La dépêche de l'Aube n°681 du Jeudi 10 octobre 2002

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Il est patent que le rythme des explusions locatives s’accélère frappant les foyers les plus précaires.

Logement
La politique de l’austérité!

Entre la publication du budget du logement et la tenue du congrès des H.L.M., la question du logement a été largement abordée ces jours-ci.
Avec 7,2 milliards d'euros, le budget en question affiche une baisse de 300 millions d’euros. À l'évidence, ce budget du logement, qui est censé être le deuxième budget civil du gouvernement, n'est plus prioritaire.
Le logement social délaissé par la droite
Le gouvernement a fait un vrai choix de société, un choix de droite : pour la première fois dans notre pays, les emplois pour la police, l'armée, les prisons augmentent fortement aux dépens des crédits de l'éducation nationale, de la culture, du logement social. Les aides au logement social n'ont toujours pas été revalorisées; il n'y a pas eu d'annonce globale de construction ; enfin les crédits pour la réhabilitation sont toujours bloqués dans les préfectures. Bref, le fossé ne cesse de se creuser entre l'offre et la demande. La presse a récemment rapporté que plus de 100.000 personnes sont sur liste d'attente à Paris. Combien ailleurs ? Plus généralement, alors que l'on assiste à une augmentation des charges, notamment du prix du gaz, les salaires et les minima sociaux ne suivent pas: les charges vont donc peser encore plus lourds dans le budget des ménages les plus modestes. Pour le pouvoir, l'accession à la propriété est devenue la seule alternative

au nécessaire développement du logement social.
Remise en cause de la loi Gayssot
Son projet est particulièrement régressif : c'est ainsi qu'il entend revenir sur la loi Gayssot ; notamment en remettant en cause son article 55 obligeant chaque commune d'avoir au moins 20% de logement social. Ces choix ne pourront qu'aviver les tensions. Il est notoire que le rythme des expulsions s'accélère. Se multiplient ces derniers temps des demandes du concours de la force publique. Sarkozy veut criminaliser les "squatters", alors même que les listes d'attente pour un logement social ne cessent de s'allonger, que la discrimination raciale et sociale dans l'attribution des logements est toujours patente, que les loyers dans le privé explosent et que les ménages s'enfoncent dans la précarité. Tout cela s'inscrit dans une politique généralisée de déréglementation du marché de l'immobilier, le public, au nom de l'harmonisation européenne, de la rentabilité, se calant sur les coûts et le mode de gestion du privé.
C'est d'une tout autre politique qu'a besoin le pays, avec un État qui garantisse résolument le droit au logement, la construction d'au moins 100.000 nouveaux logements HLM et le choix de l'humain au cœur de la ville, de la cité.

Le gouvernement dit avoir entendu le message du 3 octobre, mais ce sont les actes qui compteront.
Les actes du gouvernement Raffarin
Tout pour la France “d’en haut” et toujours moins pour celle “d’en bas”
C’est ce que démontrent chaque jour les décisions prises par le gouvernement Raffarin.
Le premier ministre a beau nous faire un numéro de claquettes à chaque fois qu’il se trouve devant une caméra de télévision, la réalité de ses choix est bien là et commence à inquiéter. Les salariés des entreprises publiques viennent de l’exprimer avec force à l’occasion de la manifestation du 3 octobre. Ce qui, à l’évidence, a marqué le gouvernement qui annonçait le jour même : “on vous a reçu cinq sur cinq”. Mais là encore, ce ne sont que des mots ; ce qui comptera, ce seront les actes, car les premiers pris depuis quatre mois sont significatifs de la volonté de favoriser “la France d’en haut” en maintenant la “France d’en bas” le plus bas possible.
Que l’on en juge. Pour la “France d’en haut”, le gouvernement prépare un allégement de l’impôt sur la fortune après une baisse de l’impôt favorisant les ménages les plus aisés. Pour elle encore, il multiplie les réductions de charges sociales. Pour elle toujours, il vient de confirmer son intention de suspendre la partie de la loi de modernisation sociale relative aux licenciements économiques.
La facture s’annonce particulièrement lourde pour la “France d’en bas”
La liste des mauvais coups contre le social et l’emploi est déjà suffisamment longue pour commencer à provoquer du mécontentement. Sans être exhaustif, on peut rappeler la volonté de remettre en cause

