La Dépêche de l'Aube n°685 du Jeudi 7 Novembre 2002 La Dépêche de l'Aube n°685 du Jeudi 7 Novembre 2002

La dépêche de l'Aube n°685 du Jeudi 7 novembre 2002

Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur XRECHERCHE
Pour rechercher des informations dans le site de La Dépêche de l'Aube et ses archives.
Effectuer des recherches dans le site de la Dépêche de l'Aube et ses archives depuis sa mise en ligne en Janvier 2001  avec le moteur ATOMZ

Sécurité sociale

La rigueur maintenue

Le nouveau ministre de la santé plaide volontiers pour un "changement d'état d'esprit"; il estime inévitable la croissance des dépenses liées à l'allongement de l'espérance de vie et aux progrès de la médecine.
Les professionnels de la santé, les usagers ne s'en plaindront pas. Mais l'essentiel reste à faire : traduire cette nouvelle volonté affichée en actes. Et ici, avec le budget 2003 de la Sécu, les choses se gâtent. Le projet du gouvernement s'inscrit en tous points dans la continuité avec les lois de financement des années précédentes. Preuve en est l'enveloppe de crédits affectée à l'assurance-maladie, de toute évidence sous-estimée. Les hôpitaux feront donc encore le grand écart pour assurer leurs missions avec des moyens financiers insuffisants et des personnels en sous-effectifs. Et se retrouveront devant des choix de plus en plus cornéliens : faut-il accepter, par exemple, de réduire l'activité des services de spécialités, par manque de personnels, au mépris des besoins de la population ?
Un plan d’urgence à la hauteur des besoins
Le ministre a beau jeu d'affirmer qu'il n'est pas magicien et qu'il ne saurait embaucher des médecins et des infirmières qui n'existeraient pas. Mais pourquoi alors n'a-t-il pas commencé à inverser la situation en engageant, dès 2003, un plan d'urgence à la hauteur des besoins ? Et ses mesures "choc" relèvent de la même logique de

"rigueur" que celle dénoncée chez ses prédécesseurs. La baisse du taux de remboursement des médicaments disposant d'un équivalent générique pénalisera nombre d'assurés qui n'ont pas le choix de la prescription. Le déremboursement de centaines d'autres médicaments soulève aussi une question de principe: s'ils sont inefficaces, pourquoi leur accorder le label de médicament ?
En outre, le ministre accorde la liberté de prix pendant six mois aux laboratoires pour leurs produits innovants : cette fois, ce sont les hôpitaux, premiers utilisateurs, et dont le budget pharmacie explose déjà, qui paieront la “douloureuse”. On pourrait multiplier les exemples, souligner les "blancs" dans ce budget: aucune mesure, par exemple, pour améliorer le remboursement, aujourd'hui indécent, par la Sécu, des lunettes, des prothèses dentaires et auditives. Ou pointer le refus ministériel opposé jusqu'alors à la demande des députés communistes concernant la CMU : relever le plafond de ressources pour permettre aux bénéficiaires de l'allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse - 2 millions de personnes - qui le dépassent de peu, d'avoir accès à la couverture universelle. Bref, par-delà un discours de rupture, la vieille logique restrictive reste à l'œuvre dans le budget 2003

