La dépêche de l'Aube n°847 du Vendredi 16 décembre 2005

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Romilly-sur-Seine 400 dans la rue pour la défense de l’emploi

Romilly-sur-Seine
400 dans la rue pour la défense de l’emploi
.

Samedi 10 décembre, ils et elles étaient près de 400 personnes à battre le pavé romillon pour défendre l’emploi et pour dénoncer avec la plus grande fermeté la suppression de 300 nouveaux emplois chez Jacquemard.
En quelques années, le secteur Romilly/Nogent a en effet perdu 1 600 emplois comme l’a rappelé François Robert, délégué CGT de chez Jacquemard.
Rappelons la venue, le 1er décembre de Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, qui justement participa à un forum citoyen sur cette question de l’emploi, des délocalisations et de la politique industrielle. (1) Cette manifestation constitua le deuxième temps fort d’une mobilisation pour le droit au travail pour toutes et tous.
Cette initiative était organisée par les unions locales CGT et CFDT, par le PCF et ses élus, ATTAC, le MRC, le PS, la CNL et le Secours populaire français. Comme cela fut souligné par les organisateurs, cette manifestation ne sonne pas la fin d’une histoire mais au contraire elle est le point de départ de nouvelles mobilisations fortes. D’ailleurs pour s’en donner les moyens, les organisateurs ont décidé de créer à Romilly, un comité d’action et de vigilance pour la défense de l’emploi qui se réunira en janvier pour envisager d’autres initiatives.
La non participation de l’association Corail qui regroupe une partie des commerçants a été très sévèrement condamnée. Malgré tout, quelques uns avaient tenu à baisser leur rideau ou à sortir de leur magasin pour exprimer leur solidarité. Un coup de chapeau à la boulangerie de la rue A. France qui, ajouté à ce signe de solidarité, la distribution de croisants aux manifestants.
L’absence des maires des communes environnantes était également remarquée et tout autant condamnée. «Qu’ils viennent nous trouver pour que l’on vote pour eux» s’exclamaient certains des participants.
Mais la palme de la colère des manifestants a été décerne à Michel Cartelet, maire de Romilly. Et il l’a bien méritée ! En effet, la veille de cette manifestation, il apporta par le biais de la presse locale, un soutien sans faille au PDG du groupe Jacquemard en le suppliant de convaincre les salariés du bien fondé de la casse de 300 emplois. Il est vrai que depuis des mois, il explique que «Romilly ville de production c’est fini», Et bien, aujourd’hui avec Baroin, Menuel et le PDG, il pourra se vantger d’avoir participé à l’enterrement de la production de chaussettes à Romilly, car chez Jacquemard, c’est bien de cela qu’il s’agit avec les derniers investissements réalisés en Roumanie.
Qu’un maire ne soit pas aux côtés des salariés qui défendent leur emploi et donc les intérêts de la commune a été très sévèrement jugé par les manifestants qui scandaient « Cartelet dehors ». Ces propos ont aussi très choqué une grande partie de la population romillonne qui n’hésite pas à l’exprimer. Cette attitude de Cartelet est jugé comme une véritable trahison du maire à l’égard de celles et ceux qui souffrent et qui sont victimes des choix égoïstes du patronat. Cartelet a fait un choix, celui d’être aux côtés des patrons, les manifestants et les formations organisatrices de cette initiative ont fait celui de la défense des droits des salariés à vivre de leur travail et dans la dignité.

LDA


(1) Parmi les manifestants, on pouvait reconnaître Pierre Mathieu, vice-président du Conseil régional, Joë Triché, Conseiller général, Anna Zajac, Conseillère municipale de Troyes et déléguée communautaire à la CAT, Yves Bouteiller, Gilles Ponti, Chantal Dujancourt, Conseillers municipaux de Romilly, Rolande Barthélémy et Angélique Cheik retenues ailleurs s’étaient excusées ainsi que Jean-Pierre Cornevin, secrétaire départemental du PCF qui participait aux travaux du CN à Paris

 

 

Conseil municipal du 13 décembre
Très vive réaction de Joë Triché
suite à la déclaration du maire