l’allocation personnalisée autonomie. qui touche aux aspirations des personnes âgées et de leurs familles, le projet de loi Fillon “relatif aux salaires, au temps de travail et à l’emploi” qui a fait disparaitre du Code du Travail la référence aux “35 heures en moyenne par semaine” au profit de l’annualisation du temps de travail et d’une réduction à 10% de la majoration des heures supplémentaires dont le contingent annuel est porté de 130 à 180 heures. Travailler plus pour gagner moins, telle est la devise de Raffarin pour la “France d’en bas”. On peut encore citer le refus d’augmenter le Smic alors que, dans le même temps, l’indemnité des ministres faisait un bon de 70%. Et comment ne pas évoquer les attaques contre les jeunes avec la suppression des emplois-jeunes, la recherche et la culture qui voient leurs budgets régresser en 2003, contre l’école et les services et entreprises publics en général.
Ainsi, face à ces attaques d’ampleur, on peut et on pourra compter sur le Parti communiste, ses militants et ses élus pour être au premier rang de la riposte. Ils font le faire certes dans des conditions difficiles après le revers électoral sévère qu’ils ont subi aux présidentielles et aux législatives, et malgré cela, ils sont prêts pour, avec d’autres, travailler à la recherche et à la construction d’une alternative au système inhumain qu’est le capitalisme. En lançant les Forums et les chantiers de la transformation sociale, dans le cadre de la préparation du 32ème congrès du PCF, ils veulent être de plein pied dans la société pour la changer

Public - Privé
La différence

Je suis toujours choqué d’entendre reprocher aux salariés des services et entreprises publics de bénéficier de la garantie de l’emploi et de statuts progressistes.
Pourtant, le droit à l’emploi et à une vie sécurisée ne devraient-ils pas être aujourd’hui, dans la France du 21ème siècle, quatrième puissance du monde, des droits effectifs pour chaque individu ? Mais en même temps, cela démontre toute la différence entre le public et le privé. D’une part, garantie de l’emploi, statuts, services aux usagers, intêret général et, de l’autre, bas salaires, précarité, chômage et licenciements, promotion sociale et professionnelle absente, le tout pour les intérêts égoistes de quelques actionnaires et PDG. Les salariés de chez Devanlay, Michelin, Kléber, Jacquemard, Cycleurope... ne me démentiront sans doute pas.
Ainsi privatiser et ouvrir le capital des entreprises publiques, comme l’envisage le gouvernement Raffarin, c’est aller petit-à-petit vers la remise en cause de ce qui fait l’originalité et l’efficacité de nos services et entreprises publics. Et cela n’améliorera en rien la condition des salariés du privé, bien au

contraire. Le processus de privatisation est engagé depuis une dizaine d’années, mais jamais on a présenté un bilan réel et précis de celles-ci, en matière d’emploi notamment. Certains me rétorqueront que le “public” a la vie facile puisqu’il vit avec les deniers des contribuables, ce qui d’ailleurs est au moins faux pour EDF-GDF. à ceux-là, je leur réponds : le secteur privé ne vit-il pas avec la mane financière du budget de l’état et des collectivités locales ; exonérations de charges patronales, subventions, aides de toutes sortes... et avec quel résultat ?
Ce plaidoyer en faveur des services et entreprises publics ne me conduit cependant pas à penser qu’ils doivent rester en l’état et que rien ne serait à changer. Pas pour moins de services publics, mais au contraire pour qu’ils soient plus efficaces pour le pays, les usagers et les personnels. C’est un vaste chantier qui nous concerne tous, salariés, usagers et élus.


Joë Triché
Conseiller général

Libertés publiques
La peur des “classes dangereuses”

Le tollé provoqué par le projet de loi de sécurité intérieure, actuellement en préparation, n'est qu' “une tempête dans un verre d'eau”, estime Nicolas Sarkozy dans un récent entretien.
Le ministre de l'Intérieur essaye tantôt de minimiser ce qui se trame, tantôt de maquiller de graves atteintes aux libertés publiques en mesures de sécurité publique. Soucieux de désamorcer une riposte qu'il sent monter de secteurs très divers de la société, le ministre s'esquive sur les dossiers les plus contestés, comme le fichage généralisé ou l'extension inconsidérée des pouvoirs de police, mais sans jamais fermer la porte à la pire des hypothèses. En fait, l'objectif de Sarkozy est clairement annoncé: simplifier au maximum le travail des forces de l'ordre. Les doléances de ses troupes seront satisfaites, au détriment des magistrats et avocats qui se voient exclus du contrôle de la procédure judiciaire. Aux gendarmes et aux policiers, on octroie finalement des prérogatives quasi absolues qui vident de son sens la loi sur la présomption d'innocence.

