La Dépêche de l'Aube n°629 du 11 Octobre 2001.......La Dépêche de l'Aube n°629 du 11 Octobre 2001

La dépêche de l'Aube n°629 du Jeudi 11 octobre 2001

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Election du candidat du PCF à la présidentielle

Les communistes aubois désignent Robert Hue

Du 1er au 6 octobre les adhérents de la fédération de l'Aube étaient invités à une première. Comme les communistes de toute la France, ils devaient désigner par vote à bulletin secret leur candidat à l'élection présidentielle.

Une consultation qui, semble-t-il, correspondait a une attente des militants puisqu'une majorité d'entre eux - 53,26 % - se sont prononcés. Avec 81,67 % des suffrages exprimés, Robert Hue arrive largement en tête du choix des communistes aubois devant Maxime Gremetz - 12,02% -.(voir tableaux des résultats). Cette bonne participation des adhérents de notre fédération, nous la devons à l'engagement des militants et des responsables des sections qui se sont mobilisés la semaine durant afin de donner la possibilité à chaque communiste (même à ceux habitants de petite commune rurale éloignées) de s'exprimer.
Je les en félicite. Au-delà du résultat, cette démarche représente une avancée démocratique certaine, puisque auparavant le candidat communiste était choisi par une conférence nationale. C’est aussi une particularité dans lepaysage politique français. Seul le candidat, jusque-là officiel mais contesté des Verts, a été désigné par une consultation directe interne. Avec cette procédure démocratique, le PCF rompt avec l'auto-désignation qui


Désignation du candidat du PCF à l’élection présidentielle de 2002 Résultats définitifs - Aube
Inscrits (CP au 6/10/2001)
995
-
Votants
530
53,26%
Blancs et nuls
6
1,13%
Exprimés
524
98,87%
Françoise Douchin
11
2,10%
Raymond Fallot
1
0,19%
Michel Feuillebois
2
0,38%
Maxime Gremetz
63
12,2%
Robert Hue
428
81,68%
Marie-Claude Larregain
7
1,34%
René Le Bris
1
0,19%
Grégoire Munck
0
0%
Christian Pallatier
7
1,34%
Candidats ayant retiré leur candidature
4
0,76%

 

 

est quasiment la règle dans la plupart des autres formations politiques.


64.000 communistes d'ores et déjà impliqués dans la campagne.

Le résultat national confirme que cette démarche est la bonne. Pourtant, déplacer aux urnes 64.000 hommes et femmes, même s'ils sont adhérents d'un parti politique, cela n'allait pas de soit. La tendance est plutôt à l'abstention comme le rappelle inlassablement chaque échéance électorale. Une telle participation est incontestablementun indice de l'état d'esprit des adhérentes et des adhérents du Parti communiste à l'égard de l'élection présidentielle. Elles et ils l'abordent non pas en faisant le gros dos, mais avec beaucoup d'ambition. L'ambition de parvenir à ce que cette élection, et tout ce qui se passera ensuite, soient marqués par le refus du retour de la droite et par les exigences de réelles solutions aux problèmes posés à notre société et au monde. Rassembler autour de cet objectif va nécessiter un engagement militant intense dans les semaines et les mois qui viennent. L'implication, d'ores et déjà, de plus de 64.000 femmes et hommes communistes dans le premier acte de cet engagement qu'est le choix de leur candidat est extrêmement encourageant.

