La Dépêche de l'Aube n°689 du Jeudi 5 Décembre 2002 La Dépêche de l'Aube n°689 du Jeudi 5 Décembre 2002

La dépêche de l'Aube n°689 du Jeudi 5 décembre 2002

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Salle comble où, à l’occasion du buffet inaugural, militants et sympathisants ont pu échanger et débattre.
En présence de Paul Lespagnol, membre de la direction nationale du PCF
Inauguration de la nouvelle “maison” des communistes de l’Aube

Samedi 30 novembre, les communistes aubois ont inauguré leur nouveaux locaux et cela en présence de Paul Lespagnol qui représentait la direction nationale du Parti communiste français.
Lors de son discours inaugural, Jean-Pierre Cornevin, secrétaire de la fédération du PCF de l'Aube, a souligné la convivialité des lieux : "tous les bureaux donnent sur la pièce centrale ; l'endroit est plus petit que notre ancienne fédération, mais tout le monde y a trouvé son compte, puisque notre siège continue d'accueillir, la Dépêche de l'Aube et la section de Troyes". Il est également revenu sur l'historique de l'ancienne fédération : "Certes, nous avons quitté un lieu chargé d'histoire et de souvenirs de plusieurs générations de militants, un lieu dans lequel ont été prises des décisions politiques qui ont rythmé les luttes ouvrières auboises de ces dernières décennies, qui a reçu la visite de personnalités telles que Jacques Duclos, Georges Marchais ou Dulcie September, leader de l'ANC assasinée depuis par l'extrême-droite ; à l'époque de sa venue dans notre fédération, Nelson Mandela était encore considéré comme un “terroriste” par la droite. Un lieu où se sont succédées les périodes de joie et d'espoir des soirées électorales victorieuses et, malheureusement aussi, la tristesse des jours de défaite, mais l'engagement militant est fait de tout cela.
P. Lespagnol, entouré de J.P. Cornevin, de P. Mathieu et de P. Vagner.
Alors évidemment, nos nouveaux locaux sont un peu “nus” au regard de ce passé , mais nous avons une nouvelle page à écrire. A nous d'en faire un lieu de débat, de réflexion politique, d'échanges d'expériences ; le lieu de rendez-vous de toutes celles et ceux qui veulent construire dès maintenant une alternative politique à cette société de plus en plus inhumaine. Nos portes sont grandes ouvertes et les communistes plus que jamais disponibles pour rassembler toutes celles et ceux qui aspirent à un changement radical."
la fonctionnalité des locaux, mais aussi l'aspect financier.
Le secrétaire de la fédération à également consacré une partie de son discours aux difficultés financières issues des élections présidentielles et législatives : "Nos nouveau locaux sont plus adaptés à l'activité politique, plus fonctionnels, mais ils ont aussi un autre intérêt : c'est qu'ils nous permettent de diviser par trois nos frais de siège. Car la fédération à subi également à son niveau le contrecoup financier des mauvais résultats électoraux de cette année et il était important de réduire au mieux nos dépenses. Dans la foulée des élections présidentielles, un formidable élan de solidarité s'est opéré autour du Parti communiste français. 16 millions de francs ont été versés au Parti communiste. Des dons provenant des communistes bien sûr, mais également de gens de gauche comme de droite, de progrès, républicains, attachés à l'existence et à la vie du PCF. C'est là un véritable témoignage de l'enracinement du Parti communiste dans la société française. Cela confirme que s’il y a bien eu le vote sanction à notre égard, les gens ont voulu ensuite rectifier le tir.

