La dépêche de l'Aube n°791 du Jeudi 18 novembre 2004

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Décentralisation, gens du voyage, Mon Logis
Les élus communistes questionnent le préfet

Les deux élus communistes au Conseil général.

Comme chaque année, le Préfet a dressé aux élus le bilan de l’action de l’Etat dans le département pour l’année écoulée.
L'occasion pour Joë Triché et MF Pautras de relayer au représentant de l'Etat, les nombreuses inquiétudes et angoisses que suscitent certaines réformes engagées par le gouvernement.
Et en premier lieu, l'acte II de la décentralisation dont un certain nombre de dispositions vont entrer en application à partir de janvier 2005.
Cette réforme adoptée sans vote des députés mais avec le fameux 49-3, est avant tout guidée par l'obsession du gouvernement de vouloir réduire les finances publiques en transférant des compétences nouvelles aux collectivités territoriales sans qu'elles ne soient réellement assurées des moyens financiers qui accompagneront ces transferts. Cela supprimera des emplois de fonctionnaires qui ne remplaceronr pas tous les départs à la retraite et bloquera quasiment leur traitement.
Décentralisation = déménagement du territoire
Outre que cette réforme va affaiblir l'Etat national dans ses fonctions de régulation et de service aux populations, elle va aussi démanteler toute cohérence nationale en abandonnant le principe d'égalité des citoyens. Joë Triché s'est inquiété des effets extrêmement pervers de cette réforme à l'encontre des collectivités territoriales, des populations et des agents des services publics :
"Concernant les collectivités territoriales, les départements et les régions, ils vont être contraints de remettre en cause leurs choix politiques actuels en faveur des habitants et des collectivités locales s'ils n'acceptent pas d'augmenter massivement les impôts locaux. Par exemple, en 2005 le Conseil général va devoir trouver dans son budget 1,9 million d'euros pour financer l'accroissement des dépenses de RMI suite aux décisions gouvernementales. Quant à la population et aux agents des services publics, ils subissent la disparition un à un des services publics notamment en ruralité. Cela a commencé avec la fermeture d'écoles, ensuite de bureaux de poste, après les perceptions et maintenant les subdivisions de l'équipement qui sont annoncées. Sept sur dix sont appelées à disparaître. Pas étonnant dans ces conditions que la sinistrose et l'écœurement gagnent de plus en plus d'élus locaux. On leur avait promis de l'aménagement du territoire et c'est du déménagement du territoire qu'ils subissent avec les administrés." Pourtant selon un tout récent sondage de BVA, 83% des personnes interrogées se disent plutôt satisfaites des services publics.
Terrain d'accueil des gens du voyage : Joë Triché fait une proposition au Préfet.
Concernant le projet de réalisation à Romilly S/Seine d'un terrain départemental de grand passage des gens du voyage, Joë Triché a rappelé l'opposition de la population et des élus du secteur ainsi que celle des utilisateurs de l'aérodrome. "Une opposition qui n'est pas motivée par le rejet ni la haine à l'égard des gens du


voyage" a indiqué l'élu communiste mais "par des questions liées à la sécurité de l'activité de l'aérodrome et par la réalisation sur ce secteur d'une zone d'activités économiques de plus de 200 hectares.
Dans un courrier daté du 6 août, adressé au député de la circonscription, vous indiquiez vouloir engager une nouvelle concertation d'où mes questions :
-A t-elle eu lieu ? Avec qui ? Et sur quelle décision a t-elle abouti ?
Considérant que les gens du voyage doivent pouvoir bénéficier de conditions d'accueil décentes, Joé Triché a proposé au Préfet que "la création de deux ou trois terrains pour les grands passages satisferaient à cette exigence et permettraient une répartition dans le département ; Elle serait sans doute susceptible de calmer les réticences." Le Préfet s'est dit ouvert à toute proposition.
La loi Besson de 2000 constitue une avancée dans l'amélioration des conditions d'accueil des gens du voyage. Les élus communistes ont interrogé le Préfet sur l'application de cette loi dans le département : "Comment a t-elle été appliquée par les communes dans l'Aube ? Quelles sont celles qui l'ont respectée et celles qui ne l'ont pas mise en œuvre ?" MF Pautras a également alerté le représentant de l'Etat sur la scolarisation des enfants du voyage."l'Etat doit prendre toutes ses responsabilités afin de leur permettre d'intégrer plus facilement l'école de la République"
Mon Logis : le préfet n’exclu pas des poursuites
Les élus communistes ont ensuite demandé au préfet s’il entendait donner des suites dans l'affaire Mon Logis. On se rappelle en effet que La Dépêche de l'Aube avait rendu compte des graves dysfonctionnements et des pratiques illégales soulevées dans le rapport d'avril 2004 de la Mission Interministérielle d’Inspection du Logement Social (milos) concernant Mon Logis. Joé Triché a notamment précisé que : "la sincérité des comptes présentés au CA de cette société et pourtant certifiés par les commissaires aux comptes est mise en doute dans ce rapport. Il y est fait également état de pratiques concernant la passation des marchés de travaux aux entreprises qui peuvent s'apparenter à du défi de favoritisme."
Ce rapport pointe bien sûr l'acharnement de Mon Logis à l'égard de certains de ses salariés et de syndicalistes avec pour conséquence de très nombreuses procédures judiciaires, toutes perdues par cette société mais qui lui coûtent extrêmement cher.
Or, force est de constater que Mon Logis ne tient aucunement compte des recommandations et rappels à l'ordre formulés dans les rapports de la Milos, puisque celui de cette année aboutit au même constat que ceux de 1994 et 1999. Ce que n'a pas manqué de souligner les Conseillers généraux communistes. "le rapport de la Milos ne doit pas rester lettre morte." Le Préfet n'a d'ailleurs pas chercher à minimiser les responsabilités de la direction de Mon Logis et n'a pas démentit de possibles poursuites. Affaire à suivre.