Oui à une décentralisation solidaire !
Il faut un référendum

Sous couvert de décentralisation, le gouvernement Raffarin veut morceler la République. Ce sera à coup sûr la remise en cause des missions de l'Etat : Education nationale, santé, aménagement du territoire etc. Il amoindrira les solidarités et aggravera les inégalités.
La décentralisation mérite-t-elle un référendum, comme le proposent les communistes ? Les membres du gouvernement observent une prudence extrême sur la question pour une raison première : lors de la campagne électorale, Jacques Chirac avait imprudemment annoncé qu'une consultation populaire s'imposerait pour procéder à la modification de la Constitution de la République entraînant un profond bouleversement des institutions du pays. Depuis, le chef de l'État maintient un silence total sur la question, laissant l'équipe Raffarin mener campagne au pas de charge.
Un grand débat national et un réferendum
Le gouvernement veut faire vite en évitant un véritable débat, limitant ses "assises pour les libertés locales" à des réunions élitistes. La question n'est donc pas d'être pour ou contre la décentralisation, mais plutôt de définir le contenu d'une perspective décentralisatrice démocratique au service des citoyens.
Le projet du gouvernement Raffarin vise plusieurs objectifs : affaiblir l'État dans ses fonctions de solidarité, de régulation et de services aux populations ; le dégager d'une partie de ses obligations en les transférant sur les collectivités territoriales ; casser la cohérence nationale en constituant des fiefs électoraux; installer la bipolarisation dans le paysage politique français. L'Élysée et Matignon ont fait leurs calculs: la droite détenant tous les pouvoirs, l'adoption par le Congrès (députés et sénateurs réunis) de la modification constitutionnelle serait assurée sans problème. Il ne faut donc pas laisser le Congrès décider dans l'opacité totale, mais favoriser l'organisation d'un vaste débat. Et pour obtenir cette consultation nationale, le référendum reste le passage obligé.
Les modifications de la Constitution
L'article 1 de la Constitution, énonce les principes premiers de la République : "indivisible, laïque, démocratique et sociale". L'introduction à cet endroit, de la notion de "décentralisation de l'organisation de la République" ouvre la voie à la remise en cause de ces principes et au morcellement de la République. Les articles 2 et 4 ouvrent le droit à l'expérimentation au

risque de voir se creuser les différences selon la couleur politique de l'assemblée territoriale, ou selon la richesse ou la pauvreté des régions ; c'est impensable, en particulier pour les services publics. Oui au droit à expérimenter mais pour inventer des solutions nouvelles solidaires sous le contrôle du Parlement et l'autorité de l'Etat !
L'article 6, instaure l'autonomie fiscale des collectivités territoriales. Bien sûr, les collectivités territoriales doivent pouvoir décider de leur budget, mais la fiscalité territoriale ne doit pas venir suppléer les carences du budget de l'Etat. Elle ne doit pas renforcer les régions riches et affaiblir les régions pauvres. S'il en était ainsi, nous pourrions connaître à la fois une baisse de l'impôt sur le revenu et un alourdissement considérable des fiscalités locales et territoriales. Les impôts les plus injustes sont précisément les impôts locaux et territoriaux qui ne tiennent pas compte des niveaux de revenu. On ne peut pas accepter des impôts territoriaux plus lourds et l’aggravation des inégalités et injustices fiscales .

Débat national : aux citoyens de décider !
.Le Parti communiste agit pour démocratiser au maximum et en permanence toute la vie sociale :
Pour que les activités humaines ne soient pas soumises aux logiques marchandes, pour maîtriser sa vie.
Pour décider ensemble des objectifs économiques et sociaux et des conditions du travail.
Pour rendre possible une participation accrue des femmes et des hommes à toutes les décisions.
Pour faire vivre la démocratie à tous les niveaux possibles du local au mondial.
Pour développer au maximum toutes les coopérations entre les régions, les nations européennes et le monde.
Pour déprofessionnaliser la vie publique par un nouveau partage des responsabilités.
Pour de nouveaux pouvoirs élargissant la participation des citoyenne-s au fonctionnement et au contrôle des institutions.
Il faut une nouvelle étape de la décentralisation, une nouvelle ère de la démocratie, une VIème République. Ne laissons pas les décisions aux seuls pouvoirs politiques.
Il faut un référendum national !

