La Dépêche de l'Aube n°691du Jeudi 19 Décembre 2002 La Dépêche de l'Aube n°691 du Jeudi 19 Décembre 2002

La dépêche de l'Aube n°691 du Jeudi 19 décembre 2002

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700 personnes ont défilé dans les rues de Romilly pour dénoncer la politique patronale de casse de l’emploi

Romilly-sur-Seine

Manifestation des “Jacquemard” Arrêter la casse de l’emploi

Privilégier l’emploi et une vraie formation pour les salariés, geler les importations et la délocalisation : colère et propositions alternatives étaient samedi dernier à l’ordre du jour à l’occasion de la manifestation à l’appel de l’intersyndicale du groupe Jacquemard.
Au moment où des centaines d’emplois sont menacés à Romilly, chez Jacquemard mais aussi à Sorotex, chez Barbara, sans oublier Doré-Doré à Fontaine-les-Grès, la colère s’est installée parmi les salariés et au sein de la population romillonne qui voit sa ville s’enfoncer inexorablement dans le déclin. La manifestation de samedi dernier, qui réunissait quelques 700 personnes, a montré que les salariés ne se résignent pas à la casse systématique et programmée de leur outil de travail par des patrons en recherche de profits faciles.
Une logique opposée à la casse de l’emploi
La fuite en avant que constitue la délocalisation des productions, les pressions de la grande distribution qui veut toujours plus de rabais, l’inefficacité des aides publiques “à l’emploi” se sont conjuguées pour conduire à la situation actuelle dans laquelle, au final, ce sont les salariés qui payent les pots cassés. A Romilly, c’est toute une ville qui est mise en péril par les stratégies patronales ; “Pas d’emploi, c’est pas de commerce” disait à juste titre une des rares commerçantes qui avait baissé son rideau en signe de solidarité. C’est ce qu’à rappelé aussi Ginette Triché au nom de l’intersyndicale du groupe Jacquemard avant de formuler les propositions revendicatives des salariés axées autour de la garantie d’emploi et de l’élévation du niveau de formation des salariés qui permettrait une évolution vers la fabrication de textiles d’avenir et la diversification des entreprises de ce secteur.

Une volonté politique pour mettre en oeuvre d’autres solutions
Le cortège aux couleurs des différentes organisations syndicales, au son des slogans et de chansons, s’est acheminé, via le centre-ville de Romilly, vers un dépôt du groupe Jacquemard où un arrêt symbolique a été observé. Les communistes étaient bien sûr partie prenante de cette manifestation et étaient représentés par les élus du Conseil municipal de Romilly, Joë Triché, Yves Bouteiller, Rolande Barthélemy et Gilles Ponti ; Jacques Moroy, secrétaire de la section du PCF de Romilly et par des militants de tout le département. à noter aussi la présence dans le cortège de représentants de la direction de la SOMUCO qui avait, pour l’occasion, fermé en signe de soutien avec les “Jacquemard”. étaient aussi présents à cette manifestation, aux côtés des délégations syndicales départementales, des représentants du Parti socialiste et du Pôle républicain ainsi que Michel Cartelet, le maire de Romilly qui avait pourtant annoncé dans la presse le jour même qu’il ne prendrait pas part à cette initiative.
Toujours est-il que la démonstration de samedi dernier a montré la détermination des salariés et de la population à ce que de réelles mesures soient prises en faveur de l’emploi, mais aussi pour redynamiser le secteur industriel du bassin romillon sur d’autres bases que celles qui ont été mises en oeuvre jusqu’à présent et dont l’échec est manifeste. Dans cette perspective, les communistes prendront toute leur place aux côtés des salariés pour construire et porter avec eux des réponses alternatives qui privilégient l’emploi, la formation et l’activité économique plutôt que la logique financière destructrice du patronat .

Le bradage de France Télécom aux intérêts privés, outre des réductions massives d’emplois, ne s’appuie sur aucune politique industrielle et d’amélioration du service rendu.

