La Dépêche de l'Aube n°690 du Jeudi 12 Décembre 2002 La Dépêche de l'Aube n°690 du Jeudi 12 Décembre 2002

La dépêche de l'Aube n°690 du Jeudi 12 décembre 2002

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Romilly-sur-Seine -Jacquemard
Opposition entre deux logiques : casse de l’emploi pour le profit-protection, promotion des salariés et développement industriel

Militants et élus du PCF, syndicalistes et salariés ont participé à un échange pour construire une alternative aux vagues de suppressions d’emploi dans le textile romillon.

Joë Triché, Pierre Mathieu, Jean-Pierre Cornevin et Yves Dimicoli ont débattu pendant deux heures avec les salariés.
Jeudi 5 décembre, la population et les salariés étaient invité par la section du PCF de Romilly et ses élus à débattre de la situation de l’emploi.

Participaient à cette rencontre Joë Triché, conseiller général, Pierre Mathieu, conseiller régional et Yves Dimicoli, dirigeant national du PCF et économiste. L’objectif de cette initiative était des plus ambitieux puisqu’il s’agissait, à partir du travail de réflexion engagé en liaison directe avec les salariés et leurs représentants syndicaux, de dégager des solutions autres que celles de la casse de l’emploi décidée par les actionnaires du groupe Jacquemard. Après avoir rappelé le contexte dans lequel se déroulait cette initiative, à savoir la perspective de la suppression de 500 emplois dont 280 rien que chez Jacquemard, Joë Triché réaffirma la solidarité du PCF et de ses élus aux salariés ; pas seulement une solidarité de mots mais un engagement concret permettant de garantir leur avenir.
La Commission de contrôle des fonds publics saisie par un député communiste ainsi que les instances européennes
Pierre Mathieu devait, de son côté, informer l’assistance des démarches qu’il avait entreprises. Tout d’abord, il sera reçu, le 20 décembre, par le président du Conseil régional suite à sa demande d’audience, précisant qu’il avait tenu à ce que les représentants de l’intersyndicale puissent être présents. D’autre part, Daniel Paul, député communiste, saisira la Commission nationale de contrôle de l’utilisation des fonds publics concernant le groupe Jacquemard. En effet, celui-ci bénéficie chaque année de diverses aides financières de l’Etat (dix millions de francs pour 2000 et 2001). Or depuis 2000, ce sont 500 emplois qui auront été supprimés dans le groupe Jacquemard. Notons que, sur cette même question du contrôle des fonds publics, au Conseil municipal du 6 décembre, Joë Triché a demandé à Michel Cartelet de saisir, comme la loi l’y autorise, la commission nationale sur les dossiers Jacquemard et Sorotex. Devant l’insistance de l’élu communiste, le maire de Romilly, qui tentait de se dérober face à ses responsabilités, a finalement déclaré : “message reçu” : attendons de voir !
De Jacquemard au mondial
Pierre Mathieu annonça de plus qu’il s’était entretenu avec Francis Wurtz, député européen, pour envisager des interventions à ce niveau. Elles devraient s’effectuer dans trois directions : auprès de Romano Prodi, président de la Commission européenne, afin que le secteur du textile européen soit déclaré en “état de crise manifeste” ; de Pascal Lamy, chargé des négociations sur l’Organisation mondiale du commerce et de Valéry Giscard d’Estaing dont la responsabilité est de préparer un projet de Constitution européenne qui, pour les communistes, devrait prendre en compte cette question de l’emploi et de l’avenir du textile. Après ce rappel des démarches engagées par les élus communistes, le débat porta plus spécialement sur l’immédiat du dossier Jacquemard pour les salariés.
Anticiper dès aujourd’hui les deux chocs de 2004 et 2005
Yves Dimicoli a, dans son intervention, insisté sur les deux échéances capitales de 2004 et 2005 qui risquent d’être terribles pour les salariés et l’industrie textile : l’élargissement de l’Europe et la fin de l’accord