La mobilisation des élus, des syndicats et des usagers, dans le cadre de la défense du service public, doit aussi se déployer pour lutter contre les pratiques d’un autre âge que sont les coupures d’énergie (Sur notre photo, Joé Triché, conseiller général et Michel Berthy, syndicaliste CGT d’EDF qui se sont rendus auprès d’une famille en passe d’être coupée)

Coupures d’électricité


Tolérance zéro pour les familles en difficultés

La semaine dernière les communistes sont intervenus, comme c'est malheureusement souvent le cas, pour éviter que l'on coupe le gaz et l'électricité à une famille avec cinq enfants.
Mais pour une coupure empêchée, combien ont été exécutées le même jour dans l'anonymat ?. Combien de familles, combien d'enfants vivent en ce moment même dans la précarité la plus totale, subissent le même affront et, ultime outrage, sont mis au banc des accusés. Eux, à qui l'on devrait tendre la main, eux qui ressentent le plus durement les choix d'une politique à sens unique sont considérés par l'administration, les élus, les notables de la société comme des gens de mauvaise foi.
Un patron qui fait le choix de jeter à la rue des centaines de salariés pour aller exploiter la main d'œuvre bon marché dans les pays émergeants est considéré comme un chef d'entreprise dynamique ; peu
importe si, au passage, il paie sa délocalisation avec l'argent de nos impôts. La famille de chômeurs, victime
de ces patrons sans scrupule se voit couper

l'électricité parce qu'elle n'a plus les moyens de payer ses factures. Tolérance zéro pour les familles en difficulté. Voilà la belle société dans laquelle on vit !
La politique du gouvernement Raffarin va accroître encore considérablement les inégalités sociales. Ses premières mesures sont sans ambiguïté. D'un coté, des baisses d'impôt qui vont bénéficier principalement aux plus aisés, de nouveaux cadeaux pour les patrons sous forme d'exonérations de charges sociales alors qu'ils ont déjà dans leurs caisses plus de vingt fois le budget de l'état, etc. ; de l'autre, la remise en cause des droits des salariés : suppression du volet de la loi de modernisation sociale qui permettait de mieux lutter contre les licenciements boursiers, non revalorisation du Smic, coupes sombres dans les budgets sociaux : éducation, logement, vote de mesures répressives contre les pauvres, interdiction de mendier, de squatter. Il y a du pain sur la planche pour les communistes.

Jean-Pierre Cornevin

Humeurs
Le nouvel opium du peuple

Quand on choisit J.L. Aubert dans les Nuits de Champagne, c’est pour quelques mélodies qui passent bien à la radio et parce qu’il chanta chez Higelin ou Téléphone, allumeurs de boogies-rocks sans répandre trop de lumière. En fait, on ne sait rien d’Aubert. Allons-y. Déjà, on vous parque debout dans le «Champagne» défauteuillisé pour l’occasion. On vous envoie Raphaël, un petit jeune et joli et ses trois chansons d’amour. C’est joli et jeune. Puis, on vous fait attendre une demi-heure, histoire de se rendre compte si vous savez siffler, hurler, ameuter la vedette. «Jean-louis, Jean-louis ! Tu déconnes grave, là» Et elle finit par arriver la vedette. Partout on parle de prises d’otages, là c’est une prise de son. Les sonos se mettent à vomir de la guitare hard et de la batterie. Aubert se déchaîne et hurle. A pas d’abris. On subit la horde sauvage, le Attila des oreilles. Jamais plus Mozart n’y repoussera. C’est le coup de l’étrier à devenir marteau. L’enclume écrase le limaçon. Il touche le nerf cochléaire de la guerre. Aubert crache un poumon à chaque mot d’amour. C’est de la rage.
La musique, c’est du bruit qui pense disait Victor. Chez Aubert, c’est du bruit bête qui se dépense. 1.200 personnes sont sous la drogue dure, sans protection ni quoi, ni Quiès. Ils aiment ça on dirait. Plus de forgeron, plus de pilon, plus d’usine. Aubert est là, le tympan s’en va. On oublie tout. Arrivera la névrose traumatique. La Sécu paiera.



Jean Lefèvre


(1) Dans le cadre des Nuits de Champagne.

Ecoutez-voir...

