La Dépêche de l'Aube n°742 du Jeudi 11 décembre 2003 La Dépêche de l'Aube n°742 du Jeudi 11 décembre 2003

La dépêche de l'Aube n°742 du Jeudi 11 décembre 2003

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Raffarin ça suffit !

Des millions d’hommes et de femmes dans notre pays abordent cette fin d’année avec la colère en tête.

Les cadeaux empoisonnés de Raffarin, de la droite et du MEDEF leur ont assombri la vie.
Chômeurs aux indemnités réduites ;
Chômeurs en fin de droits contraints à un RMI vite transformé en RMA avec obligation de travail quasi gratuit pour les patrons ;
Intermittents du spectacle toujours mobilisés pour défendre leurs professions et la culture vivante ;
Salarié-e-s à qui on demande de travailler plus et plus longtemps, les uns payé-e-s au SMIC, les autres sous la menace d'un licenciement, d'autres encore jetés à la rue ;
Futur-e-s retraité-e-s dont l'avenir s'assombrit ;
Jeunes sans emploi en quête d'avenir, jeunes des cités montrés du doigt ;
Etudiants en lutte pour la qualité de leurs études ;
Personnels des hôpitaux, des maisons de retraites manquant cruellement de moyens ;
Personnes âgées fragilisées et si mal accueillies pour être soignées ;
Enseignantes et enseignants défendant l'avenir de l'école contre ce qui ne cesse de l'affaiblir.
Femmes menacées de voir remis en cause leur droit à l'IVG ;
Migrants stigmatisés, expulsés par charters…
Les seuls à pouvoir dire "merci" à Raffarin et à la droite sont les patrons pour qui les vrais cadeaux s'accumulent ; les milliardaires qui ont vu l'impôt sur les grandes fortunes s'alléger ; les actionnaires qui peuvent désormais sans contrainte licencier pour gagner à la Bourse ; les très riches qui bénéficieront le plus des .


baisses d'impôts sur le revenu ; les affairistes dont les pouvoirs sur nos vies ne cessent de grandir
Mais notre pays résiste, se bat, leur tient tête.
Assez de mépris et de sacrifices
Près de deux mille personnes rassemblées mardi 2 décembre à la Mutualité à Paris pour dire "Raffarin ça suffit !", ont partagé la colère exprimée par Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du Parti communiste français :
Cette droite fait marcher notre société avec la tête vissée à l'envers… Depuis quand n'avons-nous pas connu une droite aussi rétrograde, aussi régressive, aussi occupée à lorgner du côté "de l'ordre moral… "
"Elle ne peut pas s'empêcher de culpabiliser les chômeurs, les malades, et aujourd'hui les médecins, de stigmatiser sans cesse notre peuple, de vouloir punir tous ceux qui la dérangent, elle confond laïcité et uniformité. La droite veut mener la France à la baguette, la remettre dans le droit chemin, toujours le même chemin, celui du capitalisme.
"Oui, nous sommes en résistance contre cette droite particulièrement réactionnaire. En résistance contre une extrême droite qui de père en fille Le Pen poursuit sa campagne de haine, de repli sur le terreau de la désespérance sociale.
"Nous ne voulons pas de cette société d'insécurité sociale et d'autoritarisme, de cette société d'égoïsme et du chacun pour soi.
"Nous ne voulons pas de cette société où la Bourse fait la loi. Nous ne voulons pas de cette société qui se fait sans les hommes et les femmes, qui se fait contre eux. Il y en a ras-le-bol de ce mépris ! Raffarin, ça suffit !
"

LDA

La Chapelle-Saint-Luc Démocratie-Budget 2004 Tribune de Bernard Champagne, conseiller municipal communiste

Un peu de démocratie dans le journal d’information communal ?