Les propos tenus par Michel Cartelet, la veille de la manifestation pour la défense de l’emploi à Romilly ont suscité une très vive émotion chez les salariés et dans la population.
Dans une lettre ouverte, adressée au maire, l’intersyndicale déclare notamment : «Une fois encore les «Jacquemard» s’aperçoivent qu’ils ne peuvent pas compter sur vous. Donc continuez à travailler discrètement, les salariés se sont toujours passés de vous et ils le feront encore».
Après l’intersyndicale visiblement très en colère, c’est Joë Triché qui a profité du Conseil municipal du 13 décembre pour, à son tour, très fermement condamner des propos qui ne sont pas dignes d’un maire. L’élu communiste a notamment déclaré : «Je voudrais me faire l’interprète de l’extrême colère qu’ont suscitée vos propos, la veille de la manifestation pour la défense de l’emploi à Romilly.
Ces propos ont été vécus comme une véritable trahison à l’égard du monde du travail et d’une ville en extrême souffrance, suite à la casse de plus de 1000 emplois depuis les années 2000.
Qu’un maire puisse à ce point s’engager aux côtés d’un PDG qui a décidé de faire disparaître 300 emplois ainsi que le reste de la production de chaussettes est intolérable.
Qu’un maire puisse demander à ce PDG de convaincre les salariés du bien fondé de ce projet a été vécu comme une véritable provocation à l’égard des victimes de cette casse.
Vraiment, ce patronat liquidateur d’emplois et bradeur de l’intérêt national ne pouvait espérer un pareil soutien.
Alors que partout, récemment encore à Saint-Dizier, les élus, la population, avec les salariés se mobilisent pour refuser cette casse de l’emploi et pour défendre la ville, à Romilly on retrouve le maire aux côtés des casseurs.
C’est honteux et extrêmement grave..

 

Non à la TVA "dite sociale"
Oui à la taxation des importations

Ces dernières semaines un certain nombre de responsables politiques et économiques locaux au rang desquels figurent F. Baroin, Ph Adnot et le nouveau président de l'union des industries textiles, (organisation patronale) se sont déclarés pour l'instauration de la TVA dite sociale afin d'éviter les délocalisations de production.
En fait cette TVA "dite sociale" est un mécanisme qui se substituerait aux charges sociales, mais qui ne répondrait nullement à l'objectif affiché. D'une part cette TVA étant par définition proportionnelle et appliquée à tous les produits elle ne ferait qu'accroître les écarts de prix entre les biens produits en France et ceux qui sont importés. Cet écart de prix accru par la TVA inciterait d'autant plus le consommateur à acheter les produits ou services provenant des pays à faible salaire et faible couverture sociale. D'autre part ce mécanisme provoquerait une inflation affectant directement le pouvoir d'achat déjà érodé depuis les trois dernières années. Cette diminution supplémentaire du pouvoir d'achat engendrerait à son tour une baisse de la consommation et un ralentissement de la croissance. Nous amplifierions alors la récession. Enfin les différentes politiques d'allègement de charges sociales menées depuis 20 ans ont à ce jour démontré leur inefficacité en matière de création d'emploi. L'écart de coût du travail entre la France et les pays émergeants est tel que ce ne sont pas ces allègements qui permettront de le résorber. L'instauration de la TVA sociale ne deviendrait en fait qu'une mesure de suppression des charges sociales ( au grand bonheur du MEDEF) sans contrepartie en terme d'emploi (sans effet sur les délocalisations) et comportant néanmoins des risques sérieux pour notre croissance.
Une proposition de loi communiste
Or si la France ne prend pas rapidement des mesures législatives fortes pour enrayer les délocalisations de production, c'est tout notre édifice social qui risque d'être remis en cause (sécurité sociale, départ de l'âge à la retraite, indemnisation du chômage etc..) Pour sortir de ce cercle vicieux les députés communistes viennent de déposer à l'assemblée nationale une proposition de