Beaucoup nous disant : "vous ne méritez pas ça." Cela démontre que les liens ne sont pas rompus entre le Parti communiste et le peuple et que tout peut se renouer rapidement à condition que nous sachions à l'occasion de notre prochain congrès prendre les bonnes orientations."
Une souscription départementale pour collecter 96.000 F
"En ce qui concerne la fédération de l'Aube, nous avons reçu près de 100.000 Francs de dons que nous avons reversés en totalité au comité national pour combler le trou de l'élection présidentielle. Parallèlement à cela, la fédération doit assumer financièrement le résultat des élections législatives ; bien que nous ayons commencé à relever le score de la présidentielle, nous n'avons malheureusement pas pu atteindre, pour la première fois à une élection législative, le score des 5% et cela dans deux circonscriptions sur trois. Cela à constitué une perte sèche de 96.000 Frs pour la fédération, d'où la nécessité d'ouvrir une souscription départementale pour y faire face."
Travailler à l'alternative politique
Jean-Pierre Cornevin a conclu son propos en appelant à la résistance et à la construction d'une alternative politique qui redonne l'espoir à notre peuple : "S’il y a de la souffrance chez les communistes, il y a aussi la volonté de comprendre les raison de l'échec et d'avancer. Une volonté d'autant plus forte et nécessaire qu'après six mois de gouvernement de droite, le bilan est déjà lourd. Raffarin met le social à la casse et les droits au rebut. Le gouvernement a beau brouiller les pistes par des déclarations volontairement contradictoires, ce sont autant d'indications sur les ambitions qu'il se fixe de mettre à bas ce qui existe de justice sociale dans notre pays. Les menaces s'accumulent sur notre système de protection sociale, nos retraites, notre santé. Raffarin s'en prend à la République comme on a brisé le vase de Soissons. [...] Les communistes ne peuvent pas se résoudre à l'ordre existant ; nous ne pouvons pas nous résoudre à ce système qui n'a de sens que pour la minorité dominante ; nous ne pouvons nous résoudre à cette société qui broie les hommes et établit entre eux des rapports d'oppression. Cette réalité est insupportable à bien d'autres qu'à nous, qu'ils aient décidé de la combattre où qu'ils s'en accommodent par fatalisme. Je pense à ceux et celles qui sont frappés par les salaires de misère, le chômage, les conditions de vie difficiles, les discriminations. Je pense à tous ces hommes et ces femmes que la politique désespère autant que le monde dans lequel ils vivent. Je pense à tous ces jeunes à qui l'on n'offre pas d'autre horizon que celui de la précarité et de la galère. Je pense à tous ces hommes et ces femmes engagés dans un syndicat ou une association qui attendent beaucoup qu'un espace pour une alternative politique audacieuse prenne corps.
C'est a eux que s'adressent les forums que nous organisons partout en France.c'est un véritable appel à la réflexion et à la construction d'une alternative politique que nous lançons là. Ces forums, ouverts aux plus grand nombre, sont partie intégrante de la préparation de notre congrès, bien sûr en dernier lieu ce seront les communistes eux-mêmes qui devront décidé des orientations du parti. D'ici au mois d'avril, date du congrès, s'ouvre une période vitale pour l'avenir du PCF. Les choix nous appartiennent ; à nous de relever le défi, car cela vaut le coup, malgré toutes nos difficultés d'être les militants et les militantes des lendemains qui chantent."..

Décentralisation : il faut un véritable débat national Pour une décentralisation citoyenne

Mercredi 27 novembre, le PCF a tenu une conférence de presse afin de “dire ce que pensent les communistes du projet du gouvernement sur la décentralisation et de nourrir les débats et l’action politique”.
étaient présents à ce point de presse Jean-Pierre Cornevin, secrétaire de la fédération de l’Aube du PCF, Pierre Mathieu, conseiller régional, Marie-Françoise Pautras et Joë Triché, conseillers généraux. Pour les communistes, ce projet est un “moyen essentiel dans l’offensive ultralibérale du gouvernement pour faire sauter tout ce qui empêche et freine encore les grands groupes capitalistes dans leur recherche effrénée de rentabilité. [...] et a aussi pour objectif de lever les obstacles institutionnels à une organisation fédérale de l’Europe en installant durablement un autre type de gouvernance au service des marchés financiers et de la mondialisation capitaliste” comme l’a rappelé Pierre Mathieu.
Pourquoi tant de précipitation ?
C’est une des interrogations que posent les communistes. En effet, s’agissant d’un sujet aussi grave, il n’est pas question d’accepter “que cela se fasse au pas de charge, à la hussarde. Une telle réforme à besoin de temps : reflexion, consultation, élaboration, discussion. Or, rien de tout cela ne qualifie la démarche entreprise comme l’ont relevé le Conseil d’état, le Sénat et bien des observateurs” a poursuivi le conseiller régional communiste, proposant qu’au contraire de la démarche du gouvernement “bien trop rapide pour être honnête”, soit mis en oeuvre un vrai processus démocratique passant par une réelle et large concertation avec les citoyens et leurs représentants, élus, syndicats, associations, sur une problématique aussi grave puisqu’elle aboutira à modifier la Constitution de la République par une remise en cause de son caractère unitaire et solidaire. Pour Pierre Mathieu, “ce qui est visé au nom de plus de démocratie locale, au nom des libertés locales, c’est l’éclatement de notre Nation et de ses valeurs fondamentales.” Mais pour autant, les communistes ne sont pas pour le statu quo et l’immobilisme puisqu’ils proposent d’ouvrir un grand chantier pour aller vers une République moderne et démocratique. En effet, après ce qui s’est passé le 21 avril, personne ne peut ni ne doit rester insensible et statique face au malaise et à une profonde défiance vis-à-vis de la politique ; crise de la représentation, crise de la citoyenneté, contestation forte des institutions et de tout ce qui représente l’autorité.
Construire d’autres réponses
Alors que la droite au pouvoir et la majorité des partis politiques ne remettent pas en cause le système actuel dominé par l’argent, l’objectif des communistes est de transformer en profondeur la société. Aujourd’hui, la droite utilise la décentralisation comme moyen de conforter l’ultralibéralisme. Ainsi, par exemple, en désengageant l’état de ses missions nationales de solidarité pour les faire porter sur les collectivités locales, en diminuant les dépenses publiques, en tendant à faire de plus en plus supporter la fiscalité par les ménages, elle essaye de contourner la crise de la politique en faisant reposer la quasi totalité des responsabilités de l’état vers d’autres niveaux (notamment les régions et les collectivités locales).

