La Dépêche de l'Aube n°679 du Jeudi 26 Septembre 2002 La Dépêche de l'Aube n°679 du Jeudi 26 Septembre 2002

La dépêche de l'Aube n°679 du Jeudi 26 septembre 2002

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Le projet Fillon aggrave les conditions de travail des salariés et les place devant le chantage : gagner moins ou travailler encore plus.

35 heures - Projet de loi Fillon

Recul social généralisé

Le conseil des ministres a adopté le projet de loi sur les 35 heures présenté par le ministre des Affaires sociales, François Fillon.
Il vise sans ambiguïté à plus de flexibilité et correspond à la logique de réponse aux besoins du capital et aux demandes du Medef qui guide le gouvernement Raffarin. On sait de quel type d'emploi sont génératrices de telles mesures. Accroissement de la précarité et du temps partiel, baisse généralisée de la qualification au profit des emplois de base et plus particulièrement dans le tissu des PME. Il est à noter d’ailleurs que les heures supplémentaires, désormais autorisées, pour un contingent de 180 heures au lieu de 150 précédemment, ne seront majorées que de 10% dans la tranche de 35 à 39 heures pour les entreprises de moins de 20 salariés.
L'ensemble des entreprises seront autorisées à utiliser les heures supplémentaires sans en référer à l'inspection du travail et sans repos compensateur, etc. Enfin, le projet Fillon supprime la référence hebdomadaire aux "35 heures en moyenne hebdomadaire" et retient les 1.600 heures annuelles. En vérité, ce qui est recherché, c'est revenir sur la RTT, intensifier la flexibilité; c'est la réduction effective du temps de travail dans son ensemble qui est remise en cause.

Un recul social qui fera plus de chômeurs
Le pouvoir a utilisé les mécontentements divers engendrés chez des salariés par la loi Aubry pour aggraver en fait leur situation. Certains à gauche, comme Fabius, en appelaient également à "l'assouplissement" de cette loi. Alors même que c'est le trop de souplesse en faveur des desiderata patronaux dans la mise en place des 35 heures qui avait permis déjà dans de trop nombreux cas une flexibilité accrue. C'est cela qui avait coûté cher à la gauche. Beaucoup de salariés parmi les plus modestes ne se sont pas retrouvés, ou fort peu, dans leur mise en place, quand bien même d'autres y ont trouvé leur compte. Les "deux vitesses", puisque l'expression est dans l'air, étaient déjà en place, comme le relèvent les communistes pour qui la loi sur les 35 heures "avait déjà permis d'annualiser le temps de travail en créant un système multiple de SMIC inégalitaire".
Il n'empêche que la réduction du temps de travail reste plus que jamais une exigence historique et une idée simple : permettre aux salariés de bénéficier des fruits du progrès, d'avoir plus de temps pour leur vie sociale, familiale et personnelle

Pierre Rahon, M.F. Pautras et Joë Triché, élus communistes du Conseil général aux côtés des salariés d’Aubelin en 2001.

CDAG, APA, emplois-jeunes, mise en place de gardiens d’immeubles...