Jean-Pierre Cornevin

Résultats par sections
-
Troyes
Romilly
Bar s/A
Bar s/S
Brienne
Douchin
1,08%
-
-
2,41%
11,86%
Fallot
-
-
-
-
1,69%
Feuillebois
0,54%
-
-
1,21%
-
Gremetz
10,81%
9,94%
12,12%
19,28%
10,71%
Hue
85,40%
87,78%
80,30%
68,67%
76,27%
Larregain
1,08%
0,76%
6,06%
-
-
Le Bris
-
-
-
1,21%
-
Munck
-
-
-
-
-
Pallatier
-
-
1,52%
7,22%
-
Candidats retirés
1,08%
1,52%
-
-
-
Résultats nationaux
CP au 6/10/2001
138.756
Votants
63.941
46,08%
Refus vote motivés
871
1,36%
Blancs et nuls
3.096
4,84%
Exprimés
59.974
93,80%
Douchin 2,72%
Fallot 0,39%
Feuillebois 0,25%
Gremetz 15,27%
Hue 77,41%
Larregrain 1,31%
Munck 0,24%
Pallatier 1,43%
Candidats s’étant retirés : 0,87%

Situation économique et sociale

Ne pas faire payer la note aux consommateurs

Situation économique et sociale dégradée, quatrième mois de hausse du chômage, multiplication des plans de licenciements, stagnation du pouvoir d'achat, ralentissement de la croissance, projets de budgets de l'État et de la Sécurité sociale insuffisants, euro en décalage avec les attentes des citoyens… De sérieuses difficultés s'accumulent.
Il y a urgence à abandonner les dogmes sur lesquels repose l'actuelle politique économique et budgétaire de l'Etat, faute de quoi les difficultés continueront de se creuser. Face à cette urgence, Robert Hue fait cinq propositions d'action immédiate susceptibles de constituer une nouvelle cohérence à gauche, une cohérence de dynamique sociale pour conforter la croissance. La France peut agir en Europe : carcan monétaire que la Banque centrale européenne impose aux États parce qu'elle est soucieuse exclusivement d'obéir aux exigences des marchés financiers; euro qui, nous disait-on, sera une monnaie utile aux entreprises, à l'activité, à l'investissement - on voit bien qu'il n'en est rien -; contraintes drastiques du pacte de stabilité européen sur les dépenses publiques ce qui conduit à de graves reculs dans le domaine de la santé.

Relance européenne concertée
pour soutenir la croissance: engagement d'une politique de grands chantiers - les transports avec le ferroutage -, de grands projets accompagnés d'objectifs précis et ambitieux en termes de créations d'emplois et de formation.

Budgets de l'État et de la Sécurité sociale
Il faut que le gouvernement entende les propositions des députés communistes qui disent que les hypothèses de départ en matière de croissance ne sont pas réalistes. Ce n'est pas une bonne idée de réduire de nouveau l'impôt sur les entreprises, quand il y a tant à faire en matière de santé, de recherche, de formation, de sécurité, etc.

Relever le pouvoir d'achat direct :
augmenter les salaires - et en particulier le SMIC -, les retraites et les minima sociaux, car le soutien à la demande intérieure est décisif pour le maintien et l'accroissement de l'activité, donc de l'emploi et de la croissance.

Établir un moratoire suspensif
sur tous les plans de licenciements: des dizaines d'entreprises sont touchées. La situation créée par des directions de grandes entreprises et des actionnaires totalement irresponsables est inacceptable. La loi de modernisation sociale et la loi Hue doivent être mises en œuvre. Une autre politique à gauche est une condition essentielle pour combattre aujourd'hui la récession qui s'annonce et répondre aux attentes du pays, et pour empêcher demain le retour de la droite. Les communistes sont résolus à agir pour cela au sein de la majorité et dans le pays, avec toutes et tous, les citoyennes et les citoyens, les salariés

