La dépêche de l'Aube n°796 du Jeudi 23 décembre 2004

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Conseil Général :La droite à cent lieux des préoccupations auboises

Répondre aux attentes des salariés, une exigence des élus communistes au Conseil général. (Photo d’archive).

Réuni le 13 décembre, le Conseil général avait à débattre des orientations budgétaires.
Un moment important puisqu’il s’agit de tracer les grandes lignes de ce qui sera mis en oeuvre en 2005 par l’assemblée départementale. Rappelons que ce budget devrait s’équilibrer en dépenses et en recettes autour des 268 millions d’euros.

Au nom des élus communistes, c’est Joë Triché qui est intervenu pour indiquer au président Adnot que l’on ne trouvait aucune trace d’un début de prise en compte d’une réalité auboise, dont on ne parlerait jamais dans cette enceinte du Conseil général, s’il n’y avait pas d’élus communistes devait-il encore souligner avec Marie-Françoise Pautras.
De la maternité aux restos du coeur ! Quelle honte
Une réalité dénoncée avec vigueur par les élus communistes :
«Les restos du coeur ont ouvert leurs portes. Ils ne désemplissent pas et aujourd'hui on y accueille de plus en plus de jeunes, étudiants, apprentis, sans emploi, privés de revenu car ils sont dans la tranche des 18/25 ans.
Il y a également beaucoup de femmes seules avec des enfants ainsi que des personnes âgées pour lesquelles la retraite n'est pas une ressource suffisante.
Combien sont-ils dans cette situation dans notre département ? Sûrement plusieurs centaines et peut-être quelques milliers.
Et comment ne pas être choqué d'apprendre qu'en 2003 les restos du cœur de notre département ont distribué 15350 repas bébé. Ce qui en dit long sur l'état de pauvreté des parents !»
400 fois le SMIC pour les patrons du CAC 40
Mais pendant ce temps-là … on apprenait aussi, avec la publication toute récente du rapport annuel sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises qu'en 2003 les patrons des sociétés du fameux C.A.C. 40 ont touché en moyenne 6,5 millions d'euros soit plus de 400 fois le SMIC.
Par contre, rappelons que dans l'Aube, le salaire moyen est inférieur de 16% par rapport au salaire moyen national. Les travailleurs pauvres comme on les surnomme maintenant, combien sont-ils dans notre département ? Là aussi nous serions sans aucun doute surpris en connaissant la réalité. Ajoutons que dans les collèges aubois des milliers d'élèves se retrouvent écartés de la restauration scolaire parce que le prix demandé est trop élevé au regard des ressources des parents. Et puis en 2003, notre département a perdu plus de 6% de ses emplois industriels et les délocalisations de productions vers les pays à bas salaires ont continué tout comme elles continuent encore en 2004, laissant sur le carreau des centaines de salariés sans formation.
Baisser la participation financière des parents pour la restauration scolaire des collégiens :
Des dispositions pourraient être décidées par notre Conseil général pour soulager ces difficultés qui frappent aussi tous les salariés précaires et même ceux percevant le SMIC ou un peu plus devait souligner Joë Triché proposant à nouveau «la mise en place d'une politique tarifaire pour la restauration scolaire des collégiens calculée à partir d'un quotient familial pour permettre aux parents de payer en fonction de leurs revenus.
La mise en place d'une telle disposition est possible car cette année encore vous attendez un excédent financier en section de fonctionnement de 34 millions d'euros.
Mais comme les recettes de fonctionnement sont chaque année supérieures aux prévisions et que les dépenses de fonctionnement sont inférieures à celles-ci c'est en fait 45 millions d'euros d'excédents financiers qui sont attendus et ceci jusqu'en 2008 d'après les prévisions du service financier du département.»
Pôle de compétitivité : un encouragement aux délocalisations Franco-Françaises
Il y a quelques semaines le gouvernement a annoncé qu'il entendait créer une vingtaine de pôles de compétitivité.
Pôles dont l'objectif annoncé serait de lutter contre les délocalisations.
Mais au lieu d'enrayer ce processus, il risque de les inciter à l'intérieur même de nos frontières en accentuant la concurrence entre les territoires. En effet, les avantages fiscaux envisagés pour ces pôles de compétitivité vont accentuer la désertification de


