La Dépêche de l'Aube n°744 du Jeudi 25 décembre 2003 La Dépêche de l'Aube n°744 du Jeudi 25 décembre 2003

La dépêche de l'Aube n°744 du Jeudi 25 décembre 2003

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Mattéï privilégie le privé à l’hôpital public.

PCF
Contrer le plan hôpital 2007

Sans hôpital, que serait un système de santé progressiste ?.
En introduisant ainsi une journée d'études au siège du PCF, Joëlle Greder, responsable au secteur Santé, met d'entrée le problème à vif. La crise de l'hôpital existe, elle empire depuis vingt ans sous l'effet des politiques de maîtrise comptable des dépenses de santé et elle met en péril l'accès de tous à la santé. L'auditoire acquiesce : à Cherbourg, l'hôpital est menacé, au CHU de Grenoble, des services meurent faute de médecins et la restructuration profite au privé. La pénurie de personnels entraîne la fermeture des établissements et aujourd'hui, pour subvenir aux besoins, il faudrait former "30 000 infirmuères dès 2004", signale Nadine Prigent, secrétaire générale de la Fédération Santé et action sociale. Du côté des médecins, la donne n'est pas meilleure : l'imprévoyance des gouvernements successifs a pour conséquence qu'entre 2010 et 2020, il y aura 25% de médecins en moins en France. Pour limiter des dégâts qui seront immanquablement immenses, le numerus clausus devrait être relevé immédiatement à 9250 par an.
Face à ce marasme, le plan Hôpital 2007 de Jean-François Mattéi semble plutôt conçu pour entériner la défaite du système hospitalier public : l'enveloppe très insuffisante qui lui est consacrée dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2004 est "restructurante en soi", note Nadine Progent, qui souligne que "maintenant on adapte les structures au manque de personnel".



Le ministre de la Santé préfère remanier le service public en faisant la promotion du secteur d'hospitalisation privé, vantant son sens de l'économie. Pour preuve, il introduit les méthodes du privé à l'hôpital public, en y imposant la tarification à l'activité. Cette innovation votée par l'Assemblée nationale renverse le financement de l'hôpital : les établissements ne bénéficieront plus d'enveloppes globales mais auront l'argent qui correspond à leur activité. Corollaire : à chaque pathologie, à chaque acte correspondra un prix uniforme. Une hérésie pour Isabelle Lorand, chirurgienne et membre du Conseil national, qui pointe le creusement des inégalités que ce système va provoquer: "La tarification à l'activité est la clé de voûte de la transformation du système. Outre le fait qu'elle va faire proliférer la bureaucratie dans les hôpitaux, elle va susciter la compétition entre les servi ces, car il vaudra mieux travailler sur des pathologies prestigieuses pour avoir des moyens. Enfin, ce financement ne prend pas en compte le coût social d'une maladie, ce coût qui fait que la maladie d'un pauvre est 30% plus chère que la maladie d'un riche".
Autre sujet débattu, celui de la mobilisation des populations pour lutter contre la fermeture d'un hôpital. L'exemple de Saint-Affrique peut montrer la voie.
Et une bonne nouvelle : les syndicats hospitaliers semblent s'entendre pour contrer le plan Hôpital 2007. Une action commune pourrait voir le jour dans les semaines à venir

Elections régionales Champagne-Ardenne
Les communistes pour le rassemblement avec force et conviction

Du 6 au 15 décembre, les communistes champardenais étaient invités à s’exprimer par vote sur la stratégie à adopter pour les prochaines élections régionales qui se dérouleront les 21 et 28 mars 2004.
Ce sera la première consultation d'ampleur nationale, après le retour au pouvoir d'une droite qui cogne dur. Par crainte de la sanction des électeurs, celle-ci a décidé de modifier le mode de scrutin. L'élection à la proportionnelle à un tour, permettant la juste représentation de chacun, c'est terminé. Désormais, pour avoir la possibilité de figurer au second tour, il est obligatoire de faire au moins 10% des suffrages, et en dessous de 5% on ne peut ni avoir d'élus, ni fusionner. On voit bien le piège tendu pour empêcher tout rassemblement pour un réel changement.
Le souci de battre la droite, la nécessité de la mise en œuvre de choix neufs au niveau régional en matière : d'emploi, de formation, de solidarité, de démocratie, de politique sociale…, le besoin, partagé par tous, d'élus communistes oh ! combien utile pour arracher à la droite des avancées sociales, l'exigence de travailler dans la durée à une alternative politique avec la participation active des citoyens, le développement avant, pendant, et après les élections de l'intervention indépendante du PCF sont autant d'éléments communs aux communistes.
88 % pour le rassemblement de la gauche
En votant à 88 % pour une liste de rassemblement des forces de gauche dès le 1er tour, ce sont toutes ces données politiques que les communistes de l'Aube, de la Marne, des Ardennes et de la Haute Marne viennent de confirmer avec force et conviction.