Une autre conception de la décentralisation à l’opposé de ce que prépare, en dehors de toute concertation populaire, le gouvernement Raffarin, les communistes préconisent la mise en oeuvre d’une véritable décentralisation citoyenne qui soit le moyen de rapprocher les citoyens des lieux de décisions afin de répondre à leurs attentes. Une conception bien différente de celle qui vise à transférer les responsabilités par l’éclatement des missions fondamentales de l’état et qui n’est, en définitive, que “tripatouillage, cuisine politique qui ne fera qu’aggraver encore plus la crise de la politique et élargira encore plus le fossé qui existe entre les citoyens et leurs représentants.” C’est pourquoi, sur cet important dossier, les communistes ne veulent pas permettre “que le gouvernement vole au peuple français le droit de décider dans quelle République il souhaite vivre” et demandent l’ouverture et l’organisation d’un vrai débat public national ; au Parlement mais aussi dans toutes les assemblées des collectivités territoriales qui doivent être saisies du sujet et pouvoir en délibérer. Ils demandent aussi que ce débat conduise à un référendum sur le projet de loi constitutionnelle. à l’occasion des Assises des libertés locales qui se tenaient à Châlons, le 2 décembre (voir ci-contre) le Parti communiste et ses élus ont distribué un tract pour alerter l’opinion publique afin que s’engage le nécessaire débat populaire et à proposé une pétition pour un référendum

Une délégation du PCF et d’élus communistes reçue par le ministre Patrick Devedjian
Pas moins de trois ministres étaient présents lundi 2 décembre à Châlons-en-Champagne pour nous servir la soupe Raffarin sur son projet de loi de décentralisation. Discours d'accueil et discours de ministres, il ne restait vraiment que peu de place pour un vrai débat sur les vrais enjeux de ce projet de loi de la droite. C'est ce que n'a pas manqué de rappeler la délégation du PCF et des élus communistes au ministre Patrick Devedjian qui les a reçus. Elle était composée de Claude Lamblin, conseiller régional de la Marne, Sylvain Dalla-Rosa, secrétaire départemental du PCF des Ardennes et maire-adjoint à Charleville-Maizières, de Jean-Claude Damerey, secrétaire départemental du PCF de la Haute-Marne et de Joë Triché, conseiller général de l'Aube. La délégation, dénonçant le morcellement de la République qui engage la modification de l'article 1 de la Constitution Française, a rappelé qu'elle craignait aussi une explosion des impôts locaux, une remise en cause du principe d'unicité des droits des citoyens sur l'ensemble du territoire avec des politiques régionales décidées selon les couleurs politiques de celles-ci et des moyens financiers dont elles disposent. Elle a insisté sur le fait qu'une autre conception de la décentralisation était possible. Une décentralisation solidaire et citoyenne comme le PCF le propose. La délégation a tenu à rappeler que de tels enjeux nécessitaient un grand débat national et l'organisation d'un référendum pour permettre à notre peuple de décider. Elle n'a pas manqué de rafraîchir la mémoire du ministre en lui indiquant que c'était l'une des promesses du candidat Chirac à l'élection présidentielle

Forums Lundi 9 décembre à Troyes Discutons

Lundi 9 décembre à 18 h 30 à Troyes 22ter, av. Anatole France
avec la participation de Pierre Mathieu, dirigeant national du PCF, conseiller régional et conseiller municipal de Troyes


Discutons ensemble de tous les sujets sans tabou Et maintenant ?
Vous vous posez de nombreuses questions :
Pourquoi le 21 avril et le retour de la droite au pouvoir ?
Comment résister aux mauvais coups du gouvernement Raffarin, Sarkozy et consorts (Loi sécuritaire, décentralisation, emploi, retraites, santé, éducation) ?
Comment et avec qui construire un changement réel et durable ?

Samedi 14 décembre à 15 h devant la Préfecture Rassemblement : Non à la guerre contre l’Irak !

Rassemblement
à l’appel des organisations signataires de l’appel européen de Florence pour dire :
Non à la guerre contre l’Irak !
Justice, paix et démocratie
au Moyen-Orient et dans le monde.
La fédération de l’Aube du PCF invite ses adhérents-es
et sympathisants-es à participer nombreux à cette initiative.

Humeurs
Cure d’opposition

Mon copain James est un homme de gauche. Il aime faire partager sa foi en me tapant sur l’épaule : «On est des gens de gauche, hein, nous deux !». Surtout depuis le 21 avril. Il cherche un peu de chaleur humaine, James. Il a été très affecté par la défaite de Lionel et la percée de Le Pen. Mais, par dignité, il n’a rien changé à son train de vie. Il vit très correctement, James, et fréquente peu les pauvres en dehors des campagnes électorales. Mais en philosophe, et sincèrement, il a décidé de faire sa cure d’opposition.
C’est d’ailleurs là qu’il s’épanouit. On sent qu’il revit, qu’il se libère. Même parfois, je trouve qu’il va un peu loin. Il franchit la ligne jaune. Il reparle de nationalisations, de droits des travailleurs, des 35 heures, du plein emploi. Il ne dit plus entreprise, mais usine ; il ne dit plus employé mais ouvrier. Le mot peuple emplit son discours. En pleine fièvre, je l’ai entendu une fois prononcer le mot prolo.
L’autre jour, je n’en croyais pas mes oreilles, il a parlé de supprimer la double peine. Je lui ai dit : «James, en mars dernier, c’est quand même toi qui a quitté le comité de soutien à Gisèle et à Mme Bouggaffour, non ?».
­ C’est mon côté vertueux qui dictait ma conduite a-t-il justifié. Il a réponse à tout James. James, dans l’opposition, il est révolutionnaire, selon les époques, il fusille les patrons, il pend les curés. Au pouvoir, il devient sage et réfléchi, il privatise le service public, et verse des subventions à l’école libre..