L'avant-projet prévoit des modifications substantielles des règles de garde à vue. La comparution immédiate, synonyme de justice d'abattage, va devenir la règle. Ce projet de loi vient sur ce point compléter la loi Perben, votée en août dernier, qui permet en effet d'appliquer le jugement en temps réel à tous les délits passibles de six mois de prison. Ainsi, les "délinquants de demain" (mendiants, prostitué(e)s, squatteurs, gens du voyage) connaîtront cette procédure rapide qui voit les juges décider en quelques minutes du sort des prévenus à partir des seules enquêtes policières. "Ce qui menace, vient de déclarer le PCF, c'est un coup de barre réactionnaire par rapport à des progrès démocratiques qui avaient été réalisés sur toute une période historique. Ce texte rappelle les idées les plus arriérées qui ont eu cours voici un siècle et qui exprimaient la grande peur des classes dangereuses."

Humeurs

Bonheurs

Après Jean-Louis Bargero à Champigny-sur-Marne, la communiste Jeannine Jambu vient d’être réélue maire de Bagneux (Hauts-de-Seine) et cela tient en dix lignes dans le Monde. Dans la même rubrique, la femme Mégret occupe la moitié du terrain. Les petits bonheurs sont mal répartis.
Le TPC travaille. C’est une troupe de théâtre sise à Troyes et qui distille des bonheurs et des émotions sans occuper toutefois la scène médiatique. La communication est réservée aux spectacles soutenus par la mairie de Troyes qui a largement municipalisé la culture, ainsi que le regrettaient autrefois A. Beury et J. Lefèvre. Longue vie aux Nuits de Champagne, quand même, jolies, pétillantes, malicieuses et chères. Longue vie au Théâtre de la Madeleine, scène conventionnée et riche en évènements. Mais souhaitons aussi à la pièce de P.E. Leroy, «Du sang sur le miroir». un gros succès. Elle met en scène Pithou le bon Troyen, Grosley qui mourut très âgé et Huez qu’on lynchât. Bonheur de se replonger dans l’histoire ancienne pour mieux diriger la nôtre.
Dernier bonheur, Joseph Seghetto est sorti du tribunal de Troyes sans punition. Mais c’est ce «sans punition» qui me gêne et me met en colère. Quoi ! il aura fallu six audiences pour ne pas trancher ! Au dernier moment Mon Logis se désiste et c’est l’élu courageux qui doit subir les frais engagés. Tactique maligne de Mon Logis ou incompétence du tribunal ? Je ne serais pas heureuse tant qu’on n¹aura pas restitué à tous les élus leur droit de parole.
Chercher le bonheur disait Ibsen, c’est là le véritable esprit de rébellion.
Malicette

Malicette

Ecoutez-voir ..