Privatisations


Le gouvernement accélère

Francis Mer s'était distingué voilà quelques jours en annonçant à la sauvette le bradage des participations de l'État dans le Crédit Lyonnais. Voici qu'il donne maintenant le feu vert à la vente de l'actif public dans France Télécom.
Le message est clair: le gouvernement vient de rentrer dans la phase active de son plan de privatisations. Depuis juillet dernier, la liste des treize cibles a été officiellement établie : outre le Crédit lyonnais et France Télécom, elle comprend aussi Air France, Autoroutes de France, Bull, Caisse nationale de prévoyance, Dassault Systèmes, EADS, EDF, GDF, Renault, Thalès, Thomson Multimédia. Toutes ces entreprises sont aujourd'hui dans le collimateur gouvernemental. Les marchés sont à l'affût. Après l'opération Crédit lyonnais, l'hebdomadaire économique américain Business Week applaudissait des deux mains et concluait son commentaire en français dans le texte par ce cri du cœur: "Bravo monsieur Mer, et encore !".
France Télécom : un plan inquiétant
Le coût d'une telle orientation est connu. Le cas de France Télécom le montre bien. Le plan annoncé par le Pdg Thierry Breton est ainsi particulièrement inquiétant. Financièrement ? Non seulement il ne sort
pas l'entreprise des griffes des marchés financiers, mais

il l'y enfonce un peu plus, avec le soutien de l'État. Il faut avoir quelque audace pour prétendre que le désastre serait dû à la présence encore majoritaire de l'État dans le capital. Qu'on nous explique alors les déboires de Vivendi ! C'est tout au contraire l'entrée du capital privé dans France Télécom et l'alignement sur les critères financiers qui marquent le début de la dérive du groupe. Aujourd'hui, au lieu d'en tirer la leçon, la direction du groupe et le gouvernement présentent la note aux contribuables et aux salariés. Socialement ? Qui peut nourrir la moindre illusion. Deux mille suppressions d'emplois déjà annoncées chez Orange, une mission "mobilité" visant explicitement à faire sortir progressivement les effectifs des garanties statutaires et, pour le reste, beaucoup de silences. Industriellement ? C'est le néant. Pas de projet, à part l'annonce d'économies draconiennes ; rien sur la politique industrielle et de services qu'entend conduire le groupe. Dans un secteur clé pour l'avenir de la démocratie, le droit à la communication, on lâche les rênes au privé et à la loi de l'argent. L'unique visée du gouvernement et de la droite s'appelle aujourd'hui retour au profit rapide et privatisations tous azimuts. On comprend que les patrons jubilent.

Le refus du Préfet de recevoir une délégation augure-t-il d’un revirement de la position des autorités françaises sur l’Irak ?

Irak

Non à la guerre

Tous ensemble, nous pouvons empêcher la guerre contre l’Irak : tel était le mot d’ordre du rassemblement citoyen devant la préfecture de l’Aube. S’inscrivant dans la journée nationale d’action contre la guerre en Irak, à l’initiative des organisations signataires de l’Appel de Florence, plus de 200 personnes s’étaient donné rendez-vous, samedi 14 décembre en début d’après-midi, devant les grilles de la préfecture
de l’Aube à Troyes. Dans l’Aube, un collectif constitué par les organisations ATTAC, CGT, FSU, LDH, MRAP, PCF, PS, Pôle Républicain et les Verts appelait les citoyens qui refusent l’engrenage de la guerre à faire entendre leur voix contre “le défi guerrier lancé à la face du monde par Bush” comme devait le rappeler Joë Triché dans son intervention au nom du collectif. Le Conseiller général communiste devait poursuivre : “ construire la paix, c’est aussi s’attaquer aux racines des conflits : les injustices, les

inégalités, les dominations, la misère. Dans le monde où nous vivons, ce qui l’emporte, c’est la peur de l’autre, que ce soit un individu, une société ou un Etat et, adossée à ces peurs, la volonté de maintenir coûte que coûte l’ordre capitaliste mondialisé, d’où une conception de la sécurité uniquement répressive et militaire”. Le Préfet de l’Aube n’ayant pas voulu recevoir une délégation du collectif, Joë Triché s’est inquiété de savoir si cette attitude ne présageait pas une modification de la position française allant vers l’alignement derrière Bush. Après avoir traversé une partie du centre-ville de Troyes, la manifestation s’est rendue à la permanence de François Baroin, député de l’Aube et vice-président de l’Assemblée nationale où une délégation représentative des organisations auboises signataires de l’Appel de Florence a été reçue par M. Menuel, son suppléant .