Dans une région écrasée par l'hégémonie de la droite et avec un front national, à près de 20%, on en attendait pas moins de la part des communistes. C'est un vote de lucidité et de responsabilité en phase avec l'attente de l'électorat de gauche.
C'est un appel clair qui doit rapidement permettre une dynamique de rassemblement pour la gauche.

Les communistes aubois avec P Mathieu.
Est ce le fait que P Mathieu ait été proposé "chef de file" par la conférence régionale, toujours est il que des quatre départements, ce sont les aubois qui se sont à la fois le plus mobilisé, 55, 46 % de votants et se sont exprimés le plus largement pour des listes de rassemblement : 88,58%
97,53 % des aubois ont confirmé P Mathieu comme chef de file régional.

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Résultat par section
Section
Votants
Pour
Bar sur Seine
69,51 %
89,47 %
Bar sur Aube
30,91 %
76,47 %
Brienne
58,33 %
91,43 %
Romilly
51,61 %
81,25 %
Troyes
59,12 %
95,06 %


JPC

 

Paradis fiscaux
La droite amnistie les fraudeurs

Les capitaux fraudeurs et baladeurs y verront leur Terre sainte : la droite parlementaire a décidé d’offrir le pardon aux grosses fortunes, aux patrimoines exorbitants et autres capitaux baladeurs, tout en leur évitant le confessionnal.
Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, vient en effet de lancer un nouveau ballon sonde. Ce député UMP, dans le cadre du club Dialogue et initiatives (fondé en 1999 entre autres par Jean-Pierre Raffarin) est l'auteur d'un rapport intitulé "Revaloriser le travail plutôt que l'impôt". Il y évoque une "amnistie fiscale" pour les "fonds rapatriés qui devraient être réinvestis dans le financement de l'économie". Cette mesure
"pourrait faire revenir en France de nombreux entrepreneurs expatriés ainsi que plusieurs dizaines de milliards d'euros qui permettraient de développer la croissance et l'emploi".
En réalité, cette mesure consisterait à offrir la grâce notamment aux capitaux illégalement investis dans des paradis fiscaux. Les détenteurs de ces capitaux, après avoir fraudé le fisc et contourné les lois, seraient excusés au prix d'une amende ridicule (entre 2,5% et 6% des sommes rapatriées), si toutefois ils réimportaient leurs capitaux en France. Alain Lambert, le ministre délégué au Budget, s'y est dit favorable. Il voudrait assortir cette mesure d'une réforme de "la fiscalité du capital en France", c'est-à-dire notamment de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et d'un "consensus transpartisan". Cette dernière condition prend tout son sens à l'approche des élections. Selon


un sondage BVA paru dans Le Figaro magazine, l'opinion publique classe en tête (41%) la TVA lorsqu'il s'agit de choisir un impôt ou une taxe à baisser. À l'inverse, seulement 1% des Français souhaitent une diminution de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
Ce sondage souligne toute l'iniquité de cette "amnistie". Le gouvernement n'entend pas cependant remettre en cause sa politique fiscale tournée vers les patrimoines contre le social. Preuve en est: l'instauration d'un plafond maximal pour l'ISF est déjà évoqué (dont les taux sont ridiculement faibles) ou encore l'abaissement du seuil de 25% de détention du capital d'une entreprise pour être exonéré de ce même impôt, etc. Le ministre de l'Économie vient de proposer, à l'occasion du collectif budgétaire d'automne 2003, une réforme du statut fiscal des cadres étrangers "impatriés" en France. Est aussi évoqué le projet de modification de l'avoir fiscal.
Cette batterie de mesures favorables au capital est mise en place au nom de la "valeur travail", alors que tout est fait pour baisser le coût du travail. Est agité le thème bien connu de l'impôt qui, selon Gilles Carrez, incite "les Français les plus actifs, les plus dynamiques, les plus travailleurs" à quitter le territoire. Mais où est le dynamisme des capitaux oisifs en retraite dorée aux Bahamas ?
À n'en pas douter, alors que l'Italie, la Belgique et l'Allemagne ont déjà ou vont adopter des mesures similaires, la concurrence fiscale en Europe risque de saper un croissance déjà bien atteinte.