Mister Déclin
Cri d’alarme dans la page romillone de vendredi dernier de l’Est-éclair : seulement cinq postulantes à un titre de Miss Romilly apparemment fort peu convoité. Est-ce bien étonnant ? Romilly s’étiole et dépérit, se vide de sa jeunesse, de ses activités et de ses forces ; Romilly “ville-dortoir” comme je l’entend dire de plus en plus. Des associations tentent de vivifier la flamme qui vacille, le maire sabre dans les subventions ! Rien de surprenant donc à ce que nos donzelles ne se précipitent pas pour “incarner” une ville si benoîtement léthargique qu’elles n’ont qu’une envie, s’en carapater. Des cadeaux, les candidates auront des cadeaux ! dit le journaliste. Peut-être des chaussettes ou des sous-vêtements fabriqués au Maroc ou en Tunisie ou un vélo importé de je-ne-sais-où. Que l’on me permette de suggérer qu’à défaut de miss Romilly, nous élisions un “Mister Déclin”.................................................................................................A.Keslick
Inauguration
Samedi dernier, on a inauguré aux Noëls un panneau annonçant l’existence de quatre commerces. Comme ça se fait partout, il faut battre le tambour pour annoncer que des petits commerçants triment sinon leur activité mourrait. La copropriété des Noëls entretient cette vie en soufflant dessus. Elle a invité la presse et les élus. La ville a peint des places de parking, un jardinier a offert des fleurs, le cafetier des amuse-gueule, Martinot du vin et trois administrateurs.
Cet événement considérable a fait sortir le loup politique du bois, trois maires-adjoints, un Conseiller général, une Régionale et même des élus honoraires. Et tous dûment cravattés à l’ancienne et poussant le luxe au costume trois pièces. Les 600 habitants du quartier sont en gros restés chez eux, certains jetant toutefois un oeil poli par la fenêtre du 7ème étage. Il y a, c’est certain, une grosse désaffection pour la cravatte................................................................Jean Lefevre
à Saint-André, la droite impose ses classiques
Au gouvernement, comme dans les collectivités locales, la droite a la frénésie de la privatisation. A Saint-André, pas d'EDF-GDF ni de Télécom à privatiser, mais lorsque l'occasion de privatiser un poste d'employé communal se présente on saute dessus. Profitant du départ à la retraite du conducteur de la balayeuse municipale, le maire de Saint-André vient de décider de céder ce travail à une entreprise privée. Il met ainsi le doigt dans l'engrenage de l'externalisation des services municipaux. Il y a des communes qui ont ainsi supprimé plus de 50% des emplois communaux, restauration scolaire et espaces verts en tête. Dans la plupart des cas, on assiste à des résultats catastrophiques. Baisse de la qualité des services rendus à la population, augmentation du budget de fonctionnement et des tarifs sociaux, sans compter la qualité des emplois, qui tombés dans l'escarcelle du privé, se transforment bien souvent en emplois précaires faiblement rémunérés. Combien de chômeurs à Saint-André auraient aimé obtenir ce poste d'employé communal. Mais pour la droite, même dans les mairies, il n'y a que le marché qui compte.
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.Jipessé

C’est aux peuples de faire entendre leur voix pour contrer le va-t-en-guerre Bush et éviter l’embrasement de toute une région.

Bush veut faire la guerre en Irak


Ensemble, imposons la paix !

Georges Bush poursuit ses préparatifs de guerre contre l'Irak et tente de réunir une vaste coalition d'Etats derrière lui.
Dans le même temps, les oppositions grandissent. Les opinions publiques dans le monde et en Europe tout particulièrement, sont majoritairement hostiles à une telle aventure et le manifestent avec force, en Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne. En France, il est d'autant plus impératif de faire entendre notre voix que les positions, jusqu'ici réservées de J. Chirac pourraient s'avérer bien fragiles si les Etats-Unis haussaient le ton. C'est donc, dans une telle circonstance, au peuple de faire entendre sa voix pour éviter le pire.
La guerre aggrave le sort des peuples
En Irak, depuis plus de dix ans maintenant, les conséquences de la guerre du Golfe continuent à peser sur un peuple étranglé par un blocus économique désastreux. Malnutrition, pénurie de médicaments provoquent une mortalité infantile très élevée. Tout progrès de vie des enfants, des femmes et des hommes de ce pays est rendu impossible. Faute de reconnaissance internationale et de soutien, la courageuse opposition progressiste irakienne et kurde au régime de Bagdad n'a pu entamer le pouvoir dictatorial de Saddam Hussein. Les actes de guerre et l'embargo imposés à l'Irak maintiennent au dictateur une "légitimité" qui sans cela lui aurait été depuis longtemps refusée par son peuple. Qui peut croire qu'une nouvelle guerre, qui imposerait aux peuples Irakien et Kurde des dizaines de milliers de victimes supplémentaires, serait un progrès ?
Rien ne peut justifier la folie d'une nouvelle guerre
Il y a un an les communistes ont affirmé la nécessité de démanteler les réseaux terroristes, ces groupes fanatiques auxquels tout nous oppose. Ils ont dit aussi la nécessité de s'attaquer au désordre mondial, aux inégalités qui se creusent, aux conflits meurtriers qui nourrissent les haines et les extrémismes, comme au Proche-Orient. Ils ont refusé que la lutte antiterroriste