Humeurs

Les loups
Dans les années 2010, il y eut la grande époque du populisme qui permit l’arrivée en douceur d’un tyran au pouvoir. Les Français réputés turbulents et rebelles s’étaient laissé embringuer par un Badinguet sans barbiche qui avait simplement promis de fouetter les garnements, d’emprisonner les chauffards et de nettoyer les trottoirs de leurs putes allogènes pour y faire balader les couples estampillés.
Contrairement à ce qu’on croit, les dictateurs sont d’essence populaire. Ils sortent du peuple, certes, mais n’y reviennent jamais. Quelle que soit la couleur de leur propre crinière, les tyrans ont toujours caressé les têtes blondes en public, affirmé leur amour du foyer avec mère active et pondeuse et mari résidant dans la télé, pieds épatés près des chenets. Des idolâtres de l’âtre et du feu de bois de nos forêts. Les tyrans aiment l’ordre, l’orthographe, l’écriture svelte, les habits propres, les vaches au pré avec laitière attenante au pis, le travail des autres bien fait, les bandes jaunes repeintes du matin. Un tyran bohème, artiste, manouche, ça n’existe pas. Certains ont un bandeau sur l’oeil, d’autres une mèche rebelle et moustache à l’avenant. On en voit de plus discrets mais toujours tirés à quatre épingles, comme Ravaillac. Ils parlent haut et clair, ont réponse à tout, affichent un solide bon sens. Ils s’appuient sur l’apparence pour décomposer, leurrer, pervertir. Ils font école jusque dans la classe politique noble qui leur envie leur bagout et leurs électeurs racolables, chômeurs, angoissés, besogneux de l’ordre et du propre, timorés qui admirent qu’enfin un chef puisse donner corps à leur envie longtemps réfrénée de frapper, cogner, réprimer, expulser, moussaillons du fascisme qui mettent dans le même sac l’étranger, le jeune, le politique, le pauvre, l’ayant-droit, «et moi, j’en ai-t-y des droits !».
Ce serpent ovipare, couvé par la misère, le désarroi et les injustices est venu au monde perfidement, insidieusement, au nez et à la barbe de la république laïque à liberté et fraternité, égalité héréditaires. Avec sa marée noire, le tyran nouveau arrive, vous auriez tort de rire, charmante Elvire.(1)


Jean Lefèvre

(1) Allusion à la chanson «Les loups sont entrés dans Paris» chantée par Reggiani. .

Ecoutez-voir ..

Pas important le fascisme...
Les Verts, le PS et le PCF se sont réunis ce week-end. Le PS pour distinguer la tendance, les verts pour faire le point de leurs différences. Ce sont des thèmes de la plus haute importance pour le peuple, on en conviendra et qui ont été couverts largement par la presse. Le PCF, réuni en Conférence nationale, quant à lui, ne parlait que de l’avenir du pays et de comment faire pour barrer la route au populisme, virus à peine atténué du fascisme. Cette question étant sans intérêt aucun, les médias ne l’ont même pas évoquée.
Amoureux d’Aragon..
Aragon est toujours jeune bien qu’on célèbre cette année le 20e anniversaire de sa mort. On l’honore en faisant paraître un hors-série de l’Humanité(1) dans lequel on trouvera des témoignages d’écrivains, des entretiens avec R. Leroy, E. Charles-Roux, P. Caubère, des articles d’Aragon, journaliste, le témoignage du docteur troyen Marcel Hurez qui fut son condisciple à l’hôpital Broussais. Notre ami Jean Lefèvre a contribué à ce travail de mémoire en faisant publier ce témoignage et en fournissant une photo inédite du poète, en compagnie du Dr Hurez.
Faites vous un petit plaisir en commandant ce numéro
à J. Lefèvre, 8B rue des Noëls 10000-Troyes. E-mail : lefevrejean@wanadoo.fr - 03 25 49 82 95.
Association : Les Amis d’Aragon et d’Elsa Triolet.
(1) À offrir pour les fêtes : 6 € - 68 pages sur papier glacé 21x29,7
La CAT vire au vert..
François Baroin veut marquer son passage en prenant quelques mesures assez spectaculaires. Il rouvre le Centre d’Etudes Médiévales, rebaptisé Centre d’Etudes du Patrimoine et fait prendre parti à son Conseil contre la pénétrante des Viennes. Dans ce dernier dossier, une étude sera faite pour aménager cette «coulée verte» qui fit couler beaucoup d’encre et mobilisa nombre de citoyens plutôt favorables aux cultures qu’aux voitures. Tant mieux si la raison l’emporte sur la frénésie du goudron. Mais pour mettre en valeur ce site original doté d’une terre semblable au tchernoziom russe et d’une riche flore, il faut un peu d’argent. La C.A.T votera-t-elle des crédits conséquents ? Je ne veux pas dire importants, ce qui serait étymologiquement fautif, mais logiques et cohérents. En fait, en y réfléchissant, importants aussi.

