La Dépêche de l'Aube n°631 du 25 Octobre 2001.......La Dépêche de l'Aube n°631 du 25 Octobre 2001

La dépêche de l'Aube n°631 du Jeudi 25 octobre 2001

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Budget 2002

De premiers acquis, mais il reste beaucoup à faire

Laurent Fabius "fait un geste en direction des communistes", annonce l'AFP, "en accédant à plusieurs de leurs demandes, notamment un doublement de la prime pour l'emploi accordée aux travailleurs modestes au titre de 2001" et une série d'autres mesures importantes.

Un couple de smicards avec deux enfants touchera, en décembre ou janvier prochain, 3.400 F en plus de ce qui a déjà été versé en septembre. Ce n'est pas négligeable pour les intéressés. Il n'est pas question de le bouder.

Ce qui bouge dans la société
Incontestablement, c'est à mettre au crédit de ce qui bouge en profondeur dans la société. Il est possible de contrer les pressions "libérales" en se rassemblant dans l'action, à l'image de la journée de grèves et de manifestations unitaires du 16 octobre dernier des salariés du secteur public et des entreprises confrontées aux plans de licenciements et à des restructurations. Les rassemblements et manifestations qui ont eu lieu ne contredisent pas l'appel au "patriotisme économique" lancé par le premier ministre. La lutte contre la récession économique qui s'annonce passe précisément par le soutien à la consommation populaire: augmentation des salaires, des minima sociaux, des pensions et retraites, garanties sociales et d'emplois pour les salariés face aux licenciements, consolidation du système de protection sociale, des ressources budgétaires nécessaires aux besoins sociaux. Ces premiers acquis sont aussi à mettre au crédit de la pugnacité des militantes et les militants communistes qui agissent avec les mouvements sociaux et les populations, jusqu'au gouvernement et au Parlement, pour améliorer tout ce qui peut l'être dans le budget 2002 et dans le financement de la Sécurité sociale, pour élaborer des solutions alternatives.

Relancer l'économie, c'est urgent !

Le souci prioritaire des parlementaires communistes : il faut être beaucoup plus ambitieux pour que les budgets de l'État et de la Sécurité sociale permettent de contrer la récession, de relancer vraiment la croissance et répondre aux besoins des populations. Les communistes agissent ainsi pour une autre politique à gauche, une transformation progressiste de l'Europe et un développement plus harmonieux et durable de la planète,

refusant de rejeter des milliards d'habitants dans la pauvreté et le sous-développement.Le choc des attentats terroristes du 11 septembre rend les difficultés plus aiguës. Mais les problèmes de croissance ne sont pas à rechercher dans les attentats. Les tendances fondamentales privilégiant les masses énormes de capitaux spéculatifs, en leur assurant le maximum de rentabilité existaient auparavant et demeurent. Ce qui prime est toujours la satisfaction des exigences des actionnaires, cela au prix d'une chasse permanente aux coûts salariaux, aux dépenses utiles pour les êtres humains. Le recul de l'activité observé aux États-Unis au troisième trimestre 2001 devrait se poursuivre. Au Japon, la récession s'approfondit et l'Europe, selon le FMI, n'est pas épargnée. La France n'est pas à l'abri de ce freinage profond et durable de la croissance, comme le montre la situation économique : quatrième mois de hausse du chômage, multiplication des plans de licenciements, stagnation du pouvoir d'achat… C’est la récession. L'INSEE l'a souligné, il y a une semaine, en ramenant ses prévisions pour 2001 de 2,3 à 2,1%. D'où l'action des parlementaires communistes pour réorienter le budget 2002 de l'État.

Des moyens nouveaux pour la Sécu
Pour la Sécu, les parlementaires communistes proposent de dégager des moyens financiers supplémentaires pour l'hôpital par la suppression de la taxe sur les salaires, l'élargissement de l'assiette des cotisations sociales aux revenus financiers et l'allègement de la TVA. Les militants communistes sont engagés dans une campagne de pétitions pour l'hôpital qui va s'amplifier, comme c’est le cas actuellement dans l’Aube avec la pétition pour défendre l’hôpital de Troyes lancée par Marie-Françoise Pautras, conseillère générale communiste (Cf. Dépêche n° 630). Des échanges fructueux se développent avec les personnels hospitaliers, acteurs sociaux engagés pour une meilleure politique de santé publique. La création de 45.000 emplois sur trois ans, le rétablissement de la gynécologie comme spécialité médicale grâce à un amendement des députés communistes sont des avancées non négligeables. Mais les besoins sont immenses en matière de formation de médecins, d'infirmières et de créations nouvelles d'emplois. Une mise en œuvre des 35 heures dans de bonnes conditions appelle aussi des moyens importants


Les 35 heures à l'hôpital

Une catastrophe annoncée

Le temps de travail dans la fonction publique hospitalière, et plus particulièrement celui des personnels qui travaillent au contact direct des patients doit être réduit. C'est une évidence !