multifibre se traduisant par une liberté totale pour les patrons d’importer et de délocaliser. Elargir l’Europe pour exploiter davantage et mettre en concurrence les travailleurs des différents pays ou pour coopérer et codévelopper : tel est l’enjeu posé par l’économiste communiste qui opta, bien sûr, pour la seconde hypothèse. Pas de repli entre nos quatre murs mais, au contraire, ouverture pour permettre un développement de l’ensemble des pays et des populations de notre planète. Va-t-on rester béat et ne rien faire devant ces échéances de tous les dangers ou va-t-on les anticiper pour ne pas les subir ? C’est la question que pose Yves Dimicoli. Ne pas subir, cela veut dire affronter ces échéances en permettant une formation massive et de qualité pour les salariés, les mettant en capacité d’occuper des emplois à haute valeur ajoutée et mieux rémunérés. “Le textile peut avoir de l’avenir dans notre pays à condition de développer la recherche et l’innovation autour des textiles techniques et intelligents qui comment à s’imposer sur le marché” devait-il souligner.
Chez Jacquemard, deux logiques s’opposent
Celle des actionnaires qui consiste à rechercher du profit facile par la casse de l’emploi et la délocalisation. Ainsi, après avoir supprimé près de 200 emplois, ce qui, selon la direction, devait remettre le groupe à flot, ils s’apprêtent de nouveau à gaspiller 43 millions de francs pour en supprimer cette fois 280. Quel gâchis ! Il faut être clair : cette fuite en avant ne résoudra pas les difficultés de l’entreprise qui est confrontée à une pression énorme de la grande distribution. Mais pour l’actionnaire principal, l’important est de se préparer aux échéances de 2004 et 2005 afin d’être en situation de retrouver des profits actuellement ponctionnés par cette grande distribution. Et pour cela, il a décidé de sacrifier l’emploi et la production à Romilly.
Celle des salariés, élaborée dans l’échange avec le PCF et ses élus. L’objectif en est de garantir la protection et la promotion des salariés, de travailler à un nouveau projet de développement industriel chez Jacquemard axé sur la diversification de la production qui peut, sur cinq an, se mettre en place. C’est pourquoi, il faut aujourd’hui suspendre la progression des importations et de la délocalisation ainsi que le plan des 280 suppressions d’emplois. Des dispositions pouvant toutefois être prises pour celles et ceux ayant leur quarante annuités de cotisations à la sécurité sociale. Dans cette perspective d’un nouveau développement, il est nécessaire d’engager un vaste programme de formation des salariés.
Dans son projet initial, la direction avait envisagé de mettre la quasi totalité du personnel à mi-temps avec demi salaire. Pourquoi alors ne pas consacrer l’autre demi-temps, pour celles et ceux qui le souhaitent, à une formation rémunérée dans le cadre d’un revenu de formation, c’est-à-dire sans perte de salaire ? C’est dans cette perspective que le Parti communiste et ses élus proposent la création d’un Fonds régional de promotion et de protection des salariés, et de développement industriel pour chez Jacquemard. Celui-ci pouvant être alimenté financièrement par les actionnaires, la grande distribution, les banques, l’Etat et le Conseil régional. La table ronde qui se réunira dans les prochaines semaines, et qui devrait être publique, doit avoir ces objectifs. Autrement, ce sera encore de l’accompagnement de la casse de l’emploi pour permettre aux actionnaires d’aller réaliser leurs profits en Roumanie.
Actuellement, la présence du délégué de la DATAR fait couler beaucoup d’encre. Mais, au-delà des discours, rien de concret ne se dessine et, dans les milieux autorisés, on en est même à reconnaître qu’il ne se passera pas grand chose de ce côté-là. Raison de plus pour pousser tous ensemble afin d’imposer de vraies solutions. Le 5 décembre, la démonstration a été faite qu’il en existe

