La dépêche de l'Aube n°849 du Vendredi 30 décembre 2005

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Cinq cent mille personnes dans les rues pour une superbe manif-attitude en réponse à la méprisante "positive attitude

Bientôt 86 ans et toujours...Dernier regard sur 2005.

C’était en plein mois de février. Cinq cent mille personnes dans les rues pour une superbe manif-attitude en réponse à la méprisante "positive attitude" de Raffarin.
A Troyes ils étaient (vous étiez) deux mille manifestants pour demander au gouvernement de ne pas casser les 35 heures, de relancer l'emploi, augmenter les salaires et faire reculer les inégalités. Au delà de cela il y avait chez beaucoup d'entre eux également une profonde inquiétude concernant l'avenir. Où va nous mener cette régression sociale politiquement organisée ?
L'acharnement des politiques gouvernementales et des pressions patronales pour imposer la concurrence de tous contre tous, heurte de front les aspirations à vivre et à travailler autrement ainsi que les valeurs de partage, de coopération, de solidarité en France, en Europe et dans le monde qui émergent.


La très longue cure d'amaigrissement infligée aux salaires, aux retraites et pensions, aux indemnisations de chômage comme aux minima sociaux est durement ressentie. La pauvreté gagne des couches de plus en plus nombreuses de salarié(e)s, notamment chez celles et ceux qui sont précarisé-es, en premier lieu les jeunes et les femmes. Ces situations insupportables appellent une revalorisation générale des salaires, des indemnités et des minima sociaux. C'est une exigence de justice et c'est la condition d'une croissance durable permettant le développement de l'emploi, des qualifications, d'une réponse efficace aux besoins de sécurisation des parcours professionnels, de santé, de formation, d'accès pour tous à l'énergie, aux transports, à la culture. Dans la manifestation les militants communistes appelaient à la reconquête populaire de la politique


JPC

...porteuse de votre révolte...

Depuis vingt ans, l’industrie textile a perdu dans l’Aube plus de 20 000 emplois. Et à chaque fois pour la même raison ; la recherche de profits immédiats et faciles dans les pays à bas salaires, où il n’existe ni protection sociale, ni droit pour les salaires. Aujourd’hui, c’est toute l’industrie de main-d’oeuvre qui est touchée par les délocalisations. Ajoutons encore qu’un rapport du sénat prédit aussi la disparition de 300 000 emplois dans les services. Au Conseil général de janvier 2005, suite à la fin des quotas d’importations en provenance de Chine, les élus communistes avaient proposé l’adoption d’un voeu demandant au gouvernement et à l’Europe de prendre des mesures pour s’opposer à cette invasion de produits venant de ce pays, pour le plus grand bien des patrons installés en Chine et de la grande distribution.
La droite de l’assemblée départementale s’y est opposée. Son président Ph. Adnot tout comme F. Baroin sont les adeptes de la «TVA sociale» si chère au MEDEF. En fait de sociale, c’est plutôt une TVA


anti sociale qu’ils préconisent. Ils ne proposent en effet rien d’autre que de faire payer aux consommateurs les charges sociales patronales qui servent à financer la protection sociale, la santé, les retraites... Cette disposition n’empêcherait à aucun moment les délocalisations qui deviennent pour la droite le prétexte pour accorder de nouveaux cadeaux aux patrons. La seule disposition qui peut être dissuasive on la retrouve dans la récente proposition de loi déposée par les députés communistes. Les délocalisations étant à chaque fois justifiées par la différence de salaire entre la France et d’autres pays, la proposition du PCF consiste à appliquer une taxe sur cette part de salaire d’un produit importé afin de la mettre au même niveau que s’il était fabriqué dans notre pays. Ainsi, l’employeur perdrait tout intérêt à délocaliser. Il serait bien obligé à y regarder à deux fois.