Des questions de vie et de mort
Comment donner au malade qui souffre, au vieillard qui meurt, ce qu'ils attendent de soins mais aussi d'écoute, de respect, bref d'humanité, quand le rythme et la charge de travail transforme le soignant en automate ? Comment rester vigilant et éviter l'erreur impardonnable ? Le travail hospitalier épuise toutes les forces : physiques, intellectuelles et psychologiques, même et surtout peut-être, s'il est vécu comme une vocation. Personne ne peut fréquenter la mort, la dégradation physique, la souffrance, constater parfois son impuissance, et trouver la force de recommencer une journée de travail sans avoir le temps de se reconstruire. La réduction du temps de travail à 35 heures devrait donc offrir cette bouffée d'air aux hospitaliers et les réjouir. Or dans les établissements, les négociations locales font apparaître des inquiétudes, des rigidités qui peuvent faire craindre le pire et ce pour plusieurs raisons.

Des inquiétudes légitimes
35 heures hebdomadaires, c'est une réduction d'activité de 10%, or cette réduction ne sera compensée par des créations de postes qu'à hauteur de 7 %. Cela revient-il à dire que 3% du travail est inutile ? Peut être. Ou à sacrifier ? Sûrement ! En ne compensant la diminution du temps de travail qu'à hauteur de 7%, le gouvernement exige donc des hôpitaux un gain de productivité, comme sur une chaîne de production qui fait de l'homme un auxiliaire mécanique dont on peut changer la programmation et accroître le rythme de fonctionnement pour produire plus. Alors les hospitaliers devront produire plus d'actes, rationaliser leurs interventions suivant des protocoles uniformes établis par des technocrates qui, dans leurs bureaux, n'ont pas à croiser le regard suppliant de celui qui voudrait juste qu'on lui tienne la main quand la douleur est trop forte, quand la peur est trop grande. On pourrait penser bien sûr que comme partout, il existe des réserves de temps jusqu'à ce jour mal employées, et sans doute est-ce exact. Mais parce qu'à l'hôpital le matériau est humain, qu'il ne s'agit pas de boîtes de conserves, il est difficile de décider de ce qui est utile et de ce qui ne l'est pas. Pour le patient, pour sa famille, ce qui est utile, c'est ce dont il ressent le besoin et c'est là que toujours le bât blessera. Pour le gestionnaire, ce qui est utile, c'est ce qui peut être quantifier, valoriser, les K, Z, B, et autres C (1), les kilos de linges lavés, les tonnes de nourriture préparées, mais ni les sourires, ni les paroles réconfortantes, ni la simple présence. Alors, il y a fort à parier que dans les 3% manquant, c'est ce qu'on mettra en premier.

Le mensonge comme mode de gestion.
à la télévision, le ministre de la santé vient, la main sur le cœur, dénoncer les failles intolérables du système hospitalier et en même temps, il refuse des moyens réellement suffisants pour combler ces failles. Il est normal que le personnel hospitalier qui a conscience de

devoir trop souvent sacrifier l’essentiel, s’inquiète du passage aux 35 h qui ne fera qu’aggraver une situation déjà tendue. Parallèlement aux revendications des personnels, les patients, de mieux en mieux informés, attendent de leur système hospitalier des soins de qualité, dispensés dans le respect de l'individu. Parallèlement encore, le ministère demande aux établissements de s'engager, et les usagers des hôpitaux et maisons de retraite ont le droit de l'exiger, dans une démarche de qualité, de s'investir dans des réseaux de soins, de mener une politique active de prise en charge de la douleur, de soins palliatifs, d'accompagnement de fin de vie, de combattre les situation de violence qui, hélas, font partie du paysage hospitalier. On ne peut que souscrire à de telles demandes. Mais comment atteindre ces objectifs en réduisant de 3% le temps de travail offert et sans moyens financiers ? Comment, alors qu'on a volontairement réduit le nombre de professionnels formés ? Comment, alors que les moyens financiers alloués aux établissements ne leur permettent pas de faire face à leurs charges actuelles ? Comment, alors que depuis si longtemps on promet, à coup de protocoles complexes, des mesures qui ne peuvent voir le jour que vidée de leur substance ! S'il y a du temps perdu dans les hôpitaux, c'est sans aucun doute celui pris pour répondre aux multiples enquêtes et statistiques demandées par un ministère qui ne les exploite jamais, ou alors pour répondre à toute demande par ceci "maintenant que vous avez expliqué de quoi vous aviez besoin, voici une circulaire qui va vous expliquer comment vous en passer ! " .

Un avenir incertain
C'est de magiciens dont les hôpitaux ont besoin aujourd'hui, des soignants ayant les talents de Mary Poppins, pour pouvoir s'acquitter d'un claquement de doigts des tâches techniques et s'investir complètement dans les multiples changements que l'hôpital doit accepter pour être à la hauteur de ce que nous attendons tous de lui: des soins de qualité, donner à des humains par des humains pour qui respect, compassion, empathie ne sont pas des vains mots. Or aujourd'hui, au milieu des turbulences qui agitent cet univers déjà impitoyable, nous sommes loin du compte et les premiers à payer sont les usagers.

Un jeu politicien dont feront les frais les personnels et les malades
La mise en place des 35 heures se fera. Parce que nous sommes en période électorale, elle se fera, même mal. Elle se fera dans la précipitation, sans qu'aie été entendue en écho aux revendications légitimes des personnels, celles non moins légitimes des usagers ! Pour calmer le jeu, pour obtenir la signature d'un accord avant la fin de l'année, on entretiendra un flou artistique sur la réalité des créations d'emplois, sur les vrais possibilités d'application des mesures inscrites dans cet accord. Quand il sera signé, il sera temps de comprendre que c'est une escroquerie pour tous !