certains territoires car les entreprises s'installeront là où les avantages fiscaux sont les plus importants.
La droite auboise veut inscrire notre département dans la compétition mondialisée du capitalisme
Cette disposition n’était pas plutôt annoncée, qu’Adnot a déposé la candidature auboise pour un tel pôle. Il a décidé d’inscrire une enveloppe financière de 50 millions d’euros sur cinq ans dont 3 pour 2005 dans un projet dont l’ambition affichée est d’aider à la reconversion économique du département en apportant un soutien aux entreprises pour leur permettre de faire face à la compétition mondialisée du système capitaliste.
C'est sans doute cette raison qui a conduit Adnot à présenter ce projet uniquement aux employeurs et au MEDEF en excluant totalement les organisations syndicales de salariés.
Reconversion économique du département, c'était déjà l'objectif annoncé avec la création de l'UTT.
Mais aujourd'hui il faut constater que l'ambition n'est toujours pas au rendez-vous, même si tout n'est pas à rejeter. D'ailleurs à ce sujet, il serait intéressant qu'un bilan en toute transparence soit réalisé au niveau des emplois réellement créés au regard des investissements réalisés.
L’Aube ne s’en sortira pas seule
Comme devait en effet le faire remarquer les élus communistes : «Concentrer l'essentiel des moyens financiers sur l'innovation et la recherche ne peut pas être la seule action qui permette de faire face aux problèmes de perte d'emplois, de désindustrialisation et de délocalisations des productions.
Des mesures nationales et européennes sont à prendre pour maintenir ce qui existe à moins de considérer que le textile, la métallurgie, la chimie et d'autres branches industrielles sont condamnés à la délocalisation. Je ne crois pas que seules, des décisions prises à l'échelle d'une collectivité inverseront la tendance au déclin industriel surtout dans une Europe à 25 où la concurrence doit être " libre et non faussée" comme l'indique le projet de Constitution Européenne soumis à référendum en 2005.»
Innovation et recherche ! Pour quelle utilisation et quel objectif ?
S'il est aujourd'hui nécessaire d'investir dans l'innovation, la recherche et les nouvelles technologies de la communication, le tout est de savoir pour quelle utilisation et pour quel objectif.
La course à la compétitivité pour exclusivement le profit ou pour répondre aux besoins humains et de la société ?
Or le projet d'Adnot qui est né d'un voyage à Taiwan pencherait plutôt vers la 1ère hypothèse. Dans le film abondamment diffusé sur l'expérience de Taiwan on parle beaucoup de flexibilité et de compétitivité pour maximaliser les profits.
Et l’Etat ?
Et puis en matière de recherche et d'innovation n'est ce pas d'abord à l'Etat d'afficher une grande ambition nationale en y accordant les moyens financiers nécessaires.
«C'est sous votre gouvernement que les chercheurs ont été contraints de menacer de s'exiler à l'étranger pour obtenir quelques moyens supplémentaires» ont lancé les élus communistes au Président du Conseil général.
Sécuriser la vie professionnelle des salariés
En conclusion de cette intervention, Joë Triché s’est fait l’interprète des attentes des salariés aubois :
«Ce qu'ils souhaitent c'est une véritable sécurisation de leur vie professionnelle et de leur vie tout simplement.
Ce qu'ils souhaitent c'est d'avoir la possibilité d'accéder à des formations qui permettent leur promotion vers des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés. Or à chaque restructuration, à chaque plan de licenciements collectifs pour les salariés c'est toujours la même destination : les ASSEDIC, l'ANPE, les Cellules de Reclassement qui ne reclassent pas grand monde et ensuite, pour certains, le RMI et demain peut-être le RMA.
Une mobilisation de l'ensemble des collectivités m'apparaît donc nécessaire pour que de telles situations ne conduisent pas les salariés dans la galère de la précarité.
Je mets donc en garde sur la concentration de tous les moyens sur un seul objectif. Cela pourrait avoir pour conséquence de laisser dans la marginalité toute une population de salariés de notre département.»