serve à l'affirmation d'un nouvel impérialisme. Rien ne serait plus inacceptable que d'utiliser le drame qu'a connu le peuple américain pour justifier la folie d'une nouvelle guerre. Aujourd'hui, les Etats-Unis visent l'Irak et demain qui ? Si une puissance peut s'arroger le droit d'intervenir militairement où et quand elle le veut, c'est la négation du droit international !
Le monde n'a pas besoin de milice. Il a besoin de justice.
Tout doit être fait pour éviter la guerre. La France se doit d'y contribuer de toute ses forces, de toute son influence. Elle doit tout faire pour que l'Europe pèse de tout son poids dans ce sens. Elle doit s'appuyer sur les opinions publiques pour faire que l'Europe parle d'une seule voix et agisse pour :
1. Le respect du droit international et des résolutions de l'ONU.
2. La garantie des droits de l'homme et de la démocratie.
3. La négociation partout où les conflits menacent.
4. La démilitarisation de la région.

L'avenir sera plus ou moins sûr selon que l'on aura ou non introduit dans les relations internationales, plus de justice, d'égalité et jeté les bases d'un co-développement partagé et durable. Le refus de Bush de signer le traité international contre les armes anti-personnelles, son rejet du protocole de Kyoto, son refus du Tribunal pénal international, ainsi que son obstination à ne retenir que la guerre contre l'Irak, entraînent le monde vers de nouvelles violences, des régressions de civilisation, une aggravation du fossé entre le nord et le sud. En appelant avec des dizaines d'autres associations, organisations syndicales, partis de gauche et d'extrême-gauche à la manifestation de ce samedi 12 octobre à Paris pour empêcher la guerre, le Parti communiste français a conscience de participer à un combat de longue haleine qui a besoin de tous

Beau début pour la Madeleine

Insolite et beau début pour la saison du Théâtre de la Madeleine avec deux courtes pièces de Noëlle Renaude jouées par la Strada Cie. La Strada, qui loge à Troyes, pourrait être un théâtre de rue comme son nom le suggère, c’est en fait un théâtre de balade et de croisière. François Cancelli, metteur en scène à voix fervente a titillé son imagination et la nôtre avec “Géo et Claudie”, pièce qui raconte une rencontre amoureuse ordinaire et «Rose, la nuit australienne» qui en est une autre basée sur le hasard, le musette et l’incommunicabilité.
Les pièces se jouaient dans une commune de l’agglo (la Rivière-de-Corps, Saint-André, La Chapelle, que sais-je ?). Elles commençaient, commensaux nourris et abreuvés sur table et régalés ensuite d’un dessert dialogué entre Catherine Toussaint et Jean-François Vallet, soudain repérés parmi les convives. C’est l’histoire d’une rencontre douteuse dans une fête de village. Et chacun de se raconter à un bout de la table sans tenir compte de son partenaire, à l’autre bout, objet rituel et habituel des liaisons. Pendant ces prolégomènes, le spectateur finit son jambon froid. Mais on ne s’en tient pas là. Une élégante hôtesse(1), parlant français et finnois, nous invite à prendre un car ou peut-être un avion. On voyage en tout cas. Écouteurs sur les oreilles et Galliano dedans, voilà l’histoire de Rose la chanteuse qui se paie un représentant de

commerce après le bal. Un type à cravate, baiseur du dimanche, Don Juan de pacotille et éjaculateur précoce, macho banal, mais pas tellement à l¹aise dans son triomphe. Et elle, grande brodeuse de rêves et fabuleuse gâcheuse. Une rencontre d’épidermes où s’affrontent deux personnes qui ne communiquent pas, qui ne se comprennent pas. C’est le finnois de l’amour. La chair n’est pas communication.
Le car s’arrête sur la fin de l’histoire. À ce qu’on croit. Tout le monde descend par la passerelle Où est-on ? Au Brésil, au couvent, en prison ? Dans une grande pièce noire et nue en tout cas. On s’assoit. Deux comédiens arrivent, Rose et le type. Ils finissent leur aventure. On est bien eu, ce sont ceux du début. La pièce noire, c’est la scène du Théâtre de la Madeleine. On nous a menés en bateau par tous les bouts. Voyage charmant cependant. Se méfier à l’avenir des comédiens. D’autant plus s’ils sont bons comme Catherine et Jean-François et cornaqués par un metteur en scène ingénieux. Quant aux deux histoires, elles donnent à penser sur notre monde paraît-il si communicant.

Jean Lefèvre


(1) Maria Kallio