Irak :

le droit doit l’emporter sur la force Ensemble pour empêcher la guerre

Rassemblement : Samedi 14 décembre à 15 h devant la Préfecture Non à la guerre contre l’Irak !
Rassemblement à l’appel des organisations signataires de l’appel européen de Florence pour dire : Non à la guerre contre l’Irak !
Justice, paix et démocratie au Moyen-Orient et dans le monde.
La fédération de l’Aube du PCF invite ses adhérents-es
et sympathisants-es à participer nombreux à cette initiative...
L'Irak a accepté sans condition la résolution 1441 adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU. La voie à un désarmement pacifique de l'Irak est donc ouverte.
Pourtant, le risque de guerre est loin d'être écarté. Quelques minutes après l'adoption de la résolution, George Bush déclarait: "Les États-Unis ont accepté de discuter de toutes les violations patentes avec le Conseil de sécurité, sans pour autant entraver notre liberté d'action pour défendre notre pays". En clair, Washington est prêt à se saisir du moindre prétexte pour déclencher la guerre. Désireux de gérer à sa guise les conditions de l'entrée en guerre contre l'Irak, Bush a dû tenir compte de l'opposition montante à sa position. Le refus de tout engagement guerrier de l'Allemagne, la position de la France donnant la prééminence au Conseil de sécurité de l'ONU, le refus croissant des opinions publiques de par le monde, l'hostilité des pays arabes de la région ont permis de gagner du temps. Le risque du déclenchement du conflit demeure, mais il est possible de contraindre Bush à y renoncer.
Florence : une réponse magistrale des peuples
Qui donc peut relever le défi guerrier lancé à la face du monde par Bush ? L'extraordinaire mobilisation du Forum Social européen à Florence montre la voie. La capitale toscane a connu, durant cinq jours, un événement qui restera dans l'Histoire. Un laboratoire politique inédit, fort de la participation de plus de 60.000 personnes et, à son terme, samedi 9 novembre, un cortège d'un million de personnes, magnifique, imposant, déterminé, profondément pacifiste, spectaculairement jeune, mêlant dans un même mouvement le refus de la guerre et des injustices.
Car ce n'est pas seulement l'aventure militaire américaine en Irak que des centaines de milliers de manifestants étaient venus condamner à Florence, mais l'état de guerre sans fin que les stratèges de la Maison Blanche veulent ériger en mode de conduite

d'un nouvel ordre économique et militaire mondial. La situation créée depuis le 11 septembre 2001 peut déboucher sur le pire. Le rendez-vous italien contribue à changer la donne. Le succès du forum social européen donne une dimension nouvelle aux mouvements qui se cherchent, à travers le monde entier, pour contrer le capitalisme et faire entendre la voix des peuples. Il montre que les peuples peuvent reprendre l'initiative.
S’attaquer aux racines des conflits et du terrorisme
Construire la paix, c'est s'attaquer aux racines des conflits: les injustices, les inégalités, les dominations, la misère. Dans le monde où nous vivons, ce qui l'emporte, c'est la peur de l'autre, que ce soit un individu, une société ou un État et, adossée à ces peurs, la volonté de maintenir coûte que coûte l'ordre capitaliste mondialisé, d'où une conception de la sécurité uniquement répressive et militaire. Cette militarisation à outrance pousse à une course aux armements affolante; des centaines de milliards sont dépensés dans des engins de mort au lieu de servir au développement. C'est cela qui crée l'insécurité, c'est cela la racine des conflits.
Agir ensemble pour empêcher la guerre
Dans un monde miné par les inégalités, toute stratégie guerrière met la planète au bord du précipice. Pour échapper à cette logique destructrice, il faut dégager les voies d'un autre monde possible. Faisons entendre la voix de ceux qui ont choisi de faire cause commune avec les peuples du monde, faisons grandir un vaste mouvement d'opinion contre une guerre qui ne peut qu'accroître les souffrances d'un peuple exsangue après dix années d'embargo, et faire courir les plus graves dangers à la paix du monde. Il y a plus que jamais nécessité, urgence d'agir ensemble pour construire une autre Europe, un autre monde.
Le 14 décembre, rendez-vous à 15 h devant la préfecture de l’Aube pour porter ensemble notre message de paix