Françoise Desimpel

(1) codification des actes médicaux.

 

51ème congrès de l’UD CGT

F. Orthwein succède à M. Renaud

Le 51ème congrès de l'union départementale CGT, qui s'est déroulé du 15 au 17 octobre dernier, fera incontestablement date dans le microcosme syndical aubois. En effet, Marcel Renaud, secrétaire général de l'union départementale depuis 1986, a fait valoir ces droits à une retraite bien méritée et sera remplacé par Fabrice Orthwein. Marcel avait lui même succédé à une grande figure du syndicalisme aubois et de la Résistance en la personne de notre camarade regretté René Jourdheuille. Fabrice, à qui il appartient désormais de mener à bien la destinée de la CGT auboise, est un jeune militant aguerri de 38 ans. Nommé responsable du syndicat CGT de la DDE en 1991, il est entré à la commission exécutive de l'Union départementale en 1995, puis au bureau de l'UD à l'occasion du 50ème

congrès en 1998. Comptable de formation, il était chargé de la politique financière. Outre l'arrivée de F. Orthwein, et un renouvellement important de la commission exécutive sortante, le congrès a également été l'occasion de mettre en place deux pôles d'activités -champ vie syndicale, champ revendicatif- qui vont permettre pour l'un de développer de nouveau liens avec les syndiqués et pour l'autre de réfléchir à la concrétisation de proposition dans les domaines issus de l'actualité sociale, mais aussi plus générateurs tel que : l'emploi, les salaires, la RTT, la protection sociale, la retraite, les droits syndicaux, etc. La Dépêche de l'Aube souhaite à Marcel une paisible retraite et à Fabrice et sa nouvelle équipe un plein succès dans les luttes

Humeur

Odeur de poudre !

On peut plaisanter à peu près sur tout. Tout dépend de l'heure. Ca ne se fait pas de plaisanter sur la mort dans la maison d'un mourant. Mais bien avant ou bien après, vous pouvez bien sûr rire tout votre saoul en y ajoutant la petite pointe d'amertume sur notre destinée qui renforcera votre réputation de philosophe.
Sur la poudre blanche, qui donne curieusement la maladie (noire) du charbon, ce n'est pas le moment de plaisanter non plus, l'inquiétude s'étant répandue comme une traînée de poudre. Les mauvais plaisants terroristes dérisoires qui se font prendre, et plutôt bêtes que méchants, en savent quelque chose. Mais quand l'alerte sera passée vous pourrez en toute quiétude faire parler la poudre et vous taper sur les cuisses. Quant au Président Bush, on l'accuse peut-être à tort de n'avoir pas inventé la poudre. Je pense au contraire très fort qu'il a inventé la maladie du charbon (nommé à tort anthrax(1)) ou du moins qu'il s'en sert avec une grande virtuosité puisqu'il laisse entendre qu'il aurait maintenant un bon prétexte pour aller bombarder l'Irak De la poudre à la poudrière, il n'y a pas loin.

Malicette

(1) L'anthrax est une inflammation sous-cutanée provoquée par le staphylocoque doré.

Environnement - Droit à la qualité de la vie

Une priorité politique pour changer le monde

Bien des évènements environnementaux montrent les limites du capitalisme dans la gestion des rapports des hommes à la nature.

Le temps court de la course aux profits est incompatible avec celui de la régénération des ressources naturelles, du recyclage des matières, des procédés de production en cycles fermés. La fermeture d’usines de production modernes, les économies de main d’oeuvre qualifiée engendrent des gâchis ; les flux tendus et «stocks zéro» gonflent les transports par camions ; les délocalisations entraînent un accroissement artificiel de la mobilité ; la déréglementation provoque une explosion du transport aérien. Les multinationales de l’agriculture veulent imposer, après le modèle d’exploitation intensive, l’introduction d’OGM aux fins de profits et de domination du système agroalimentaire international, l’utilisation de produits chimiques, les élevages industriels polluants. Cette même quête capitalistique du profit s’étend maintenant à des sphères, jusqu’à présent exclues du marché, comme l’eau, l’air ou le corps humain. La tempête de décembre 1999, les marées noires, les inondations, la catastrophe de Toulouse ont mis en évidence les liens entre l’amélioration des services publics, la protection de l’environnement et l’exigence de démocratie. Une vision globale des rapports de l’homme à l’environnement naturel renvoie donc tout «naturellement» à la problématique des conditions de la production industrielle.