Le préfet interpellé par les élus du PCF

Chaque année, le Préfet représentant du gouvernement, rend compte devant les conseillers généraux de l’activité des services de l’état dans le département.
Ainsi, cette session du Conseil général est l’occasion pour les élus d’interroger le représentant de l’état sur des questions qui préoccupent la population. Lundi 23 septembre, les conseillers généraux communistes, comme ils en ont l’habitude, n’ont pas dérogé à la règle. Centre de dépistage du VIH, emplois-jeunes, mise en place de gardiens d’immeubles dans les offices HLM, tels sont les problèmes qu’ils ont tenu à aborder.
CDAG : sauvé par la mobilisation de la population
Répondant à une question de Marie-Françoise Pautras, élue communiste du canton de La Chapelle/Les Noës, le préfet a annoncé officiellement que le centre de dépistage bénéficierait des mêmes moyens qu’auparavant, c’est-à-dire quand il était sous la responsabilité du Conseil général : “les instructions ont été données d’accorder les moyens à l’hôpital de Troyes” devait déclarer Stéphane Bouillon, préfet de l’Aube. Une bonne nouvelle qui ne manquera pas de réjouir toutes celles et ceux qui, depuis le début de l’été, se sont mobilisés pour le sauver. Ce qui ne semble pas être de l’avis de la presse auboise qui en attribue le mérite à Mme Chirac, venue récemment à Troyes dans le cadre de l’opération “pièces jaunes”. Les 4.000 signataires de la pétition lancée par le collectif ne sont, sans doute, pas de cet avis ! Notons encore, concernant la presse, que l’Est-Eclair comme Libération-Champagne ont volontairement évité de parler des interventions des élus communistes qui, pourtant, concernaient directement la vie de milliers d’auboises et d’aubois. Les larges extraits de leurs interventions que nous publions le démontrent.
“La population auboise refuse que son département reste le parent pauvre en matière d’offre de soins publics.”
Intervention de M.F. Pautras :
“C’est par voie de presse que nous avons pris connaissance, le 3 juillet, des problèmes rencontrés par le centre de dépistage anonyme et gratuit du VIH dans le département, sa fermeture faute de moyens pour en assurer le fonctionnement. Face à la carence des pouvoirs publics, trois associations du réseau VIH, des médecins, infirmières, écoutants bénévoles ont pris l’initiative au nom de, je cite “un droit d’ingérance humanitaire”, de mettre en place un dispositif pour assurer durant la période estivale un service minimum. Cet état de fait est particulièrement choquant. Il l’est d’autant plus compte-tenu du dernier rapport des Nations-Unies, Onu-sida. Celui-ci révèle que l’épidémie s’accélère, que la pandémie n’en serait qu’à ses débuts et que la vigilance des pays riches s’est dangeureusement émoussée avec l’apparition des trithérapies. Cela n’est pas acceptable pour les aubois. Dès la mi-juillet, ils se sont fortement mobilisés avec une implication très motivée de la jeunesse, au travers d’une pétition. Celle-ci demande aux services concernés de l’état, l’octroi des moyens en personnels demandés par le conseil d’administration de l’hôpital en octobre 2001. [...] La Marne dispose de 4 CDAG, l’Aube d’un seul alors que la prévalence de la maladie dans le département est la plus élevée de la région Champagne-Ardenne.
La population auboise refuse que son département reste le parent pauvre en matière d’offre de soins publics. Elle s’est déjà mobilisée pour les mêmes raisons en faveur du service des urgences et l’augmentation des moyens financiers et humains pour l’hôpital de Troyes. Un collectif de défense du CDAG s’est constitué.[...] Le 18 septembre, dans la presse locale, le Dr Bressieux, responsable du CDAG, laissait entendre que les moyens sollicités par le CA de l’hôpital seraient débloqués et que le CDAG était susceptible d’évoluer en CIDAG, comme bien d’autres centres en France. Dans le même communiqué, M. David, directeur de l’hôpital de Troyes, indique qu’aucune réponse officielle n’est parvenue de l’Agence régionale de

l’hospitalisation et qu’un courrier transmis à l’ARH, le 16 septembre, renouvelait la demande de moyens espérés pour faire fonctionner le CDAG. Vous êtes, M. le Préfet, le représentant de l’état dans notre département, nous souhaiterions donc obtenir des réponses face à ce flou et tous ces déboires qui affectent le devenir du CDAG dans l’Aube.”
Ou est passé le centre anti-tabac ?
“Sur un autre registre, une autre question s’impose : où est donc passé le centre anti-tabac et la consultation d’aide au sevrage tabagique ? Toujours par voie de presse, nous apprenions que, je cite “la consultation d’aide au sevrage tabagique, après avoir fonctionné quinze ans sur l’initiative du département, est repassée sous la responsabilité de l’état” passant par les mêmes déboires que le CDAG, le relais ne s’est pas fait correctement et, faute de budget, la consultation a été fermée. On y apprend encore que l’Aube est un des rares départements qui n’a pas de consultation hospitalière dans ce domaine, alors que c’est une obligation légale, tout comme le CDAG. M. le ministre de la Santé s’est positionné par rapport aux dépenses de santé qui, selon lui, et je le partage, ne doivent plus être calculées sur des critères budgétaires, mais sanitaires. Il serait utile que ces déclarations d’intentions se concrétisent dans le département ! Pour conclure sur la santé, une dernière question : un service de médecine polyvalente à vocation gériatrique, sollicité par le CA de l’hôpital, va-t-il voir le jour l’an prochain ? Il correspond à un besoin dans notre département et souhaiterions, sur ce point encore, que l’Aube ne soit pas lésée.”
“L’APA a ouvert un droit universel qu’il ne saurait être question de remettre en cause au prétexte que cette mesure coûte cher”
Le conseiller génral communiste de Romilly, Joë Triché, a tenu à faire part de son inquiétude et de celle de l’ensemble des organisations syndicales auboises quant au devenir de l’allocation personnalisée autonomie. Comme il l’a souligné : “les récents propos tenus par le secretaire d’état aux personnes âgées laissent entrevoir une volonté de remettre en cause cette disposition répondant pourtant à un besoin extrêmement important”. Alors que l’APA n’est applicable que depuis janvier dernier, on enregistrait en juin 715.000 demandes au plan national. Pour mémoire, rappelons que la PSD (prestation spécifique dépendance), mise en place par la droite, ne bénéficiait qu’à 100.000 personnes. Ainsi, des centaines de milliers de personnes de plus de 60 ans en situation dépendante n’étaient, jusqu’à la mise en place de l’APA, pas prises en charge. Joë Triché l’a souligné, “reconnaître à chaque femme et à chaque homme un véritable droit à la dignité jusqu’à la fin de ses jours est une nécessité posée à la fois par l’allongement de la durée de la vie et par la faiblesse persistante des revenus des retraites. En son temps, tout en approuvant l’objectif recherché, nous avons critiqué son mode de financement. Aujourd’hui, la question posée n’est pas une remise en cause de l’APA mais, au contraire, d’y trouver un financement permettant d’en assurer la mise en oeuvre sans que les personnes âgées n’aient à payer davantage, ni en récupérant l’allocation versée sur les droits de succession.
Il y a un autre moyen pour la financer, c’est le budget de la Sécurité sociale. Cela supose une réforme qui élargisse l’assiette des cotisations aux revenus financiers des entreprises qui devraient abonder au même taux que ceux actuellement appliqués aux salariés. Il y a quelques années, un président de l’association des maires de France avait, à juste raison, dénoncé la sous-fiscalisation de l’activité financière des entreprises. Il s’agissait de Jean-Paul Delevoy, aujourd’hui secrétaire d’état du gouvernement Raffarin. Donc plus rien ne devrait s’opposer à la mise en place d’une telle mesure !” devait conclure Joë Triché