Non, ce n’était pas un oubli
Le dépôt d'une gerbe par la municipalité de Romilly sur la tombe de Michel Pheulpin, maire-adjoint RPR de l'équipe Cartelet, était bien une manifestation partisane comme l'a fait remarquer Joë Triché à Sarah Auzols à l'issue de la cérémonie de la Toussaint. La preuve : la municipalité avait décidé de ne pas honorer la mémoire de Maurice Camuset, maire de Romilly pendant 35 années, et maire - honoraire au moment de son décès. Dans sa réponse à l'élu communiste, la 1ère adjointe de Michel Cartelet a justifié ce choix et n'a à aucun moment parlé d'oubli.
Ce que la presse, par contre, s'est empressée d'écrire pour mieux atténuer cette attitude sectaire à l'égard d'un homme qui a marqué sa ville par la mise en œuvre d'un nombre impressionnant de réalisations pour la population. Rappelons que Maurice Camuset fut l'un des acteurs principaux de la Résistance dans l'Aube et, qu'à ce titre, il venait d'être décoré de la Légion d'Honneur. Nous avons aussi remarqué que la gerbe déposée sur la tombe de Michel Pheulpin était deux fois plus importante que celle déposée sur celle d'Henri Millet, 1er maire - ouvrier de France. Là non plus, ce n'était pas un oubli !


Les élus communistes de Romilly

éducation nationale

Le PCF propose

Le budget de l'Éducation nationale est venu en débat devant le Parlement.
Selon le ministre Luc Ferry, il n'est plus prioritaire, mais de “transition”. Les priorités sont l'armée, la justice, la police. Il rompt brutalement avec le plan de redressement mis en œuvre depuis trois ans, insuffisant mais qui répondait pour partie aux luttes des parents d'élèves et des enseignants. Concrètement, l'engagement de la création de 5.000 postes est abandonné. Il n'y aura que 1.000 postes de professeurs des écoles, 1.200 de personnels non enseignants, aucun dans les collèges et les lycées.
C'est une catastrophe, a estimé François Liberti, député communiste de l'Hérault, qui est intervenu dans le débat. De plus, les coupes annoncées ont une portée idéologique. “Tout ne passe pas par les moyens”, dit la droite, en séparant les fonctions d'enseignement et d'éducation. Il s'agit de justifier la réduction des

aides à l'action éducative et culturelle, à la formation continue en transférant les responsabilités sur les collectivités locales, dans la logique d'une décentralisation sans transferts de ressources. Cela va de pair avec une réforme de l'encadrement passant par la suppression de 20.000 postes occupés par des emplois-jeunes et la suppression de 7.600 postes de surveillants pour "pacifier" les établissements scolaires. C'est une logique de criminalisation car, dans le même temps, on parle d'un encadrement effectué par des retraités ou des mères de famille recrutés par les établissements eux-mêmes, ce qui ouvre la porte à toutes les dérives, au clientélisme. La jeunesse trinque.
Au nom du groupe communiste, François Liberti a proposé l'intégration des emplois-jeunes, un plan de rattrapage des moyens, l'annulation de la suppression de 5.000 postes et, de nouveau, la création d'une allocation d'autonomie de la jeunesse.

Brésil : “Lula”, premier président de gauche depuis 1889


Un espoir pour l’Amérique latine

Luiz Inacio Da Silva, dit Lula : premier président de gauche depuis l’instauration de la république brésilienne en 1889.