LDA

PCF/Cheminots:
Un dialogue inédit et prometteur

C’est un évènement inédit qui vient de se dérouler à Paris, à deux pas de la gare Saint-Lazare.
À l'invitation de la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, cinq secrétaires généraux de fédérations syndicales cheminotes ont débattu entre eux, avec le public et des représentants des partis de gauche. Outre le PCF, étaient présents la LCR, le PRG, les Verts; le PS n'avait pas répondu à l'invitation.

En avril 2004, à quelques semaines des élections européennes, les fédérations syndicales de cheminots demandaient à la secrétaire nationale du PCF une rencontre pour connaître la position de son parti sur la libéralisation européenne du trafic ferroviaire.
À l'issue de cette rencontre, Marie-George Buffet et Francis Wurtz ont proposé l'organisation d'un forum public réunissant les organisations syndicales, les représentants des partis de gauche et des usagers. C'est ce forum qui vient d'avoir lieu. Comment rendre l'action plus efficace et comment ouvrir une perspective politique ? Ces deux thèmes avaient été retenus pour le forum.
Généraliser la démarche
Alors que tous s'accordent sur la nécessité de travailler ensemble pour apporter des réponses, Marie-George Buffet proposa que ce dialogue engagé se poursuive de façon plus concrète pour l'élaboration commune d'une nouvelle politique des transports, se décentralise et, en réponse à un syndicaliste, qu'on examine concrètement comment les régions gérées par la gauche s'engagent vis-à-vis de la SNCF et de la politique des transports.
"Sur le constat, nous sommes tous d'accord, estimait la secrétaire nationale du PCF. Nous sommes face à une offensive ultralibérale qui remet en cause les droits


fondamentaux, l'intérêt général et l'efficacité sociale et économique. Cette politique est porteuse de souffrances. Face à cela, les luttes ne sont pas au niveau, on l'a dit. Et les politiques sont en échec. C'est à cela qu'il faut s'attaquer. Ce qu'on fait ici devrait être une démarche généralisée dans tout le pays et sur tous sujets. Syndicats, partis, citoyens n'ont pas le même rôle. Mais ne sommes-nous pas capables de faire du " tous ensemble "? Et d'arrêter de penser que les luttes, ce sont les syndicats et les débouchés politiques, ce sont les partis !"
Inventer une nouvelle façon de faire
Marie-Ggeorge Buffet évoquait alors trois garanties pour que ce travail alternatif marche: "Il faut inventer une nouvelle façon de faire. Est ce qu'on n'est pas capable de construire ensemble un programme ? De créer sur cette base une majorité politique ? Cette façon de faire ensemble serait une première garantie. Le gouvernement de la gauche plurielle en 1997 ne s'est pas appuyé sur le mouvement social et populaire."
La dirigeante communiste ajoutait: "Deuxième garantie, c'est la rupture avec les politiques menées. Défense des services publics ? Mais qu'est ce qu'il en reste, attaqués par tous les gouvernements? Il faut une vraie rupture dans le programme: la reconquête du champ des services publics ! Abrogation de RFF, retour sur EDF, France Télécom…".
Quant à la troisième garantie, Marie-George Buffet la présentait ainsi: "La transparence dans le discours politique. Par exemple, si l'on veut dire défense et développement des services publics, il faut aussi dire NON à la constitution européenne""