JT

L’appel à abonnement pour 2006

Raffarin, Villepin, en 2005 la droite a encore tapé dure…Ouf ! heureusement tout de même que le peuple à mis une bonne claque au libéralisme en rejetant le projet de constitution européenne de Giscard.
Mais il ne suffit pas de regarder les misères urbi et orbi, de voir les yeux creux des enfants de la soupe populaire, de fustiger les vendeurs d'argent, les requins, qu'on appelle banquiers des mers, de râler contre les prêteurs sur gage et le gage c'est votre vie, de désigner enfin les tares du système, les injustices, les cruautés, les fins de mois pauvres et même pas de fin de mois du tout. Non, ça ne suffit pas, il faut aussi trouver des solutions pour des lendemains qui chantent et ne déchanteront plus.
En attendant ce monde d'épaule nue comme dit Aragon, on bâtit des hypothèses, on échange des théories, on pèse les colères, et, bien entendu, on lit l'huma et la Dépêche de l'Aube. Et pour que ces journaux modestes mais nécessaires vivent, il leur faut des soutiens, des abonnements, des dons …
Voilà pourquoi, je vous invite à renouveler votre abonnement et votre amitié au plus ancien journal du département qui fêtera ses 86 ans. Votre contribution financière, aussi vitale soit-elle, sera également un encouragement pour les camarades qui s'emploient à faire vivre la Dépêche de l'Aube au quotidien dans le bénévolat et le dévouement.
D'avance merci

Le Directeur de La Dépêche de l'Aube,
Jean Lefèvre.

...en 2006 on compte sur vous...

Sans doute était-ce un signe révélateur du grand rassemblement qui allait s'opérer autour du Non de gauche et de la victoire du 29 mai 2005 qui allait s'ensuive. Ce qui est certain c'est que le succès du débat public du lundi 14 mars 2005 auquel participait le parlementaire communiste, Francis Wurtz a jeté dans notre département les bases d'une campagne électorale menée tambour battant par les hommes et les femmes qui avaient fait le choix de refuser le carcan de l'Europe libérale. Ce soir là dans l'amphithéâtre plein comme un œuf de la fac de l'Hôtel-Dieu qui accueillait pour la première fois un débat politique, il s'est comme on dit "passé quelque chose" Faut il rappeler que Francis Wurtz est celui qui avait dénoncé dès septembre 2003 "la face cachée de la constitution Giscard" Le décryptage du projet de constitution avait ensuite été publié à plusieurs millions d'exemplaire par le journal l'Humanité. A peine un an plus tard les communistes par l'intermédiaire de leur député européen et de l'Humanité dévoilaient "la bombe Bolkeinstein".


JPC .

Humeurs...

LES PRUNES DE LA COLERE
Vous l'avez remarqué, à Troyes une répression féroce tombe sur les véhicules mal garés. J'ai pris trois prunes, moi Malicette qui vous cause, trois prunes bien identifiées selon le Président des Croqueurs de Pommes à qui je les ai présentées. Ah ! oui, il a dit, en son jargon de jardinier, ce sont des prunes d'origine locale, parfaitement connues de nos spécialistes, très consommées en toute saison, bien qu'irritant le foie et sujettes à l'urticaire métaphysique. Elles ont la forme d'une gaufre sans en avoir la saveur. On les rencontre sur les pare-brise où elles poussent en abondance dans les périodes de forte précipitation festive.
En ces périodes de fêtes, c'est vrai, l'automobile cherche le moindre trou pour se garer. Gare aux panneaux d'interdiction peu visibles comme place de la préfecture. Gare à la rue Charles Gros jusqu'ici exempte de ronde policière. Cette artère pleine de cholestérol, complètement délabrée et parallèle à la rue Perdue, n'est pas perdue pour tout le monde. Elle rapporte à chaque ronde policière de 350 à 1000 euros. C'est mieux que le livret de Caisse d'épargne. Certains conservent ces prunes une quinzaine de jours, le temps de digérer leur colère. Ils font ensuite un chèque qu'ils envoient au Trésor public. Quand ils rentrent chez eux, après avoir déambulé pour des prunes, ils évitent d'appeler leur conjoint "mon trésor". .