loi qui instaurerait un droit d'accès aux marchés calculé en fonction des écarts de salaires et de protection sociale entre les pays importateurs et exportateurs. Ce prélèvement différentiel d'importation serait établi sur chaque produit en déterminant la part du facteur travail dans l'élaboration du prix de revient ; un taux correspondant au différentiel de coût du travail et de protection sociale serait appliqué. Ce taux fixé par pays et par secteur d'activité serait évidemment évolutif puisque, au fur et à mesure de l'amélioration des conditions d'emploi (salaire et protection sociale), son niveau s'en trouverait d'autant diminué. Plus les entreprises d'un pays paient et protègent leurs salariés, moins leurs exportations supporteraient de prélèvements. Ainsi entre deux pays où le coût du travail et la protection sociale sont analogues, le taux du prélèvement serait nul. Les Etats et les entreprises n'auraient donc plus intérêt à pratiquer le dumping social et seraient au contraire incités à augmenter les salaires et le niveau de protection sociale pour voir régresser les taux de prélèvements. Ce mécanisme préserverait nos emplois mais inciterait aussi à l'amélioration des conditions de travail des salariés des pays émergeants. L'application de ce prélèvement diminuerait l'intérêt de délocaliser la production pour ensuite vendre les produits sur le territoire européen400. En revanche les investissements français à l'étranger visant à satisfaire les marchés locaux et régionaux ne seraient nullement affectés. Le prélèvement s'appliquant aux seuls bien importés, il ne pénaliserait pas les investissements en vue de satisfaire les nouveaux besoins des marchés émergeants.
Dans un souci d'efficacité et de cohérence il serait souhaitable que ce dispositif présente un caractère mondial. La France et son législateur pourrait dès le vote d' un tel prélèvement, proposer que soit ouverte la négociation sur l'extension de cette mesure à l'Union Européenne, et aux institutions intergouvernementales et internationales (ONU, OIT, OMC).


JP Cornevin

EDF : pour soutenir la bourse saignée dans le personnel

Trois semaines seulement après l'introduction en Bourse de l'électricien français, la logique libérale paie au prix fort. Pour faire monter le cours fléchissant de l'action, on opère une saignée dans le personnel. Tout cela est malheureusement habituel dans une société où prévalent les critères du profit financier, l'actualité sociale est riche en plans de licenciements boursiers qui jettent sur le pavé des dizaines de milliers de salariés…, sauf que, dans le cas présent, le gouvernement et le Premier ministre en tête avait assuré que l'ouverture du capital n'affecterait en rien le caractère public de l'entreprise dès lors que l'État y restait majoritaire. Et les privatiseurs masqués jouaient les outragés chaque fois que l'on prononçait le mot impudique de privatisation. C'était, à les en croire, leur faire un procès en sorcellerie. Les faits sont têtus. Et il n'a pas fallu attendre longtemps pour le constater.
La propagande gouvernementale, jouant sur l'air de l'attachement au service public, n'avait pas été pour rien dans le fait que l'ouverture du capital avait attiré cinq millions de souscripteurs. Des usagers ont dû y retrouver écho à la confiance qu'ils avaient dans une entreprise nationale créée dans a foulée de la Libération, qui n'a cessé depuis de moderniser le parc de production, d'assurer un égal droit à l'électricité sur l'ensemble du territoire et l'indépendance énergétique du pays. Ces petits actionnaires ont été trompés sur les objectifs que


se fixait réellement le gouvernement. Il s'agissait, au grand dam du service public, d'une entreprise de libéralisation.
Pour de Villepin, la décision d'EDF "fait partie des exigences du monde d'aujourd'hui de s'adapter". S'adapter à quoi ? Aux besoins grandissants de modernisation, de recherche et de sécurité notamment en matière nucléaire ? Ou aux exigences de rentabilité financière à courte vue ? Ce qui est particulièrement dangereux pour le développement de l'entreprise. Un exemple : pour parvenir aux objectifs annoncés, EDF prévoit de ne remplacer, selon la fédération Énergie de la CGT, qu'un départ en retraite sur quatre dans le secteur tertiaire, notamment dans la recherche. Le recours à la sous-traitance avec du personnel moins payé sera dès lors augmenté. La direction cherche à baisser la masse salariale alors que huit milliards d'euros ont été provisionnés en 2004 pour rémunérer les actionnaires.
La bataille de l'énergie publique à 100% ne sera gagnée que si elle devient une affaire publique, impliquant évidemment les travailleurs d'EDF (dont chacun se souvient avec quelle rapidité ils avaient remis sur pied tout le réseau frappé par la tempête de décembre 1999), mais au-delà de tous ceux qui pensent que l'électricité n'est pas une marchandise comme une autre, mais un bien public à partager .