Malicette

M.G. Buffet à “Libération”


Pour un parti de révoltes et de rêves

Répondant au au quotidien “Libération” qui lui demandait si les communistes pouvaient tenir les deux bouts de la chaîne : être dans les mouvements sociétaux et assumer l'identité communiste, la dirigeante communiste a répondu :
“La révolution moderne est un mouvement de luttes émancipatrices touchant tous les domaines de la société. Nous pouvons être ce parti où se retrouvent les hommes et les femmes qui participent à ces combats et être le parti du monde du travail tel qu'il est. On a théorisé sur la disparition de la classe ouvrière, mais elle existe toujours, sous une autre forme, avec tous ces salariés sous payés, tous ces précaires, tous ces smicards. Et ils nous disent : "Vous nous avez oubliés." Ils attendent de nous qu'on les défende, qu'on porte leurs souffrances et leurs aspirations. Il faut que nous soyons à l'aise dans nos baskets de communistes. Ne jouons pas petits bras".
Comme on lui fait remarquer que ces mouvements des "anti" ou des "sans" se méfient des partis politiques, soupçonnés de vouloir les récupérer, elle ajoute : "Si nous nous positionnons d'égal à égal, chacun dans son rôle, il ne devrait pas y avoir de difficultés. Mais nous avons besoin de travailler ensemble, pour faire en

sorte qu'il n'y ait plus cette coupure artificielle qui est en train d'ailleurs de s'effacer, entre politique et mouvement social. Je souhaite beaucoup de modestie dans les partis politiques de gauche pour être capables de nous immerger, de comprendre, d'apprendre. ainsi nous serons mieux armés, plus efficaces pour porter au pouvoir, un jour, une alternative".
Quant à savoir ce qui demeure de la spécificité communiste, elle observe :
"Prenons la question de tout cet argent inutile dans les places financières : comment faire pour qu'il devienne humainement utile ? Quant à celle de la démocratie, il faut une vraie République moderne, c'est-à-dire réformer nos institutions pour donner plus de pouvoirs aux individus. Nous devons aussi être la force qui, sans jouer sur les peurs ou le repli, porte une Europe sociale, audacieuse, moderne, capable de jouer un rôle au plan international et d'imaginer des nouvelles formes de coopération. Sur la mondialisation, nous devons penser la réforme des grandes institutions internationales comme l'ONU ou le FMI. Le Parti communiste doit être le parti de grandes réformes, de la proximité et de l'utopie, bref, un parti de terrain, de solidarités, de révoltes et de rêves”.

Culture : au théâtre de la Madeleine
“Les mains dans la farine”

Voilà un joli divertissement «pour les enfants et pour les raffinés» dirait Max Jacob.
Sans un mot mais avec des chansons et des rythmes, les deux acteurs du «Théâtre à cru» (comme on monte un cheval et un spectacle) content l’histoire du pain. On part de la terre couchée dans son panier. Blé ou seigle poussent. Sérénité de la céréale. L’épi est chanté : épi épique. Puis écrasé, roulé, battu, fourbu. Il crache son grain. Épopée de l’épi. Le grain sue déjà sa farine. Écrasé à la main, au moulin, le grain part en fumée, en farine. Le son est éloigné. Le son sans bruit. La farine fait de jolis feux d’artifice. «Il pleut de la farine» dit et rit un bébé. Fariboles de la farine. La farine est mouillée, malaxée sur le sol, elle se colle aux doigts. Elle forme une pâte, une glu. Sous le sac, le pain est là, doré sur tranche. Diablerie. On distribue le pain, coupé menu. Jean-Pierre Dulin et Pascal Pouvreau ont éveillé

l’âme du pain chez les petits, appris la mitronnerie par osmose, pactisé avec la panification. Poésie, finesse, magie. Voilà ce qu’on dit quand on est sorti du four où le théâtre cuit sa poudre de perlin-pain-pain. Un beau spectacle pour petits mitrons et mamans à la main.


Jean Lefèvre

“Du sang sur le miroir”


A cause d’un feu de gaines à Saint-André, le spectacle du TPC a dû se replier sur La Chapelle. La pièce de P.H Leroy n’en a pas moins été fort applaudie. (la semaine prochaine)

Projet de loi de financement de la sécurité sociale Lourdes inquiétudes pour l’hôpital et les assurés sociaux