Humeur

L’humanité progresse

Nos ancêtres sont impalpables et introuvables. Voilà que Lucy , notre grand'mère, qui se serait dressée fièrement sur ses jambes il y a 3 millions d'années, aurait des aïeux encore plus vieux qu'elle. ça nous coupe les pattes. Mais, toute découverte a ses revers : l' Ardipithécus (car on l'appelle ainsi) était cannibale ! Les premiers humains, certes pas encore homo sapiens sapiens, comme vous et moi, se mangeaient entre eux aussi bien à Tautavel qu'en Ethiopie et ça nous coupe aussi l'appétit. J'imagine l'australopithèque obligé de faire l'amour avec une muselière.
Aujourd'hui les hommes ne se mangent plus entre eux du moins directement, sauf catastrophe affamante, genre radeau de la Méduse. Mais va savoir ! La technologie réussit à faire bouffer de la viande aux ruminants et des pesticides aux humains des pays riches. Elle peut tout aussi bien mettre du terroriste haché dans les rations de corned-beef des G.I., histoire de donner aux combattants de la liberté les vertus de leurs ennemis.
S 'ils en ont ! dans 200.000 ans les chercheurs de l'université de New-Washington (anciennement Kaboul) retrouveront les restes calcinés de pré-humains de races diverses qui s'entretuaient pour régler leurs affaires. Dans les années 2000, la peine de mort était encore admise dans les états les plus peuplés et la guerre était une sorte de peine de mort collective qu'on infligeait aux peuples pauvres abritant les criminels. Ce faisant, les démocraties éprouvaient une grande émotion, presque une jouissance, car cela leur assurait, disaient-elles, les moyens et les arguments de leur survie.
Depuis, la guerre aussi est interdite et les post-humains ont trouvé d'autres sources de jouissance, on l'espère, plus aimables ?

Jean Lefèvre

Bombardements sur l’Afghanistan

Non au terrorisme ! Non à la guerre !

Avec le déclenchement des bombardements sur l'Afghanistan, nous vivons un moment grave que nous redoutions et qu'il aurait fallu absolument éviter", a déclaré dès dimanche soir Robert Hue au nom du Parti Communiste. Nous sommes préoccupés, inquiets, a-t-il ajouté lundi matin, lors d'une rencontre avec la presse.

Les risques d'engrenage sont réels. Et, s'ils sont avérés, alors les théoriciens et les activistes du terrorisme peuvent atteindre leurs buts, qui consistent, par tous les moyens, à accroître les foyers de tension internationale, de violence, de guerre. Il ne s'agit pas, bien au contraire, de renoncer à les combattre : il s'agit de le faire avec l'objectif d'extirper définitivement les germes du terrorisme. Toute action inconsidérée, même conduite au nom de cet objectif, peut produire les effets inverses. Toute action de riposte - et particulièrement militaire - ne peut être conçue que sous l'égide des Nations unies. Les responsabilités de la France et de l'Europe pour éviter un engrenage aux terribles conséquences sont d'une importance extrême."

Il faut combattre le terrorisme
"Il faut entreprendre une action résolue, de longue haleine et multiforme pour éradiquer le terrorisme, a indiqué Robert Hue. Les commanditaires et les auteurs des effroyables attentats du 11 septembre doivent être activement recherchés, appréhendés, jugés et châtiés. Les menaces proférées par Ben Laden, largement relayées par les télévisions du monde entier, sont intolérables. Cet individu, et l'organisation terroriste qu'il a créée, doivent être mis hors d'état de nuire." La France doit être solidaire et active dans cette action internationale contre le terrorisme, qui peut inclure, évidemment, le recours à l'usage de la force. Mais les opérations qui ont débuté répondent-elles à ces exigences ?

Des risques très sérieux
"De nombreux observateurs, a remarqué Robert Hue, et jusqu'à de hauts responsables de l'administration

américaine, expriment des doutes très sérieux sur la possibilité de les conduire sans conséquences pour le peuple afghan. Or, non seulement celui-ci n'a aucune responsabilité dans les abominables attentats du 11 septembre, mais il est en outre la première victime du l'oppression, la misère et se trouve aujourd'hui au bord d'une catastrophe humanitaire majeure. Pour ces millions de femmes, d'hommes, d'enfants, il convient par conséquent de tout faire pour éviter d'ajouter du malheur au malheur. Au-delà du peuple afghan, je pense également aux peuples de l'ensemble du monde arabo-musulman. Ils ont fait preuve jusqu'à présent, avec leurs dirigeants, de sang-froid et de sens de la responsabilité, en refusant l'amalgame entre ces actes terroristes et leur croyance en l'islam. La forme prise par l'intervention américaine en Afghanistan - avec ce qui apparaît comme des bombardements massifs - me fait craindre que le piège tendu par Ben Laden et les talibans fonctionne. Il ne faudrait pas que les extrémistes terroristes et leur idéologie totalitaire puissent nourrir le sentiment que, quoi qu'on en dise, c'est bien à un conflit entre l'occident et l'islam, entre un Nord arrogant et un Sud humilié, que l'on assiste."