Malicette

La France dit NON à l'Europe libérale

Quelle belle victoire. D'autant plus belle qu'elle a été rendue possible malgré le total engagement des médias pour le OUI et les moyens financiers exorbitants des soi-disant "grands partis de gouvernement" (PS, UMP, UDF, VERT) qui avaient tous sortie leur machine de guerre électorale pour assurer la victoire du libéralisme et le couronnement des marchés financiers.
Avec 57,02% les Auboises et les Aubois l'ont dit plus fortement encore. Mais comment s'en étonner. Le résultat de la construction libérale de l'Europe, ils le paient au quotidien. L'industrie textile auboise a été décimée par le dumping social et fiscal que l'on nous proposait d'inscrire dans le marbre de la constitution. Les Aubois ont dit "Non" malgré l'engagement pour le "Oui" de tous les leaders politiques de la droite départementale. Ce qui a démontré là un formidable


décalage entre la population auboise et ses élus.
Cette victoire du "Non" est un appel à construire au plus vite l'Europe sociale, une Europe de la solidarité, du progrès pour tous, qui refuse la loi de la jungle, la mise en concurrence des travailleurs, le dumping social qui n'enrichit que les détenteurs de gros capitaux.
Ce vote, nos gouvernants ne l'ont toujours pas accepté. Chirac n'a toujours pas dit qu'il retirait la signature de la France au bas du traité soumis à référendum. Il a fallu attendre cinq mois pour que les socialistes annoncent du bout des lèvres que s'ils revenaient au pouvoir ils n'appliqueraient pas ce projet constitutionnel.
Pourtant le message adressé par notre peuple à la gauche a été lui aussi très clair. Il attend d'elle courage et engagement face aux forces de l'argent.

JPC

Le projet Adnot-Baroin recalé, celui de la Champagne-Ardenne reconnu d'intérêt mondial

C’est le 12 juillet que le gouvernement a dévoilé la liste des pôles de compétitivité qu’il avait décidé de retenir. Au départ, quinze à vingt seulement devaient être annoncés, mais en fin de compte sur les cent-cinq déposés, soixante-sept ont été retenus. Une décision qui n’a pas manqué de jeter un froid dans notre département qui croyait dur comme fer que le projet déposé par Adnot et Baroin serait labellisé pôle de compétitivité.
La venue de Thierry Breton au ministère de l’économie et des finances que Philippe Adnot, président du Conseil général présente comme l’un de ses amis personnels et la nomination de François Baroin, ministre de l’Outre-Mer dans le gouvernement Villepin, laissaient penser que tous les atouts étaient réunis en faveur du pôle de compétitivité aubois. Mais il n’en fut rien puisqu’il se retrouva parmi les trente-huit dossiers recalés sur les cent-cinq déposés. Beaucoup de monde dans notre département s’interroge ainsi sur le poids réel de Ph. Adnot et F. Baroin au plan national. En effet, que celui de l’Aube n’ait pas été retenu sur les soixante-sept choisis par le gouvernement conduit légitimement la population à se poser cette question est d’autant plus légitime que la plupart des régions françaises ont décroché plusieurs pôles de compétitivité. Or, en Cham-pagne-Ardenne, seul celui défendu par le Conseil régional en collaboration avec la région Picardie a été retenu. Il est même qualifié pôle de compétitivité à vocation mondiale.



JT

Encore 300 suppressions de postes de travail dont aux moins 170 licenciements inacceptables

Troyes/Agglo Ecole Romain Rolland Démolition annoncée les parents se rebiffent !

Depuis les années 2000, la casse de l’emploi dans le 1er fabricant de chaussettes en France n’en finit pas. Depuis cinq ans, ce sont 600 emplois qui auront disparu suite aux choix de la direction de délocaliser sa production en Roumanie. Mais avec le dernier plan de casse, s’en sera fini de la fabrication des chaussettes à Romilly. L’actionnaire unique du groupe Jacquemard n’a pas tenu ses engagements de 2003 de maintenir à Romilly 30% de la production et il n’a à aucun moment voulu entendre les propositions faites à cette époque par les salariés et leurs représentants syndicaux.
A chaque fois, les restructurations ont été présentées comme nécessaires. On voit aujourd’hui le résultat : 300 nouvelles suppressions et emplois dont 150 licenciements secs et la fin de toute production à Romilly. L’Etat est tout aussi responsable de cette casse puisque depuis 1997, il a continué à attribuer des