Peut-on concevoir désormais le progrès autrement qu’en termes durables et maîtrisés ?
Il est urgent d’intégrer ces questionnements dans le champ des luttes contre l’exploitation capitaliste, et de celles qui en découlent pour l’emploi et le pouvoir d’achat. La culture communiste n’a pas, par le passé - il faut bien le reconnaître -, été particulièrement familière, et encore moins ressentie comme telle dans l’opinion, avec lecombat écologique. Souvent même y avons-nous été hostile par crainte d’opposer l’emploi aux actions pour la défense de l’environnement et du cadre de vie. Le dernier quart du XXème siècle a cependant vu émerger des besoins et des luttes multiformes à l’échelle planétaire qui ont progressivement construit «un droit à la qualité de lavie» et à l’épanouissement individuel qu’elle permet. L’affirmation de ses besoins, de ces droits par les luttes pour le respect environnemental, pose fondamentalement

la question des conditions et finalités des activités et productions humaines, scientifiques, technologiques et industrielles, sociales et culturelles. C’est, plus largement, toute une conception du progrès, du développement, de la croissance, des sciences, du rapport individu/société qui est en cause. Mais tous ces combats pour le droit à la qualité de la vie relèvent aussi d’une aspiration à participer aux choix et à en maîtriser les conséquences ; maîtrise et durabilité du développement, des individus, des sociétés, des territoires et des ressources naturelles caractérisent ce type d’action fondamentalement citoyenne .

«Il est urgent de convaincre de la nécessité de dépasser toutes les formes de domination, d’exploitation et d’aliénation du genre humain, mais aussi de la nature.»

Une priorité politique
Les réponses actuelles aux problèmes posés s’accomodent trop souvent des solutions libérales [Cf. le débat sur l’équation pollueur-payeur et sur les droits à polluer]. Il faut aborder de tels débats d’une autre manière. En contribuant, par exemple, à la définition de réponses radicalement émancipatrices et civilisatrices en termes de transformation des rapports homme-nature ; par le dépassements des dominations pour le développement de la société. La rentabilité financière à court terme est inconciliable avec les temps longs des écosystèmes, avec la satisfaction des quelques six milliards d’individus - bientôt neuf milliards - qui peuplent notre planète. Elle fonctionne aujourd’hui comme un producteur d’immenses gâchis, un pollueur d’environnement, un gaspilleur de ressources et d’énergie, un destructeur d’humanité et un fabricant d’inégalités et d’exclusions sociales. Le projet communiste, qui sera débattu le week-end prochain, témoigne du souci de faire une priorité politique d’une question qui va beaucoup compter dans le siècle à venir. Il ne s’agit pas d’intégrer une «dose» d’écologie, mais de faire en sorte que notre projet réponde aux enjeux majeurs de société auxquels ces aspirations nouvelles, ces résistances et ces luttes, tentent de répondre, et de porter au quotidien ces valeurs émancipatrices dans notre combat pour changer le monde.

Alain Keslick

Culture

Salon du Livre pour la jeunesse de Troyes

Du 18 au 21 octobre s'est tenu le Salon du Livre pour la jeunesse de Troyes.

Il faut préciser la ville car ces salons très peuplés essaiment un peu partout, chacun avec leurs particularités et murs. Troyes est le deuxième salon de France après celui de Montreuil que dirige notre amie Arlette Zoughebi.Bien sûr Montreuil est immense et les autres

font figure de Petits Poucets, mais ces Petits Poucets font bien leur travail de semeurs de livres. Les livres semés, répandus, éparpillés, sont autant de repères pour l'esprit et le coeur. Donc, les petits salons sont des apôtres : apôtres de la lecture, de la communication, de la transmission du savoir. Ce sont des passeurs de textes, des inséminateurs. Le 15ème Salon de Troyes avait misé sur la gourmandise, thème national à la mode. La lecture en est une, supérieure, et qui ne fait pas mal aux dents comme les bonbons. Quand on voit la foule envahir les travées d'Argence, on a l'impression d'une grande bouffe, mais sympathique comme un banquet culturel. Cathy Chamarty et François Martin, responsables chez Actes Sud, furent les invités du Salon.De nombreux auteurs ont dédicacé leurs ouvrages.

Les ventes ont atteint des chiffres record. Il est vrai que les organisateurs qui ont maintenant un métier à toute épreuve (Maison du Boulanger entre autres) avaient attiré le public par de nombreuses animations:société Horticole avec ses courges et autres cucurbitacées, fruits en cire de Charles Baltet, Croqueurs de Pommes, Univers du goût etc. Des conteurs contaient, des conférences conféraient à l'ensemble une touche scientifique. Comment distinguer dans le livre entre ce qui est science, art, plaisir, enrichissement ? Le livre est une pierre précieuse que les jeunes manipulent avec une joie intense et les parents goûtent ce plaisir eux aussi et se souviennent à peine que , de leur temps, le livre était pauvre et d'un papier douteux. Le livre rutilant d'aujourd'hui a redoré l'image du passé. La machine du rêve s'est remise à marcher. On meurt sans le livre. La lecture apporte du sens, des idées, des projets, de l'espoir, du courage, du rêve, de l'ambition. Le dictateur ne lit pas. Lire c'est se nourrir d'une pensée , c'est vivre une aventure. La lecture est un acte militant. La télé fait les inertes, ces couveurs d'oeufs stériles. Le voyeur subit le monde et ses pensées pâles. La télé est une fabrique de citoyens passifs et poussifs. Le livre possède la vraie culture et la culture est un devoir de classe car le pouvoir appartient à ceux qui sont capables de rêver. Ne pas lire, douter du roman ou de la poésie, c'est douter du pouvoir de l'être humain de créer, de changer la vie. Sans le sperme des livres, nous ne saurions pas naître. Tous les livres, peut-être ne sont pas bons et subissent eux aussi la loi de la marchandise. Mais un bon lecteur exercé est un lecteur qui sait trier, séparer le bon grain des mots de l'ivraie des sots. Lire c'est moderne. Le tyran jette le livre au pilon.Il faut rêver, avoir le vertige des mots, faire la peau à l'instinct, jubiler de la langue et de l'esprit.La voix (voie) royale de la liberté est le livre, l'arme du livre.