Malicette
Pan sur le bec ..
Notre Malicette a cogné un peu fort dans sa dernière “Humeur” ; Déménagement. Elle est à cran en ce moment. Voilà une journaliste de Libé qui se déplace, qui fait un beau papier sur les nouveaux locaux du PCF, qui reste pour les discours (ce qui est téméraire) et qui se fait prendre à revers par une Malicette énervée, qui voit le mal partout et qui s’en prend à toute la presse parce qu’un sous-titre a été loupé (Déménagement au lieu d'emménagement). Elle fait de plates excuses à Catherine Hounau et jure ses grands Marx qu’elle ne recommencera plus.

.Jean Léfèvre

C’est dans le développement de la recherche, de l’innovation et donc dans la formation que réside l’avenir du textile

Joë Triché au Conseil général


“Va-t-on rester béat face aux échéances ?"

Alors que Philippe Adnot abordait la session budgétaire du Conseil général sans évoquer la situation de l’emploi dans l’Aube, Joë Triché a d’emblée fait porter le débat sur cette question.
Alors que des centaines d’emplois sont menacés dans le bassin de Romilly, on n’imagine mal qu’un président de Conseil général n’aborde pas le sujet dans son allocution d’ouverture d’une séance plénière ; c’est pourtant bien l’attitude qu’a prise Philippe Adnot à l’ouverture des débats sur le budget départemental 2003. Joë Triché, conseiller général communiste de Romilly, a tenu à ce que cette question soit liée au débat budgétaire.
Hausse de 11% de la part fiscale du département
C'est dans une situation d'extrêmes difficultés pour des centaines de familles auboises que nous allons débattre du budget 2003. Alors que cette situation nécessiterait plus d'égards pour les salariés et la population de notre département, vous nous proposez une nouvelle hausse de la fiscalité. Vos décisions d'augmenter les impôts en 2002 et de nouveau en 2003, auxquelles il ne faut pas oublier la revalorisation des bases d'imposition, vont se traduire par une hausse de la part fiscale départementale de 11%. Pourtant, dans l'Aube, on paye déjà plus qu'ailleurs. Le produit fiscal par habitant y est supérieur de 11% par rapport aux départements de notre importance et de 12,8% pour le foncier bâti. Cette nouvelle hausse des impôts, vous la justifiez par le besoin de financement de l'APA. Mais, malgré que vous ayez aujourd'hui tous les moyens pour trouver des financements autres que la fiscalité départementale pour financer cette mesure utile qui répond à un réel besoin, vous proposez d'en limiter considérablement la portée, si j'en crois vos propos exprimés notamment dans la revue du Conseil Général de novembre "En direct". Prétendre qu'il n'est pas normal de prendre en charge le handicap de personnes disposant de certains revenus n'est pas recevable, surtout de la part d'une droite qui baisse les impôts surtout des riches et qui s'apprête à supprimer celui sur la fortune. Compte-tenu de l'importance de l'excédent

financier dégagé par la section de fonctionnement, 35,6 millions d'euros, c'est-à-dire 1,3 millions d'euros de plus que vos prévisions présentées aux orientations budgétaires, il est tout à fait possible de financer les charges nouvelles de l'APA sans augmenter les impôts”.
Protection et promotion des salariés
En matière économique, l’élu communiste préconise de privilégier l’intérêt général à celui des actionnaires qui se soucient peu “que notre région soit en train de mourir, que les collectivités locales et leurs habitants souffrent de leurs choix”. Et il évoque aussi les conséquences de l’élargissement de l’Europe et de la fin de l’accord multifibres “qui risquent d'avoir des conséquences terribles pour les 7.000 emplois restant encore dans le textile. Va-t-on rester béat devant ces échéances ou, comme par le passé, se contenter d'un accompagnement social avec la mise en œuvre de dispositions qui ont montré leur inefficacité pour les salariés et l'emploi ?
Pour Joë Triché, il faut maintenant privilégier une autre logique qui protège les salariés et assure leur promotion par l’acquisition de qualifications et qui favorise l’émergence de nouveaux projets de développement industriel, mais il déplore toutefois que “force est de constater que ce n'est pas le chemin suivi par le délégué général de la DATAR qui ne doit pas être, dans cette affaire, le fusible visant à protéger les décideurs politiques de notre département.”. D’ailleurs précise-t-il, les salariés concernés par les plans de suppressions d’emplois n’attendent pas du “baratin” mais des mesures concrètes. “Face à un tel désastre, personne ne doit fuir ses responsabilités ! [...] et, pour l'instant, je n'ai pas l'impression que le Conseil Général soit en première ligne d'une action visant à peser sur ceux qui ont le pouvoir de décider.” Et de conclure en estimant que l’Etat accorde suffisamment de largesses aux entreprises pour avoir un moyen de pression. Mais aujourd’hui, c’est surtout sur les salariés et les contribuables que s’exerce la pression de la droite.

