La Dépêche de l'Aube n°680 du Jeudi 2 Octobre 2002 La Dépêche de l'Aube n°680 du Jeudi 2 Octobre 2002

La dépêche de l'Aube n°680 du Jeudi 2 octobre 2002

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Jean-Pierre Cornevin Secrétaire de la fédération de l’Aube du PCF

Editorial

Relevons le défi !

C'est maintenant officiel, les communistes tiendrons leur congrès du 3 au 6 avril 2003, soit près d'un an après le séisme politique du premier tour de l'élection présidentielle.
Les communistes, comme l'ensemble de la gauche, n'en sont pas sortis intacts. Lucidement et sans a priori, ils ont entrepris depuis un vaste travail sur euxmêmes afin de comprendre les problèmes de fond qui ont conduit à cette “déferlante de droite" et à leur effondrement électoral.
L'enjeu majeur du congrès sera justement de répondre à ces questions et de les trancher. Il s'agira d'affirmer clairement les choix stratégiques sur lesquels le Parti communiste français entend s'appuyer pour redonner espoir à tous ceux qui sont à la recherche d'une véritable alternative au capitalisme ; pour ouvrir à tous ceux qui luttent une perspective politique ; pour donner au plus défavorisés, à ceux qui souffrent le plus de cette société où les inégalités grandissent, l'envie de résister à nouveau. Ce ne sera pas un congrès en vase clos, des forums seront organisés partout en France pour offrir à tous ceux qui le souhaitent un espace de débat. Où l'on recherchera ensemble le chemin le plus efficace du rassemblement le plus large pour cette alternative au capitalisme.
Je pense bien sûr aux déçus de la gauche plurielle, mais qui ne se résolvent pas pour autant à voir la droite continuer longtemps sa politique qui fait la part belle au patronat et aux plus riches ; à tous ceux qui ne veulent plus d'une gauche sous hégémonie socialiste parce que, forcément, avec les sociaux démocrates, on ne s'attaque jamais au cœur du problème, à la puissance de l'argent, à l'Europe du recul social. Je pense à ces milliers de gens qui sont venus nous dire leur crainte de voir le Parti communiste affaibli et qui nous ont versé des

centaines de milliers d'euros depuis le 21 avril. Je pense à ces gens croisés dans les manifestations du 1er mai et qui nous disaient tous l'espoir qu'ils portaient en nous pour qu'une telle situation politique ne se reproduise plus. Je pense aux syndicats, aux syndicalistes, aux associations qui font partie intégrante du mouvement social et avec qui nous devons entretenir de nouveaux rapports, justement dans le cadre de la recherche de cette alternative politique. Je pense bien sûr aux militants communistes, à ceux qui ne le sont plus mais qui, je le sais, ont toujours le communisme dans l'âme. Je leur dit : nous avons la chance d'avoir encore en France ce Parti communiste qui a tant marqué l'histoire de notre pays et dont nous pouvons être fiers.
Ce parti qui, bien qu'affaibli électoralement, va tenir un congrès observé de très près par toute la classe politique ; il a besoin de toutes ses forces pour relever le défi qui est devant lui. Car, ne nous y trompons pas, avec le congrès du Parti communiste français, va se jouer une question cruciale pour les tenants du capitalisme en France et en Europe : l'existence ou non d'une force capable de faire vivre, de faire grandir en Europe un projet de société alternatif au capitalisme. Un échec serait douloureux pour le peuple français. La porte serait alors ouverte à un remodelage complet de la société et le tapis rouge déroulé vers le capitalisme mondialisé avec toutes les régressions que cela ne manquerait pas d'imposer. Le pari est de taille, certes, mais nous sommes nombreux à penser qu'il vaut la peine d'être relevé.