Les communistes aubois à la préfecture pour les 300 €

Lundi 20 décembre, une délégation de la fédération de l'Aube du PCF, composée de J.-P. Cornevin, A. Zajac, J. Triché et R. Leloup a été reçue par Mme Lhotier, secrétaire générale de la préfecture. L'objet de cette rencontre était la remise d'une pétition signée par plus de 2000 aubois, exigeant une amélioration du pouvoir d'achat de 300 euros pour les familles et une revalorisation des salaires. Samedi 11 décembre, plusieurs centaines de responsables du Parti communiste avaient déjà remis au Premier ministre des dizaines de milliers de pétitions réalisées sur l'ensemble du territoire national.
Marie-George Buffet, députée, Secrétaire nationale du Parti communiste français s'est adressée directement au Premier ministre à l'Assemblée nationale, mardi 14 décembre, pour souligner sa responsabilité et exiger des mesures urgentes :
"Ces milliers de signatures témoignent de l'insupportable : notre pays est devenu un pays de bas salaires. Le MEDEF multiplie les contrats précaires, impose des temps partiels, mène le chantage à la délocalisation. Le pouvoir d'achat des familles populaires est laminé.
Depuis deux ans, le pouvoir d'achat du salaire mensuel a stagné. Le gel des salaires est d'une violence extrême. Sait-on assez que le salaire moyen d'un ouvrier est de 871 euros et celui d'une ouvrière de 603 euros ? Sait-on assez que le salaire moyen d'une employée est de 744 euros ? La part des salaires dans la valeur ajoutée recule de nouveau. Pendant ce temps là, les salaires des grands patrons augmentent de 15 à 20% par an et les revenus du capital des ménages les plus riches augmentent de 6%.Vous déclarez vouloir revaloriser le


travail mais vous vous faites le complice de la logique patronale. Loi après loi, vous facilitez les licenciements, vous culpabilisez les chômeurs, vous créez des sous-contrats.
Le récent rapport du Secours Catholique comme les statistiques des restaurants du cœur montrent qu'aujourd'hui, on peut parler dans ce pays de salariés pauvres.
Mais cela ne vous suffit pas, à ceux qui réclament un peu plus de salaire pour tout simplement vivre, vous répondez : "Travaillez plus !".
Votre objectif, c'est "fini les 35h, retour aux 39 ou 40 h" pour un coût de plus en plus faible. Il s'agit en somme de travailler plus en gagnant moins.
Vous donnez le mauvais exemple.
Depuis que vous êtes à la tête du pays, les fonctionnaires ont perdu près de 4% du pouvoir d'achat.
Monsieur le Premier Ministre, accordez la prime de 300 euros financée par un prélèvement sur les placements financiers des entreprises et des banques qui vous est demandée. Augmentez de 5% le traitement des fonctionnaires.
Augmentez le SMIC de 6% dès 2005 pour aller vers un SMIC à 1400 euros brut par mois pour 35 h. Enfin, Monsieur le Premier Ministre, face à une telle situation sur les salaires, organisez un nouveau Grenelle des salaires de l'emploi et de la formation dès le début 2005."
Les communistes, leurs élus n'auront de cesse de porter ces exigences, dans les institutions et dans les luttes


LDA

Humeurs

VIVE LA RÉVOLUTION (Le point de vue de la Française des jeux)
Gagner au loto ou à tout autre jeu de la Française des jeux n'est pas très difficile. Rien à voir avec "Questions pour un champion" ou les 1000 euros de France Inter. Ça, ce sont des jeux raffinés, pour l'intelligentsia, pour l'élite. Non, tous ces jeux populaires sont faits pour permettre aux gens les plus humbles de gagner de l'argent. On coche, on gratte, c'est tout, la citrouille se change en carrosse. C'est vraiment bien de donner sa chance aux pauvres. C'est quasiment de l'humanitaire, ça !
Les jeux difficiles, les jeux de riches, nécessitent d'avoir bossé comme un malade dans les livres. Les pauvres, eux, pas si bêtes, ils s'en réfèrent au hasard. C'est le hasard qui fait la réussite. Pas le travail. Ils vont boire un verre au comptoir et ils prennent leur billet gagnant. Ils rentrent chez eux , ils ouvrent le poste, ils ont gagné 2 millions d'euros. Vouai-ai-ai !
Notre grande tactique, c'est de semer la prospérité au petit bonheur pour permettre à ceux qui restent d'attendre leur tour sans grogner. Il n'y a que les syndicalistes, les communistes, les râleurs quoi, pour gâcher la fête en prétendant que tout le monde ne gagne pas et que la misère est toujours là. Ben oui, tout le monde ne gagne pas, c'est vrai, mais il y en a qui ne jouent pas, non plus. Ils se contentent de leur crasse. Libre à eux.
Avec nos jeux de hasard, vous verrez dans peu de temps, c'est les pauvres qui seront riches.
Le loto et le tiercé, je vous le dis, ça c'est la démocratie. Et même plus, c'est la révolution..