JPC

France-Côte d’ivoire
l’enjeu africain

La situation en Côte d’Ivoire est d’une extrême gravité.
Non seulement parce que les ressortissants étrangers et notamment français ne peuvent s'estimer aujourd'hui en sécurité. Mais l'ampleur de cette crise tient aux risques pour le pays même, pour le continent ensuite. Pour le pays où les risques de chaos armé deviennent plus évident chaque jour. Plus largement la déstabilisation de la Côte d'Ivoire qui, jusqu'alors semblait en Afrique un facteur d'équilibre et de modération, serait pour les États limitrophes un tremblement de terre. Un désastre dans une zone en proie aux convulsions, aux ravages de la pauvreté venant réactiver les rivalités, les conflits ethniques, de territoires.
Mais est-ce seulement l'affaire de l'Afrique ? Comment occulter dans la crise ivoirienne la crise économique profonde liée à la baisse des cours du cacao en premier lieu, de l'ensemble des matières premières ensuite. Le système des échanges mondial, le fonctionnement de l'économie internationale sont absolument inéquitables. Ils viennent en permanence pénaliser tous les pays du continent, y compris les plus animés par la volonté de s'en sortir eux-mêmes. Baisse du prix d'achat de leurs matières premières, hausse des produits finis qu'on leur vend en retour. Quelle est l'image du monde des Ivoiriens ? Peut-on oublier que c'est en Afrique que sont d'abord aujourd'hui les damnés de la terre ?


La question ivoirienne au sein des questions de l'ensemble de l'Afrique est posée à l'ensemble de la communauté internationale. Oui ou non les nations du monde, les Nations unies mais aussi ceux dont on parle bien peu ces temps-ci, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale vont-ils laisser un continent sombrer, quand ils ne le coulent pas eux-mêmes?
La France dans ces conditions ne peut considérer ses tensions actuelles avec la Côte d'Ivoire comme un conflit entre Paris et Abidjan. Oui, elle a un mandat de l'ONU. On peut se demander du reste s'il était bien fondé de confier un tel mandat à l'ancienne puissance coloniale quand cadavres et fantômes sont toujours dans les placards. Quand les mentalités et les habitudes sont tenaces, quand de solides intérêts matériels sont en jeu.
Mais, quoi qu'il en soit, la France doit aujourd'hui hausser son action au niveau de ce mandat, avec la communauté internationale. Elle n'est pas comptable d'elle-même dans cette affaire, mais elle doit, avec la même hauteur de vue que celle qu'elle a montrée avant le déclenchement de la guerre en Irak, faire valoir dans cette crise les intérêts du monde et de l'Afrique, les intérêts de la Côte d'Ivoire en même temps que ceux de la France

Décès de Yasser Arafat, Marie George Buffet a fait part de son émotion et de celles du PCF