Jean-Pierre Cornevin
Secrétaire de la fédération de l’Aube du PCF

Budget Raffarin 2003
Un budget réactionnaire

La conjoncture internationale se dégrade. Le chômage repart à la hausse. La croissance, elle, ne repart pas. La dégringolade boursière n’en finit plus.
Dans ces conditions, un budget digne de ce nom aurait dû d'abord soutenir la consommation du plus grand nombre ; lutter contre l'appauvrissement et la précarisation des salariés les plus modestes; réorienter la croissance des entreprises vers la création de richesses utiles et durables au lieu de la course à d'éphémères rendements boursiers ; parier sur la créativité des populations et l'emploi qualifié en développant l'éducation, la culture, la recherche, la santé, le respect de l'environnement, l'amélioration du cadre de vie.
Un budget conforme aux exigences du patronat
C'est exactement le contraire que propose le projet de budget 2003 du gouvernement Raffarin. Le budget sacrifie le développement durable des hommes. Il est profondément inégalitaire. La relance des salaires est ignorée. La fiscalité est réformée pour multiplier les avantages fiscaux des patrimoines et du capital. Tout ce qui est baptisé "soutien à l'emploi" se résume à une formule : éxonération de cotisations sociales. Une recette qui aboutira, l'expérience l'a montré, à l'explosion des bas salaires et des emplois sous-payés.
L'objectif est même cette fois d'entraîner toute la

fonction publique dans la tourmente de la précarité, en parallèle avec l'affaiblissement des grands investissements publics autres que militaires et de police. Au total, c'est un budget réactionnaire, conforme aux exigences de la droite et du patronat français. Réduire les services publics, réduire l'éducatif, baisser les impôts pour les plus aisés, les augmenter indirectement pour le plus grand nombre et distribuer l'argent public aux entreprises.
90 milliards pour l’armée
Alors que les budgets de la défense (+ 49%) et de la sécurité (+ 18%) augmentent considérablement, le gouvernement renonce à la priorité éducative et sabre les emplois-jeunes, l’éducation nationale et la recherche. Pendant cinq ans, sans aucun débat public sérieux pour rendre transparents les objectifs d’une stratégie de défense, les budgets sociaux seront promis aux vaches maigres et les entreprises publiques bradées aux fonds de pensions pour payer la facture militaire. L’argument “Gaullien” de parler d’une voix forte dans le monde ne justifie en fin de compte qu’une coûteuse course au surarmement à la remorque des USA conduisant à l’impasse. Est-ce vraiment ce qu’attendent les français ? On entend plutôt leur colère devant un traitement aussi indécent des priorités publiques et nationales

La Sécu flanche...


les malades trinquent

Les mesures annoncées par le gouvernement pour tenter de combler une partie du déficit de la Sécurité sociale montrent avec quelle désinvolture ce pouvoir tourne le dos à ses "engagements" sociaux.
Le chef de l'État n'avait-il pas placé "la santé" dans le peloton de tête des "priorités budgétaires" ? Vite oublié, à voir la liste des centaines de médicaments qui ne seront plus remboursés prochainement.
Après trois années d'excédent, le retour de balancier s'avère assez brutal, preuve si besoin était que le financement de la Sécu dépend avant tout du niveau des salaires et de l'emploi - or le chômage remonte. Les gouvernements se succèdent et tous pensent et agissent dans le but exclusif de limiter ou de maîtriser les dépenses. Personne ne nie le besoin de vérifier la pertinence des dépenses publiques; mais rien ne

justifie que la quatrième puissance mondiale laisse sa protection sociale trop à l'étroit dans son budget. Oui, les dépenses de santé augmentent et augmenteront encore : comment pourrait-il en être autrement ? La médecine progresse, les soins sont de mieux en mieux répartis et la prise en charge de la douleur comme du "confort quotidien" sont des notions désormais admises. Quant à l'allongement de l'espérance de vie, elle est une réalité dont il faudrait plutôt se réjouir. En vérité, la question des recettes de la Sécurité sociale est une nouvelle fois posée. Donc la part des cotisations. Le poids des contributions fiscales pour le financement du régime général de la Sécu a quasiment stagné en vingt ans. Et cette évolution en masque une autre: la déconnexion partielle du financement de la Sécu des richesses produites par les entreprises. Des questions qui finiront bien par se poser. En grand

Humeurs

Palestine

’entendais à midi un politicien parler du conflit du Moyen-Orient qu’il faudrait appeler agression et même annexion israélienne. Ce politique pensait que toute guerre cesserait si Arafat pouvait être écarté du pouvoir. Il parlait sobrement, amicalement même. Ce politicien d’obédience israélienne n’a pas de haine. Non, il étudie la situation en philosophe, avec lucidité et dans la sainte intention d’éviter les ravages et les cruautés.
Conseillons lui de voir plus loin encore. On écarte Arafat pour apaiser Sharon. On supprime le siège de l’autorité palestinienne pour calmer les faucons israéliens. On désarme les soldats palestiniens pour tranquilliser Israël. On déporte le peuple palestinien soi-même pour éviter à l’avenir les pierres et les balles perdues. La Palestine annexée, on entreprend avec les Américains la conquête de l’Irak et de tout pays arabe ayant quelque velléité d’indépendance. .
.