Jean Lefèvre.

Romilly-sur-Seine

Plus de 450.000 F pour la fontaine et son installation !!!

La transparence a vraiment du mal à se frayer un chemin au niveau de la gestion municipale romillonne.
En effet, comme cela s’est passé récemment, le maire peut décider de dépenser 459.848,90 francs sans que cela fasse l’objet du moindre rapport en commission et ensuite d’une décision du Conseil municipal, le seul habilité à les prendre. C’est pourtant précisément ce qui vient de se passer concernant l’achat et l’installation de la fontaine sur le rond-point Lüdenscheid, à proximité de la place des Martyrs de la Résistance. Et si, aujourd’hui, la population peut connaître le coût de cet investissement, c’est bien parce que les élus communistes ont «ferraillé» pour obtenir cette information. Le maire, agacé, avait botté en touche, lors du Conseil municipal de juillet dernier, en répondant à Joë Triché qu’il ne pouvait pas le communiquer puisque les travaux n’étaient pas terminés ; ce qui lui valut la réplique immédiate : «pourquoi ? Vous n’avez pas fait établir un devis par les entreprises avant d’engager les travaux ?». Devant le refus de Michel Cartelet de répondre précisément à la question posée en séance publique du Conseil municipal, l’élu communiste confirma donc sa demande par courrier. Mais cette fois, le maire, qui n’a sans doute pas voulu s’exposer à une nouvelle procédure devant la Commission d’accès aux documents administratifs (la CADA), a transmis, le 21 septembre dernier, une réponse à la question

posée. Ainsi la dépense engagée représente bien 459.848,90 francs ; 284.756,80 F pour les différents travaux et fournitures et 175.092,10 F pour la réduction du gabarit du rond-point et la pose de pavés. Cette opération dépassant largement les 300.000 francs aurait dû normalement faire l’objet d’une mise en concurrence des entreprises - appel d’offres -. Mais pour éviter un recours, Michel Cartelet a scindé cet investissement en deux parties. Aux services de la Préfecture d’apprécier si la légalité a bien été respectée

Pollutions à répétition des nappes phréatiques dans l’Aube, mesures de sécurité dans et autour des usines classées «Seveso» dont ICOA à Crancey, la centrale de Nogent, cible potentielle d’agressions terroristes... ?
•Restructuration du quartier du Nouveau Romilly : les habitants n’ont-ils pas leur mot à dire ? Comment intervenir dans les décisions qui seront prises ?

Réunion - débat
Mercredi 7 novembre de 18 h à 19 h 45 Espace Ambroise Croizat Romilly-sur-Seine
Ce débat est ouvert à tous.
Contact : Alain Keslick ~ Tél : 03.25.73.43.40 E-mail : alain.keslick@wanadoo.fr

Romilly - Pôle de santé

La recherche d’une solution publique doit être mise à l’étude

Les difficultés financières de la polyclinique Pasteur font craindre à la population romillonne et du bassin de vie qui l’entoure - 35.000 habitants au total - la fermeture des soixantes lits de chirurgie et leur transfert vers d’autres cliniques privées.
Comme cela a été maintes fois souligné, une telle situation aurait inévitablement des répercussions négatives pour l’hôpital de Romilly et, bien sûr, pour le personnel de la polyclinique Pasteur qui perdrait son emploi. Pour les habitants de ce secteur, cette perspective est inacceptable car ils ne veulent pas voir s’installer un désert sanitaire entre Provins et Troyes. Un pôle de santé de proximité, de qualité avec sa médecine, sa maternité, ses urgences et sa chirurgie est une nécessité pour la population de ce bassin de vie. Elle l’a exprimé à plusieurs reprises en participant aux initiatives organisées par le Comité de défense pour le maintien du pôle de santé à Romilly : pétitions (5.000 signatures recueillies), manifestation, réunions publiques, délégation, le 12 juillet, auprès du directeur de l’Agence régionale de l’hospitalisation. Or, jusqu’à ce jour, une seule solution est privilégiée : la reprise de la polyclinique Pasteur par celle des Ursulines de Troyes. Mais qu’adviendra-t-il si elle s’avérait être insatisfaisante au regard des attentes des actionnaires ?

En effet, aujourd’hui, personne ne peut prétendre qu’elle permettra de garantir durablement le maintien de la chirurgie à Romilly,
car ce maintien sera en permanence dépendant des résultats financiers attendus par les nouveaux acquéreurs. N’oublions pas qu’une opération identique a été réalisée récemment dans le département et qu’elle s’est traduite par le transfert de lits de chirurgie à Troyes et par la fermeture de la clinique de Bar-sur-Aube. Ainsi, comme le demande le Comité de défense, avec les 5.000 signataires de la pétition, d’autres solutions doivent être recherchées et mises à l’étude sans attendre. Il faut être prêt au cas où la solution privée ne fonctionnerait pas. Pourquoi, par exemple, ne pas envisager un retour des lits de chirurgie, attribués à ce secteur, à l’hôpital de Romilly avec une intégration par cet établissement public du personnel de la polyclinique Pasteur et la mise en place d’une coopération avec l’hôpital des Hauts-Clos de Troyes où d’autres établissements publics, pour les interventions chirurgicales à pratiquer à Romilly ? Pour le Comité de défense, cette solution devrait au moins faire l’objet d’une étude. L’hôpital de Vouziers, dans les Ardennes, ne vient-il pas d’établir une telle coopération avec le CHU de Reims ?