Loi de modernisation sociale
La revanche du Medef

L'adoption de la loi de modernisation sociale au printemps 2002, notamment ses dispositions anti-licenciements, n'avait pas été une sinécure.
Face à une droite et un Medef déchaînés, les communistes, les salariés avaient mené une âpre bataille pour arracher son vote au gouvernement Jospin et à la majorité des parlementaires socialistes. Depuis, droite et Medef ne rêvaient que d'une chose, réduire à néant les acquis obtenus. En janvier 2002, le Conseil constitutionnel leur avait donné un sacré coup de pouce en annulant une partie de ces dispositions. À présent, François Fillon est chargé de finir le sale boulot sous la forme d'une suspension pour dix-huit mois au moins de sept articles de la loi ; ceux visant au renforcement des garanties contre les licenciements économiques.
Et comme si cela ne suffisait pas, la droite parlementaire adopte un amendement qui supprimerait l'obligation de reclassement au sein de l'entreprise ou d'un groupe en cas de plan social. Alors même que les licenciements économiques déferlent.

La gestion des entreprises : “chasse gardée” des patrons
En fait, la loi de modernisation sociale est accusée de crime de lèse-majesté. Si la droite et le patronat s'acharnent, c'est que la gestion de l'entreprise est à leurs yeux une chasse gardée. Dans la tourmente de la mondialisation capitaliste, le patronat veut avoir les mains libres pour adapter, délocaliser, déréglementer, flexibiliser... Le capital donne le rythme, aux salariés d'accélérer la cadence et de suivre le train d'enfer imposé. Malheur à ceux qui restent sur le bord du chemin. Il leur restera toujours la prime de Noël pour survivre !
On ne dira jamais assez l'inhumanité de ce qui se passe en ce moment à l'Assemblée nationale. On ne dénoncera jamais assez l'aveuglement dont cela témoigne. La France et le monde ont besoin de penser autrement l'avenir de l'emploi. La liberté de licencier est la plus rétrograde des réponses que l'on puisse apporter aux enjeux de notre monde contemporain

Humeurs

Déménagement
C’est le titre utilisé par “Libé” pour annoncer l’emménagement du PCF dans ses nouveaux locaux. C’est donc un beau contresens. Une contre-vérité aurait dit quelqu’un de chez nous. Est-ce voulu ? Possible. Le PCF qui est complètement exsangue ne peut pas emménager. C’est contraire à l’image qu’en ont les gens. Alors on dit qu’il déménage. Logique. Il ne faut pas surprendre le lecteur. Le lecteur est sacré. Si le Pécé, coule un journaliste n’ira pas pas le surprendre en train de pêcher sur la berge. Si le Pécé est malade, il ne fera pas l’ascension du Mont Blanc en page un. Donc s’il emménage, on appellera ça déménagement et tout le monde sera content. Sauf les communistes, bien entendu. Mais les communistes, ça râle toujours, c’est bien connu. Déménager, c’est jouer de la musique avec brio et grand talent. D’accord, les cocos déménagent.
Resto bistrot presto
Il y a, rue Louis Ulbach, un resto qui nourrit bel et bien et bon(1), c’est le Bistroquet. Au vestiaire, on voit une galerie de portraits d’hommes politiques aubois dessinés de main de maître par Moyne(2). La patronne assure que toutes les tendances y sont, de la gauche à la droite. Il n’y manque que les communistes.
Bistro (quet) vient, dit-on, du russe «bistro» qui veut dire vite. Penser que toutes les couleurs politiques sont représentées par le bleu et le rose, c’est en effet penser un peu presto-rapido

(1) Pub gratuite.
(2) Auboiseries.



Malicette

Ecoutez-voir ..