Jean Lefevre

Le démantèlement de la retraite par répartition ouvrirait un marché juteux aux assureurs privés qu’épaulent la droite et le Medef.

Manifestation à Troyes pour défendre les retraites

“Allons-nous laisser faire le Médef ?

Contrer les objectifs du Medef qui veut casser les régimes de retraite : tel était l’objectif du rassemblement et de la manifestation organisés à Troyes la semaine dernière à l’appel de la CGT.
Environ deux cent personnes ont répondu à l’appel de la CGT pour manifester leur inquiétude et leur détermination à ne pas laisser la droite et le Medef attaquer les acquis sociaux de la retraite en France, et, en particulier, sa “privatisation” progressive au grand bénéfice des assurances privées dont, rappelait Claude Beau, responsable du secteur des retraites à l’Union départementale CGT, “Denis Kessler, le n°2 du Medef, est aussi l’un des grands patrons”. “Nous voyons bien que le programme du gouvernement est la copie conforme de celui du Medef. Nous pouvons nous attendre sur les retraites à la même stratégie de la part du gouvernement avec des propositions à la sauce du Medef” devait-il déclarer dans l’enceinte de la Bourse du Travail avant que le cortège ne s’ébranle pour se rendre au siège troyen de l’organisation patronale. Le Medef a-t-il souligné a encore clairement annoncé la couleur lors de son université d’été : pas un sou de plus pour les retraites ! La mobilisation est donc à l’ordre du jour pour ne pas “laisser faire le Medef” dont la volonté affichée est de faire main basse sur les régimes de retraites avec l’abandon de la retraite à 60 ans,

l’allongement de la durée des cotisations et la privatisation des systèmes. Le syndicaliste a aussi évoqué les régimes spéciaux des fonctionnaires qui doivent être maintenus. Cela au moment où, dans sa volonté d’ouvrir le capital d’EDF-GDF, se précisent des menaces sur le régime spécifique des électriciens et des gaziers de la part du gouvernement.

Propositions communistes
• Assurer un taux de remplacement minimal de 75% jusqu’à un certain niveau des salaires.
• Revenir aux 37,5 annuités pour l’ouverture du droit à la retraite dans le privé.
• Maintenir le droit à la retraite à 60 ans.
• Réévaluer le pouvoir d’achat des retraites et des pensions.
• Ouvrir le droit à la retraite pleine et entière pour les salariés qui ont cotisé 160 trimestres.
• Faire respecter d’urgence par le patronat, sans condition, ses engagements de financement des retraites complémentaires (AGFF) jusqu’à mise en oeuvre d’une réforme globale.
• Moduler les cotisations patronales en fonction du poids des salaires dans la valeur ajoutée globale.
• Mise à contribution des revenus financiers des entreprises au financement de la sécurité sociale

Plainte contre Joseph Seghetto Mon Logis se désiste

Coup de théâtre au Tribunal de Troyes, mardi 1er octobre : Mon Logis a annoncé son désistement de sa demande de domages et intérêts, seule procédure encore en cours à l’encontre de notre camarade Joseph Seghetto, maire-adjoint de Bar-sur-Seine. En effet, après l’amnistie dont il a bénéficié, invalidant la procédure pénale intentée contre lui pour “diffamation”, Mon Logis avait, à l’audience du 17 septembre dernier,

laissé entendre qu’elle continuerait de donner suite à ses demandes de dommages et intérêts. Mardi dernier, ce n’est pas sans surprise qu’on apprenait le désistement du bailleur social. Ainsi, au bout d’une année ponctuée de renvois et de procédures, Mon Logis a préféré éviter une nouvelle décision de justice qui avait toutes les chances de lui être défavorable, faisant donc machines arrière au dernier moment