Trois ans après la victoire de la droite aux élections municipales, l’opposition de gauche a enfin obtenue un mini droit d’expression dans le journal d’information de La Chapelle-St-Luc. La loi impose cette expression libre mais notre bon Maire (directeur de la publication de cette revue payée par nos impôts) a pris tout son temps pour accorder quelque cm2 à la démocratie.
Les groupes politiques de l’opposition ont 1/4 de page pour leur expression propre. Nous sommes donc dans l’obligation d’écrire moins de 1168 signes, espaces compris par intervention. Bien malin qui peut développer une intervention avec si peu de place ! Yves Rehn qui l’a signifié dans une lettre signée le 5/11/2003, étrangle de fait un droit d’expression correct pour l’opposition.
L’archipouvoir d’un maire est légal dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres. Pourtant la démocratie et la citoyenneté ne peuvent se satisfaire d’un fonctionnement archaïque de la vie communale. Ainsi, j’ai demandé au Conseil municipal que soit étudié pour les associations Chapelaines et tous les Chapelains, la possibilité de véritablement s’exprimer dans ce journal (actuellement le courrier des lecteurs du journal municipal est une parodie de démocratie). Aucune réponse positive ou négative ne m’a été apportée.
Quelques idées simples sur l’information
L’information n’est légitime que si elle recherche et décrit la vérité. Une vérité n’existe pas sans la diversité d’analyse. La vérité unique s’appelle aussi dictature. La censure débute là où volontairement le médiat occulte la pluralité des évènements leurs sens et leurs objectifs.
“Je serai contre le budget 2004 de la droite !”



Le débat du Conseil municipal sur l’orientation du budget 2004 fait apparaître des orientations sélectives qui ne prennent pas assez en compte les besoins urgents des Chapelains. En vendant des usines relais (acquis par la précédente municipalité) et des terrains propriétés de la commune, le maire de droite Y. Rehn réalise des opérations financières opportunistes dont les produits seront pour une bonne partie : 1 million 255 000 euros consacré à la culture et à l’extension de la scène du centre culturel. Cette somme est de 78% supérieure à celle allouée pour les travaux dans les écoles : 0 million 703 188 euros. Les écoles de la ville ont un besoin urgent de travaux. Certes, la culture et l’outil culturel que représente ce centre sont des éléments importants pour la population. Il ne s’agit pas d’opposer éducation scolaire et culture mais la priorité devrait être mise pour les conditions d’accueil et de scolarisation de nos enfants.
Des choix coupés de la réalité de masse !
Autre sujet d’inquiétude actuel, le mode de fonctionnement de l’espace jeune construit au centre de la ZUP n’est toujours pas défini.
L’investissement en équipement atteint 125 503 euros. Le plus important de cette enveloppe concerne la mise en place d’un studio d’enregistrement !!! Est-ce une priorité pour les jeunes de La Chapelle ? Cet investissement ne risque t-il pas de satisfaire quelques jeunes et être de fait “leur joujou” ? Combien de jeunes seront concernés ?
D’accord ? Pas d’accord ?
Des idées pour changer les choses à La Chapelle-St-Luc ? Votre avis nous intéresse .
Ecrivez-nous : Bernard Champagne Groupe des élus Communistes et Républicains 16 rue Veuve B. Bodié 10600 La Chapelle-St-Luc .


LDA

 

Salaires des fonctionnaires
Une année blanche ?

Le ministre de la Fonction publique a annoncé aux syndicats un gel des salaires des fonctionnaires pour 2003 et une hausse symbolique de 0,5% au 1er janvier 2004.
Il a également confirmé que des négociations salariales annuelles se tiendront à partir de 2005 selon "une nouvelle méthode" qu'il entend discuter en 2004 avec les organisations syndicales. Le ministre a justifié sa décision par les "contraintes des finances publiques". Les syndicats ont unanimement crié à la "provocation", estimant que les fonctionnaires étaient réduits à la "variable d'ajustement des choix budgétaires du gouvernement".
Quelles sont les conséquences de cette annonce sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires ?
Il poursuit son érosion puisque selon les calculs des syndicatys les fonctionnaires ont perdu près de 4% de leur pouvoir d'achat depuis les dernières négociations en 2000.
Quelles règles le ministre de la Fonction publique veut-il introduire dans la négociation des rémunérations ?
Il répète depuis la rentrée qu'il veut "intéresser les fonctionnaires" à l'efficacité de la fonction publique, ce que la majorité des syndicats traduisent par "l'individualisation des rémunérations".