L’Assemblée nationale a adopté, fin octobre, le projet de loi de financement de la Sécu pour 2003. Le déficit annoncé, notament celui de la branche maladie, est énorme. Et les députés de gauche craignent que soit programmée la liquidation de notre système de protection sociale.
Lors de l’examen du projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale (Plfss) devant l’Assemblée nationale, le ministre de la santé, Jean-François Mattéi, a présenté ses choix comme “un pari” destiné à “sauver un système à bout de souffle”.
L’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) est fixé à 123,5 milliards d’euros pour 2003, soit une hausse de 5,3%. L’enveloppe dévolue aux dépenses de soins de ville va augmenter de 5,6% (contre 3% en 2002). La dotation globale destinée aux hôpitaux de 5% et les dépenses des cliniques privées de 4%. Les syndicats de médecins sont quasi unanimes à saluer l’effort consenti en leur faveur. Les milieux hospitaliers, en revanche, sont inquiets. La fédération hospitalière de France, qui représente les conseils d’administration des établissements publics, estimait à 6,1% le taux d’évolution du budget global nécessaire pour couvrir les besoins du secteur. Pourtant, ces hausses de dépenses vont creuser encore le déficit de l’assurance maladie qui pourrait atteindre 6,9 milliards d’euros en 2003. Le déficit de l’ensemble du régime général devant s’élever à 3,9 milliards d’euros (contre 3,3 milliards attendus en 2002). Alors que le ralentissement de l’activité économique et les nouvelles baisses de charges programmées pour les entreprises vont mécaniquement réduire les rentrées de cotisations,

le gouvernement n’a introduit dans le Plfss aucune autre mesure de financement qu’une forte hausse (15,2%) du prix du tabac.
Le petit risque peut devenir un gros risque
Les députés de gauche ont critiqué ce budget “de transition” qui entérine de fait l’aggravation du déficit et renvoie les réformes de fond à l’an prochain, qu’il s’agisse, selon l’intitulé des groupes de travail ouverts par le gouvernement, de la nouvelle gouvernance de la Sécurité sociale, des retraites ou d’une loi quinquennale de santé publique. Pour Claude Evin, ancien ministre de la Santé, la Sécurité sociale “ne sera pas financée en 2003”. Ce Plfss “n’assure pas le maintien d’un système fondé sur la solidarité” ajoute-t-il.
Les propos tenus dans la presse par Jacques Barrot, président du groupe Ump à l’Assemblée nationale et ancien ministre des affaires sociales, ont conforté ces critiques. Pour lui, en effet, les assurances complémentaires devraient prendre en charge “le petit risque”, l’assurance maladie se cantonnant au “gros risque”, c’est-à-dire aux maladies graves. Ce serait la seule solution “pour alléger le système de couverture universelle et pérenniser les finances de la Sécurité sociale”.
Les syndicats ont réagi à ces propos en dénonçant la régression sociale qu’ils annonçaient. Alors que Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française (Fnmf) soulignait la séparation artificielle faite entre gros et petit risque : “un petit risque mal traité peut devenir un gros risque.”.

Ecoutez-voir

Raffarin, père fouettard...
Au lendemain de l'annonce faite par le gouvernement du maintien de la prime de Noël, un chômeur est venu à la fédération du PCF nous demander des précisions. Effaré, il me dit :"Je sors des Assedic, je n'y comprend rien car je n'ai pas droit à la prime de Noël, je croyais pouvoir faire plaisir à mes enfants."
A demi surpris, je lui réponds qu'une fois de plus le gouvernement a été fort dans l'effet d'annonce mais, qu'en fin de compte, il a une nouvelle fois trompé les gens. Car Raffarin, ce n'est pas le père Noël, c'est bien le père fouettard. Ce chômeur qui vit avec 13,70 euros par jour (2.700 F/mois) échappera au dispositif. Seuls les RMIstes et les chômeurs en allocation de solidarité, qui ne touchent pas beaucoup moins que notre visiteur, y auront droit ; ce qui est une bien maigre consolation pour eux. À l'heure où la presse nous apprend qu'en France, les patrons des sociétés du Cac 40 (40 sociétés cotées en Bourse) ont gagné chacun, en moyenne, 7,5 millions d'euros en 2001 soit chacun, en moyenne, 554 années de Smic, devant tant d'inégalités effarantes, on se dit que l'on vit vraiment dans une société pourrie et qu'avec la droite cela ne va pas s'arranger !


Jean-Pierre Cornevin


Le cadeau de Baroin aux patrons
De toutes les agglomérations de France, Troyes est l'une de celles qui appliquent la taxe de versement transport la plus faible. Cet impôt, payé par les entreprises de plus de neuf salariés, est affecté au financement des dépenses d'investissement et de fonctionnement permettant une meilleure desserte des transports en commun. Les élus communistes de la CAT avaient obtenu de l'ancien président de la communauté d'agglomération, Alain Coillot, le principe de son augmentation échelonnée sur plusieurs années afin de la hisser à un niveau plus conforme aux besoin d'une agglomération comme la nôtre. Son taux devait passer en 2003 de 0,80% à 1%.
F. Baroin vient d'annuler cette augmentation. C’est un véritable “cadeau” fait aux patrons de l'agglomération qui, bien que payant moins que leurs collègues de France, n'ont pas pour autant une politique de l'emploi et salariale plus dynamique qu'ailleurs. C'est même le contraire, puisque Troyes est la ville de France où l'on pratique les plus bas salaires !
En refusant d'aligner le taux du versement transport de l'agglomération troyenne sur la moyenne nationale, F. Baroin se prive d'une recette de plus de 3 millions d'euros (20 MF). C'est un choix bien irresponsable lorsque l'on regarde le retard qu'a pris l'agglomération troyenne en matière de transports en commun. Le plan de déplacement urbain voté en 2000 et toutes ses prérogatives en matière de développement des transports collectifs semble être passé sous la table. Quant aux tarifs sociaux, les chômeurs et leurs ayant droit attendent toujours que l'on prenne en compte leur revendication : la gratuité des transports collectifs. Mais que voulez vous, F Baroin a choisi de poursuivre ses cadeaux à la France d'en haut...