Le leurre...
À Romilly, le Président du patronat a déclaré que le textile en déroute «récoltait les fruits pourris des 35 heures et que, s’il devait ouvrir une usine aujourd’hui, il irait (contraint et contrit sans doute) à l’étranger. » Car là-bas, au paradis de la main d’oeuvre, les ouvriers travaillent 43 h pour une bouchée de pain.
Le président en question est également PDG d’une grande surface et s’adressait aux petits commerçants à surface minima. Il les rassurait en même temps sur son hégémonie en montrant du doigt «ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal», la loi des 35 h. Ainsi faisait le renard s’adressant aux poules en les mettant en garde contre le loup, le leurre en quelque sorte...
Droit de propriété..
Au moment de payer mes dernières traites pour ma voiture, la firme Renault m’annonce que je ne suis pas encore propriétaire de mon véhicule. Je n’en suis que “locataire”. Par gentillesse, Renault me l’a «prêtée» moyennant un «dépôt de garantie» qui, oh miracle, correspond au prix de la voiture. Dès que ma dernière traite sera versée, je deviendrai alors propriétaire. Ouf ! J’ai eu chaud. La carte grise sera à mon nom au terme de mes loyers. Pour le moment elle est au nom de la banque qui me la prête. J’ai vérifié. Une bonne gentille banque, en fait, qui me permet de rouler avec la voiture du banquier. Je lui ai téléphoné. Aimablement, il m’a dit que je devais lui confirmer si je désirais être définitivement propriétaire de sa voiture ; il l’indiquera alors sur la carte grise. C’est trop de bonté. Encore deux traites et donc, encore deux mois pour griller un feu rouge et dire aux gendarmes que c’est le banquier qui a commis la faute...


Malicette

Salaires des patrons

En 2000, les grands patrons gagnaient en moyenne l'équivalent de 498 fois le Smic ; ces patrons français se considéraient alors, selon une étude récente, "en retard" sur leurs homologues américains ; ils ont fait plus que combler ce retard puisqu'un patron américain ne gagne, en 2001, "que" 531 fois le salaire d'un ouvrier ! L'étude montre aussi la phénoménale explosion des écarts de salaires en vingt ans. En effet, aux États-Unis (mais la courbe est identique en France), la rémunération d'un grand patron équivalait en 1980 à 20

fois celle d'un ouvrier, en 1990 à 85 fois et à plus de 550 fois aujourd'hui. En 2001, les patrons les mieux rémunérés ont été Jean-Marie Messier (Vivendi): 36 millions d'euros, dont 31 de stock-options ; Lindsay Owen-Jones (L'Oréal) : 21 millions, dont 15 de stock-options ; ou Jean-Luc Lagardère (Lagardère) : 14 millions d'euros, sans stock-options. L'entourage de ces patrons, les 473 premiers dirigeants du CAC 40, sont également bien lotis, avec un revenu moyen de 2,5 millions d'euros (soit une hausse de leur salaire de 18%!

Prime des chômeurs Le compte n’y est pas

Dans un premier temps, le ministre du Travail et des Affaires sociales, François Fillon, avait expliqué que, peut-être, la France ne pourrait pas maintenir l'octroi aux chômeurs d'une prime de Noël de 150 euros.
Puis Jean-Pierre Rafffarin, chattemite, a fini par annoncer que la prime serait versée. Histoire de jouer le "bon" de l'équipe ? De s'afficher "humaniste" comme il ose le dire dans une interview à La Croix ? Histoire aussi qu'on le remercie ?