Pour le gouvernement, il revient aux fonctionnaires d'assumer ses propres choix budgétaires, appuyés sur les réductions d'impôt sur le revenu. En accusant les syndicats d'utiliser l'État comme un "puits sans fond", il feint d'oublier que les fonctionnaires sont des salariés dont le travail est doté d'une utilité sociale et qui ont besoin de leurs revenus pour faire vivre leur ménage ou leur famille. Négligé aussi le rôle du pouvoir d'achat de ces quelque 5 millions de salariés dans la relance de la consommation, dont le gouvernement fait pourtant un passage obligé vers le retour à la croissance. Le mépris avec lequel est traité le recul du pouvoir d'achat des salariés, les offensives sur le salaire à la performance, qui laissent entendre que les fonctionnaires seraient de mauvais travailleurs prennent place dans une offensive plus large contre la fonction publique: attaques contre le statut, décentralisation accompagnée de l'externalisation d'une partie des missions, valorisation de l'économie comme unique mesure de l'efficacité, assujettissement des agents à des objectifs quantitatifs peu compatibles avec leur indépendance.
Et le risque, pour les usagers, de devoir subir un service public qui n'assurera plus l'égalité entre les citoyens et ne jouera plus son rôle de garant de la cohésion sociale

 

Humeurs

Humeurs nogentaises

Dans la famille “JE M’ENFOUS” je demande les 23 élus de la majorité municipale de Droite. Bonne pioche ! 23 élus qui ont lamentablement refusé de délibérer sur notre voeu pour la création de 40 postes à l’hôpital de Romilly. A la tête de cette majorité de Droite, l’ex-prof et donc nouveau retraité (parti au bon moment) Gérard Ancelin n’a pas perdu ses réflexes autoritaires en renvoyant le directeur de l’hôpital de Romilly à sa calculette. “40 postes... J’ose affirmer que c’est exagéré”, at-il déclaré... C’est pour qui le bonnet d’âne ?
Nul n’est censé ignorer la loi. Le Maire a dû nous concéder une tribune dans le journal municipal. Il était aussi vert qu’à sa glorieuse époque écolo quand il manifestait contre... la centrale nucléaire (aujourd’hui : 73 % du produit de la fiscalité locale !)... En 2001, au cours du débat sur le règlement intérieur du conseil, il déclarait : “je n’ai pas peur du code de la route, il ne faut pas avoir peur des règlements”... Ni de la loi ! Par contre, c’est vrai, la Droite municipale n’a pas bafoué la liberté d’expression... Elle n’a jamais existé à Nogent depuis 1989 !
Jurassik Parc. Chaque fois qu’il y a un ruban tricolore à couper à Nogent, débarque le gratin de la Droite Auboise et régionale ! la prochaine fois, faudra penser à installer une clôture électrique pour empêcher ces dinosaures de s’enfuir...
.


L.Levasseur

Ecoutez-voir

......Un témoignage parmi tant d’autres
Je suis sans boulot depuis cinq ans, à l’ASS depuis trois ans avec tout son cortège de tourments et en premier lieu financiers. Dernier exemple en date : jusqu’à présent, je bénéficiais de remise en matière de taxe foncière. Propriétaire de ma maison “surclassée” je suis lourdement imposé : 411 euros (1 mois d’ASS). Et bien aujourd’hui plus de remise, même pas un centime, malgré une déclaration détaillée des difficultés qui sont forcément les miennes.
Jointe au téléphone, voilà ce que m’a répondu la direction des impôts : “Vous êtes propriétaire. C’est donc un patrimoine, cela à une valeur. Vous pouvez le louer ou le vendre pour régler vos problèmes et en particulier votre taxe foncière”.
Ainsi à 55 ans, pas très en forme, 38 annuités dont dix dans le bâtiment à 12 heures/jour et 25 ans de bons et loyaux services au ministère de la défense (avant qu’il ne devienne celui de la défonce). C’est le retour au fascisme pur et dur (du moins c’est une mise en jambe).
Mon pauvre chien peut dormir tranquille, c’est moi qui monte désormais la garde, sans pouvoir fermer l’oeil.
J’ai donc commencé à vendre meubles et objets négociables (le malheur des uns ne fait-il pas le bonheur des autres ?) afin de ne pas laisser mon pauvre compte à la merci de la banque dévoreuse et de l’Etat assassin.
Ceci n’est qu’un témoignage parmi tant d’autres et il y en a combien de plus malheureux ? C’est tout de même dur à avaler !
Toujours fidèle à mes idées et à mon drapeau, je vous transmets mes plus fraternelles salutations.