Jean-Pierre Cornevin

Bar-sur-Seine :
le groupe communiste du Conseil municipal

Pour un service public de traitement et de valorisation des déchets ménagers

Déclaration du groupe communiste lors du dernier Conseil municipal de Bar-sur-Seine :
“Bien sûr, nous sommes conscients qu'il est nécessaire de protéger l'environnement. Nous allons donc passer au tri sélectif et c'est le financement qui nous pose des problèmes. En effet, Madame la Ministre de l'écologie et du développement durable déclarait le 11 septembre 2002 à Agen "la loi de 1992 était un contrat basé sur la confiance. Elle ne doit pas se transformer en marché de dupes. Le cahier des charges est net : récompenser ceux qui ont fait des efforts, pénaliser les autres. Je considère entre autres que le caractère environnemental de la TGAP (taxe générale des activités polluantes) mériterait d'être renforcé, et que rien n'interdit de la faire varier suivant le caractère plus ou moins vertueux de telle ou telle installation".
La Ministre annonce clairement une réduction des aides ou subventions aux collectivités qui se sont engagées tardivement, et c'est notre situation. Notre groupe craint que ce soient les consommateurs qui, au final, paient la facture.
Qu'attend la population de la collecte collective ?
les habitants demandent une meilleure gestion de leur environnement. Les gens qui trient ont le sentiment d'éviter le gaspillage et d'avoir un comportement citoyen.
le recyclage du plastique, de l'acier, de l'aluminium, du verre, des papiers carton… permet de préserver les ressources naturelles.
Autre question : qu'est-ce qui permettra de mieux maîtriser le coût du traitement des ordures ménagères ? La collecte sélective est plus chère que la mise en décharge. Plus l'habitant va bien trier, et plus la collectivité bénéficiera de subventions. D'autre part, nous rencontrerons certainement des difficultés dans l'habitat collectif ; les organismes HLM n'ont rien prévu à cet effet. Eco-Emballages et Adelphe aident financièrement les collectivités, seulement ces deux organismes annoncent pour 2002 un budget de 280 et 13 millions d'euros alors qu'il en faudrait 750 millions. Le Conseil national de recyclage (CNR) voit là un manquement flagrant à l'engagement que les sociétés industrielles agréées avaient pris. Nous craignons que les aides fondent comme neige au soleil dans la mesure où toutes les collectivités doivent se soumettre à la qualité de gestion des ordures ménagères.
Nous pensons qu'il faut développer un travail d'explication avec les habitants en abordant l'aspect politique et notamment en débattant avec eux la question des coûts. La Commission environnement de

l'Union française des consommateurs dans son magazine “Que Choisir” de mai 2002 précise que :
1°/ Eco-Emballages impose des impératifs techniques aux collectivités qui se retrouvent à jouer le rôle de prestataires pour le monde industriel.
2°/ Les consommateurs doivent disposer d'un service public d'élimination des déchets économe, financièrement acceptable et partagé équitablement entre tous. Or, ce service est actuellement incapable de garantir à un prix raisonnable la gestion la plus efficace des déchets.
A partir de ces remarques, les communistes soutiennent l'idée d'un grand service public du traitement et de la valorisation des déchets ménagers,
c'est également notre position pour l'eau et l'assainissement.

En cela, nous sommes en accord avec le collectif "Face au marché, le service public" qui s'inscrit dans le prolongement des mouvements de Seattle, Barcelone, Porto Alègre et plus récemment Florence en Italie. Ce collectif rassemble associations citoyennes, groupes de réflexion, organisations syndicales, autour de la défense et de la transformation des services publics, dans le souci de renforcer le lien social face à l'éclatement de nos sociétés.
Pour toutes ces raisons, auxquelles s'ajoute, pour le moment, le manque de concertation avec les habitants, à l'étape actuelle notre groupe a donc décidé de s'abstenir sur le volet financier du tri sélectif”

Des précisions nécessaires sur le financement de l’enlèvement des ordures ménagères


Le 11 mars 1985, le Conseil municipal décidait de supprimer la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et d'intégrer celle-ci dans la fiscalité directe.
Les contribuables de Bar-sur-Seine ont donc vu le taux de la taxe d'habitation passer de 5,59% à 7,45%, soit une augmentation de 33,27 %.
La réalité est que nous payons cette TEOM depuis toujours.
En outre, depuis 1993, il a été instauré une redevance supplémentaire.
Pour 2003, le 18 novembre dernier, une majorité du Conseil municipal, avec la droite, a voté une augmentation de 15% alors que les 6 élus du Groupe communiste et apparentés se sont abstenus