Romilly : aménagement de l’ancienne B.A. 914

La population invitée à donner son avis

Jusqu’au 11 octobre, la population romillonne est invitée à émettre son avis sur le projet d’installation d’un centre commercial sur l’ancienne base aérienne 914.
En effet, la préfecture de l’Aube à ouvert l’Enquête d’Utilité Publique suite au dossier déposé par M. Merle, le patron des deux centres “Leclerc” de Romilly. Il est important de donner son avis car ce projet pose un certain nombre de questions comme ont tenu à l’exprimer les conseillers municipaux communistes.
Alors que Romilly souffre durement du chômage, pour les élus communistes, il aurait mieux fallu travailler à la création d’une zone d’activités économiques en liaison avec le Conseil général qui a décidé d’en créer à Troyes et Brienne-Le-Château. D’autre part, avec ce projet, se trouve posée la question du devenir du centre commercial des Marais, celle de l’avenir du commerce de centre-ville et des nuisances causées aux riverains de la rue Gornet-Boivin avec l’ouverture d’un centre de logistique dans l’ancien centre commercial Leclerc.
Le texte déposé par les élus communistes :
“Ce projet commercial contribuera-t-il à inverser une tendance qui, depuis plus de 20 ans, tend à la suppression de centaines d’emplois industriels, en particulier à Romilly ? Certes non. L’utilisation de l’espace disponible peut servir de base à la création d’une zone d’activités économiques départementale pilotée avec le Conseil général et d’autres acteurs de l’emploi, industriels et artisanaux.
Trois grandes questions :
1°/ Quel apport en termes d’emplois ? Aucun. Le transfert d’activité commerciales sur le seul site, pour la même enseigne, même accompagnée de satellites, ne créera que très peu d’emplois. De plus, la qualité de ceux-ci, partiels et précaires, n’augmentera pas le niveau de vie des habitants de la commune, qui est l’une des difficultés du moment. L’absence d’une véritable concurrence interdit aux consommateurs le choix et la variété de l’offre. La transformation du point de vente des Marais, réduit de plus de 1.000 m2, avec une


enseigne choisie par celui qui reste propriétaire des murs, dans un cadre d’activités dicté par le même propriétaire, à la fois initiateur, bailleur et concurrent, ne pourra se traduire que par la transformation de ce magasin en un simple équipement de quartier au bénéfice du pôle de l’ancienne base.
2°/ Quel devenir pour le commerce du centre-ville ? Outre le fait que la concentration commerciale se réalisera autour du nouvel hypermarché, hors agglomération, entraînant un déséquilibre géographique et une contrainte pour le consommateur, le risque de déstructuration de la vie locale, sur le plan commercial, est inquiétant pour le devenir du commerce de centre-ville. N’allons-nous pas assister à la disparition des commerces de proximité si nécessaires à la population, en particulier âgée ?
3°/ Quel avenir pour l’environnement et la tranquilité en ville ? Le projet de centre logistique sur le site de l’ancien Leclerc de la rue Gornet-Boivin (s’ajoutant à ceux de Dupré et de la rue Victor Hugo) présente de nombreux inconvénients sur le plan environnemental. Nuisances sonores, dangers dû à la circulation de nombreux poids lourds dans le centre de la ville, risques dans un quartier où se densifie la population (construction de 40 pavillons locatifs, rue de la Chaumière). Ce type de projet aurait tout son sens créé sur la zone de l’ancienne base aérienne entre la desserte hors agglomération de la RN 19 et la ligne de chemin de fer Paris-Bâle.
En conclusion, il semble évident que seul l’intérêt particulier a été pris en compte - la perte de maîtrise d’oeuvre par la ville en témoigne - au détriment d’une réelle réflexion sur le devenir économique de Romilly et l’intérêt de sa population.”

Le commissaire-enquêteur sera à la disposition de la population samedi 5 octobre au matin et vendredi 11 octobre.

Privatisations

Salariés et usagers doivent s’en mêler

L’ampleur des manifestations du 3 octobre contre la vague de privatisations en projet, en particulier chez EDF-GDF, démontre que nos concitoyens ne sont pas prêts à laisser des sociétés nationales tomber dans l’escarcelle du privé.
Il faut stopper le processus de privatisations ininterrompu depuis 1986. On le voit bien avec ce qui s’est passé pour les Chemins de fer en Angleterre, pour l’électricité en Californie. Ces échecs retentissants, sans compter les catastrophes écologiques, démontrent qu’il est désormais indispensable que, dans des domaines aussi stratégiques que l’eau et l’environnement, les médias, les communications, les transports, l’énergie, etc, prévale une logique de service public et non la fuite en avant dictée par les marchés financiers, l’enflure financière et le surendettement alors que l’on rationne les dépenses nécessaires aux populations. La mission de service public qui doit, au contraire, sécuriser l’emploi et la formation des salariés, élever la qualité et l’accessibilité des services offerts, assurer l’égalité d’accès aux