Max Joulin

 

Logement
Vers des états généraux

La chose est entendue par tous : le logement traverse une crise sans précédent depuis quarante ans.
Une crise que le gouvernement lui-même reconnaît mais qu'il regarde s'amplifier, se transformer en crise de société sans prendre les initiatives qui inverseraient la tendance. Pire, ses mesures prennent le contre-pied des besoins réels. Les communistes, eux, entendent bien apporter des réponses concrètes. Comme ils ne le font jamais seuls, ils envisagent la tenue d'états généraux pour la création d'un service public du logement. Une initiative qui rassemblera tous les acteurs du secteur et dont la date est fixée au 31 janvier 2004 à Bobigny, en Seine-Saint-Denis.
Bobigny, une ville qui ne compte pas moins de 60% de logement social et dont le maire, Bernard Birsinger, est chargé des questions de logement au sein du PCF. " Le gouvernement développe une logique de marchandisation du logement et tente d'y faire tomber tout ce qui est encore public" accuse l'élu. "Nous proposons un service public fort face à ce marché mais pas contre lui". Les communistes mettent en avant deux notions fondamentales en termes de logement : sécurité sociale et service public décentralisé.
La première pourrait voir la création d'une mutualisation des moyens, semblable à celle de la santé ou de l'éducation, et qui permettrait la fin de pratiques indignes comme les expulsions pour loyer impayé. La seconde interviendrait dans le cadre d'une décentralisation digne de ce nom - autrement dit pas celle imposée par le gouvernement - où politique du logement et de la ville

irait de pair..
Des objectifs visiblement très éloignés de ceux des ministres Robien et Borloo dont les priorités sont de vendre et de démolir. Soi-disant pour reconstruire. Mais avec un budget en baisse de plus de 8% pour cause de réduction des dépenses publiques, il est impossible d'adhérer au crédo du ministre du Logement : "Faire plus avec moins de moyens". "Bien évidemment, le groupe communiste a voté contre ce budget, en écho aux inquiétudes et à la mobilisation de tous les acteurs du logement" selon Alain Bocquet, son président.
" Une prise de position ferme et sans équivoque qui s'appuie sur un sentiment d'exaspération" grandissant devant le manque de respect infligé au droit au logement et à un cadre de vie agréable ou "tout simplement décent et digne".
Pour la députée en charge des questions du logement au groupe communiste, Jeanine Jambu, "l'objectif de 80 000 logements sociaux annoncé est lui même illusoire puisque 20 000 d'entre eux correspondent à des démolitions-reconstructions. Il faudrait au moins porter à 100 000 par an les constructions sociales, le rythme nécessaire pour répondre aux besoins immédiats et à une vision prospective" conclut-elle en annonçant une proposition de loi que le groupe PCF déposera en début d'année prochaine. Après les conclusions des états généraux


LDA

Les communistes solidaires des chômeurs

N’en déplaise à Raffarin et aux siens, du point de vue républicain, il n’y a pas de “France d’en bas” ce qui supposerait une “France d’en haut”.
Non, il n'y a qu'une France: difficile pour une majorité, dorée pour une minorité et au milieu coule une impulsion ultralibérale qu'on tente de nous imposer chaque jour un peu plus. Car le "découpage" en tranche revendiquée de la sorte par le notable de Matignon n'est pas fortuit et sert une ambition politique que les roueries médiatiques ne masquent plus : celle d'une guerre faite aux pauvres.
Les chiffres en ce domaine sont connus mais têtus, terrifiants. Sur notre chère et belle terre, quelque 4,5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté et 2,5 millions ont recours à l'aide alimentaire! Soit l'équivalent en population de huit à douze départements moyens dans l'un des pays les plus développés de la planète, le nôtre. Ces personnes touchent moins de 579 euros par mois. Imagine-t-on la vie ainsi ? Parmi elles, la proportion de retraités est en expansion constante depuis 1996, passant de 430 000 à 470 000. Et c'est encore sur eux que la réforme Raffarin s'est acharnée avant que la canicule ne révèle la piètre situation de notre système d'accueil des personnes âgées et la misère des hôpitaux. Et encore, le "portrait social" ainsi brossé date-t-il un peu. Avant 2000, le pays connaissait la croissance et le chômage avait légèrement diminué.