Quand les “Jacquemard” passent à l’action

Romilly-sur-Seine :
emploi, commissariat de police, gens du voyage

Les élus communistes à l’initiative et présents sur tous les fronts

Emploi, fermeture du commissariat de police, accueil des gens du voyage ; tels sont les thèmes qui ont été abordés par les élus communistes romillons à l’occasion d’une conférence de presse qu’ils ont tenue jeudi 27 novembre.
Il est vrai que l’actualité ro-millonne est, depuis quelques semaines, marquée par ces dossiers qui suscitent bien des questionnements et de la réprobation dans la population. Pour les habitants de la seconde ville du département, Romilly est de plus en plus abandonnée par les décideurs économiques et politiques. Pourtant, à une époque encore récente, son maire, Michel Cartelet, promettait de restaurer le climat de confiance qui manquait entre la municipalité et le patronat pour permettre le développement économique de la “cité des chaussettes”. C’est donc Joë Triché qui a traité la question de l’emploi, alors qu’Yves Bouteiller a abordé celles de la fermeture du commissariat de police et de l’accueil des gens du voyage.
700 emplois en passe d’être supprimés en deux ans
Pour le conseiller général communiste de Romilly, “c’est un véritable cataclysme qui s’abat sur les salariés et notre ville”. Et de citer : “avec Jacquemard et Sorotex, ce sont 360 emplois qui sont menacés et la presse départementale a évoqué les risques de fermeture de l’usine Barbara qui fabrique de la lingerie fine. à cette situation catastrophique, il faut ajouter les 87 suppressions d’emplois de juillet dernier chez Cycleurope et les 200 rayés de la carte en 2000, déjà chez Jacquemard”. Notons au passage, comme devait le souligner Joë Triché, que les différents plans présentés chez Jacquemard et Sorotex n’ont rien réglé, puisqu’aujourd’hui les salariés se retrouvent dans la même situation d’incertitude. Pourtant les fonds publics n’ont pas manqué à ces sociétés qui devaient au moins maintenir l’emploi. “Il y a donc bien un véritable détournement de l’utilisation de l’argent public qui, ne l’oublions pas, provient de la poche des contribuables” a-t-il rappelé. Pour en avoir le coeur net, il suffirait de saisir la commission nationale de contrôle des fonds publics, comme peuvent le faire un syndicat, un comité d’entreprise, un parlementaire, un maire ou un président de Conseil général.
Vestra : pas une surprise pour les élus communistes
Après avoir rappelé les démarches et propositions formulées par les élus communistes concernant Jacquemard, ils ont souligné que “concernant Sorotex, ils n’étaient malheureusement pas surpris de ce qui est arrivé avec Vestra et Nemarcq, son Pdg.” Il suffisait de se renseigner à l’époque sur ses pratiques habituelles pour s’apercevoir que ce patron était un licencieur et un liquidateur d’entreprises. En son temps d’ailleurs, c’est-à-dire en décembre 1999, La Dépêche de l’Aube avait titré l’un de ses articles : “Parole de patron Vestra : profession licencieur”.
Le patronat aubois et la droite mis en accusation
“Nous accusons, en effet, le patronat aubois et la droite qui l’a toujours soutenu, d’avoir volontairement maintenu les salariés et la population dans une situation de sous-qualification et de bas salaires pour ne pas gêner les barons du textile. Tous ces gens ont une dette sociale à l’égard de notre département et de ces habitants” devaient souligner les élus communistes avant d’affirmer : “nous sommes en droit d’exiger réparation en développant massivement les qualifications afin de favoriser la venue dans l’Aube d’entreprises à haute valeur ajoutée.”
Abandonnés par Baroin et Cartelet
Face à une telle situation, on peut comprendre que la population et les salariés se sentent abandonnés par ceux qui ont le pouvoir de décider. Abandonnés par François Baroin qui ne pense qu’à Troyes : “qu’a-t-il apporté de concret pour Romilly depuis dix ans qu’il est député ?” interrogent les élus communistes. Abandonnés aussi par Michel Cartelet qui déclara lors d’un Conseil municipal en janvier dernier : “Romilly, ville de production, c’est fini.” Et pour conclure sur ce point, ils ont rappelé qu’ils avaient proposé au maire de Romilly, qui a refusé, d’agir ensemble pour obtenir du Conseil général la création d’une zone d’activités économiques, pour, justement, engager un processus de diversification industrielle. Trois zones de ce type sont en cours de réalisation ; une à Brienne-le-Château et deux sur Troyes. Pourquoi pas une à Romilly ?
Réduction des moyens pour la sécurité
Yves Bouteiller devait ensuite traiter de la fermeture du commissariat de police et de l’accueil des gens du voyage et de la proposition du Préfet sur ce dernier point. Concernant la fermeture du commissariat de police, il rappela l’opposition des élus communistes à cette décision : “Romilly est une ville calme, sans problèmes majeurs. Les liens tissés avec la population ont permis aux forces de police de travailler efficacement, les résultats le prouvent. Ce départ est ressenti comme une nouvelle dégradation de nos conditions de vie. [...] De plus, peu de monde se soucie des difficultés personnelles, dans leur vie quotidienne, des fonctionnaires de police qui devront pour certains quitter Romilly où ils vivaient depuis des années. La venue de la gendarmerie n’est pas en soi un problème. Là où le bas blesse, c’est sur les effectifs. Aujourd’hui, se trouvent 41 policiers et 12 gendarmes.