«Je partage la grande et légitime émotion suscitée par la mort du Président Yasser Arafat que j'avais rencontré en juillet dernier. J'aimerai faire part de notre immense tristesse au peuple palestinien. J'adresse à son épouse, à tous ses proches, à Leïla Chahid et à l'Autorité Palestinienne mes condoléances très sincères et mes sentiments chaleureux de solidarité.
Yasser Arafat a incarné tout au long de son existence le combat pour les droits nationaux du peuple palestinien, pour la réalisation du droit à l'autodétermination d'un peuple dont il est devenu le symbole dans le monde entier. Il a cristallisé en sa personne le formidable espoir des Palestiniens à la liberté, à l'indépendance et à un Etat souverain.
Le Parti communiste français rend hommage à celui qui a vécu comme la sienne propre la tragédie des Palestiniens dans leurs territoires occupés, sous la colonisation ou les camps de réfugiés. Nous saluons le dirigeant politique de l'OLP qui a su tendre la main pour négocier une solution politique, en gagnant ainsi la reconnaissance de la Communauté internationale et en obtenant, il y a dix ans, après les Accords d'Oslo, le Prix Nobel de la paix partagé avec Itzhak Rabin et Shimon Peres.
Yasser Arafat voulait sincèrement conduire son peuple dans la voie d'une paix dans la justice, le droit et


la sécurité pour tous. Le traitement innommable qui lui a été infligé pendant trois longues années par l'armée d'occupation n'a fait qu'exacerber les tensions et la violence. Le refus des autorités israéliennes de le considérer comme partenaire pour le dialogue et la paix à construire n'a fait qu'encourager toutes les forces opposées à une solution politique. Ces souffrances, ce temps précieux gâché, cette injustice ont conduit à une impasse dramatique.
Mais aujourd'hui nous voulons honorer la mémoire de celui qui, dans les pires moments, a toujours gardé confiance dans la capacité du peuple palestinien à faire valoir la légitimité de ses droits nationaux.
Nous appelons les dirigeants européens, tous les gouvernements et toutes les forces qui se sentent concernés par l'exigence de paix, plus que jamais à intervenir et à prendre d'urgence les initiatives qui s'imposent pour la relance d'une nouvelle dynamique politique en faveur d'un processus de paix digne de ce nom, conforme aux résolutions de l'ONU et à la "feuille de route", et sous contrôle international.
Ce serait le plus grand hommage que l'on puisse rendre à Yasser Arafat qui restera dans la mémoire collective, l'élu légitime, la grande figure historique de son peuple».

Humeurs

La Poste
Après l'incendie du carrousel de l'Hôtel de ville, c'est maintenant aux bureaux de poste qu'on s'en prend ainsi qu'aux autres services publics. Oh ! mais attention, les maires réagissent, ils ne se laissent pas faire. Et d'abord ils se réunissent et ils convoquent le maître de poste, le directeur départemental, celui-là même qui leur dit l'heure de la concurrence sonne et la poste n'est qu'une simple entreprise. (-De démolition, soupire un maire.). La Poste d'aujourd'hui est comme une boulangerie qui cherche à vendre son pain (-bientôt rassis, gémit le mauvais esprit). Elle ne peut faire son beurre que s'il y a beaucoup de clients. Or, la campagne se vide et la ville se remplit, principe du sablier. Le rôle historique de la poste est de se porter là où vit la clientèle. Elle se modernise en s'améliorant comme le boulanger qui cuit au gaz sa pâte faite de la meilleure farine. (-Il est en train de nous rouler dedans, souffle le râleur à son voisin).
Et le directeur de la poste, fort de l'écoute polie des maires (sauf un) se met à réclamer l'aide de tous pour réussir son plan de rénovation du service public qu'il baptise "service de proximité". "Rien ne se fera sans vous". Les guillemets montrent bien qu'il l'a dit, et fermement.
Allons messieurs les maires ruraux, un petit effort, faites-vous hara-kiri, acceptez le modernisme, l'Europe, voilà notre destin ! Et le directeur de préconiser les points-poste qui s'installent facilement chez un commerçant rural, un bougnat, un maréchal-ferrant, un sellier, un puisatier, un scieur de long, tout ce qui fait vivre nos belles campagnes. Leur Europe c'est le retour à la malle-poste, dirent en chœur plusieurs maires. Pendant ce temps-là , notre service public se fait la malle..