Robert Hue, président du PCF, vient de s’adresser à Jacques Chirac pour demander une intervention d’urgence de la communauté internationale en faveur de Yasser Arafat

Palestine

Robert Hue s’adresse à Jacques Chirac

Robert Hue, président du PCF, vient de s’adresser à Jacques Chirac pour demander une intervention d’urgence de la communauté internationale en faveur de Yasser Arafat.
“La situation alarmante dans laquelle se trouve le Président Yasser Arafat assiégé par les troupes israéliennes dans son quartier général de Ramallah, les menaces qui pèsent sur sa vie, appellent une intervention d’urgence de la communauté internationale. Les prétextes invoqués par le gouvernement israélien sont irrecevables, alors que les autorités palestiniennes ont très fermement condamné les récents attentats terroristes, et qu’un dialogue sur la sécurité était amorcé.
Dans ce moment d’extrême gravité la France a une

responsabilité particulière pour empêcher le pire. La réunion imminente du Conseil de sécurité de l’ONU devrait adopter des décisions fermes imposant au gouvernement israélien la levée du siège du Président de l’Autorité palestinienne et garantissant sa sécurité et sa liberté de circulation. Pour notre part, nous considérons que la France, avec ses partenaires européens, devrait exercer toutes les pressions nécessaires et prendre toutes les initiatives utiles pour le retrait des forces israéliennes des territoires palestiniens, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et aux recommandations de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, pour l’envoi d’une force d’interposition internationale, et pour la reprise du processus politique de négociation”

Humeurs

Tobin

La taxe Tobin sur les capitaux spéculatifs ne ferait guère de mal aux capitalistes, mais elle ferait sûrement beaucoup de bien aux populations dans le besoin. À condition qu’elle leur soit reversée. Les gouvernements du monde entier sont trop respectueux du veau d’or pour oser l’appliquer. Ils sont «encellulés» dans les idées reçues du système libéral.
Depuis Guizot («Enrichissez-vous !»), on ne touche pas au fric-roi et on prend les boursicoteurs pour des gens astucieux. Depuis 1980 environ, les maîtres du monde se sont organisés pour augmenter leurs taux de profit en dissociant la machine économique de la machine financière. J’ai été élevé comme tout le monde dans l’idée que le travail créait la vraie richesse. Aujourd’hui la machine financière, les bourses mondiales ne fabriquent plus que du fric sans qu’il y ait de la matière, des objets et du travail humain derrière, ou, s’il y en a, c’est du travail méprisé, exténué, dédaigné, martyrisé.
Résultat : un commerce fou (les magasins d’usines sans usines recyclant leurs déchets), des faillites, des liquidations, des licenciements, et toujours la fourberie majuscule des politiques qui ont mis en place un système appelé «social» qui n’est que la mise au rencard des forces humaines dont on ne veut plus se servir.
Finalement, taxer l’avidité financière ne cassera pas la machine à broyer les hommes. Il faut une vraie lutte politique et sociale, une mobilisation des consciences contre l’ordre établi, contre le décervellement et la dépolitisation organisée, contre les inégalités. Ce qui fait qu’il y a encore de la place pour les communistes, ces trouble-fête plus que jamais nécessaires. Ayant proposé les premiers un impôt sur l’argent spéculatif, ils sont donc aussi pour la taxe Tobin. Mais ils veulent changer l’ordre des choses en profondeur car ils ont toujours la passion de la justice et du bonheur.
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Jean Lefevre