aides publiques sans demander de comptes à la direction qui licenciait et délocalisait. La grande distribution n’est pas non plus exempte de responsabilités dans cette casse massive de l’emploi. Pour accroître ses marges, elle exerce une pression d’enfer sur les donneurs d’ordre en exigeant des prix cassés qui ne profitent toujours pas aux consommateurs et elle pousse par le biais des importations massives à la concurrence entre les salariés et les pays. Employeurs, grande distribution et la droite qui les soutient, bradent notre industrie nationale, ils jouent contre l’intérêt de la France et mettent des millions de salariés dans la misère, la précarité et l’incertitude du lendemain.
C’est ça l’ultra libéralisme auquel il faut énergiquement s’attaquer car l’être humain doit primer sur le CAC 40 et les dividendes des actionnaires.

JT

Santé-Protection sociale
L'Aube pire qu'ailleurs

Santé-Protection sociale- L'Aube pire qu'ailleurs

Les faits sont têtus, les Aubois et les Auboises subissent toujours plus douloureusement qu'ailleurs les choix sociaux et économiques du gouvernement.
C’est le cas pour la santé.
La Champagne-Ardenne est une des régions de France "les moins bien pourvues" en terme de santé, remarquait l'INSEE dans ses statistiques 2000-2001, avec des disparités criantes entre l'Aube, les Ardennes et la Haute-Marne " qui disposent à eux trois de moins de praticiens que le seul département de la Marne ".Et depuis les choses ne s'arrangent pas bien au contraire.
La clinique de Bar sur Aube a été fermée et remplacée par un "service d'urgence" laissant le bassin de vie de cette sous-préfecture sans véritable équipement hospitalier de proximité. A Romilly S/Seine, le conseil d'administration de l'hôpital a chiffré à quarante le nombre de postes à pourvoir pour un fonctionnement normal des services. Quant à l'Hôpital de Troyes qui rencontre lui aussi un sérieux problème d'effectif, son Conseil d'administration a dû voter une augmentation du prix de la journée d'hospitalisation qui va se traduire par une ponction d'un million d'euros dans les poches des assurés sociaux et de leurs mutuelles.
De plus en plus d'Aubois et d'Auboises sont confrontés directement au manque de moyen criant qu'ont les hôpitaux pour faire face à leur mission de santé publique.
Au mois de novembre les communistes ont organisé un forum sur la santé où ils ont mis en débat leurs propositions pour une vraie réforme de la sécurité sociale.


JPC

Emploi, délocalisation, politique industrielle 250 participants pour débattre avec M.-G. Buffet

Emploi, délocalisation, politique industrielle 250 participants pour débattre avec M.-G. Buffet

Emploi, délocalisations, politique industrielle étaient au coeur du troisième forum citoyen qui s’est tenu le 1er décembre à Romilly-sur-Seine avec la participation de Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, d’un représentant du MRC et du mouvement ATTAC. Plus de 250 personnes ont participé à cette initiative qui s’inscrivait dans la campagne nationale des 1000 forums citoyens initiés par le PCF.
L’objectif de ces forums est de riposter à la politique du gouvernement Villepin-Sarkozy car la casse sociale qu’elle génère ne peut pas attendre et de mettre en débat pour construire avec les citoyens et les forces de gauche les solutions à mettre en oeuvre pour s’attaquer au libéralisme. Les participants à cette initiative ne sont pas restés passifs face à cette invitation à débattre.


Tour à tour, salariés de Jacquemard, chômeurs et précaires, cheminots des ateliers SNCF de Romilly, agents EDF de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, élus, retraités, enseignants ont exprimé leurs points de vue. Aucun n’est reparti sans avoir eu une réponse précise et argumentée de Marie-George Buffet. Comme la secrétaire nationale du PCF l’a indiqué, «si on s’y met tous ensemble, comme pour la campagne du Non à la constitution européenne, tout reste possible. Comme pour le référendum du 29 mai, il faut jouer la gagne pour battre la droite et sa politique et pour mettre en oeuvre le programme anti libéral construit avec les citoyens pour cette fois changer vraiment la vie de nos concitoyens».


JT