Deux propositions immédiates
. Le secrétaire national du PCF a ainsi répété les deux propositions qu'il a avancées devant les députés mercredi dernier : "D'abord, il est urgent que l'organisation des Nations unies soit saisie de cette nouvelle situation, qu'elle en délibère et qu'elle prenne des initiatives afin que la lutte contre le terrorisme soit menée dans le respect du droit international, et non pas sous l'égide des États-Unis auxquels les autres pays sont simplement appelés à se rallier. C'est une condition de l'efficacité de la lutte contre le terrorisme. C'est l'intérêt de tous les pays et des États concernés. D'autre part, et dans cet esprit, l'engagement de la France, sous quelque forme que ce soit, ne peut être envisagé qu'à la condition que l'Assemblée nationale soit non seulement informée, mais qu'elle puisse débattre et décider de ce que doit être l'attitude de notre pays"

Moulinex - Brandt ,

Garantir l'emploi et l'avenir de l'électroménager

Les salariés du groupe Moulinex-Brandt sont en colère. Ils contestent d'être tenus à l'écart des solutions concernant l'avenir de leur entreprise.

L'existence de repreneurs déclarés ou potentiels est en soi une bonne nouvelle pour les salariés. Mais le temps presse pour le redémarrage immédiat des activités, compromis par l'attitude irresponsable des banques. Celles-ci ne se soucient pas de la création des conditions de continuité des activités, le temps nécessaire pour aller vers des solutions viables. C'est intolérable ! Le gouvernement doit tout faire, jusqu'au bout, pour obtenir des banques qu'elles assument leur responsabilité sociale. Or, en privilégiant des solutions en terme de "reclassements et préretraites" (Elisabeth Guigou, Le Parisien) ou de "reconversion des sites, des bassins" (Lionel Jospin, Ouest-France), le gouvernement ne laisse-t-il pas la part belle pour les banques, qui se dérobent à leur responsabilité, alors que le premier ministre appelle tous les acteurs de la vie économique à faire preuve de "patriotisme économique" ?

Les propositions de reprises partielles
des candidats à la reprise et la cession site par site seront catastrophiques pour l'emploi et l'avenir de cette industrie. Les inquiétudes demeurent face au démantèlement et aux solutions de morcellement du groupe Moulinex-Brandt. Tout un acquis industriel,

social et culturel est en passe d'être exposé à la liquidation.

En l'état actuel des choses, tout n'a pas été tenté pour redresser la situation
Moulinex-Brandt dispose d'atouts pour dépasser les difficultés actuelles, se développer et participer à la reconquête d'une grande industrie nationale et européenne de l'électroménager. Les contre-propositions avancées par les syndicats à cet effet n'ont jamais fait l'objet d'un examen sérieux de la part des employeurs, des actionnaires, des banques et de l'Etat. Le projet de loi sur la modernisation sociale rend obligatoire un tel examen; tout refus doit être expressément motivé. Le gouvernement peut donner instruction pour anticiper sur l'esprit de cette future loi et, dans ce but, suspendre le processus.

Le bon sens doit l'emporter
Le devenir de l'emploi, l'intérêt de dizaines de milliers de familles, le développement et l'aménagement des bassins d'emplois, des régions, des pays doivent être la préoccupation première. Les communistes proposent d'organiser très rapidement une table ronde économique et sociale (régionale et interrégionale) associant tous les intéressés et en l'occurrence les banques pour avancer des solutions de relance des activités favorisant de véritables coopérations et synergies