Malicette

360 signatures ont été réalisées par les militants communistes de la section de Troyes devant les usines Michelin et Kléber.
700 signatures pour les 300 €

Dans la France de 2004, des millions de familles, des millions de personnes seules vivent dans des difficultés financières inadmissibles.
De plus en plus de salariés modestes, précaires, retraités, familles monoparentales, chômeurs connaissent l'angoisse des fins de mois, les loyers trop lourds, les factures impayées, les emprunts qui pèsent tant que, parfois, on ne peut les rembourser. Un récent rapport du secours catholique remis au Premier Ministre le confirme.
Sous la pression des patrons, avec le chantage à la concurrence internationale voire aux délocalisations, la France est devenue un pays de bas salaires pour une partie importante de la population.
Le projet de budget 2005 présenté par Zarkozy est


placé directement sous le contrôle des marchés financiers et répond à la seule souveraineté des actionnaires. Il tourne le dos à une répartition plus juste des richesses. Des millions d'hommes et de femmes attendent d'autres choix de société.
Les communistes ont lancé une pétition nationale qui sera remise courant décembre à Raffarin afin d'obtenir un reversement immédiat de 300 € à tous les foyers modestes et moyens, c'est -à-dire à tous ceux dont les revenus sont trop bas pour être imposables ou relèvent de la première tranche d'imposition.
Les militants communistes de la fédération de l'Aube proposent aux aubois cette pétition. Plus de 700 signatures ont déjà été recueillies aux portes des entreprises, sur les marchés ou au porte à porte comme par exemple à la section de Bar/Seine. L'action se poursuit.

Nos peines décès d’Yvonne Valence

Nous venons d’apprendre avec beaucoup de tristesse le décès d’Yvonne Valence, notre camarade. Maire adjoint de Maurice Camuset de 1949 à 1971, Yvonne exerça d’importantes responsabilités tout au long de sa vie militante, au sein de la section du PCF de Romilly et à l’Union des Femmes Françaises. A la sortie de la guerre 39-45, elle travailla au ministère des armées et ensuite elle exerça sa carrière professionnelle à la CPAM de Romilly. Toujours très attachée à la vie locale, elle ne manquait pas une occasion de nous interroger sur son évolution. Nous garderons d’elle, l’image d’une femme droite, honnête, fidèle à son parti et au journal l’Humanité. A toute sa famille, nous adressons nos plus vives condoléances.


PCF Section de Romilly

zDéclaration de Guy Chartier, représentant les locataires (CNL) au Conseil d’administration de Troyes Habitat Halte aux augmentations continuelles des loyers

Tous les bailleurs dits sociaux (Opac de l’Aube, Mon Logis, Troyes Habitat et les autres) ont tous majoré le montant des loyers pour 2005 d’au moins 2% sur la masse.
Les locataires-usagers du parc social ne cessent de s’appauvrir, l’écart se creusant avec ceux du privé. Voilà pourquoi je vote con-tre l’augmentation des loyers de 2% en masse pour 2005.
En voici les raisons détaillées :
De plus en plus de personnes seules font appel aux logements sociaux. Plus du tiers aujourd’hui contre 9% en 1970. Même constatation pour les familles monoparentales passées elles de 12,2% en 92 à 17% en 2002. Parmi les emménagés récents, 66,5% ont des revenus inférieurs à 60% des plafonds de ressources.
Les moyens de subvenir des ménages logés en HLM augmentent moins vite que ceux de l’ensemble de la population. Environ un quart des locataires sociaux ont des ressources inférieures à 588 euros par mois. Le nombre de Rmistes a augmenté de 10% en un an. Le taux de pauvreté dans le parc social est passé de 12% des familles en 1988 à 21% en 2002, 23% pour les emménagés nouveaux. N’oublions pas que les charges (eau, gaz, électricité, chauffage, entretien intérieur et


extérieur) augmentent dans des proportions importantes elles aussi. Facteur aggravant les aides à la personne n’ont pas suivi l’évolution des loyers et des charges. Pire, certaines ont même régressé ou simplement disparu. Ainsi, la majoration du seuil de non-versement des allocations passée récemment de 15 à 24 euros. Celle-ci privant de nombreuses familles modestes de 280 euros par an ou encore la suppression de l’abattement pour frais de garde, qui réduit encore les allocations d’une famille avec 2 enfants de 30 à 50 euros par mois.
Le taux d’effort ne cesse donc d’augmenter. 37% des ménages bénéficiaires de l’APL doivent s’acquitter de loyers supérieurs aux loyers plafonds, portant leur taux d’effort à 40% des revenus. Etant au Conseil d’administration, en tant que représentant des usagers du logement pour y défendre leur intérêt et pouvoir d’achat, je m’efforce donc de bien le faire. Comme je l’ai dit lors de la commission des loyers le 12/10 dernier, le logement social doit rester à loyer modéré. Ce ne sera plus le cas si nous continuons à les augmenter à ce rythme là!
Pour terminer, je dirais que dans une période de cohésion sociale dont le ministre ne cesse de nous rabattre les oreilles, M. Borloo.