Elargissement de l’Europe
La contrainte libérale

L'élargissement doit être l'occasion de rouvrir la question du mode de construction de l'Europe.
Que celle-ci continue sur les rails libéraux sur lesquels l'ont placée les différents traités, depuis notamment celui de Maastricht, et elle aura de plus en plus de mal à faire face aux défis cruciaux auxquels elle est aujourd'hui confrontée : celui de la véritable réinsertion des dix pays dont l'adhésion, d'ici à 2004, doit être ratifiée à Copenhague. Comme celui de la place du continent unifié face à un hégémonisme américain de plus en plus appuyé. Les pays candidats tirent effroyablement la langue sous le coup des contraintes drastiques qui leur ont été imposées en préalable à leur adhésion. Coupes dans les dépenses publiques, avec des conséquences souvent calamiteuses pour les politiques d'éducation et de formation, privatisations des secteurs et services publics, alignement sur les règles les plus libérales en matière d'assurances sociales. Retraités, salariés, paysans de ces pays sont menacés de régression. L'unité du continent suppose aussi de ne pas arrêter l'Union Européenne aux frontières turques comme le suggère la position étriquée et raciste d'une partie de la droite européenne.

Construire une autre Europe basée sur la coopération et le codéveloppement
À l'intérieur de l'Europe d'aujourd'hui, celle des Quinze, le forcing pour le respect des normes drastiques du pacte de stabilité, le monétarisme de la Banque centrale européenne ont donné le sentiment aux opinions d'un caractère indépassable de règles totalement inspirées par les marchés financiers, si funestes à l'emploi et à la croissance. La suite est connue : discrédit à l'égard de l'ensemble des partis accusés de pratiquer peu ou prou les mêmes politiques, échec retentissant des expériences sociales-libérales et montée en puissance des populismes. Plus que jamais, un autre projet européen, un vrai effort d'insertion conforme aux énormes besoins des pays de l'Est, d'autres règles de coopération monétaire émancipées des logiques strictement financières, sont indispensables. Pour sauver l'Europe, lui donner une autre orientation que celle de la rentabilité financière et de compétition capitaliste, mortifères en terme de développement et pour les populations, il faut dépasser la construction actuelle ; un pari ambitieux qui est aussi au coeur du projet communiste.

Conseil régional
Pierre Mathieu intervient sur le dossier Jacquemard

Le conseiller régional communiste a abordé le dossier Jacquemard lundi dernier, lors de la séance plénière du Conseil régional qui avait à son ordre du jour le vote du budget 2003. En effet, la Région dispose de compétences qu’elle peut mobiliser dans d’autres buts que l’accompagnement des plans de casse de l’emploi. Pour Pierre Mathieu, les attributions régionales doivent servir prioritairement au maintien dans l’emploi ou dans des plans de formation au contenu réel et qualifiant. Pointant, dans le dossier textile, les énormes responsabilités de la droite auboise dans sa politique de soutien inconditionnel aux patronat textile, Pierre .

Mathieu s’est vu répondre par Paul Granet que la faute incombait à l’ancienne municipalité communiste qui avait donné “une mauvaise impulsion”. L’ancien conseiller général de droite aurait-il oublié que du temps de sa municipalité “prostalinienne” (sic !!!), Romilly avait le taux de chômage le plus bas de Champagne-Ardenne ? L’élu communiste a aussi réitéré sa demande à Jean-Claude Etienne pour qu’il saisisse, comme l’y autorise la loi, la Commission nationale de contrôle de l’utilisation des fonds publics sur le dossier Jacquemard, comme vient de le faire le parlementaire communiste Daniel Paul .