usagers ne peut être concédée, même partiellement, à des entreprises qui ne visent que la rentabilité financière comme on le voit dans la gestion de l’eau avec Vivendi.
En préambule à la mobilisation du 3 octobre des électriciens et des gaziers, s’est déroulé, mardi 24 septembre à Nogent-sur-Seine, un débat public avec les organisations syndicales du site de production de la centrale EDF. Ce fut l’occasion pour le conseiller général communiste Joë Triché d’avancer l’idée d’un “bilan des privatisations en termes d’emploi, de tarifications, de qualité des services, d’aménagement du territoire, des gestion des ressources naturelles et d’environnement” et de plaider pour la “création d’un pôle financier public pour dégager de nouvelles ressources autres que l’appel aux marchés financiers”. Laurent Levasseur, élu communiste de Nogent et postier, a, pour sa part, témoigné de la situation inquiétante à La Poste avec les fermetures programmées de nombreux bureaux

Culture - Troyes

Une nouvelle saison théâtrale

Le Théâtre de la Madeleine est un lieu de théâtre mais aussi une «scène conventionnée», c’est-à-dire une structure officielle aidée par les collectivités et l’Etat.
Pour obtenir ce label et donc ces financements, elle doit offrir des garanties de sérieux et de qualité. Il faut aussi avoir fait ses preuves. Une saison a été nécessaire pour démontrer la vertu du concept : le directeur, Pierre Humbert, est un professionnel endurci et inventif, le lieu possède du prestige puisque c’est un des rares théâtres à l’italienne existant en France et qu’il a connu des heures glorieuses. Une demi-saison a montré la capacité de l’équipe animatrice pour proposer un programme répondant à des critères sûrs. Troyes peut se vanter d’atouts culturels importants, certes très concentrés et «municipalisés», mais de qualité : Nuits de Champagne, Salon du Livre, Médiathèque et maintenant une scène conventionnée, le Théâtre de la Madeleine. C’est la seule de la région pour le moment, ce qui place Troyes en pole position du théâtre d’auteur. D’ailleurs des auteurs en résidence sont déjà programmés. Reste à faire vivre cette scène en élargissant son public. Officiellement, une association la parraine et la soutient. On n’a pas encore trop fait appel à elle, mais ça viendra car plusieurs de ses membres souhaitent vraiment agir pour que le public grandisse et que les spectacles se gardent à la fois de l’intellectualisme et de la vulgarité. L’Association devrait donc jouer le rôle de Philippe le Hardi protégeant son père Jean le Bon à la bataille de Poitiers : “Humbert, gardez-vous à droite (sous-entendu, le populisme), Humbert, gardez-vous à gauche (l’intellectualisme)”. La présentation de la saison a été faite avec un spectacle un peu léger mais plein de fraîcheur : le cabaret météorologique, dans lequel l’espièglerie pleuvait à verse.
Le programme :
- Les 1er,2,3,4 octobre : GEO et CLAUDIE et ROSE, la NUIT AUSTRALIENNE, récits mis en scène par le Troyen François Cancelli (avec Catherine Toussaint et François Vallet), vendredi 19 h Espace musique à Ste-Savine.
- Les 8 et 9 octobre (mardi, 20 h 30 mercredi, 19 h) : PAS BOUGER Théâtre des Treize Vents, Montpellier. Espace Cité.
- Mardi 22 octobre, 20 h 30 : TABLEAU D’UNE EXÉCUTION d’Howard Barker, mise en scène de Christine Berg. C’est un brûlot politique : l’artiste face au pouvoir.
Nous présenterons en allant les spectacles programmés. Il faut retenir cependant
dès maintenant :
- Victor Hugo (Le dernier jour d’un condamné) le 3 décembre ; Minetti de Thomas Bernhard avec Michel Bouquet, le 25 mars ; Les Messagers, pièce collective à partir des confessions de retraités, recueillies par le Secours Populaire : 14 mai. (À suivre).


Jean Lefèvre