Yves Bouteiller, Joë Triché, élus communistes, avec Alain Didier, militant du PCF, lors d’une manifestation pour la défense de l’emploi à Romilly
Demain sont annoncés 39 gendarmes. Le compte n’y est pas ; il manque 14 postes, ce qui est considérable.
Surtout au moment où l’on annonce l’arrivée de centaines de gens du voyage, plusieurs semaines par an à Romilly. J’observe que le maire de Romilly, dans ce dossier comme dans d’autres, a eu un comportement pour le moins sujet à caution. Alors qu’il fallait mobiliser la population comme en 1998, au moment de la première remise en cause du commissariat ; cette fois-ci non, une acceptation rapide, sans mobilisation. Le poids de l’UMP dans cette municipalité nous semble une nouvelle fois la cause d’une capitulation en rase campagne. Décidément, il ne fait pas bon vivre en ce moment les évènements qui secouent Romilly. L’impression d’abandon et de renoncement de ceux qui dirigent la ville est ressenti de plus en plus par une population habitué à se mobiliser et à se battre. Je me pose la question d’une consultation des romillons sur le devenir de notre cité.”
Accueil des gens du voyage : Romilly ne doit pas seule assumer cette responsabilité
Dans l’état actuel du dossier, les élus communistes ont tenu à réaffirmer leur opposition au projet soumis par le Préfet comme l’a rappelé Yves Bouteiller : “réunir trois camps de transit en un seul endroit, qui plus est aux portes d’une ville, nous paraît être une mauvaise solution, ou plutôt une solution de facilité. Par contre, l’aménagement correcte de l’aire de 20 places reçoit notre approbation. Une concentration de 150 caravanes minimum représente environ un millier de personnes, pendant plusieurs semaines et plusieurs fois par an. Un certain nombre de problèmes sont posés. D’abord l’aménagement du site : le rapport fixe des règles strictes et coûteuses. Ensuite, la gestion tant sur le plan humain que sur le plan hygiène, eau, électricité et ordures ménagères ; le tout à la charge, pour la plus grande partie, de la population romillonne. Le rapport fait état des problèmes en termes de sécurité concernant l’arrivée de gens du voyage. Nous refusons de diaboliser ces gens qui ont droit aux égards dûs à la dignité des êtres humains. Mais reconnaissons que ces difficultés supplémentaires s’ajoutent au moment où l’on annonce la fermeture du commissariat et la réduction des effectifs de sécurité à Romilly. La population ressent très mal cette situation et nous la comprenons fort bien.
Il y a un certain malaise en constatant, et en lisant, le rapport présenté par le préfet de l’Aube. En effet, celui-ci déclare, je le cite, «les gens du voyage ne pourront plus stationner sur l’ancienne base américaine de Brienne, celle-ci devant devenir une zone d’activités économiques départementale». Il y a 18 mois, lors des élections municipales, nous nous sommes battus pour que le site de la base aérienne dans sa totalité devienne une de ces “zones d’activités économiques” pilotée par le Conseil général. M. Cartelet s’opposait à ce projet. à la lumière des évènements qui se succèdent à Romilly, nous avons là la preuve de notre pertinence de vue et de la qualité de notre proposition. Si nous avions été suivis, la question des gens du voyage ne se poserait pas à Romilly et, surtout, les perspectives économiques seraient autres que ce que nous voyons se dessiner aujourd’hui. Notre proposition de lier ce site au développement de la ville reste d’actualité, tant sur le plan industriel qu’artisanal, ainsi que sur celui du développement foncier (accès à la propriété) au moment où le besoin en terrains à bâtir se fait cruellement ressentir. Je doute que l’installation d’un terrain réservé au nomades, tel qu’il est prévu, attire les uns ou les autres.
” Pour leur part, les élus communistes souhaitent une répartition de l’accueil des gens du voyage sur plusieurs terrains répartis dans différents endroits du département.
Au terme cette cette conférence de presse, ils ont proposé l’organisation d’une consultation de la population romillonne sur la politique municipale actuellement mise en oeuvre par l’équipe Cartelet. Cette proposition est motivée par le fait que celle-ci est à l’opposé des promesses électorales faites en 2001 par la municipalité sortante .

Les “Jacquemard” seront reçus par le Président du Conseil régional
à la demande de Pierre Mathieu, conseiller régional communiste de l’Aube, une délégation de l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-CGC du groupe Jacquemard sera reçue le 20 décembre par Jean-Claude Etienne, député et président du Conseil régional de Champagne-Ardenne. Cette délégation sera accompagnée par Joë Triché, conseiller général de Romilly et de PIerre Mathieu

 

Le 14 décembre Opération Romilly, ville morte

Le 14 décembre, l’intersyndicale du groupe Jacquemard et des associations appellent la population à participer en nombre à une journée d’action “Romilly-ville morte”. Rendez-vous est donné à 9 h 30 place de la gare .