Malicette

Europe-Turquie
Ou comment diaboliser l’Islam, le Sud, les pauvres

Les uns après les autres, les ténors de la droite marchent au pas de Nicolas Sarkozy et repoussent au loin un peuple qui revendique d’être des nôtres.
Ceux-là mêmes qui voyaient sans tressaillir les démocrates d'Istanbul se faire assassiner par les Loups gris, ceux que ne troublaient pas les tortures ou les massacres qui ensanglantaient le Kurdistan, les belles âmes qui attendirent des décennies pour proclamer que les Arméniens furent victimes de génocide brandissent cette histoire comme un repoussoir.
Derrière ce bouclier vertueux, où les mêmes qui gardent le silence quand l'avortement est mis en cause au Portugal s'inquiètent brusquement de la condition féminine en Turquie, se dissimulent des sentiments moins avouables. L'Europe, c'est-à-dire ses peuples, doit effectivement être exigeante sur le respect des droits des femmes et des hommes dans son enceinte et au-delà. C'est d'ailleurs l'efficacité, disent les démocrates de ce pays, qui tous s'engouffrent dans la perspective d'une entrée dans l'Union pour revendiquer plus de droits, plus de libertés, plus d'égalité.
Ici et là, ceux qui voudraient bien qu'en France la laïcité ne soit plus qu'un souvenir et rêvent d'une balkanisation nationale entre communautés religieuses, organisant même la promotion d'intégrismes, agitent la peur.
D'un côté, les amis du président de l'UMP flirtent avec les organisations les plus conservatrices des musulmans de France, de l'autre ils applaudissent ceux qui voudraient avec Giscard d'Estaing voir proclamer "chrétienne" l'Europe. Et ils présentent comme une incompatibilité majeure le fait qu'une majorité de Turcs se disent musulmans. Les Français musulmans viennent donc d'être, mine de rien, jugés indésirables sur le continent et avec eux ceux qui ne croient ni en dieu ni au diable.

Derrière l'agitation de l'islamisme comme une menace, le choc présent ou à venir des civilisations est annoncé par ceux qui regardent les peuples comme "des masses". C'est une sourde xénophobie qui suinte, avec pour prétexte les lignes imaginaires de la géographie ou une histoire réduite aux images d'Epinal.
Les mêmes qui veulent faire gober aux Français une constitution européenne qui grave le libéralisme dans le marbre glacé d'un traité se sentent des réflexes protectionnistes quand le mot Turquie est évoqué. Ce sont les mêmes pourtant qui justifient jour après jour les délocalisations, menacent le droit de grève et démantèlent les acquis sociaux à tour de bras sans jamais tressaillir et ils agitent devant nos votes le chiffon rouge de la concurrence turque! L'état-major de l'UMP nous prend pour des idiots, désignant la Turquie là où c'est à la constitution, au traité de Maastricht, à l'emballement libéral de l'Europe qu'il faudrait réagir.
Le danger pour les salariés français n'est pas l'obtention par les salariés d'Ankara de meilleurs salaires ou de la possibilité de se syndiquer, il réside dans le projet européen de refonder le droit social sur les règles du début du XXe siècle, de faire d'une concurrence féroce le ferment des divisions d'un continent qui les a payées assez cher par le passé.
Cette façon de diaboliser l'islam, le Sud, et plus généralement les pauvres, pour dire que la Turquie n'est pas de notre monde, est inacceptable. En vérité, on règlera bien la question turque à partir du moment où on changera d'Europe, où on fera avancer une Europe de la démocratie, du droit de la personne humaine et de la paix.