Le Brésil populaire, celui des favelas et des paysans sans terre, est en fête. Son candidat, Lula, l'a emporté avec plus de 60% des suffrages.
Le défi que doit relever Lula, l'ancien syndicaliste métallo est énorme. À l'instar des attentes de la majorité qui l'a porté au pouvoir. Celles des quelques 51 millions de pauvres, celles d'une grande partie des salariés précarisés, sous l'effet de la mise en conformité du pays avec les normes de la mondialisation libérale.
L'espoir suscité par cette élection déborde largement les frontières brésiliennes.
Pour tout un continent meurtri par une crise économique de grande ampleur et son cortège de souffrances sociales, Lula est un symbole. Et c'est peu dire de l'espoir que va susciter, au sein du mouvement planétaire en faveur d'une autre mondialisation, l'arrivée aux affaires de l'un des initiateurs du forum de Porto Alegre. Les obstacles ne manqueront pas sur la voie des transformations que veut impulser Lula. Les milieux

les plus conservateurs s'opposeront avec la dernière détermination à une indispensable réforme agraire. D'autres difficultés plus pernicieuses pourraient également surgir. Les institutions financières et les milieux bancaires plaident en faveur d'une politique de "rigueur" ; mais celle-ci parait inconciliable avec une politique de relance par l'augmentation des salaires et des dépenses de formation qui fut au cœur de la campagne du nouveau président. On peut penser que le mouvement social brésilien sera jaloux de ne pas se laisser voler sa victoire. Sa mobilisation sera décisive s'il entend conforter le tournant historique du 27 octobre 2002.
Robert Hue, président du PCF, et Marie-George Buffet, secrétaire nationale, ont adressé leurs félicitations à Lula : "Une nouvelle étape s'ouvre pour le Brésil et son peuple, mais aussi pour les forces populaires, de gauche et progressistes de l'Amérique latine", ont-ils déclaré dans leur message

Droits des résidents étrangers
Oui, au droit de vote aux élections locales, en finir avec la double peine !

A qui rend-on service en minorant, une nouvelle fois, le débat sur le droit de vote des étrangers et en réglant l'affaire en deux phrases comme vient de le faire Jean-Pierre Raffarin ?
Le choix politique du gouvernement de caresser dans le sens du poil l'électorat d'extrême-droite s'avère tragique. N'était-ce pas, au contraire, une occasion de plus de ferrailler sur la question de l'immigration, d'entamer un vaste et beau débat national sur les discriminations qui divisent trop de quartiers, de villes, de régions et de passer avec les français un nouveau contrat républicain que, massivement, ils ne rejetteraient pas ?
Un droit de vote aux élections locales
Ne tournons pas autour du pot : donner aux résidents étrangers le droit de vote aux élections locales ne serait pas seulement un signe fort pour montrer notre reconnaissance à ces hommes et à ces femmes qui ont beaucoup apporté à la nation, concourant largement à la création de richesses, à la vie associative et culturelle. Ce serait aussi un formidable élan progressiste, un signe envers ces populations qui mettrait sur un pied d'égalité leurs devoirs et leurs droits et, n'en déplaise à certains, simplifierait pour une bonne part le dialogue dans les "quartiers difficiles". En ce domaine aussi, les symboles comptent. Quels meilleurs remèdes que l'égalité des droits et la reconnaissance de l'apport de tous pour vaincre le poison de la division et, au final, on le voit bien chaque jour, l'affaiblissement de toute la communauté nationale ? En 1793, la France proclamait que "tout étranger âgé de vingt-et-un ans accomplis, domicilié en France depuis une année (...) est admis à l'exercice des droits de citoyen français". Plus de deux cent ans après, ce droit n'est toujours pas gravé au fronton de l'Histoire !
Abroger la double peine
Cette même histoire est aussi insultée par un autre sujet brûlant qui concerne, cette fois encore, les étrangers : la double peine. Ségrégative, la double peine l'est à l'évidence puisqu'elle institue l'inégalité devant la loi ? Elle contrevient aux principes fondamentaux du droit, selon lesquels toute personne condamnée ayant accompli sa peine doit être réintégrée dans la société. Comment accepter que cet élémentaire droit humain soit discuté selon la couleur du passeport ou de la peau ? Certes, nul ne peut contester à un État le droit de faire respecter ses lois. Mais ce droit est-il juste s'il autorise à bannir un homme qui vit en France depuis longtemps, fut-il un délinquant, surtout lorsque ses propres enfants, voire sa compagne, sont français ? Si le gouvernement persiste à vouloir appliquer à la double peine la méthode qui fut la sienne pour le droit de vote, il n'y a rien à en attendre. Ou le pire .