Santé et protection sociale

la maîtrise comptable des dépenses de santé

Cette politique de santé a pour conséquence les problèmes rencontrés entre autres. dans les hôpitaux, avec pour corollaire les protestations des personnels soignants concrétisées par les mouvements constatés un peu partout dans notre pays ces dernières semaines.
Evidemment, certaines dispositions positives sont prises. La mise en place de la CMU en fait partie. Autre exemple : l'embauche prévue sur trois ans de 45.000 infirmières. Mais, cela s'avère insuffisant pour répondre aux nombreux besoins en matière de santé.

Faut-il attendre que les situations deviennent insupportables, explosives, pour quelques mesures soient dégagées ?
Oui, la santé a un coût qui évolue rapidement compte tenu des moyens techniques sophistiqués nécessaires à notre époque. Or, notre pays a des capacités pour répondre à cette demande.Il est possible d'améliorer les remboursements de la sécurité sociale en procurant des recettes nouvelles à sa branche maladie.Faire participer les revenus financiers et établir les cotisations non plus sur la seule masse salariale mais sur la valeur ajoutée sont des possibilités à mettre en œuvre.

Le plan «médicament» du gouvernement
Le régime d'assurance maladie a présenté l'an dernier un déficit de 6 milliards de francs.C'est dans ce contexte que la ministre de l'emploi et de la solidarité, Mme Elisabeth Guigou, et le ministre de la santé M. Bernard Kouchner, relancent un plan "antigaspis", concernant les dépenses de santé. Cette année, le médicament semble en effet être la cause principale du dérapage des dépenses (+10 % en 2000). Les ministres proposent donc une économie d'environ 4 à 5 milliards à travers trois axes :
•la promotion et l'information sur le médicament.
•la promotion des médicaments génériques.
•la réduction des prix et des remboursements.

A travers la promotion et l'information, le gouvernement veut modifier les habitudes des français

et il semble que la bataille soit "longue".
Pour les médicaments génériques, qui, tout en assurant une même qualité de soins, sont moins chers que les originaux, la France est à la traîne dans ce domaine, il y a donc des possibilités.

Réduction des prix et des remboursements.
Cette démarche n'est pas du goût de l'industrie pharmaceutique et devant sa résistance, le gouvernement opère un recul : de quatre milliards exigés au départ, la mesure a été ramenée à deux milliards. S'ajoutent à cela les médicaments classés "inutiles" (835 spécialités), qui continueraient à être remboursés. Sur quelle base ? S'ils sont inutiles, pourquoi les maintenir ? Nous nous demandons si tout cela va peser plus ou moins sur l'usager. En conclusion, le plan "médicaments", avance sur des points essentiels, mais marque le pas sur la baisse des prix face aux grands laboratoires et les enjeux financiers importants.

Gestion démocratique de la sécurité social.
C'est un des "chantiers"de la rentrée des Mutuelles de France. Afin de construire une sécu neuve et démocratique, notamment avec une nouvelle répartition des responsabilités entre l'Etat et la sécurité sociale, qui doit voir ses pouvoirs propres renforcés, avec :
•La participation des assurés sociaux aux décisions les concernant permettant l'amélioration des prestations et la réforme du financement.
•L'élection des administrateurs des caisses par les assurés sociaux représentés principalement par les syndicats de salariés mais aussi par la mutualité et les autres associations du domaine sanitaire et social.
•Créer une branche «jeunesse» de la sécurité sociale.

Autant d'initiatives et de propositions partagées par beaucoup de monde et qui, si elles étaient suivies amélioreraient très qualitativement notre régime de protection sociale et notre système de soins

 

Aéroport de Vatry - Loi «Hue» sur les fonds publics
Joë Triché fait le point

Joë Triché, Joseph Seghetto, Anna Zajac et Josette Dollat. Les élus communistes ont participé à la manifestation du 16 octobre pour l’emploi, les salaires et les retraites.

Quel avenir pour Vatry, loi «Hue» sur le contrôle des fonds publics ; Joë Triché, conseiller général et président de l’Association départementale des élus communistes et républicains, répond aux questions de La Dépêche de l’Aube.