Humeurs...

SOURIRE C'EST SELON
"Vous êtes toujours souriante Malicette quand on vous appelle au téléphone". Ah ! Monsieur, comme une caissière à son premier client, comme un chômeur reçu par un employeur, comme un dentiste qui va vous arracher une dent, comme un politicien qui a du mal à vendre ses idées. Le sourire à notre époque est une nécessité vitale. Il faut toujours montrer ses plus belles dents. Surtout quand on vient de perdre son emploi, ou quelque chose comme ça de vital.
Ceux qui ont du travail n'ont pas besoin de se faire violence. Ils sourient spontanément en cas de petit bonheur, si toutefois leur foie fonctionne bien. Le travail est une vérité souriante naturellement et qui se suffit à elle-même. Le travail c'est bien la liberté de manger, de boire, d'aimer et de sourire à qui l'on veut et même au patron ,tiens, pendant qu'on y est.
Et si le travail c'est la liberté, inscrite au tympan des Droits de l'Homme et de la Femme, c'est donc que le manque de travail est une atteinte grave à la liberté et aux Droits de l'Homme et de la Femme. Faut les retourner parfois les idées toutes faites.
Et que je ne voie personne en sourire !

Malicette

NON au 11 novembre comme date commune aux commémorations

ANACR Après le Congrès départemental (20 novembre)
NON au 11 novembre comme date commune aux commémorations
Le projet de résolution de l'ANACR de l'Aube demande que la victoire du 8 mai 1945 ne soit jamais effacée des commémorations. Il refuse qu'elle soit remplacée par une date commune à toutes les commémorations, date qui pourrait être celle du 11 novembre, comme 25 députés UMP l'ont demandé.
Les délégués du Congrès "élèvent une énergique protestation contre cette proposition de loi et appellent les citoyens à réagir pour que soit étouffée dans l'œuf toute récidive de ce type."
Il ne faut pas banaliser le sacrifice des Résistants ni effacer la signification de la Victoire du 8 Mai qui fut une victoire contre le nazisme, obtenue grâce à une mobilisation populaire, celle des Résistants.

Culture
LE TPC AFFRONTE LES HEURES DE REPOS

Les 81 Minutes de Mlle A, pièce de Lothar Trolle, auteur de l'Ex RDA vient d'être mise en pièce (s) par le PTC et les Colporteurs de la Forêt d'Orient (1). Mise en pièce, n'y voyez là aucune malice car le texte de l'écrivain allemand est une sorte de pâte informe qui laisse libre cours au metteur en scène pour en faire des petits pains digérables. Pierre Fabrice est bon boulanger et bonne pâte d'accepter un tel défi. Il a choisi trois actrices de talent (2), une voix-off (Christian Brendel) et un musicien-chef de rayon (Philippe Cuisinier) et taillé de ce magma une œuvre originale, surprenante et même audacieuse. C'est le monde de l'usine (ici du supermarché) que Trolle veut éclairer. Savoir ce que fait, ce que pense Mlle A. caissière, morcelée en trois personnages, pendant ses 81 minutes de repos ? Je vais vous le dire- Mlle A déconne franchement, chante, saute, revisite le théâtre antique et moderne sans oublier le cinéma, lit la presse du cœur, fumote dans son armoire, fait des grâces à son miroir. Tout cela n'est pas sans rappeler ce que racontait Suzanne Parigaux, vieille militante syndicale, des frasques ouvrières dans les usines textiles troyennes vers 1950. Le temps de repos était un temps du tout propos.
Trolle par ce biais et sans en avoir l'air touche à la condition ouvrière, aux fatigues dues aux cadences et à l'esprit débridé des ouvrières ainsi disponibles pour tous les pugilats, théâtraux entre autres. Une caissière qui cause fait marcher sa langue, la langue qu'on veut parfois leur couper. Quand on ouvre le poste et la télé, qui s'approprie la langue ? -Les beaux parleurs, ceux qui "savent", les Jack Lang qui montrent du doigt les "imbéciles" qui votent Non au référendum . Mais ces caissières qui n'y comprennent rien à l'économie ou à la politique font un bras d'honneur à ces messieurs cravatés, une échappatoire qui rachète la misère du monde ouvrier déshumanisé. La galère d'un côté et de l'autre un cri protestataire. Du temps volé au travail, du temps de révolution disponible !
Beau matériau donné là à un metteur en scène inventif et coruscant qui sait travailler la pâte dramatique. Un travail qui a permis de redécouvrir les talents majuscules de ces comédiennes et comédiens, intermittents pour les cachets, permanents pour le travail et qui ajoutent leur verve ou leur sérieux au labeur élaboré du metteur en scène. La musique de Philippe Cuisinier sonne à la Brecht et donne au spectacle la distanciation nécessaire, ni parodie, ni réalisme, du bon, du vrai théâtre d'auteur.
Ajoutons que le théâtre Gérard Philipe était bondé, preuve d'une bonne vitalité côté Compagnie théâtrale et côté direction de cet espace renommé., preuve d'une gestion parfaite.