Section de Romilly du PCF
Assemblée générale des adhérents-es
Mercredi 13 novembre à 18 heures
Espace Ambroise Croizat à Romilly

Salon du livre pour la jeunesse

Du 13 au 20 octobre s’est tenu le Salon du Livre pour la jeunesse de Troyes. Comme chaque année, c’est un salon plein de murmures et de fureurs. Le livre n’est-il pas le support de tous les débordements intérieurs ? On avait choisi, en outre, le thème du fantastique pour exciter les imaginations puériles. Des adultes s’y sont fait prendre. Un immense bonhomme, oeuvre de Jean-Louis Dubuisson de Pel et Der, accueillait les visiteurs dans la cour d’honneur.
Troyes est le deuxième salon de France après celui de Montreuil que dirige notre amie Arlette Zoughebi. Montreuil est l’ogre non dévorant et les autres villes font figure de Petits Poucets mais des petits Poucets qui font bien leur travail de semeurs de livres. Les livres semés, répandus, éparpillés, sont autant de repères pour l’esprit et le coeur. Tous les ans, les records de fréquentation sont paraît-il battus. Tant mieux mais on peut se demander si cette foire aux titres, aux images, aux textes joue tout son rôle de repousseur d'ignorance. L’école ne réussit pas malgré son savoir, sa science, la volonté intense de ses maîtres, à résorber la grande plaie de l’illettrisme.
Alors un salon annuel, fut-il aussi bien réussi, ne peut offrir qu’une grande bouffe quand chaque professeur est un nutritionniste chevronné. Mais des banquets, il en faut pour colorer la vie. Quant aux libraires dont certains tiennent salon à longueur d’année, et passent et inséminent du texte, forment des lecteurs et transmettent du rêve, les libraires, on n’en entend pas parler. Ce sont les grands oubliés de la presse et des institutions dans ce salon 2002. Évidemment, ils ne paradent pas, mais passent des commandes, sélectionnent les auteurs, sèment des idées, invitent à la bonne pioche. Ils sont surtout distingués pour leur force à porter les cartons de livres.
On meurt sans le livre. La lecture apporte du sens, des idées, des projets, de l’espoir, du courage, du rêve, de l’ambition. Le dictateur ne lit pas. Lire, c’est se nourrir d’une pensée, c’est vivre une aventure.
La lecture est un acte militant. La télé fait les inertes, ces couveurs d’oeufs stériles. Le voyeur subit le monde et ses pensées pâles. La télé est une fabrique de citoyens passifs et poussifs. Le livre possède la vraie culture et la culture est un devoir de classe car le pouvoir appartient à ceux qui sont capables de rêver. Ne pas lire, douter du roman ou de la poésie, c’est douter du pouvoir de l’être humain de créer, de changer la vie. Sans le sperme des livres, nous ne saurions pas naître. Tous les livres peut-être ne sont pas bons et subissent eux aussi la loi de la marchandise. Mais un bon lecteur exercé est un lecteur qui sait trier, séparer le bon grain des mots de l’ivraie des sots. Il faut rêver, avoir le vertige des mots, faire la peau à l’instinct, jubiler de la langue et de l’esprit. La voix (voie) royale de la liberté, c’est le livre porté d’un esprit à l’autre, d’un âge à l’autre.


Jean Lefèvre

A ne pas manquer ..
La Cie “Un soir ailleurs”


En résidence au théâtre de La Madeleine se présente à son public futur. Surprise, surprise : il y aura de la poésie, de l’accordéon, la visite du théâtre et des jardins alentour. Tout cela gratuitement et pour donner le “la” de plusieurs spectacles mis en scène par Claire Le Michel, écrits par Jacques Dor et réalisés par la Compagnie.
Samedi 9 novembre à 15h30, 18h30 et 20h30.