La première est quasi réduite à néant. Quand au second, il s'envole.
Cette pauvreté enracinée forme l'épicentre d'une pauvreté bien plus étendue, celle qui frappe des millions de salariés précaires, d'ouvriers et d'employés, d'intérimaires, de stagiaires, etc. Pour les ministres, on le voit bien, la saison est propice à une compassion de façade lors d'un passage aux Restaurants du cœur ou au SAMU social. Parenthèse vite refermée, le naturel revenant au galop. Et ce naturel, dès le 1er janvier prochain, se traduira par la violente destruction des aides et des allocations aux chômeurs. Un scandale sans nom. Dès les premières lueurs de 2004, 850 000 d'entre eux vont perdre des mois de droit à l'indemnisation. Et plus encore les années suivantes. Au mieux, Fillon leur promet le RMI, voire le RMA, ce contrat de 20 heures payées un demi Smic sans un sou de cotisations patronales…et pourquoi pas la soupe populaire !
Et tout cela pour quoi ? Pour réduire les impôts des plus riches, le gouvernement n'hésite pas à crever les bouées auxquelles se raccrochent les naufragés de l'emploi. En acculant à la misère noire ceux que le patronat, au nom de sa "refondation sociale", jette hors des entreprises, on réhabilite soi-disant le travail, proclament avec morgue les ministres. Nous sommes avec eux .

Avec Ferry : L’université à la sauce libérale

Dès que la température monte dans quelque amphithéâtre de faculté, les gouvernements sont dans tous leurs états.
Ils n'ont pas la mémoire courte et se transmettent des souvenirs cruels : les capitulations en rase campagne, en 1986, 1992, 1994, 1999, etc. face à d'irrésistibles mouvements de la jeunesse universitaire. On n'en est pas là aujourd'hui. Mais l'équipe au pouvoir est d'autant plus inquiète qu'elle a un handicap très lourd : il n'y a pas une catégorie de la population française, sauf les seigneurs des stocks-options, qui n'éprouve une méfiance instinctive à son égard.
La communauté universitaire a d'autant plus de raisons de manifester cette suspicion que le ministre en charge de ses affaires a élevé la fourberie mielleuse à la dimension d'un véritable art. Il s'est fait une spécialité : il annonce avec superbe puis il renonce puis il renonce au renoncement puis il dénonce puis il annonce à nouveau… Quand il n'est pas mis sous tutelle du ministre de l'Intérieur ou prié d'aller jouer dans la cour des "petits" et de laisser les "grands" s'occuper des choses sérieuses. Il a aggravé son cas en quelque sorte en élaborant autrefois une philosophie qui n'entrera pas dans l'histoire de la pensée et qui prend pour cible l'esprit de contestation et de critique. Dans un récent entretien à un hebdomadaire, il a cru apercevoir au cœur des mouvements dans plusieurs universités la main "d'une minorité altermondialiste et antieuropéenne". On connaît la chanson.

Le gouvernement et M Ferry s'habillent de probité candide. Qui en effet dans un monde idéal refuserait l'harmonisation européenne des diplômes dans l'esprit d'un grand service public de l'éducation et la souveraineté dynamique d'universités nationales pour offrir au plus grand nombre le niveau le plus élevé des connaissances ? Personne. Mais le ver est dans le fruit. Le ministre se tue à répéter que la privatisation, la marchandisation, la dénationalisation, la mise en concurrence des enseignements supérieurs sont étrangères à sa politique.
L'ennui, et il est de taille, c'est que le gouvernement dont il est membre a fait de ces mots, appliqués à tous les secteurs de la société française, ses tables de la loi et des dogmes du libéralisme le plus pur et le plus dur sa Bible.
L'ennui, c'est que l'esprit qui souffle dans les hautes instances européennes, en provenance de La Mecque américaine, pourrait se résumer brutalement dans ce triptyque : l'université est une entreprise; le savoir est une marchandise; l'étudiant est un client.
L'ennui, c'est qu'hier les présidents d'universités réunis à Paris ont notamment affirmé : " Sans une université publique forte, les logiques de la marchandisation l'emporteront"! C'est donc qu'elles sont à l'œuvre…
L'ennui, c'est qu'ils réclament que l'enseignement supérieur soit la priorité de la nation : mais à l'examen du budget de la prochaine année, ce sont la police et l'armée qui sont l'objet de toutes les attentions et de toutes les faveurs

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