 

Humeurs

A l’ouest, rien de nouveau.
Le monde irait-il mieux ?
L'horrible Claquemufe (1), Sadam est en prison, L'affreux Khadafi renonce aux armes atomiques et fait patte de velours devant Bush.
Des soldats israéliens annoncent qu'ils n'iront plus tuer de Palestiniens.
En France, une campagne féministe se développe pour éviter aux musulmanes l'humiliation du voile. Entre nous, elle pourrait aussi montrer du doigt les publicitaires qui exhibent la nana dévêtue pour vendre du slip ou du portable. Dans les deux cas, avec ou sans voile c'est la femme-objet, non ?
À l'ouest du département, rien de nouveau : à Romilly toujours pas d'avenue Maurice Camuset.

.Janleu

(1) Personnage d’une célèbre émission de radio.

Ecoutez-voir....

Incivilités.
Refuser une rue ou une avenue Maurice Camuset à Romilly-sur-Seine, cela doit être classé parmi les incivilités majeures.
Or, je constate, selon les chiffres officiels annoncés par le Préfet, que les incivilités et la délinquance diminuent dans l’Aube. On peut donc espérer, Romilly étant encore dans l’Aube, que cette injustice devrait disparaître.
L’exemple du billet d’humeur de la première page montre la meilleure façon de procéder qui est de se mobiliser pour obtenir réparation.
D’ailleurs, un comité de soutien vient de se créer auquel je vous demande tous d’adhérer..

.Malicette

Droit de grève
La droite part en guerre

Qui faut-il croire dans ce débat qui s’ouvre sur le service minimum et dont on imagine sans peine qu’il va donner lieu à un florilège d’épithètes pour le qualifier ceux d’où vient tout le mal : fonctionnaires, cheminots et autres, les dictatures syndicales et les privilèges.
Faut-il croire le ministre UDF des transports qui assure qu'il n'y aura pas de loi "répressive"mais, dans les entreprises de transport, "un dispositif de prévention et d'anticipation du type de celui qui existe à la RATP". Ou faut-il croire l'UDF Christian Blanc qui joue les matamores: "Ma détermination est totale pour faire adopter une proposition de loi dans les meilleurs délais. Je ne crois pas que l'on puisse aboutir à un résultat par la négociation avec les syndicats, c'est au Parlement de prendre ses responsabilités". 160 députés de droite ont signé son texte.
En réalité, cela pousse tellement à droite que le ministre, au moins dans ses propos, réclame un sursis. Certes, on ne peut méconnaître l'état de l'opinion. Selon un sondage IFOP pour le JDD, 74% des Français seraient très favorables ou favorables à une limitation du droit de grève pour un service minimum dans les transports publics. Nul ne peut nier non plus face à l'importance des transports aujourd'hui, dans toutes les agglomérations, le sérieux des questions posées comme les difficultés que vivent les usagers à l'occasion des conflits les plus graves. Pourtant, dès lors qu'il s'agit de

l'éventualité d'une limitation du droit de grève dans leur propre entreprise, 55% des Français y sont plutôt ou très défavorables. Et si 24% d'entre eux sont favorables au vote d'une loi par le Parlement, 73% préfèrent "la recherche de solutions contractuelles négociées entre les partenaires sociaux". Ce dernier chiffre expliquant sans doute la prudence de Gilles de Robien.
Un sondage ne dit pas plus que ce qu'il dit, mais si les Français ne veulent pas être "piégés" par les grèves, ils ne veulent pas plus être piégés par la remise en cause du droit de grève et encore moins par la loi. Qu'est-ce donc alors qui fait marcher la droite jusqu'à s'auto-intoxiquer ? Qui peut croire qu'elle serait à ce point préoccupée du sort de ces "usagers" - qui sont aussi les salariés que sa politique dans toutes ses dimensions "soigne" comme on le sait? En fait, la droite se dope à l'idéologie. Ses surenchères libérales appellent la casse des acquis sociaux, des syndicats. Elle veut faire du service minimum un cheval de Troie contre le droit de grève en général.
Mais c'est oublier aussi que ce que veulent massivement les salariés des services publics, ce n'est pas un "service minimum" mais bien au contraire un service public maximum.
Et cela, la droite n'en veut pas