Premier recul donc, mais le compte n'y est pas : ce que demandent les chômeurs, ce n'est pas 150 euros mais 500 euros. Et 500 euros, que c'est si peu quand on n'a pour vivre que des allocations de chômage et que mois après mois on se bat pour tout, pour le minimum, quand on économise sur chaque sou ! Ensuite, ce premier ministre, le chef de l'État ne pourront faire oublier leurs choix qui enfoncent le pays dans l'exclusion, les bas salaires, la précarité, le chômage des jeunes. Les emplois-jeunes ? Terminé. Dans les mois qui viennent, ils vont être des dizaines de milliers, après des années de travail, après avoir espéré, à reprendre le chemin de l'Anpe. Le dispositif était loin d'être parfait, mais on ne

pourra pas dire que le choix a été fait de valider ces emplois, les acquis de ceux qui les ont occupés. Que devient-on quand, pendant cinq ans, on a eu un travail et qu'à vingt cinq ans on vous dit que vous n'êtes plus rien ! Les dispositions, réduites comme peau de chagrin, visant avec la loi de modernisation sociale à protéger les salariés contre les licenciements ? À la casse. L'assurance chômage ? Menacée. Les baisses d'impôts ? Elles ne profitent en rien aux plus démunis mais diminuent en revanche notablement les recettes que l'État peut consacrer à l'action publique.
Depuis son arrivée au pouvoir, il n'est pas un acte du gouvernement Raffarin qui n'aille dans le sens d'une société plus inégale, plus dure aux salariés, plus douce aux patrons. On sait ce qu'il en est des recettes mises en œuvre. Baisse des charges, mise en cause des acquis sociaux, recours envisagé aux assurances privées pour la maladie et les retraites. Cette logique précarise l'emploi, favorise la déqualification du travail, laisse tous ceux qui n'ont que leur travail ou leurs allocations de chômage pour vivre seuls et démunis devant l'âge et la maladie. Elle laisse les jeunes face à l'angoisse d'un futur sans avenir

Lutte contre le Sida
Il faut agir !

La tenue de la journée mondiale contre le Sida, le 1er décembre dernier, a eu le mérite de remettre sous les feux de l'actualité les ravages de ce fléau.
Mais pas question de tourner la page, car la réalité des faits est atroce. L'épidémie tue, elle progresse, elle va hypothéquer l'avenir de générations entières et celui des pays qui sont ravagés par cette pandémie.
Trois millions de personnes sont mortes du Sida au terme de l'année 2002. C'est Paris et une partie de sa banlieue rayés de la carte en une seule année. 20 ans d'épidémie ont fait vingt millions de morts et nous promettent, dans les mêmes conditions d'investissement financier et politique, 68 millions de séropositifs dans le monde. Le mal n'est pas inéluctable; mais il n'y a pas eu, au plan local et international, assez de volonté politique pour créer les conditions de l'éradication de ce cauchemar. Or, il s'agit aujourd'hui d'engager une guerre de tous les moyens contre le sida.
Le fossé en matière d'accès aux médicaments continue de s'accroître entre pays riches et pauvres. L'Afrique subsaharienne compte, à elle seule, vingt-neuf millions de séropositifs. Seulement trente mille d'entre elles-eux bénéficient d'un réel traitement

thérapeutique, c'est-à-dire équivalent à celui prescrit dans les pays riches. Le Fonds Global contre le Sida, créé par les pays riches à grand renfort publicitaire, Chirac en tête, n'a reçu que 7% des sommes promises et évidemment nécessaires pour rendre cette structure opérationnelle et efficace.
La loi suprême du profit dicte les choix de production, de distribution des médicaments et oriente la recherche médicale. Partout, la prévention connaît un temps mort et la courbe des contaminations s'accroît. Alors que le Sida demeure un facteur important de fragilisation sociale et d'exclusion, la réponse politique demeure absente, ou elle s'inscrit, comme c'est aujourd'hui le cas de la France, dans la répression et la stigmatisation des plus défavorisé-e-s. Aujourd'hui, nous devons choisir pour ne pas compter les morts dans vingt ans. Seule l'incitation en matière de recherche, seule la distribution massive de médicaments, seule une véritable politique de prévention représentent - l'OMS le certifie et les associations de lutte contre le Sida le réclament depuis d'innombrables années - des réponses efficaces pour traiter l'épidémie