Jean Lefèvre

(1) Philippe Cuisinier-Marie Duratti.
(2) Marie Hélène Aïn, Marie Duratti, Maria Naudin.

CAT - orientation budgétaire Dans l’Aube, la fracture sociale progresse à grand pas !

A l’occasion du débat d’orientation budgétaire, la Conseillère communautaire communiste Anna Jazac a dénoncé les choix politiques du Président de la CAT qui vont accentuer encore les inégalités.
Son intervention :
«La réforme de la taxe professionnelle envisagée par le gouvernement auquel vous participez qui est en cours de discussion à l'Assemblée nationale où siègent majoritairement vos amis politiques, va pénaliser lourdement la fiscalité de la communauté de l'agglomération troyenne.
Aujourd'hui, ce qui se dessine, c'est une fiscalité qui va peser de plus en plus sur les ménages alors que la fiscalité issue de l'activité économique va continuer à bénéficier d'allègements au nom de la compétitivité. Les conséquences de ce choix, c'est que les richesses produites sont de moins en moins au service des hommes et des femmes qui les produisent mais au service de quelques actionnaires.
Au dernier Conseil communautaire, en réponse à mon opposition au bouclier fiscal et au plafonnement de la taxe professionnelle, vous avez affirmé que "la vraie injustice c'est que l'effort de solidarité pèse sur quelques personnes et que la répartition ne serait pas assez équilibrée."
Or, selon des chiffres officiels, il apparait que dans le département de l'Aube (la CAT regroupe la moitié de la population) les déclarants de l'impôt sur les grandes fortunes sont passés entre 2000 et 2003 de 1021 à 1297, soit une augmentation de 276 qui se poursuit en 2004. Pour la même période, le nombre de contribuables assujettis à l'impôt sur le revenu a diminué, passant de 53 à 49,9 % et le nombre de personnes non imposables augmentant de 47 à 50,1 %.
Ces quelques chiffres montrent que si certains s'enrichissent beaucoup, la majorité de la population s'appauvrit en raison d'un taux de chômage très élevé et des salaires très bas pratiqués par les entreprises.
Nous n'avons décidément pas la même définition de la solidarité !
J'en reviens à la taxe professionnelle. Selon une étude de la trésorerie générale de la région Champagne Ardenne publiée en mars 2004, dans l'Aube "les bases de la fiscalité ont chuté de près de 22 % en raison d'une baisse de 42 % des bases de la taxe professionnelle. C'est la plus forte chute enregistée dans la région."
A la CAT, pour la taxe professionnelle, vous proposez de maintenir le taux d'imposition à 13,75 %, un taux très en dessous de la moyenne pratiquée par les mêmes catégories de collectivités. Vous décidez ainsi de priver la CAT de plus de 6 millions d'euros de ressources au détriment des besoins des habitants de la CAT et des associations.
Nous nous opposons à ce choix et voterons contre le budget.
Une réforme structurelle et urgente de la taxe professionnelle doit être engagée pour augmenter les ressources des collectivités sans pour autant pénaliser l'emploi tout en soulageant les budgets locaux.
Une proposition de loi a été déposée en ce sens par le groupe communiste à l'Assemblée Nationale» .