L’actualité est en ce moment focalisée autour de la création d’un éventuel 3ème aéroport pour désengorger Roissy et Orly. Où en sommes-nous aujourd’hui, d’un point de vue général, sur ce dossier ?
Tout d’abord, il est bon de rappeler que la décision de créer un 3ème aéroport national et international n’est pas encore prise par le gouvernement. Elle le sera au terme de la mission d’étude et de concertation confiée à la DUSCAI. L’enjeu d’un tel dossier est tellement important qu’il aurait été malvenu qu’une décision soit prise sans la moindre concertation avec les intéressés. Il faut donc reconnaître à l’état et au ministre des transports, Jean-Claude Gayssot, le mérite d’avoir lancé le débat sur l’opportunité d’un tel équipement et sur son éventuelle localisation. Or, si les aéroports de Roissy et Orly ne sont pas à saturation, il est tout de même nécessaire d’entendre le «ras-le-bol» et l’inquiétude des riverains qui vivent à proximité de ces équipements. D’autant plus qu’ils savent bien que le trafic aérien est appelé à se développer pour des raisons d’approvisionnement, de travail, de loisirs, de communication. On peut donc comprendre leurs craintes de voir la situation à leur égard s’aggraver si cet accroissement du trafic devait être absorbé par les aéroports de Roissy et d’Orly

D’autres solutions sont-elles envisageables plutôt que de créer un 3ème aéroport ?
Certains, effectivement, le pensent et préconisent l’optimisation des moyens existants. Mais optimiser n’est-ce pas accroître le trafic aérien sur Roissy et Orly ? Et puis même si, dans certains cas, elle est possible et nécessaire, cette optimisation est-elle à la mesure et à l’échelle des besoins de développement que j’indiquais dans ma réponse à la question précédente ? Permettez-moi, également, de préciser qu’aujourd’hui, des données nouvelles sont à prendre en compte : l’environnement, les nuisances, les pollutions et la sécurité. Mais je crois aussi que notre pays dispose des connaissances et des moyens techniques permettant de prendre en compte toutes ces questions d’importance.

L’avenir de Vatry, dont l’activité actuelle est loin des ambitions affichées lors du lancement du projet, passe-t-il nécessairement par le choix de ce site et dans quelles conditions ?
Pour la bonne compréhension du débat qui s’est focalisé depuis plusieurs semaine autour du site de Vatry, il n’est sans doute pas inutile de rappeler que la création de cet aéroport de fret est une décision du seul Conseil Général de la Marne. Il a investi un milliard de francs dans cette opération. D’ailleurs, à cette époque, elle avait été saluée par Charles Pasqua, alors ministre de l’intérieur, qui avait déclaré, lors d’une visite à Châlons-en-Champagne, que le projet était d’autant plus «exemplaire» que rien n’avait été demandé à l’état, en dehors des autorisations administratives !

Pourtant, à l’époque, les élus communistes n’ont pas été contre !
Effectivement. Mais, dès le départ, ils ont formulé quelques exigences qui, selon eux, conditionnaient le succès de ce projet ; il fallait obtenir la participation de l’état, financière et structurelle, pour inscrire cet équipement dans un schéma national de transports ; il convenait de poser au plus haut niveau le problème d’une flotte aérienne spécifique pour le fret aérien, car, actuellement, celui-ci voyage essentiellement dans les avions de passagers. Or, pour l’heure, Vatry n’est pas conçu pour en accueillir. Les élus communistes avaient également souligné les risques d’une déréglementation en tous genres et de fragilité pour cet équipement isolé hors schéma national.

Mais aujourd’hui, Vatry, est-ce que ça marche ?
On est bien loin des objectifs annoncés. Le trafic est beaucoup plus terrestre qu’aérien et les chiffres concernant le tonnage et l’emploi, faramineux au départ, ont été très largement revus à la baisse. On parle de mille emplois alors que six mille avaient été annoncés ; et, dans ces mille emplois, combien résultent de transferts d’une région à une autre ? L’activité fret n’étant pas au rendez-vous, les

emplois annoncés n’y sont pas non plus alors que les entreprises de logistique qui y sont installé ont bénéficié de subventions régionales et départementales, de conditions foncières favorables et d’un taux de taxe professionnelle très bas. C’est pourquoi, 3ème aéroport ou pas, le problème de l’avenir de Vatry restera posé. Si sa réalisation était décidée et si un autre site était choisi, il faudra trouver des solutions de développement pour pérenniser et développer Vatry, car il serait inconcevable que plus d’un million de francs de fonds publics ait été dépensé pour rien.

« La loi «Hue» démonstre le rôle et l’utilité du PCF au gouvernement, surtout quand il peut s’appuyer sur la lutte des salariés et de leurs organisations syndicales.»
Autre sujet, la loi «Hue» sur le contrôle des fonds publics prévoit la création d’une commission nationale et de commissions régionales chargées d’examiner l’utilisation des fonds publics alloués aux entreprises et, le cas échéant, d’en demander la restitution. S’agissant d’une loi communiste, je suppose que vous être particulièrement attentif à l’application de ces dispositions législatives nouvelles dans notre région ? Bien sûr, d’autant plus que ce combat - le mot n’est vraiment pas trop fort - pour le contrôle et la transparence de l’utilisation des fonds publics est porté depuis des années par les communistes, à tous les niveaux. En 1995, j’avais présenté un voeu au Conseil Régional, au nom des élus communistes - il a été voté - pour demander la mise en place d’un comité de suivi des aides régionales dont bénéficiaient les entreprises. Actuellement, au Conseil Général, il n’y a pas une session où nous ne posions pas le problème, car il s’agit d’une partie des impôts des contribuables qui est octroyée aux employeurs. Il est donc normal de savoir à quoi cela sert. Bien sûr, ces avancées n’auraient pas été possibles si elles ne s’étaient pas appuyées sur une exigence du mouvement social demandant que l’argent donné au nom de l’emploi soit bien utilisé dans cet objectif. Mais depuis le 5 janvier 2001, jour du vote de la loi «Hue» sur le contrôle des fonds publics aux entreprises, nous sommes dans une toute autre situation ; cette exigence a désormais pris force de loi. Et comme toute loi qui empiète sur le pouvoir patronal, elle nécessitera encore bien des démarches, bien des actions pour entrer réellement dans la pratique.