Le Parti communiste soutient les manifestations du 3 octobre pour les secteurs, entreprises et services publics

La droite se déchaîne contre les entreprises, le secteur et les services publics (ouverture du capital d’EDF-GDF, mise en concurrence de la Poste et de la SNCF avec des opérateurs privés, etc). Le PCF appelle les salariés et les usagers à s’en mêler pour résister, imposer des reculs à la droite et bâtir les termes et le contenu d’une alternative de progrès. Partout, sur le terrain avec les agents, les usagers et les élus locaux, les communistes agiront notamment pour :
s’opposer aux fermetures d’établissements techniques ou d’agences commerciales tels que ceux de La Poste, de France Télécom, d’EDF et de GDF parce qu’ils assurent la présence des services publics sur tout le territoire,
exiger l’arrêt des ouvertures de capital, des privatisations d’entreprises publiques, des cessions d’actifs,
demander le gel de l’application des directives européennes et l’établissement d’un bilan des privatisations et déréglementations en matière d’emploi, de tarifications, de qualité des services, d’aménagement du territoire et de gestion des ressources naturelles et d’environnement

 

La libération de Papon pose la question de savoir s’il y a, en France, une justice à deux vitesse ; une justice de classe.

Libération de Papon
L’insulte à la France de Jean Moulin

Mercredi 25 septembre s’est tenu à Romilly un rassemblement de protestation contre la récente libération de Maurice Papon.
Répondant à l’appel de la section de Romilly du Parti communiste, plusieurs dizaines de personnes ont tenu à manifester leur indignation après la libération anticipée de Maurice Papon, condamné pour complicité de crime contre l’humanité, devant la plaque des fusillés apposée sur l’ancien siège de la Gestapo à Romilly. “C’est faire insulte à la mémoire des 1.645 victimes des rafles qu’il a organisées à Bordeaux”, devait déclarer dans son intervention Jacques Moroy, secrétaire de la section du PCF de Romilly qui poursuivait “nous pensons aux juifs déportés, à la Résistance Française, à tous les tués du régime de Vichy, nous pensons au camps et à l’horreur. Nous pensons aussi au 17 octobre 1961 et à Charonne, le 8 février 1962, où neuf personnes furent victimes de la répression policière qu’il coordonna, dont huit militants communistes. Nous
sommes aux côtés de toutes celles et ceux qui n’ont pas oublié, qui ne veulent pas oublier les crimes de cet homme.” Uniquement guidé par son ambition, Papon n’avait même pas l’excuse des ses idées : radical-socialiste sous le Front Populaire, antimunichois, pétainiste, gaulliste à la Libération, Molletiste à Constantine ! Nommé en mars 58, préfet de Paris par De Gaulle, c’est lui qui met en oeuvre les violentes répressions policières d’octobre 61 qui firent des centaines de morts algériens, repêchés dans la Seine. C’est encore lui qui agit pour réprimer la manifestation

anti-OAS de février 62 qui se termine par un bain de sang.
La libération si rapide d’un tel personnage qui n’a jamais manifesté le moindre regret, la moindre compassion confirme, honteuseument, le caractère du statut spécial de fait dont il semble bénéficier de la part de certains milieux. Après l’observation d’une minute de silence, une gerbe fut déposée.

Ensemble

empêchons la guerre

Samedi 21 septembre, journée mondiale de la Paix, comme dans toute la France, les communistes aubois ont fait signer sur les marchés de Romilly et de Bar-sur-Seine une pétition pour s’opposer aux projets guerriers de G.W. Bush en Irak. Cette pétition [disponible dans les sections, à la fédération ou sur le site internet du PCF ] demande notamment que la France et l’Europe fassent pression pour arrêter la marche à la guerre, sans s’aligner derrière les états-Unis. Le PCF, qui condamne sans appel la dictature de Saddam Hussein, estime qu’une intervention américaine serait une catastrophe pour les peuples de la région