Selon Fillon c’est aux minoritaires de décider. Bravo la démocratie.
La réforme Fillon au service des patrons
Le PCF pour des accords majoritaires

Le Medef en rêvait François Fillon l’a fait.
Sous couvert d'une "révolution annoncée" des règles du dialogue social, le projet de loi donne quitus à deux grandes revendications patronales: donner plus de place au contrat par rapport à la loi et permettre aux entreprises de négocier sur des sujets qui relèvent aujourd'hui des branches.

Ces deux principes brandis dans le cadre de la "refondation sociale" du Medef vont en fait permettre aux employeurs de faire la pluie et le beau temps au sein de l'entreprise.
Les communistes s'opposent à cet éclatement des inégalités sociales et à ce contournement des syndicats.
Les députés du PCF ont déposé de leur côté une proposition de loi qui se veut une contribution "à impulser à tous les niveaux de la négociation collective une nouvelle dynamique du dialogue social", "à engager le pays dans une nouvelle étape d'une vraie démocratie sociale".
La proposition se présente sous la forme de seulement trois articles.
L'article premier consiste à insérer un alinéa dans le Code du travail ainsi rédigé: "Toutefois, pour entrer en vigueur, la convention ou l'accord collectif de travail doit être signé par une ou plusieurs organisations ayant recueilli ensemble ou séparément la majorité des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles".

Article 2: "Les dispositions visées à l'article premier entreront en vigueur à compter diu 1er janvier 2005".
Article 3: "Un décret en Conseil d'État fixe les modalités d'application de la présente loi".
Pour les auteurs de cette proposition de loi, "il y a urgence à dépoussiérer certaines données". Ils expliquent que si les organisations syndicales sont les garantes des droits des salariés, il serait cependant opportun de se pencher " à échéances raisonnables et régulières" sur leur représentativité réelle, de manière à favoriser une meilleure connaissance du poids électoral de chaque organisation syndicale "par des dispositifs appropriés au niveau des branches professionnelles et au niveau interprofessionnel".
Frédéric Dutoit, député communiste, qui signe cette proposition, tout en précisant que ce texte "interpelle à la fois le législateur et les partenaires sociaux" dit s'inspirer d'un principe majoritaire qui prévaut actuellement dans la vie politique française.
"Pourquoi ce qui serait légitime pour des élections à caractère politique ne le serait-il pas pour des accords sociaux?". Tant il est vrai, toujours selon ce député, qu'il est "inadmissible dans une démocratie comme la nôtre qu'un accord signé par des partenaires sociaux minoritaires puisse engager toute une profession, voire l'ensemble du monde du travail"

Aux origines d’un département
L’Aube en Champagne

Notre ami Jean-Louis PEUDON vient d’écrire un ouvrage important qui aide à mieux comprendre les rapports entre les lieux naturels et le travail des hommes, entre la géographie et l’histoire.
Cette étude très complète, érudite, mais menée de façon pédagogique et abondamment illustrée, nous invite à visiter le département de l’Aube depuis les origines en s’appuyant sur ses déterminants géographiques : géologie, relief, climat, hydrologie.
On comprendra mieux en lisant ce livre comment les hommes se sont servis des éléments naturels pour construire une ville comme Troyes, comment les industries sont nées, comment on peut s’appuyer sur tous ces éléments pour prévoir même les évolutions économiques et sociales.



L’ouvrage par sa richesse peut intéresser tous les amoureux d’histoire ou de géographie locale ou générale ainsi que ceux qui cherchent à retrouver les modes de vie anciens (artisanat, manufacture, ruralité, etc). C’est un beau livre qui servira longtemps de référence aux élèves, aux professeurs comme à tous les amateurs soucieux de comprendre leur environnement. Les hommes politiques soucieux de bien gérer l’espace prendront dans ces pages les leçons de leurs grands prédécesseurs, Thibault IV par exemple, qui fut le grand modeleur de la cité tricasse.


J. L.

Gros ouvrages de 514 pages, format 23/34, édité chez Dominique Guéniot à Langres. Il coûte 68 €