Concrètement, qu’apporte-t-elle ?
Tout d’abord, le premier levier de la loi est celui de la responsabilisation sociale des entreprises à partir du contrôle des fonds publics. Les élus et les comités d’entreprises ont, avec la loi «Hue» le pouvoir de saisir la commission nationale pour faire la transparence sur les fonds publics reçus par l’entreprise et leur utilisation. Les comités d’entreprise ont également la possibilité d’exiger chaque année de connaître la totalité des aides perçues par leur entreprise et connaître leur utilisation [voir l’article L 432-4 du Code du travail]. Ils peuvent s’appuyer sur cette loi pour contester et remettre en question des fonds qui ont été reçus par un employeur et qui n’ont pas été utilisés pour réaliser les engagements contractuels.

Et encore ?
J’allais y venir. Le second levier permet d’agir sur les deux cent à trois cent milliards de francs dépensés dans les différents dispositifs de la politique de l’emploi. Chaque année, on pourra mettre en débat, à partir des régions et au niveau national, chaque dispositif pour en contrôler et en évaluer l’efficacité. Cela concerne des dizaines de dispositifs ; depuis les aides locales jusqu’aux aides européennes. à partir de là, il s’agira de demander des bilans, des évaluations, de les mettre en débat et aussi, comme le prévoit la loi, de proposer des dispositifs alternatifs.

Alors, satisfait ?
Oui, parce que cela montre le rôle et l’utilité du Parti communiste au sein de la majorité gouvernementale. Surtout quand il peut s’appuyer sur la lutte des salariés avec leurs organisations syndicales. En même temps, j’ai bien conscience des nombreux obstacles qui vont encore se dresser pour maintenir l’opacité actuelle dans l’utilisation des fonds publics par les entreprises. Mais aujourd’hui, avec la loi «Hue», les salariés, les syndicats et les élus sont mieux armés pour y faire face

 

Anthrax

Le virus du doute

Le 19 octobre au Bengladesh, cinq cent femmes de la Fédération nationale des travailleurs du textile protestent contre la guerre.

Avec la révélation de nouveaux cas d’anthrax, les états-Unis se laissent peu à peu submerger par la peur. Dans le reste du monde, la poursuite des frappes renforce les doutes sur l’action militaire.
Chanter «dans la joie et avec force», c’est ce que recommande le président des états-Unis, Georges W. Bush, à ses concitoyens envahis par la peur du terrorisme biologique. Redoutable, au moment où chaque jour voit la révélation de nouveaux cas d’exposition à l’anthrax - la maladie du charbon -. à ce stade, deux précisions s’imposent :
• premièrement «exposition» n’est pas contamination. Hors les trois cas qui se sont avérés mortels, la plupart des personnes touchées ont été en contact avec la maladie sans la développer.
• deuxièmement, le nombre même de ces cas s’établissait, lundi dernier à douze. C’est assez, quand on y ajoute la dispersion géographique (la Floride, New-York, le Nevada) pour établir l’origine criminelle du déclenchement d’une maladie qui reste exceptionnelle à l’état naturel
Mais cela est trop peu, en l’état, pour céder à la panique, s’agissant, en outre, d’une affection non contagieuse et parfaitement sensible aux antibiotiques. Cela n’empêche pas les pharmacies d’être dévalisées et les alertes aux «enveloppes poudrées» [un vecteur possible de la bactérie] de se multiplier, propageant la psychose, y compris dans le reste du monde et en Europe.

Entre France, outre le lancement du plan «biotox», le gouvernement a annoncé la relance de la fabrication de vaccins antivarioliques, précisant bien qu’il s’agit de pure précaution. On ne sait rien de l’origine des agressions biologiques aux états-Unis ; aucun lien solide, notamment, n’a pu être établi avec les attentats du 11 septembre, leurs auteurs ou leurs complices.

Des doutes sur l’action militaire actuellement engagée
Cette panique, à laquelle semble cependant résister l’Europe, survient au moment où les informations précaires, et largement filtrées, en provenance d’Afghanistan ne font que renforcer les doutes sur les interventions militaires en cours. Des journalistes ont pu se rendre, le 14 octobre, dans un village apparemment détruit par les frappes aériennes, causant selon les talibans la mort de deux cent civils. Le Pentagone admettait, le même jour, qu’une bombe visant l’aéroport de Kaboul avait raté sa cible et explosé au milieu des habitations. Simultanément, la tension monte dans la région, et singulièrement au Pakistan où les manifestations gagnent en violence et où des heurts avec l’Inde ont eu lieu dans la région du Cachemire. Dans un tel contexte, les manifestations contre la guerre et contre le terrorisme, comme celles qui ont rassemblé des milliers de personnes à Paris le 11 octobre et à Londres le 13, apparaissent plus que jamais justifiées